La destinée d’Harry Potter

Moi, je suis un fan d’Harry Potter et j’en suis fier !
Et pas depuis longtemps en vérité.

Il y a deux ans, las de baragouiner le Globish (L’Anglais international des affaires commerciales, privées et touristiques), je me suis dit qu’en amoureux de l’Anglais, qui est une langue superbe quand elle est bien parlée ou écrite, je devrais un peu me ressourcer en cette matière.
Je voulais lire des textes plus édifiants en cette langue que les modes d’emploi d’un four à micro-onde (traduits du Japonais, via le Coréen en passant par l’Espagnol, voire le Catalan) ou des contrats d’assurances.
Par ailleurs, soucieux d’être inquiet de la santé morale de notre belle jeunesse qui, dans les années à venir va en chier profusément pour essayer de payer ma maigre retraite, notamment, je désirais lire des textes anglais très contemporains.
C’est alors qu’une Anglaise de mes amies et de chez England me conseilla de lire la saga d’Harry Potter.
Elle argumenta en déclarant que c’était des livres pour enfants, écrits dans un Anglais impeccable – quoique un peu « old school » - mais qui avaient l’avantage d’être accessibles et intéressants.
De plus, ces livres bénéficiaient d’un tapage et d’une aura médiatique – certes agaçantes – mais révélateur d’un certain intérêt général, sinon d’une certaine jeunesse…
Bon conseil et merci encore « to C. my good friend and C. you later »

Passant en comète dans la Caverne D’Ali Baba (FNAC) je pris complètement au hasard un bouquin titré : «  The Prisoners of Azkaban »
Bonne pioche !
Bon au début, c’est un peu laborieux de passer du Globish à l’Anglais « Old School » mais c’est une question de persévérance.
Je lisais chaque jour une ou deux pages et passais à autre chose.
Je connaissais un peu Harry Potter pour avoir vu le premier film.

J’étais content et serein car c’était très rigolo, jusqu’à ce que je lise ce passage où les « détraqueurs » inspectent le train qui emporte chaque année nos collégiens apprentis sorciers vers Poudlard (Hogwarts School) leur collège…
Poum !
Il faut vous dire que les « détraqueurs » (Dementors) sont les gardiens de la terrible prison d’Azkaban où sont enfermés les sorciers déviants (optant pour le  côté obscur de la Force)
Ils inspectent les prisonniers et les citoyens lambda en leur suçant le tréfonds du cerveau, voire de l’âme !
Cette séance de détracteurs peut vous coûter la vie et notre brave et ballot d’Harry Potter ne s’en sort que grâce à l’intervention d’un de ses profs (et personnage clé de la saga) le Professeur Lupin (loup-garou - salut vieux frère ! - à ses heures de pleine lune)
Je ne sais pourquoi, mais ce passage du récit  a provoqué en moi un véritable raz-de-marée !
Le lendemain, j’achetais à la Caverne de chez Ali Baba tous les livres parus (en Français, cette fois) de cette saga et entreprenais aussitôt de les dévorer sauvagement, ligne après ligne.

Plus haut, j’ai écrit « bonne pioche »
J’avais en effet choisi au hasard le troisième tome de la saga de J. K. Rowling « The Prisoners of Azkaban »  qui est en fait, le livre « charnière » de la série.
Je pense en effet que cet auteur, la très discrète et secrète Joanne Kathleen Rowling (née en 1965 à Chipping Sodbury, dans le South Gloucestershire, près de Bristol en Angleterre), certainement dépassée par le succès de ses deux premiers livres, a eu la grande intelligence de prendre son œuvre en main (qui était au départ, très anodine, enfantine) pour en faire une sorte de « vade me cum » de l’adolescent.
Quand j’écris « intelligence », je pense « génie » car la saga d’Harry Potter est vraiment unique en son genre dans la mesure où ses héros (HP, Hermione, Ron, et tous leurs « camarades ») « vieillissent » en même temps que leurs lecteurs de chez Tousexes & Tousâges.

De plus, tous les volumes de la série sont « doublés » par des films (très fidèles et attractifs au demeurant – même si le cinéma ne peut être que très réducteur de toute réalité ou texte) ; lesquels films ne peuvent que charmer notre belle jeunesse (future martyre contribuable) et l’incliner enfin à la lecture et finalement, à l’écriture…


* Partie 2 *
Les deux premiers romans d’Harry Potter sont des livres pour gamins ou pour de « vieux enfants » (ou préados, comme l’on dit maintenant).
Certes, le contexte est original ; le récit est palpitant ; la triplette de héros (le club des trois) est sympathique et bien équilibrée.
Il y a Harry la flèche, un orphelin, agile, binoclard, tête brûlée, un peu ballot sur les bords, mais au destin prometteur ; Ron le pote gaffeur, rigolo, couard, bagarreur, mais indispensable et Hermione, la nana, première de classe, chipie, astucieuse, rêveuse, coléreuse, fleur bleue, mais incontournable.
Il y a évidemment une morale de fond à ces récits, et une morale bien moderne : Il ne faut pas jouer au con avec la science, la beauté ou l’argent les enfants !
Sinon ça peut finir très, très mal hein !

Il y a aussi dans cette saga, dès le départ, une très belle idée consistant à faire de Poudlard, ce pensionnat typiquement britannique (ce qui est un mythe en soi quelque part !) où nos héros vont apprendre en sept ans le beau et dur métier de sorcier, un véritable « musée » de tous les mythes, contes et légendes européens.
Un beau lycée bien professionnel quoi, comme on les aimerait : avec un CDI magique à la sortie !
C’est, dans ce collège, une grande collection tirée des mythes grecs et romains, du roman de la Table Ronde, des Nibelungen, des contes d’Andersen, de Grimm, de Perrault à la science-fiction (Portoloin, montre à remonter le temps) en passant par les légendes slaves, le Kalevala et toute l’imagerie ésotérique, celtique ou médiévale.
C’est une remarquable anthologie féerique habilement et astucieusement mise en scène pour le plus grand petit plaisir des petits et des grands.

De plus, il y a des trouvailles, des inventions des adaptations vraiment très originales et belles tel le jeu de Quiddish, la pensine, les tableaux « vivants », le quai de gare secret, le bus londonien magique, la rue du commerce de sorcellerie, le chapeau ordinateur etc.
Il y a enfin (of course) bien sûr des gentils tout plein et des infâmes méchants à chier…
A noter (clin d’œil historique je pense) que les méchants ont souvent un nom à consonance normande (Voldemort, Malfoy) à l’exception du jeune Neville (un gentil camarade de second plan sans doute, mais dont je reparlerai dans la quatrième partie hé, hé !)
Ces aventures palpitantes, ces héros à la fois originaux et somme toute banals (auxquels un enfant, lecteur apprenti de onze ans et plus peut donc facilement s’identifier) cette synthèse de traditions occidentales bien connues, ces trouvailles bien amenées, n’ont pu que contribuer au succès immédiat et international du premier et deuxième roman.
Mais bon hein ! Un troisième roman de la même veine aurait sans doute fait capoter immédiatement la saga ; surtout que le grand méchant (you know who) est tué par HP à la fin du deuxième livr…

A ce stade et comme je le mentionnais déjà dans la première partie, J.K. Rowling a de très belle façon et d’une manière fort moderne ma foi, « reprise en main son œuvre » pour en faire une saga et transformer un récit pour enfant en une œuvre littéraire « à part entière » lisible et admirée tant par les enfants, que les ados et par les adultes sorciers ou pas ( et j’en suis la preuve, si on veut bien me considérer comme adulte ou sorcier, n’en étant pas encore convaincu moi-même !)
Il faut dire que J.K. Rowling n’est pas une idiote : Elle a été professeur à la Sorbonne ; a voyagé dans toute l’Europe, voire le monde et l’on peut supposer sans trop se tromper grave qu’elle a lu pas mal de livre et qu’elle a une petite idée de la vie, des gens et de la société mondiale et Ltd où nous vivons tous comme nous pouvons…

Elle a en effet de façon très progressive (voire pernicieuse) bouter ses héros et ses lecteurs à la clé, hors du monde merveilleux et insouciant de l’enfance, pour les mener sur le chemin et dans la peau de l’adulte (comme dans la vraie vie non ?) et ce en usant très intelligemment des références traditionnelles mentionnées plus haut.
Nos trois héros et leurs petits camarades vont donc passer de l’autoroute bien goudronnée et sécurisée de l’enfance au terrible et instable pont de cordes de l’adolescence !
Ce faisant, J.K. Rowling leur propose ainsi qu’à leurs lecteurs « le véhicule » du rite initiatique traditionnel et millénaire.
On passe alors de Perrault, Merlin, Grimm et des jolis contes de fées  à Jung, Freud, Marx, Serres et autres les gens !

Bon, je sens que certains moldus de mes lecteurs haussent les épaules et se disent qu’il exagère le Martin !
Il a pété les plombs le Lothar, là !
Bon OK les moldus, on va voir : En route pour Poudlard !

* Partie 3 *
D'après les statistiques, c’est à onze ans que l’on meurt le moins…
Quand je dis « onze ans » c’est en fait variable : Il faut lire quand l’enfant est à un poil du poil ou du taquet de la règle…
Vous m’avez compris hein !
Je ne vais pas vous faire un dessin quand même.
A onze ans disons, l’enfant est immortel ; son corps est au maximum de sa souplesse et de sa puissance ; son esprit est blindé et forgé de tous les plus grands rêves de l’enfance.
Bref, il est indestructible et insupportable à chier aussi (1)
Il est parfois potentiellement dangereux (2)
Il (ou elle) ne veut plus être un enfant ; tout ce qu’il veut c’est d’être un adulte et de pouvoir enfin en tout liberté et dans le monde idéal qu’il s’est fabriqué ou qu’on lui a fabriqué, faire sa place – évidemment au soleil – selon ses désirs, rêves et projets.
D’ailleurs, tous les plans et descriptifs du grand projet sont dans la poche de sa culotte (courte éventuellement)

Dans ma note du 30 mars, je vous écrivais que dans la vie, il pouvait y avoir plusieurs âges : trois, quatre, cinq…
En fait, il n’y en a que deux : l’âge de l’enfance et l’âge de l’adulte.
Point à la ligne.
Personne ne garde son enfance dans la poche et rares sont ceux qui tâchent de la retrouver ou d’en retracer les plans dessinés la langue pendante des années auparavant.
Beaucoup la ressassent sans jamais la retrouver.
Alors, ils la réinventent, un jour, pour leur plus grand bonheur et sans doute, pour celui de leurs enfants ou petits-enfants…
Moi, je veux mourir en riant aux anges !
En fait,

N’en déplaise à tous les psychopédomachintrucs, l’adolescence n’est pas un âge à part.
On est un enfant ou l’on est un adulte.
L’adolescence n’est que ce passage – de quelques secondes ou quelques minutes en fait – ce pont de corde effroyable ou pas – où notre enfance va basculer dans l’âge adulte.
C’est l’oisillon qui prend son premier vol (3) ;
C’est le têtard qui respire l’air pour la première fois ;
C’est le louveteau qui du jour au lendemain ne pourra plus jamais être apprivoisé et ne deviendra donc jamais un chien ou autre joujou des humains.
Il faudrait que nos pédagogues et nos politiques en aient conscience un jour : Ça peut simplifier pas mal de choses et en éviter d’autres !

En quelques minutes, l’enfant devient un adulte jusqu’à sa mort.
Aucun être humain n’échappe à cette règle (même Arthur Rimbaud qui voulut la violer) et certainement pas Harry Potter qui, un jour en traversant la muraille du quai 9-10, se retrouvera adulte, à la portière du train qui l’emportera vers Poudlard.

J.K. Rowling, Harry Potter, Tome III : Le prisonnier d’Azkaban.

Quand HP monte dans le train qui l’emporte à Poudlard, il n’est déjà plus un enfant.
Il a écouté avec attention certes, les conseils de prudence prodigués par M. Wesleys, son « beau-père » à propos de la menace constituée par Sirius Black, un dangereux criminel qui est à ses trousses.
Sans savoir très bien pourquoi, HP a cependant quelques doutes sur la réalité de ce danger…
Prémonition « littéraire » du héros insufflée par son auteur ?
Ou alors intention de l’auteur de métamorphoser son héros d’enfant en un ado désireux de s’en remettre désormais à ses pulsions et à sa curiosité plutôt qu’à la morale du carcan familial ?

HP est bien à l’âge où l’on s’embarque à l’aube sur un vraquier en partance pour les îles sous le vent ; où l’on désire entendre d’autres sons de cloches et écouter sans retenue toutes les balivernes du premier venu…
Et le croire sur parole cet étranger, quitte à lui vendre son âme, juste pour le fun ou le tout nouveau parfum enivrant de l’aventure et de ce qu’on croit être la liberté.
HP est à l’âge où les portes de son esprit et de son âme sont béantes car toutes les serrures, bobinettes et verrous de l’enfance sont tombés malgré lui ou pas.
Les « dementors » le savent bien et à la première occasion, ils sautent sur le pauvre HP comme le sida sur un bobo parisien, comme des dealers sur un Gavroche de banlieue.
Notre héros ne sera sauvé d’être retourné comme une vieille chaussette que par l’intervention du professeur Lupin.

Où HP comprend alors que le monde dans lequel il s’engage n’est pas vraiment celui qu’il avait imaginé  ou celui qu’on lui avait prudemment dessiné ;
Où HP comprend que la société n’est qu’en fait qu’un fatras complexe et souvent dangereux de luttes, de guerres, de compromis, d’arbitrages, de lois, d’institutions, de procédures ou d’autres « systèmes bidouillés et ressassés » passés ou présents sur lequel ses acteurs tentent de vivre avec plus ou moins de bonheur, de clairvoyance et d’ardeur.
Où HP comprend que ces acteurs de la société n’ont toujours pas pour motivation la paix, l’amour, la fraternité ou le bonheur de l’humanité ou de la nature.
Où HP comprend que les êtres humains ne sont pas rangés en deux catégories simples et idéales : Les Bons et les Méchants, mais que leurs esprits, leurs désirs, leur humeur et leurs actes sont sans cesse nuancés et déformés par les multiples aléas de la vie et le comportement des autres.
Quel qu’ils soient !

Le dangereux criminel se révèle bientôt un quasi-père ;  le gentil animal de compagnie se transforme en salaud pitoyable ; le noble professeur subit par période une terrible et dangereuse sauvagerie.
L’adulte statufié par l’enfant se délite ou s’effondre sous les yeux de l’ado et se transforme en un personnage ballotté entre l’estimable, le pitoyable et l’infernal.

HP, Hermione et Ron n’auront plus qu’à déchirer leur carte de l’enfance et jeter leurs estampes maintenant détrempées de larmes.
Ils sentiront alors qu’il vaut mieux parfois être orphelin brimé, ou une demie moldue ou encore rouquin de basse extraction plutôt qu’un loup-garou accidentel et incurable ou un centaure de naissance.
Et sous ce monde bringuebalant courent d’obscurs souterrains insoupçonnés où s’agite et se bat tout un autre monde de secrets, de rancoeurs et de vanité.
Au hasard d’un de leur tournant, notre HP aura la révélation de l’Histoire, de son histoire, de son origine, la révélation du temps.
Car si l’enfant n’a, ni passé ni avenir, l’adolescent prend de plein fouet souvent toute la mesure infinie de sa trame et de son drame.
Toute la dure réalité des tenants et l’hypothétique désir des aboutissants…
Il s’aperçoit à la fois qu’il n’est plus le maître d’une destinée forgée à coup de rêves tendres et qu’en plus, il est quelque peu l’esclave de son hérédité et de l’Histoire des vivants et des morts.
On n’échappe pas plus à ses gènes que l’on ne maîtrise son destin.
Nul ne naît de la dernière pluie et nous ne sommes que des gouttières, des larmiers.

Dans la fin de ce troisième tome, Rowling use d’un artifice très intéressant à cet égard.
Harry, sur le bord du lac, menacé par les dementors en est une fois de plus sauvé par ce qu’il croit être le fantôme de son père.
En réalité, c’est lui-même, remonté dans le temps, qu’il aperçoit et qui sauve sa propre vie.
Oui, c’est de la sorcellerie et du roman !
Vraiment ?
C’est sûr que si l’Histoire ne nous apprend rien et ne se répète jamais, il est utile pour bien initier la sienne, de la connaître et de la comprendre.

La fin de ce troisième roman voit s’envoler Sirius Black (Une étoile noire) porté par un hippogriffe, à la fois lion, aigle, cheval, centaure et une espèce de sphinx finalement.
C’est l’Antiquité retrouvée, blanchie et libérée s’enfuyant vers d’autres énigmes à poser.
HP est maintenant un jeune adulte, un écuyer fin prêt pour partir à la conquête du Graal.

(1) Michel Houellebecq, Les particules élémentaires, Chapitre 11
(2) Jean-Paul Sartre, l'enfance d'un héros
(3) Richard Bach, Jonathan Livingston le Goéland

* Partie 4 *

Si le troisième tome de la saga Harry Potter était un roman charnière (comme je l'ai si mal expliqué) le quatrième en est le joyau.
C'est vrai que c'est celui que je préfère.
C'est le plus palpitant, le plus riche, le plus profond, le plus dur et aussi le plus symbolique de tous.

J.K. Rowling, Harry Potter, Tome IV : La coupe de feu.

Bon ça commence par une coupe du monde de Quiddish qui d'ailleurs se termine très mal.
Un peu comme les jeux olympiques de Munich (le 6 septembre 1972)
D'ailleurs, je me demande si au fil des romans d'HP, Voldemort ne ressemble pas de plus en plus à Ben Laden ! (A creuser ? hein !)

Ensuite, retour à Poudlard où HP, ses Potes & Potesses vont découvrir à la fois le mondialisme et les jeux de l'amour et du hasard.
A nous le petites anglaises !
C'est vrai que ces échanges internationaux ont pour premier but d'apprendre des langues étrangères.
Finalement, nos ados prennent bien les langues, mais ce ne sont pas celles qu'on croit !
Ah jeunesse !
Le jeu de l'amour est la première grande épreuve de l'adolescent. Notre écuyer HP va donc subir cette première (terrible) épreuve qui lui fera découvrir la subtile différence qu'il y a entre un copain (d'enfance et point barre), un amour (de vacances et cours toujours mon gars), un amour (indéfectible et prolixe, prends l'aspirateur mon pote) et une amitié (éternelle et souvent méconnue cinquante ans après)
Bonjour, les dégâts hein !
C'est pas simple tout ça !
C'est la vie...
C'est vrai qu'à quinze ans, à la sortie d'une boum, bien souvent, on se prend à faire le compte des ses copains, de ses copines, de ses amours, des ses amis et l'on comprends trop douloureusement alors qu'on est tout seul et tout nu comme un con à force d'avoir trop joué au con.
C'est à ce moment-là que se fait souvent racoler par la Grande Pute Universelle et Gratuite (GPUG) : La Mort !

Bon, là, il faut réfléchir et surtout, il faut partir casser des pierres (à tout prix).
Faire du sport, faire la guerre, partir à la conquête du Graal.
Etre compétitif et croire fermement aux grandes valeurs du fair-play, de l'effort et de la réussite.
Croire en l'avenir quoi !
Croire en son espèce.
Etre darwinien à mort.
Participer à un tournoi !
Et notre HP plonge alors hardiment dans l'océan (le lac ?, le miroir ?) des symboles...

Bon là, je crois que J.K. Rowling a pris un jeu de tarot marseillais, ou le dictionnaire des symboles (du genre de celui d'Alain Gheerbrant & Jean Chevalier – Collections Bouquins, pub) pour écrire ce tome !
Tous les loups-garous vous le diront !
On nage dans la symbolique la plus pure, la plus occidentale ; on nage dans le mythe !
Déjà rien que le titre « la coupe de feu » nous signale grave le Graal.
La coupe au tarot est le cœur de la belote ou du bridge.
Le denier est le trèfle.
Le bâton est le carreau
Et l'épée est le pique !
Bon ensuite, je passe les quatre éléments (Eau, Air, Feu, Terre) que vous retrouverez profusément dans ces aventures.

J'en viens au mythe des mythes : A côté duquel celui d’Œdipe et du sphinx n'est qu'un jeu d'enfant pour des freudiens de pacotille ou de carnaval !
Le mythe du labyrinthe !
Le mythe des mythes qui regroupe ou synthétise à la fois : Minos, roi de Crète, Europe, Jupiter (ou Zeus, ou pas mal d'autres derrière) Vénus, Thésée, Ariane (et son fil), Phèdre (et son fils), Hippolyte, la double hache, Icare, le Minotaure (taureau-garou) et surtout : Dédale (derrière qui beaucoup d'un beau monde très ancien se cache)
Et hop !
Nage donc Harry !
Débrouille-toi !
Démerde-toi Harry !
Et il se démerde si bien l’Harry qu'il subit l'épreuve des épreuves : la Mort !
Pas la sienne (trop facile hein !)
Celle de son pote et néanmoins concurrent !
La pire des choses...
Et notre Harry Potter deviendra un chevalier de cette épreuve !
Forcément
L'adoubement n'est pas une formalité Cafienne (de CAF du 9-3)
Et roulez jeunesse !
Maintenant, il faut mettre de l'ordre partout et peigner la girafe le phénix...


* Partie 5 *
Le cinquième volume des épisodes d'Harry Potter a dû tomber des mains de plus d'un fan du jeune sorcier...
C'est le plus long, le plus ardu, le moins palpitant et certainement le plus difficile de tous.

J.K. Rowling, Harry Potter, Tome V : L'ordre du Phénix

Il faut dire qu’Harry et ses potes y sont projetés d'emblée dans le tout-à-l'égout de la société des adultes.

Et même le tout au dégoût !

Ça magouille, ça rampe, ça conspire de tous les côtés !

Ils rentrent de plain-pied dans les arcanes et la tripaille de la société, des institutions, des clans et découvrent alors les règles très particulières et sulfureuses de la politique.

Déjà, la fin de l'épisode précédent avait mis brutalement un point final au gentil conte de fées qu'était cette saga jusque-là et voici maintenant nos héros confrontés aux luttes intestines, aux trahisons, aux doubles jeux, aux complots, aux rancunes, aux arnaques de tout genre.

Les adultes deviennent de plus en plus troubles, incertains, inconstants et nos jeunes héros découvrent avec beaucoup d'amertume comment les sortilèges de la vanité, de l'ambition, de l'égoïsme et de la jalousie sont puissants et efficaces dans des quêtes aussi interlopes que celles de l'argent ou du pouvoir.

Même les si gentils et serviables elfes de maisons peuvent se révéler hargneux, rancuniers et haineux...

De très nobles institutions sont de plus minées de l'intérieur par des méchants vicieux et même un rien ignobles.

Par ailleurs, cet épisode se déroule dans une large mesure loin du collège de Poudlard : Changement radical de décor et aussi un peu de personnages.

Côtoyant une société secrète formée sous l'égide du Phénix de leur maîtres et amis, nos jeunes héros comprennent vite que la bonne volonté, les bons principes ou une association de bonnes âmes et de bienfaiteurs ne suffisent pas toujours à déjouer les plans des suppôts du côté obscure de la force.

Surtout qu'ils s'aperçoivent que l'avers ou l'envers d'une même pièce se révèle tour à tour plus ou moins clair et net, et vice vertu.

J'avoue que j'ai eu du mal à terminer sans bayer cet épisode un peu à part. Rowling a visiblement voulu trop en faire et apparaît finalement s'empêtrer elle-même dans son histoire.

Je pense néanmoins que c'est dans cette partie qu'elle a finalement profilé la suite et la fin des aventures d'Harry Potter.

La fin un peu plus agitée de ce cinquième épisode est ponctuée comme celle du quatrième par la tragédie d'une mort : Celle de Sirius Black, le parrain d'Harry.

Le voilà donc encore plus orphelin et ce, à la veille de la guerre...


* Partie 6 *
Le sixième épisode des aventures d'Harry Potter plonge nos jeunes héros dans une guerre totale.

J.K. Rowling, Harry Potter, Tome VI : Le Prince de sang-mêlé.

Alors que Londres est plongée dans le blitz, nos apprentis sorciers sont quand même de retour au collège de Poudlard avec force roulements de tambours et... De patins aussi...
Mais c'est bien de leur âge, hein !
Et ça y va...

Rowling dans ce sixième épisode retrouve clairement son souffle et son inspiration tant dans les détails que dans la trame de l'histoire.
Il y a de nouveau pas mal de jolies trouvailles parmi lesquelles ce livre de magie annoté par un prédécesseur d'Harry.
J'aime cette idée et ça m'est arrivé d'avoir des livres de d'occasion dont certaines pages portaient des inscriptions, dessins ou notes plus ou moins en rapport avec le texte !
C'était un bonheur d'essayer de deviner le sens des plus « cabalistiques » de ces « marques »

La guerre arrive jusqu'à Poudlard où Voldemort avait installé son cheval de Troie.
On en apprend un peu plus sur cette ordure et Rowling de retracer ainsi les origines et la jeunesse de ce super méchant qui prend beaucoup plus d'épaisseur.
Par ailleurs, l'histoire et son dénouement n'en prennent que plus d'intérêt : Le diable devient à la fois un peu plus humain et un peu plus dangereux...
C'est aussi en connaissant la vie et la personnalité de son ennemi qu'on pourra mieux le vaincre et la quête d'Harry et de Dumbledore pour réunir les horcruxes de Voldemort (des morceaux de son âme) est des plus passionnantes et cette idée est d'un symbolisme profond.

Comme les deux précédents, cet épisode se termine par une mort : Celle du bon et du grand Dumbledore, le directeur du collège de Poudlard qui, au terme d'une bataille homérique se fait envoyer ad patres par un des suppôts (supposé) du diable.
Je fais remarquer incontinent qu'à mon humble opinion, ce vénérable sorcier se fait avoir « comme un collégien » c'est-à-dire un peu trop facilement pour un sorcier de son expérience.
Toujours est-il qu'Harry perd alors tout ce qui lui restait comme guide, voire comme parent.
Harry Potter se trouve désormais seul face à sa destinée, mais heureusement qu'il a encore Hermione et Ron, hein !.

Comme Rowling n'a pas encore fait paraître le septième (et dernier ?) tome de sa saga, je vais m'efforcer dans ma prochaine (et dernière) note de lancer des hypothèses plus ou moins déjantées sur la suite et la fin des aventures d'Harry Potter.


* Partie 7 *
Dans quelques mois paraîtra le dernier tome des aventures d'Harry Potter de J.K. Rowling.
L'été dernier, dans une conférence de presse, cette dernière annonça la mort de plusieurs de ses héros dont notre Harry international.
L'émotion fut telle que de nombreux écrivains (anglo-saxons hein ! nos franchouillards d'écrivaillons étant définitivement « au-dessus » de telles gamineries) dont John Irving et Stephen King ont supplié J.K Rowling d'épargner ses personnages et surtout de ne pas toucher à un cheveu d'Harry.

Vainement je crois, car les mobiles de cet auteur ne sont pas négligeables et je pense que le crime sera consommé.
J.K Rowling voudrait en effet écrire « autre chose » et de plus elle doit avoir un peu ras-le-bol de cette saga et de son héros.
Par ailleurs, elle ne souhaite pas que son petit monde soit laissé plus tard en d'autres mains qui se chargeraient avec plus ou moins de bonheur de continuer sur sa lancée.
On peut imaginer en effet une foultitude de suites en allant de « Harry Potter chez les Inuits francs-maçons tendance anti-libérale » à « Harry Potter et le plombier fou » en passant par « les partouzes d'Harry Potter »

Tout cela pose le toujours angoissant problème des rapports d'un auteur avec son œuvre et ses personnages.
Le héros (et ses satellites) n'est jamais assez représentatif de l'auteur ou au contraire, il le dépasse complètement à tel point que des rapports d'amour et de haine peuvent s'établir entre eux.
Et ce « pathos » s'en trouve aggravé par la célébrité de l'œuvre ou des héros.
Bon, si Harry est tué par son auteuse, un ou une autre pourra le ressusciter par « un coup de baguette magique » et vogue la galère.
Mais ça ne sera jamais « comme avant » et finalement jamais « comme se devra»
On peut imaginer aussi que la saga continue sans l'Harry, mais il faut se dire qu'il n'est pas en fait le principal personnage, que ce n'est pas lui l'âme à part entière de cette œuvre.
Hermione, Ron, Lupin sans Harry, c'est Tintin sans Milou ou Haddock ou Astérix sans Obélix : C'est bien certes, mais il manquera toujours quelque chose à la légende : Ça ne sera plus pareil.

Non, Harry doit mourir et basta !
La vie, même de sorcier, n'est jamais un long jeu de quiddish gagnant et la mort embauchera toujours dans les usines de l'oubli.

Ceci étant on peut se consoler en espérant que J.K Rowling donnera à ce pauvre gosse une mort légendaire : Un truc de dieu en diable qui ferait en plus réfléchir grave et qui donnera espoir aux tout premiers lecteurs (maintenant ados, voir des adultes) et qui les récompensera de leur ferveur.

J'attendrais la parution du dernier tome pour vous livrer mes scénarios déjantés sur ce final.
Pour l'heure, voici mes pronostics sérieux :
Comme je l'avais écrit dans les épisodes précédents, Harry Potter n'est pas « l'élu » (celui qui doit éliminer l'infâme Voldemort) contrairement à ce que l'on peut accroire. Toutefois, fort de cette foi de charbonnier, il affrontera ce diable dans un combat mortel qui permettra de faire revivre tous ceux que Voldemort a tués (et ils sont nombreux hein ! Quel salaud ce mec)
Ce méchant damné, épuisé par ce combat et par l'assassinat d'Harry sera enfin mis à mort par le véritable « élu » qui à mon sens n'est autre que le jeune Neville, bien que je prenne aussi une option pour Drago Malefoy !

On pourra imaginer enfin que la mort des sorciers de Pourdlard et d'ailleurs se passe dans un autre univers parallèle – dans des voyages infinis dans des trains fantômes mais festifs auxquels on accède par un quai et demi et dont ils ont l'éternel secret.
Hermione et Ron se marieront et auront beaucoup d'enfants sorciers et rouquins.

Adieu Harry, je t'aimais bien tu sais !


* Partie 8 *
A paraître.




Renvois aux articles et leurs commentaires
Partie I (26 mars 2006)

Partie II (28 mars 2006)

Partie III (5 avril 2006)

Partie IV (23 avril 2006)

Partie V (19 juin 2006)

Partie VI (20 juin 2006)

Partie VII (27 janvier 2007)

Repost 0