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Martin-Lothar

Les embarras de Rome

8 Décembre 2007 , Rédigé par Martin-Lothar Publié dans #Runes


HEEMSKERCKbacchus

« On meurt d’insomnie, ici ; on est malade de mauvaises digestions qui entretiennent des fermentations dans l’estomac. Où louer un appartement où l’on puisse fermer l’oeil ? Il faut une fortune pour dormir dans notre ville. Voilà ce qui nous tue. Le passage embarrassé des voitures dans les rues étroites, le désordre bruyant du troupeau qui n’avance pas ôteraient le sommeil à Drusus lui-même ou à des veaux marins »
(Juvénal, Satyre III)


Note ; Juvénal fut un poète satyrique latin du premier siècle de notre ère.
Il exécrait la Rome de son époque et méprisait surtout ses d’habitants citoyens bobos inutiles et leurs hardes de feignants de luxe de tout poil à commencer par leur chef en chef « Néron » (Drusus, dans le texte cité)
L’Urbs de son temps était pour lui un vaste lupanar à chier où partouzait une société pourrie et repue ayant trahi à jamais le mythe de sa fondation, toute son Histoire et qui passait sa vie à se gaver et à saloper les symboles de Bacchus, de Janus ou du Grand Pan, notamment.
Malheur à ces crétins !
Je rappelle que le mot lupanar vient de « lupa » (louve) et ce rappel est d’autant plus cocasse que le 20 novembre dernier, des archéologues italiens ont découvert sur le mont Palatin, sous le palais de l’empereur Auguste, les vestiges de la « Luperca » ou la « tanière romaine » : La grotte où d’après la légende, une louve aurait allaité Remus et Romulus (j’en reparlerai prochainement)
Dans cet extrait, Juvénal décrit les embarras de Rome et sauf erreur, deux mille ans après, ce texte semble toujours d’actualité dans Rome, dans l’empire d’Occident, d’Orient et partout ailleurs, d’ailleurs.
Vae victis…

Illustration : Maerten van HEEMSKERCK (1498-1574), Procession de Bacchus (1538), Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Fin de loup

 

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M
Saturnin : Oui, il nous manque beaucoup, ce loup-garou...Monsieur : Bien sûr que le monde est beau, mais il y a beaucoup trop de cons pour ne pas l'admirer. Evolution ? : Rappelez-vous que je suis quantique comme vous et tout l'univers : Ce n'est pas avant/arrière ; c'est 1 ou 0 (-1 si vous voulez - à discuter).Partimou : Oui j'ai vu et c'est de plus en plus rare. Mais, j'espère que tous mes liens à droite pub en profiteront un peu au moins...Prax : Ah très beau - tout à fait digne de ce blogue !Mandolino : Voir mon com au Parti Mou - tu es concerné aussi, je le souhaite.Gothic Inside (Quel pseudo) : Non, jamais égalé c'est vrai et en plus il en avait où je pense en se prenant au Néron ou à ses potes - C'est pas comme maintenant hein ! Monde de... Pff !
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G
Toujours juvénile, le Juvénal ! beaucoup imité - notamment par Boileau - mais jamais égalé ... et j'aime bien la photo illustrant ce post ; mais que fait donc la poliiiiiice ?
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M
Hey, tu es le ptit coup coeur de la sélection blog
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P
Les loups, hou, les loups sont entrés dans Paris. Et les loups sont entrés à pied d'où le loup panard
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P
Martin, vous êtes à l'honneur sur la page Canalblog
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M
Oui, vous avez raison monsieur; en lisant les premières lignes, j'ai cru lire un texte du XXème ou XXIème siècle.Mais, si ce discours est donc d'actualité, c'est que l'on peut considérer assez sûrement qu'il n'y a pas d'évolution possible pour l'humanité? Savez vous, ce monde qui ne change pas, c'est une raison de l'aprécier, comme une chose à laquelle on ne pourra de toute façon que participailler de façon minime. Ne croyez vous pas qu'entre l'éspérence confiante en un monde meilleur, et votre juste et amer fiel à l'encontre de cette évidence, il y ai l'évidence que, d'une manière obscure, le monde est beau?
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S
Ce Juvénal, quel grand homme! Il faisait le frontispice de notre belle revue "toujours plus haut", du temps des amis bigourdans de la poésie naïve:"Vascones est, alimentistalibus usi, prochexere animas." Juvenal Satire xv
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