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Martin-Lothar

D’une bonne guerre de trois-cent-trente-cinq ans

11 Juin 2021 , Rédigé par Martin-Lothar Publié dans #Histoires d'Histoire, #Lieux

D’une bonne guerre de trois-cent-trente-cinq ans

La statistique montre que la mortalité dans l'armée augmente sensiblement en temps de guerre (Alphonse Allais)

« Ah, la guerre, Gross Malheur ! » et un malheur durant plus ou moins longtemps : nous connaissons la guerre éclair, les bonnes et les sales guerres, les drôles de guerres, les plus ou moins mondiales. Nous connaissons les plus ou moins longues et parfois nous pouvons nommer et situer tous leurs belligérants : il y a eu la guerre de Cent Ans, la guerre de Trente Ans et celle moins connue de Quatre-Vingts-Ans.

Amis lecteurs de tout sexe, poil, genre, horizon et planète, connaissez-vous cette guerre record ayant opposé pendant trois-cent-trente-cinq ans les Provinces-Unies à l’archipel des Sorlingues ?

On m’aurait posé cette question il y a quelques jours à peine, j’aurais répondu ne pas connaître ce conflit (0/20) ; j’aurais situé les Provinces-Unies dans l’actuelle Hollande (20/20) ; mais j’aurais été incapable de localiser ces Sorlingues (0/20).

Les Îles Scilly vues d'avion

Les Îles Scilly vues d'avion

C’est un matin de mai 2021, en survolant la côte sud-ouest de la Grande-Bretagne à bord de mon avion bimoteur personnel (un Beechcraft 58 Baron) que j’ai découvert ces îles inconnues et ce jour-là, bienheureuses, car, frôlant la panne d’essence, j’y ai atterri en urgence sur l’aérodrome de St Mary. (Pour les vrais aviateurs ou comme moi, les passionnés de simulateur de vol (X-Plane), code OACI = EGHE, deux pistes en asphalte de 525 et 694 m).

Or, donc et subséquemment, après avoir fait le plein de kérosène et de scotch, j’ai sorti mes cartes et j’ai convié l’excellente mademoiselle Wikipédia à cette visite de ces « Isles of Scilly »  ou « Sorlingues » (comme disent les Anglais), ou « Enesow Syllan » (en cornique des Cornouailles), ou « Cassitérides » (îles d'étain pour les Grecs) ou encore « Scillonia » (pour les Romains de Jules — César, pas Romain), un archipel qui est aux Cornouailles, l’Angleterre et la Grande-Bretagne ce que Ouessant est à la Cornouaille, la Bretagne et le tout le petit reste du continent euroasiatique qui se planque derrière.

Ouessant et les îles Molènes, situées très exactement à quelques encablures au sud des Sorlingues, baignent également dans la mer Celtique et il fort à parier qu’il y a des millions d’années (les continents comme les voiliers et les avions ayant leur dérive) ces deux archipels ne faisaient qu’un pour la plus grande légende de Conan Meriadec, de Gradlon, de Malgven, d’Arthur, de Mélusine et de Merlin.

D’une bonne guerre de trois-cent-trente-cinq ans

Cela étant — comme disait Lancelot, du Lac, pas d’Étang — les celtiques et atlantiques îles Scilly, habitées de tout temps par quelques centaines d’âmes maritimes, n’ont pas été toujours pacifiques, car elles ont courageusement tenu tête pendant trois-cent-trente-cinq ans à la Hollande (ex Provinces-Unies) qui, le 17 avril 1651, par les soins de son amiral Maarten Tromp, leur avaient officiellement déclaré la guerre.

En effet, lors de la guerre civile opposant les royalistes anglais aux républicains aussi anglais de Cromwell qui s’étaient alliés avec la république des Provinces-Unies, l’archipel des Sorlingues abrita la flotte anglaise ralliée à la cause du roi Charles. Les navires royalistes ayant causé d’énormes dommages à la flotte hollandaise, l’archipel fut considéré comme un ennemi.

Une fois Cromwell et les républicains éliminés, les navires anglais rejoignirent leurs ports d’attache et les Sorlingues, armées seulement de quelques bateaux de pêche, durent se préparer à l’attaque d’une des plus grandes puissances maritimes du monde pour une guerre qui durera plus de trois siècles.

Et qui fut le vainqueur ?

Les Sorlingues !

Et le 17 avril 1986, les Hollandais, penauds, durent se résoudre à signer un traité de paix imposé par l’archipel.

Parce qu’à vrai dire, la Hollande avait complètement oublié sa déclaration de guerre. Une guerre de trois-cent-trente-cinq ans où il n’y eut aucune bataille, aucune victime, ni aucun dommage des deux côtés.

Et de bonne guerre, la Hollande fit la paix avec les Sorlingues.

Enfin, je rappelle à mes fidèles lecteurs que depuis neuf ans, un autre archipel est en guerre contre le reste de l’Univers.

Illustration : Aert Anthonisz, (1579-1620), bataille navale entre la Hollande et l’Espagne, (1604), huile sur toile, 22,4 cm, Staatliche Museen, Berlin, Europe.

Fin de loup

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B
Ach, quand on évoque les simulateurs de vol, trois noms : Bruce Artwick de subLOGIC, Austin Meyer de Laminar Research (même s'il n'est pas apparemment pas l'unique programmeur, contrairement à une légende bien entretenue), Oleg Maddox de Maddox Games. Pour les autres noms, plutôt des ateliers : Looking Glass pour les excellents Flight Unlimited ; Jane's/Electronic Arts pour les navions de guerre.

Belle histoire à la Raspail, que je découvre grâce à vous. On apprend dans le billet sur l'archipel Lothar que vous avez bien connu le Consul général de Patagonie. Y'aurait matière à billet chez vous, ou à carte blanche chez le Kamerad Pharamond.
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