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Martin-Lothar

Quantique du bout du monde — Rockall

21 Janvier 2026 , Rédigé par GJG Publié dans #Lieux, #L'Omekilekon, #William Golding

Quantique du bout du monde — Rockall

« Nuair a thig Rocabarra ris, is dual gun tèid an Saoghal a sgrios ». (« Quand Rocabarra réapparaîtra, le monde a toutes chances d'être détruit » (Légende gaélique)

« Maintenant il ne restait plus rien d'autre à faire qu'à sauvegarder les habitudes. » (William Golding, Chris Martin).

Non, ce n’est pas un aileron de requin malpropre que vous voyez en illustration de ce billet, c’est un îlot et même, que dis-je, c’est un archipel.
Qu’allons-nous envahir le Groenland, cette île-continent de glace épaisse fourmillant d’Esquimaux givrés et de soldats gelés dans leur interminable guerre froide. 
Rockall est nettement plus tropicale et déserte.
C’est un truc en pierre de 25 mètres à la base et de 17,15 mètres de hauteur dénommé en anglais « Rockall » (Tout-en-roche) ou en vieux norrois« Sgeir Rocail » (rocher surgissant) ou encore en gaélique « Rockabarra / Rocabarraigh » (rocher déchiré).
Il s’agit de la crête d’un vénérable volcan immergé dans l’Atlantique Nord (pour les enfants amoureux de cartes, d’estampes et de GPS, coordonnés : 57° 35′ 47″ N, 13° 41′ 14″ O)
C’est l’île la plus occidentale de l’Europe continentale, si on en exclut l’Islande qui fulmine à plus de 1000 kilomètres droit au nord.
Rockall émerge presque à l’exact opposé continental des îles Diomède dont je vous ai causé récemment.
Au sud, il n’y a que la mer à boire jusqu’au Sahara occidental et néanmoins africain.

Ah, mais que voilà un bout de monde des plus intéressants pour crusoeïder un moment et fuir les foules jacassières, les taxes folles, les politiciens ringards et autres serpents à sornettes.
Pour sûr, on ne viendra pas vous y chercher et vous aurez enfin la paix loin des vanités de ce monde de brutes.

Bon, tout n’est pas paradisiaque non plus sur ce rocher réellement légendaire.
Il faut déjà y parvenir et pour y rester un petit moment, il faut être un bon nageur, un bon grimpeur et un brin survivaliste.
Je vous le dis de suite : il n’y a pas de bar-tabac-PMU-épicerie à Rockall. Le plus proche se trouvera (peut-être) en Ecosse à quelque 24 ou 48 heures de brasses (ou 23 ou 47 heures en crawl) vers l’Ouest. (Renseignez-vous pour les horaires d’ouverture et la température de l’eau.)
En effet, il n’y aura que la nage pour revenir de ce lieu de vacances, car votre embarcation se sera inévitablement fracassée sur les rochers à votre arrivée. 
Il n’y a pas non plus ni télé ni téléphone. Si vous voulez y emporter votre smarte-faune pour les photos, munissez-vous suffisamment de batteries et de piles qui pourront du reste servir à l’éclairage, car les lampadaires y sont plutôt rares et il n’y a que la foudre pour vous mettre au courant de tout.
Mais il y a l’eau courante à Rockall et elle est même tombante jours et nuits : un parapluie ne sera donc pas inutile.

Pour la castramétation (cf. mon billet du 30 avril 2007), c’est plutôt très compliqué à Rockall : il n’y a qu’une corniche étroite, vaguement horizontale, où votre (petite) tente tiendra à peine et il faudra creuser la roche durant des heures pour l’y ancrer, sachant que le vent souffle fortement et en permanence. Cela étant, beaucoup d’entre-nous aiment à dormir assis sous un parapluie ou un carton de fortune et les pieds dans le vide.
Notez qu’il n’y aura rien pour allumer un feu : ni place ni combustible. Prévoir alors un (petit) réchaud à gaz.
Question nourriture, rien n’y manque : du poisson et des coquillages en bas et des oiseaux et leurs œufs en haut. Attention, pour les végétaliens, ce n’est pas le pied, car rien ne pousse dans cette île ; il faut prévoir d’emporter des conserves de laitues et de petits pois.

Une fois bien installé, vous passerez des heures et des heures enchantées à regarder tomber la pluie et s’agiter l’océan. Vous serez sans cesse bercé par les hurlements du vent, le fracas des vagues et les criailleries des mouettes et des sternes entre deux soupirs de bulots ou de moule.
Si vous vous ennuyez quand même un peu, des excursions sous-marines pourraient vous intéresser à proximité : équipé d’un tuba et de palmes, vous pourrez aller visiter les Monticules de Darwin, de remarquables collines coralliennes ou le cimetière marin riche de nombreuses épaves de navires naufragés ou encore les tapis de bombes — dont certaines non explosées — datant de la Seconde Guerre mondiale.

Ce qui est sûr et certain, si vous en revenez vivants, vous n’oublierez jamais cette île magique revendiquée par de nombreux États recommandables ou non et vous n’aurez de cesse que de l’acheter et d’y revenir.
A cette fin, adressez votre demande à l’actuel propriétaire : Charles Trois-Bâtons, palais de Buckingham, Angleterre (voir son 06 dans l’annuaire).

Quand je serai grand, j’irai mourir à Rockall.

Pour plus d’informations sur Rockall avec mademoiselle Wikipédia.

Fin de loup

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J
Roccabarra ça fait penser à Rocabar qui est le nom d'un perfioume de chez hermes dont je m'aspergeais sans modération, autrefois <br /> Heureusement, une épouvantable photosensibilisation est venue mettre fin à cette habitude décadente <br /> On commence avec le perfioume, on continue avec les bloudjines qui te serrent les couilles et on finit comment ?<br /> La photo de l'îlot fait penser à un personnage tourné vers la gauche, coiffé d'un bonnet, avec un nez tordu de boxeur et des grosses arcanes souricieres<br /> La mer qui explose autour avec le ressac de la houle lui fait comme une mostach blanche <br /> C'est très esthétique
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