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Martin-Lothar

Quantique du cure-dent (avec iCul évident)

7 Mars 2022 , Rédigé par Martin-Lothar Publié dans #Le Dico, #L'Omekilekon, #iCuls & haïkus, #Quantiques du loup

Quantique du cure-dent (avec iCul évident)

« L'expérience ressemble aux cure-dents : personne ne veut s'en servir après-vous. » 

Roland Dorgelès

Frères humains qui avec moi comptez chaque matin vos soixante et six dents de sagesse, en vérité je vous le dis, l’odontoscalpophobie est la peur du cure-dent.

Voilà, c’est comme ça et je jure que ce n’est pas moi qui ai inventé ni ce mot ni cette angoisse.

Maintenant, allons savoir pourquoi certains ont la frayeur de cet objet somme toute anodin, voire familier.

Que l’on ait peur de rencontrer un tyrannosaure rex, cinglé, camé, bourré, ithyphallique, sans masque et covidé à la sortie d’un supermarché, je le comprendrais assez bien, mais franchement, avoir les jetons pour une vulgaire pique à saucisse de cocktail, c’est burlesque.

Certes, l’Histoire nous enseignera que certains pachas ou autres tyrans de Syracuse disparurent prématurément après s’être servi d’un cure-dent pourtant aimablement, voire amoureusement préparé par leur indispensable et humble grand vizir.

Certes encore, l’odontoscalpophobie peut à la rigueur signifier aussi une crainte du dentiste et de son infernale roulette russe ou otanesque, mais bon, il nous faudra enfin réaliser que le cure-dent fut sans aucun doute le premier outil de l’Homo Sapince Sapionce.

En effet, comme le disaient ensemble ou pas les deux Alexandre (Le Grand et Vialatte), le cure-dent date de la plus haute antiquité et tout laisse à penser qu’il fut inventé bien avant le feu, la massue, l’œuf dur, la poule au pot et le vapocraqueur. C’est vous dire que c’est ancien.

J’en veux pour preuve qu’une fois foutus dehors de leur hôtel d’Éden, le vert Adam et l’acre Ève, sans un dollar ou un rouble en poche, interdits de yacht et de carte bancaire et qui ne savaient ni chasser, ni pêcher, n’eurent d’autre choix que de bouffer des racines filamenteuses et des baies à s’en prendre plein les dents et d’avoir bientôt le besoin irrépressible de retirer ce foutu pépin de groseille coincé entre la première et la deuxième molaire.

Par ailleurs, on peut se douter que leurs enfants, Abel Lurette et Caïn de Troie (NDLR : les noms de famille ont été changés) eurent pour cela très tôt mal aux quenottes et c’est pourquoi les enfants modernes de chez Aujourd’hui réveillent leurs parents le dimanche, à trois heures du matin.

Toutefois, le cure-dent a ses apôtres, ses fidèles et ses collectionneurs passionnés : on les nomme les « odontoscalpophilistes » parmi lesquels figure Alfred Jarry (le papa d’Ubu et de Faustroll, 1873-1907) dont les dernières paroles furent : « un cure-dent, donnez-moi un cure-dent ».

Il existe aussi un pays et un peuple dont la religion, l’emblème et la monnaie sont le cure-dent : le Curdan ou Kurdan (rien à voir avec le Kurdistan hein). Toutefois, cette nation, cette civilisation curdanaise très ancienne, pour ne pas dire très antique est « ultrasecrète ». Son existence et son Histoire ont été récemment révélées par la traduction (toujours en cours) de la bible curdanaise : l’Omekilekon dont j’espère pouvoir causer plus avant dans ce blogue. Je pense que c’est par cet ouvrage que nous connaitrons enfin l’inventeur millénaire du cure-dent.

mais fous-toi donc un cure-dent

entre les deux dents

c’est fendant

Illustration : Paolo Caliari, dit Véronèse, 1528-1588, Les Noces de Cana (détail), 1563, huile sur toile, musée du Louvre, Paris, Europe. Ce détail du tableau montre la poètesse Vittoria Colonna, se curant les dents dans entre Charles Quint (l’Oxydent) et Soliman le Magnifique (l’Or-riant)…

Fin de loup

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