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Martin-Lothar

Premier conte à ressorts

18 Décembre 2011 , Rédigé par Martin-Lothar Publié dans #Contes du Labyrinthe

 

À propos des contes à ressorts.

 

Dédicace de circonstance, de sympathie et d’espérance : à Berthoise, à qui la vie, cet éternel Sphinx, vient de poser la plus terrible des questions.

 TurnerTrain.jpg

« L'éducation peut tout : elle fait danser les ours. »

(Gottfried Wilhelm Leibniz)

 

 

Acte I

(aria)

Cette histoire se passe dans des temps où l’on pouvait fumer dans les trains qui mettaient plus de dix heures pour aller de Marseille à Paris.

Au départ de la gare de Saint-Charles, une jeune femme et un homme d’un âge certain se trouvent face à face, seuls dans un compartiment fumeurs.

Au bout d’une heure, l’homme demande avec courtoisie à sa compagne de voyage s’il peut allumer une pipe ; ce qu’elle accepte prompte et avec autant d’amabilité pour reprendre sa lecture de « la Prisonnière » qui est, comme tous les chefs de gare le savent depuis 1925, le cinquième volume de « À la recherche du temps perdu » du poète charcutier arverno-germanopratin Auguste Sieste ou du romancier franco Auteuilois, Marcel Proust, selon la manière dont on tient le bouquin pour le lire ou écraser les mouches.

L’homme sort alors de sa poche une magnifique pipe ornée d’argent sur un bois sans doute très rare et constituée d’un tuyau droit entrant dans un fourneau presque cubique de sorte que, vue de loin, on pourrait la prendre pour un petit marteau ou un maillet. Sur la face externe, est serti de métal, le plan d’un labyrinthe et sur chacun des côtés, une hache est sculptée en relief   

Lent et minutieux, l’homme bourre sa pipe d’un tabac de la plus haute qualité extrait d’une blague tout aussi luxueuse et l’allume enfin selon un rite des plus achevés pour se replonger dans la lecture d’un manuel d’astronomie.

Deux heures roulent encore quand, soudain, le fumeur se lève d’un bond brusque pour ouvrir nerveux la fenêtre du compartiment par laquelle il jette sa pipe d’un geste puissant.

Ayant refermé la fenêtre, il se rassoit tout aussi preste sans même remarquer le visage éberlué de la jeune femme.

Quelques secondes suspendues à jamais dans la stupéfaction avant qu’elle ne demande :

 

« Mais, Monsieur, pourquoi avoir jeté ainsi une pipe si belle et sans doute, si rare ? »

 

Et l’homme de répondre :

 

­« C’est pour éloigner les ours. »

 

« Mais, Monsieur, il n’y a pas d’ours par ici ! » s’exclame-t-elle alors, encore plus stupéfiée et un brin inquiète.

 

« Eh bien, Mademoiselle, c’est la preuve que cette méthode est efficace », répond calmement l’homme en repiquant le nez dans son livre.

 

Note de l’auteur

[Ici, à l’origine, se tenait le mot « fin ». Le lecteur attentif aura toutefois remarqué que cette histoire est amorale en plus d’être idiote et ennuyeuse : il notera en effet l’absence abyssale de précepte à en tirer, sinon d’avoir été un lecteur concentré, barbé, et finalement pris pour un imbécile. Il s’en consolera peut-être en se disant que l’auteur en se relisant, fut le premier des couillons dans cette pitoyable entreprise et qu’il en fut pris de remords à un tel point, qu’il en écrivit une suite que, pour se venger, le susdit lecteur martyrisé, refusera de lire ou pas]

 

Acte II

(Passacaille / chaconne)

Note de l’auteur

[En préliminaires de ce deuxième couloir, je signale, pour le fun, à mes bien courageux lecteurs que les trucs entre parenthèses suivant la numérotation des actes scandant ce texte crétin sont effectivement des références musicales. J’ai eu cette idée sotte et grenue dix secondes avant de poster le premier acte (aria). Bon, tout ça pour essayer de couper court à un antique débat opposant le parti de la passacaille à celui de la chaconne : c’est (ce sont) un (des) machin (s) quantique (s). Les puristes vous diront que l’une est en mode majeur quand l’autre est encore mineure ou vice Versailles, bref, que des coquecigrues pour vieux cons pervers édentés et tristes binaires à jamais. Ah, mais na !]

 

Le train continue sa lancée de gare en gare, de paysage en paysage pour passer Mâcon, désennuyer les ultimes vaches normando-bourguignonnes (et non burgo-normandes comme tous les jeunes énarques azimutés le godspellent trop souvent dans les para pharmacies monégasques ou luxembourgeoises) et, en milieu de l’après-midi, pour s’arrêter net, sans raison notoire, non loin de Fontainebleau, dans la campagne la plus rase et la plus rasoir qu’aucun voyageur ferroviaire n’imaginera jamais.

Note de l’auteur

[Mes lecteurs doivent savoir que j’ai ici renoncé à introduire dans ce conte une attaque du train, entre Villefranche-sur-Saône et Chalon du même bois, par une horde cavalière d’Indiens cherokees, comanches ou pires apaches qui pullulent encore désœuvrés dans les luxueux et néanmoins mondialistes vignobles de notre beau Beaujolais. Je conviens que c’eut été un moyen efficace d’éviter le départ prématuré, voire le suicide d’un bon nombre d’entre eux (de lecteurs, pas d’Indiens) et de donner à ce texte saponifiant d’ennui une animation hollywoodienne de premier cru. Of course, comme disait John Wayne, à la fin, il y aurait eu Rintintin, la trompette, la cavalerie et sa charge, le TGV, le sergent O’Bordel et tout son train, Flipper le dauphin, Zorro, Justin Bieber, moi et tant d’autres imbéciles encore, et tout le monde, même les coyotes castrés, communistes, végétariens ou pas, auraient fumé le calumet de la paix, dans le meilleur des milkbars, devant une chope de bière sino-danoise et des tapas fluo sur fond de Bach, sauce Wendy Carlos que Philip Glass.

Hélas, tant de lois contemporaines et de diarrhée démagogique bannissant ségrégation de tout poil, culture, plume, pyjama, goût et couleuvres et j’en passe et des martiennes, je ne veux pas prendre le risque d’être un jour jeté en prison après avoir été cloué à un poteau, ou un pal de couleur et de torture pour de telles gamineries scripturales. Que deviendrait alors mon nounours Albert ? J’en suis donc revenu à des évènements plus standard et plus conformes à la morale post-islamo-judéo-chrétienne, vingteurisée, républicaine, noahtique, javellisée, bisounourse, zidanienne, attalique et soviétique de notre immortelle Nation française. Désolé.]


Acte III

(Sturm und Drang)

 

Un silence de plomb tombe alors sur toute la rame, tel un nouvel impôt dans la soupière vespérale et par conséquent dînatoire d’une maison de retraite provinciale de banlieue fleurie.

Et, comme cette histoire se passe en France, le pays de Zola, de Babar, de BHL, du préfet Poubelle et de Guignol, après les longs regards interrogateurs ponctuant toute surprise légitime ou non, le verbe encoléré surgit véloce des gorges usagères, irritées et citoyennes en une poignée de minutes pour réclamer derechef incontinent le procès et l’exécution consécutive, voire sur le champ, du chef de train, coupable, sans aucune circonstance atténuante, d’un manque patent, scandaleux, d’une rétention quasi fasciste d’information.

Note de l’auteur

[J’avais imaginé de décrire séant une bataille rangée entre les usagers révoltés et l’équipage de la SNCF. Un combat homérique, enragé, violent, sans peur, déchirant, sanglant, hugolien, du genre : « le guide Chaix passa si près que la casquette du contrôleur tomba » une guerre de compartiment d’une telle sauvagerie, d’une férocité si inouïe qu’elle serait entrée illico et même presto dans l’Histoire de France, la mémoire collective européenne, voire occidentale, dans le patrimoine mémoriel de l’humanité après avoir été évoquée, ce triste soir, au journal de vingt-heure entre les sports et la météo.     

Ce brutal épisode débordant de sueurs, de sangs, de baves et d’entrailles fumantes, où même des enfants auraient eu leur jeune crâne défoncé à coup de poinçonneuse de billet et se seraient effondrés dans les bras de leur mère en chantant « Si je meurs en deuxième classe, c’est la faute à ces dégueulasses ; si je meurs pas dans mon compartiment, c’est la faute à ma Maman » se serait terminée dans le wagon restaurant où, le dernier survivant des contrôleurs aurait eu la vie sauvée par l’interposition d’un courageux voyageur. Ce brave salvateur, pêcheur sardinier et marseillais, se serait nommé Jacques. Il serait par la suite devenu le héros adulé, vénéré de la SNCF, du moine PDG au plus intérimaire des balayeurs sudraillés, et à la demande de la CGT, il aurait été béatifié par le pape Paul VI (ou plus exact numéro) sous le noble nom de Saint-Jacques de Compostage.

Mais bon, un tel passage épique, certes légèrement outrancier, qui n’a rien à voir avec les ours et les fumeurs de pipe, aurait surement nui à la compréhension, à la cohérence de ce texte, car une révolution de train, c’est bien connu, n’a jamais éloigné les ursidés, bien au contraire. Alors…]

...

Mais cette jacquerie est bientôt tuée dans l’œuf par la perception générale d’un vrombissement impromptu semblant venir des nuées…

 

 

Acte IV

(Récitatif, soprano)

Note de l’auteur

[J’ai décidé pour cet acte quatrième (et suivants ?) de laisser mes lecteurs dans l’expectative de CE QUI VA ARRIVER à ce train arrêté dans une plaine sans âme qui vive et à ses malheureux voyageurs qui survivent sans âme, et de leur offrir ainsi, sans frais, un peu de vraie littérature nobélisable, goncourable sinon juste blogable, en donnant à mes personnages principaux de la consistance, du caractère, de la pulpe, de la chair, de la peau, du squelette, de la folie, de la moelle, de l’épinière, du bon sens, du truc bovarien à la con qui fait toujours pschitt ou crac boum hue même quand on ne le secoue pas ; de l’humanité enfin. C’est bientôt Noël et la Fin du Monde, hein quoi oui ou merde ?]

Depuis le jet de pipe, la jeune femme est terrifiée. Elle se demande si elle n’est pas enfermée dans ce compartiment pour de longues heures encore avec un fou qui chasse à la pipe des ours qui n’existent pas. Elle ne lit plus son livre en fait ; elle ne voit plus rien ; elle réfléchit. Elle pèse le pour et le contre d’un départ incontinent de ce compartiment : elle pourrait, sous prétexte d’un petit pipi tout naturel, se lever et sortir pour aller trouver un contrôleur et lui demander de lui procurer une autre place. Mais que justifier d’une telle requête à une administration toujours réglementaire et sans raison pointilleuse, certes, sans haine, mais hélas sans humanité ?

Et puis ce départ soudain ne déclencherait-il pas une crise aigüe de folie meurtrière chez cet homme qui n’aurait jeté sa pipe que pour porter l’attention sur lui ; pour la draguer ? Pour l’abuser ? Pour la violer ?

La jeune femme est terrifiée.

Elle revient vierge dans ce train de dix jours chez sa vieille tante de Marseille. Dix jours de vacances au soleil ; dix jours de liberté après tant d’années passées, cloitrée dans le meilleur pensionnat du monde, voire de l’univers : le pensionnat des Oiseaux.

Le pensionnat des Oiseaux : un établissement des plus chers, des plus huppés, réservé aux jeunes filles des meilleures familles des plus nobles ou des plus bourgeoises. Une école où l’on doit acheter sur catalogue son lit pour y dormir et d’où l’on doit emporter ce même lit pour en sortir. Un lieu de la plus haute et de la plus sainte éducation dont les descendants des pensionnaires, abrutis modernes et à jamais si oublieux de tout, porteront encore, plus d’un siècle après, ledit lit, de pays en continent, de village en ville, de maison en appartement, de chambre en trottoir ou de grenier en vide.

Cette jeune demoiselle, prisonnière maintenant dans un compartiment de fou, d’un train de dingues et de Marseille à Paris stoppé brusque non loin de Fontainebleau, se nomme Castorine Berthoise de Vidourle et elle est la cadette de rejetons des plus nobles et vaillants facteurs d’occident que la Terre n’eut jamais portés. D’un tel blason ardéchois, voire auvergnat, même la reine d’Angleterre peut bien aller se rhabiller, jalouse, à poil, devant Marc et Spencer.

Castorine Berthoise de Vidourle est dès lors inquiète de ce qui peut lui arriver de réel ou pas, dans ce train de conte à la noix et à ressorts.

Castorine Berthoise de Vidourle se demande encore si, ce très charmant homme, sans doute deux fois plus âgé qu’elle, ce lanceur de pipe, ce chasseur d’ours, ce lecteur d’astronomie, si poli, si aimable et fumeur d’un tabac si parfumé, sait que la Vidourle est un fleuve sacré, pur, poétique et non une populeuse rivière polluée de prisunic.

Enfin, Castorine Berthoise de Vidourle s’inquiète de savoir si son étrange compagnon de voyage s’est aperçu que la jaquette titrée « la prisonnière, à la recherche du temps perdu de Marcel Proust » ne cache pas en fait un autre livre qu’elle avait voulu lire depuis des lustres et des lustres. Un ouvrage de la plus corrosive splendeur, une œuvre polissonne à ramper, philosophique à jouir, érotique à hurler, pornographique à gerber, civilisatrice à baver, oui, un texte de tous les diables et de tous les dieux : « Derechef » (titre original : « Abermals ») le sulfureux poème-journal de maître Johann-Wolf von Werewolf, l’impérial troubadour artéso-picardo-varois Hennuyo-buccorodhanien des familles.


Acte V

(Récitatif, Basse)

 

Notre lanceur de pipe se nomme Jean Monsieur Lépicier. Il doit ce curieux, rare et second prénom à son parrain, Monsieur Monsieur (même nom et prénom), un homme aussi rare que son nom et qui était artiste-peintre pataphysicien tendance « fractal oulipien renouveau » (très rare aussi).

Jean Lépicier, qui n'a pas de marraine, appelait ce Monsieur « parrain » les jours pairs et « marrain » les jours impairs, sauf à Noël et à ses anniversaires où il disait : « merci Monsieur Monsieur Monsieur ».

Jean est né à Châtelguyon (Auvergne) au siècle dernier, (mais un siècle est toujours « dernier » et achevé de cent ans, sinon ce n'est encore qu'un truc sans grand lustre, sans passé, présent ou futur ni luxe, disait souvent son parrain en reniflant ses chaussettes) dans une famille de chasseurs-revendeurs de taupes, de canards et de mouches.

Bachelier es sciences, il monta à Paris, cette capitale qui fait toujours rêver les minuscules, pour poursuivre des études de physiques.

Jean Lépicier est maintenant un professeur de physique quantique à la Sorbonne où sa réputation est mondiale, voire nobélisable.

Il y a une dizaine d’années, il reçut un jeune homme de seize ans, passionné de physique, venu lui demander conseil et pour lequel il se prit d’une grande et noble amitié. Cet adolescent très précoce, nommé Albert Canta, avait déjà jeté les prémisses d’une nouvelle philosophie basée sur la mécanique quantique et qu’il avait baptisée la « métaquantique ».

...

Note de l’auteur

[Mes fidèles lecteurs connaissent déjà Albert Canta qui est le héros de mon quatrième conte du Quanta]

...

Jean Lépicier, trouvant cette idée magnifique, se passionna pour cette jeune science dont il tente depuis de développer les lois spécifiquement animalières, pour ne pas dire carrément ursides, sur le modèle du célèbre « chat de Schrödinger » qui, enfermé dans sa boite, est soit mort, soit vivant.

Au début, Jean avait pensé aux taupes de son enfance, mais il les abandonna, car une taupe, par nature enterrée, n’est pas « à priori » visible. Le canard courant décapité fut lui aussi rejeté dans la mesure où il n’est pas dans un état normal. De même la mouche ou le moustique, par trop « volatiles » et dont on ne peut savoir s’il s’agit bien du même insecte qui réapparait après avoir été un temps, toujours perdu de vue.

Finalement, l’ours fut élu, car il rassemble toutes les qualités requises pour de telles expériences quantiques : il vit à l’air libre la moitié de l’année ; il ne court pas sans tête ;  il ne vole pas en faisant un bruit idiot et désagréable ; on ne l’oublie pas une fois rencontré et surtout, il a la réputation d’être imprévisible au possible.

Après s’être documenté plusieurs mois et au mieux sur les ursidés, Lépicier cala un temps dans ses recherches : les aspects quantiques de l’ours n’ayant jamais été significativement observés ni étudies, en vérité.

C’est alors qu’un jour, dans la bibliothèque du British Museum où, par hasard il trainait, il tombe sur le cul et sur un texte inédit du grand Arthur Evans, le découvreur du palais de Minos, à Cnossos en Crète, relatant une curieuse trouvaille aux fins fonds de la cave palatiale : une urne scellée enfermant une pipe bourrée de tabac, sculptée d’un labyrinthe et de haches et une tablette gravée d’écritures linéaire A et de diverses figures d’ours peintes en blanc.

Ces objets furent incontinent retrouvés intacts et tels que décrits, dans un placard oublié du musée londonien.

Evans disparut sans avoir eu sans doute le temps de traduire ces inscriptions, mais Jean Lépicier trouva un spécialiste de ses collègues qui lui affirma que ce document n’était autre qu’une méthode locale et très antique de chasser les ours polaires.

Dès lors, les recherches ursido-quantiques de Lépicier prenaient une tournure des plus intéressantes dans la mesure où, de mémoire de zoologiste vivant, mort, malade ou fou, personne n’avait pensé ou n’avait imaginé penser que dans la Crète de l’âge de Bronze, il put y avoir des ours polaires et des procédés cynégétiques ou « tabagiques » pour les chasser, du moins les éloigner.

Si l’éminent archéologue crétois traducteur avança d’emblée que cette méthode eut pu être rapportée de Scandinavie, voire du pôle Nord, par les Minoens qui furent de grands navigateurs ou, à l’inverse, dictée aux Crétois antiques par des touristes vikings, autres redoutables loups de mer, Lépicier ne démordit pas d’une probable explication « métaquantique » de cette affaire. Du reste, quelques semaines plus tard, sa conviction fut renforcée dans ce sens et de belle et surprenante manière, car après avoir fait analyser le tabac contenu dans la pipe, il s’est avéré qu’il était d’origine « sud-américaine » et un spécialiste des civilisations de ce subcontinent lui indiqua alors avoir trouvé cinq ans plus tôt, pratiquement les mêmes objets enterrés au pied d’une des statues de l’île de Pâques ! En effet, à côté d’une pipe portant les mêmes signes, il fut découvert une plaquette Rongo-Rongo décrivant la chasse à l’ours polaire.

Le mystère s’épaississait donc comme une peau d’ours à la fin de l’automne.

Jean Lépicier fouilla alors toutes les bibliothèques du monde et fit discrètement, pendant des années, des recherches qui l’amenèrent enfin à mettre sur pied et en train, la première expérience métaquantique de l’Histoire de l’humanité et des ursidés itou.

 

Eu égard à sa réputation et à l’état encore très expérimental de la métaquantique, Lépicier devait agir dans le plus grand des secrets, sachant qu’il se doutait que tous ses collègues amis ou ennemis, et que toutes les académies des sciences et du monde se doutaient qu’il « préparait » un coup.

Du reste, dans l’« expérimental » Marseille-Paris, ses soupçons à cet égard furent deux fois exacerbés, d’une part, par la montée dans ce train du quai S de la gare de Montélimar, du plus grand dresseur d’ours de tous les temps et éminent spécialiste du « vide » quantique ou pas : Raymond Roussel, qu’il reconnut à son chapeau à ruban ; et d’autre part, par la présence dans son compartiment de cette jeune demoiselle qui, semblant la plus innocente qui soit, est en train de lire tout, sauf « la Prisonnière » de Proust ou de Sieste, dans la mesure où Jean, bien que peu littéraire, sait pertinent que le texte de cette œuvre n’a jamais été illustré, surtout par des figures du kamasoutra.


 

Acte VI

(Concerto pour hélicon, pipeau et théorie de cordes)

 

Note de l’auteur

[Bon, les présentations étant faites, il faut maintenant reprendre le train (arrêté) de cette histoire à dormir debout ou pas]

Mais cette jacquerie de voyageurs scandaleusement non informés est bientôt tuée dans l’œuf par la perception générale d’un vrombissement impromptu semblant venir des nuées et les passagers nerveux d’apercevoir peu après, un hélicoptère, une Alouette III (modèle SA-316B pour les spécialistes ou autres mordus hélicophiles) se poser dans un champ à moins de cinquante mètres du convoi.

Un homme descend de la machine et se met à courir vers le train dans lequel il monte.

Plusieurs minutes se passent dans un calme interrogateur et dans la contemplation fascinante de l’appareil posé, immobile, et dont les pales continuent bruyamment de ventiler la boue grasse et nitratée du morne champ de cette non moins morne plaine.

Note de l’auteur

[Une description chiadée mêlée de poésie bucolique, d’économie rurale et de géologie érudite de ces terres marneuses et brumeuses des confins interlopes de notre belle et riche Brie, aurait été ici, sans doute bienvenue. Toutefois, j’ai appris récemment que l’Académie française, l’École vétérinaire de Maisons-Alfort, les chercheurs des Fromageries Bel (la Vache Qui Rit), le Grand Maître de l’Ordre du Vrai Camembert de Normandie et le syndicat CFDT des gardiens du zoo de Vincennes, bref, que de si nobles et si savantes entités, enfin réunies, déconseillaient unanimement et officiellement de mentionner dans le même texte, quel qu’il soit et quel que soit son objectif, les ours, Marcel Proust et le fromage de Brie. N’allez surtout pas me demander pourquoi ; on ne le saura jamais tant les voies de la fermentation sont impénétrables. Or donc, je n’ai pas insisté.]

…        

Enfin, la porte du compartiment où se trouvent les deux héros de ce conte s’ouvre pour laisser entrer le contrôleur puis le passager de l’hélicoptère qui s’adresse d’emblée à notre professeur de physique en lui montrant un objet et lui demande :

 

« Monsieur, cette pipe ne serait pas la vôtre, par hasard ? »

 

Jean Lépicier regarde la pipe ; la prend ; l’examine quelques secondes puis dit :

 

« Non, Monsieur, ce n’est pas un hasard, il s’agit bien de la pipe que j’ai jetée ce matin aux environs de Valence pour éloigner les ours. »

 

Sur ce, bien qu’on ne lui ait rien demandé, la jeune femme prend la parole pour déclarer :

 

« Je confirme qu’il s’agit bien de la magnifique pipe de ce monsieur qui m’a fait connaître cette méthode bien efficace pour chasser les ours. »

 

L’homme de l’hélicoptère se penchant alors à l’oreille de Jean Lépicier, lui parle longuement à voix basse et imperceptible pour les deux autres ; son discours étant tout du long ponctué par l’auditeur de « ah », de « oh », ou encore de « tiens », voire de « mazette », et enfin par un jovial et tonitruant :

 

« Je vous remercie bien, Monsieur, pour ce message, ces informations précieuses, et pour vos efforts et votre diligence à m’avoir rapporté ma précieuse pipe. Je vous souhaite un bon retour »

 

Aussitôt, l’homme de l’hélicoptère salue tout le monde ; descend du train ; remonte dans l’hélico qui s’envole pour disparaître à l’horizon au moment même où le train repart.  

...

Note de l’auteur

[A ce stade de l’écriture de ce récit, l’auteur commençant à en avoir marre s’est proposé de le terminer en écrivant une bonne vieille morale bien sentie des chaumières ; en concluant par une sentence philosophique empreinte de toute la sagesse du monde et susceptible d’instruire les petits enfants de sept à soixante-dix-sept ans de tout poil, sexe et horizons et surtout, de calmer la fureur des malheureux lecteurs qui se sont usés les yeux et ont perdu leur temps pour des prunes aussi pourries que sans saveur. Une phrase emphatique et superbe dans le genre : « è pericoloso sporgersi » (soit, pour ceux qui ne lisent pas couramment le bas lapon finnois : « il est dangereux pour les ours de jeter des pipes par la fenêtre du traineau » sachant que, d’après deux de mes belles-sœurs, il n’y a pas de chemin de fer en Laponie). Cela étant, l’auteur a pensé que ses braves lecteurs, même affligés ou devenus fous de rage, peuvent être curieux de savoir ce que l’homme de l’hélicoptère souffla à l’oreille de notre savant lanceur de pipe et dès lors, reprenant son clavier et son courage à deux mains, en quête d’une fin digne d’un don d’écrivain, cette pauvre cloche qu’est votre serviteur, s’est lancée dans l’écriture d’un énième acte]

 

 

Acte VII

(Concerto « l’empereur » en ours mineur)

 

Journal de Jean Lépicier, 16 juillet 19…

 

Ces découvertes de pipes et de manuels de chasse à l’ours polaire dans des lieux aussi mythiques et, à cet égard, si extravagants que le palais de Minos et l’île de Pâques, m’ont donné migraines et insomnies pendant plusieurs semaines. Longtemps, j’ai cru à des canulars, car à force d’érudition, de recherches en dédale et souvent en impasse et d’autres bourrages de crâne, les savants professeurs ou les étudiants en appétit n’ont de survie que d’ouvrir parfois les soupapes de l’humour, de l’absurde, de l’arnaque gratuite, du jovial et du vivant humaniste, bien compréhensible du reste.

Pour moi, ce ne fut que farce à dindon jusqu’à que je découvre enfin, au fond du paquet de pipe et de tablette que le conservateur du British Museum me remit avec un narquois clin d’œil, une notice bibliographique d’un archiviste de la Bibliothèque royale de Salisbury (Angleterre) et nommé Albert Mileva-Esther, relative à un ouvrage écrit au cinquième siècle de notre ère par un certain Martinus Lotharus, un fabuleux personnage dont je connaissais déjà l’histoire et la légende.

On raconte en effet, que ce Martinus, un légionnaire romain de la garde impériale, aida le célèbre Uther Pendragon à sauver des griffes de ses ennemis et de la mort, le dernier des empereurs romains d’Occident, Romulus Auguste, fils d‘Oreste, vulgairement et méchamment surnommé « Augustulus » (le petit Auguste), en « enlevant » ce très jeune « roi des rois » de son palais de Ravenne où l’infâme et usurpateur Zénon premier, le soi-disant « empereur romain d’Orient » le retenait prisonnier après l’avoir dépouillé de son empire, de ses titres, de ses peuples et de ses biens.

Lors de ce rapt impérial, Martinus prit dans le coffre-fort de l’empereur, le manuscrit original des « Métamorphoses » du plus grand et du plus fameux poète de tous les temps : Publius Ovidius Naso (43 av. J.-C. –17 apr. J.-C.) alias « Ovide »

Albert Mileva-Esther précise que cet ouvrage premier — qui n’a rien à voir avec celui que nous lisons encore en latin ou en vazi dans nos cours de récré — et qui est aujourd’hui caché, bien caché, sinon perdu, serait, selon la plus authentique tradition alchimiste, le texte de la véritable genèse, le juste et authentique témoignage écrit de la fondation du monde et à côté duquel, la Bible, le Talmud, le Coran, les graffitis de Darwin, de Freud ou de Marx ou autres romans prophétiques de mes deux passeraient pour de vulgaires et soldés rouleaux de papier Q.

Rappelons en effet, que ce brave et bel Ovide fut un temps de sa vie, exilé en Roumanie, jusqu’à sa mort, avec armes, esclaves, rentes, luxe, protection et bagages, sans qu’on ne sache vraiment pourquoi, par le premier empereur romain, le successeur de Jules César, Auguste !

Mileva-Esther précise dans sa note que tous les bons historiens savent sans jamais l’avouer, que ce texte original d’Ovide fut jalousement et secrètement conservé par tous les successeurs d’Auguste comme le plus GRAND TRÉSOR de l’humanité, de l’empire et de tout le reste d’ailleurs.

On saura que Romulus Auguste, Uther Pendragon et Martinus Lotharus quittèrent furtifs l’Italie pour rejoindre la Bretagne et même la Grande-Bretagne, en sa ville de Salisbury (Sorviodunum à l’époque et puis, Camlann ou Camelot plus tard, près de Stonehenge), où le dernier empereur grandit, fut éduqué en roi et en chevalier d’Occident par Uther Pendragon dont il prit le patronyme, et où il épousa une princesse du cru nommée Bertha Castorina Vidourlus dont il eut un fils, prénommé « Arthur »

Somme toute, le mémoire d’Albert Mileva-Esther, outre cette histoire des Métamorphoses d’Ovide, ne m’a pas appris grand-chose : tout le monde sait désormais que le roi Arthur Pendragon, celui de la Table Ronde et des chevaliers du même bois, était un fils d’empereur romain.

Sauf que, quelques minutes après cette lecture, je me suis souvenu en manquant de m’évanouir que ce prénom « Arthur » signifie en réalité et en étymologie : « LE ROI DES OURS »…

Note de l’auteur

[Je me dois de préciser à mes chers lecteurs que je ne suis nullement responsable des fadaises écrites dans son journal par mon personnage, Jean Lépicier, qui aura ainsi, manifestement et brutalement rompu avec son humble créateur que je suis.

Par ailleurs, je m’insurge contre ce qu’il rapporte de ce « Martinus Lotharus » qui n’est autre que mon impérial et honorable ancêtre, soit dit en passant. En effet, le nom de « Martinus Lotharus » est celui qui fut pris par Romulus Augustus, le dernier empereur romain d’Occident, pour fuir incognito l’ignoble Zénon.

En outre, Romulus Augustus (Martinus Lotharus) et Uther Pendragon ne sont jamais allés en Angleterre. Ils se sont réfugiés, terrés près de dix ans du côté de Valence (plus exactement dans un village qui est actuellement Saint-Péray, Ardèche, dans le château de Crussol)

Dénichés par les sbires de Zénon, ils partirent tous les deux pour la Bretagne, pour y mourir, tous les deux dans le château du Diarnelez (près de l’actuelle commune du Faouët, non loin de Pontivy et des forêts de Pontcallec et de Paimpont)

Martinus y épousa une demoiselle Hermione Merlin du Diarnelez et ils eurent deux enfants : Arthur (filleul de Uther WOLF Pendragon) qui deviendra le premier duc-roi de toutes les Bretagnes (grande, moyenne et petite) et Mélusine qui épousera un prince saxon, Svenus Estevus.

Enfin, je mets en garde mes lecteurs contre l’usage et l’interprétation que pourra faire mon personnage, Jean Lépicier — qui m’échappe totalement — des vraies Métamorphoses qui doivent encore rester, pour des cierges et des siècles, le plus lourd et grand secret du monde, de l’univers, des loups et des ours. Je vous aurai prévenus !]

Message de Jean Lépicier à l’auteur Martin Lothar

[Môssieur Lothar, ce n’est parce que vous êtes mon auteur qu’il faut vous permettre de m’insulter ainsi et surtout, de vous immiscer, grave, pédant, voire cuistre, dans MON JOURNAL. Sachez que je vous emmerde profus Môssieur Lothar et que je ne suis pas le seul. Mademoiselle Castorine Berthoise de Vidourle et d’autres personnages de ce conte inutile se joignent à moi dans ce message pour vous signifier notre exaspération à tous, que nous partageons, nous semble-t-il, avec bon nombre de vos lecteurs. IL Y EN MARRE ! Ras le bol Môssieur Lothar : nous en sommes au chapitre VII et personne ne sait encore le rapport entre la pipe, les ours, et tout le bordel et son train hein !

Nous en avons ras le bol Môssieur Lothar. Par mon journal, j’ai tenté enfin de décanter un peu ce conte ; j’ai essayé de faire avancer un tant soit peu, le schmilblick, mais non ! Le Lothar joue sa diva de prisunic en faisant tout pour retarder le train. Ce loup-garou de nos deux est vraiment l’empereur de chieurs, le roi des cons oui ! C’EST UNE HONTE ! C’EST UN SCANDALE ! Laissez-nous vivre notre vie, Môssieur Lothar et laissez-nous continuer ce conte comme nous l’entendons. Votre faignante nullité est stérile, délétère, mortelle. Allez-vous-en ! Ceci n’est pas un avertissement, c’est un ULTIMATUM !]

 

 

Acte VIII

(Menuet « les Engueulades » en GI diesel majeur)

 

Journal de Jean Lépicier, 17 juillet 19…

 

Incontinent, je me suis rendu à la bibliothèque royale de Salisbury (j’ai pris le vol de 18H45 Roissy-Exeter de Air-Gaule SARL, excellente compagnie quand les rares fois, elle n’est pas en grève) où en moins de dix heures, j’ai pu consulter cet exceptionnel ouvrage que sont les « Nouvelles Métamorphoses » du vénérable Martinus Lotharus.

Note de l’auteur

[Je signale à mes braves lecteurs — aériens, icariens et pilotes d’occasion — que la ville d’Exeter, dans le Devon (Angleterre) possède effectivement un aéroport international dont la fréquence pour les messages ATIS est « 119,32 » Pour plus, voir avec la tour de contrôle. Qu’on se le dise]

Message de Jean Lépicier à l’auteur Martin Lothar

[Monsieur Lothar, une nouvelle fois, je vous demande de nous foutre la paix et de ne pas polluer MON JOURNAL avec vos commentaires stupides, méchants, déplacés et corrosifs]

Dans cet ouvrage du cinquième siècle de notre ère (aujourd’hui disparu ou caché, je le répète), le LÉGIONNAIRE Lotharus fait une synthèse de « la véritable genèse » dont le grand Ovide avait collecté et compilé le récit d’après nombre de textes et de contes, bien évidemment eux-mêmes perdus à jamais. (On sait que la plupart d’entre eux furent brûlés en 634, à Alexandrie, dans la légendaire bibliothèque, sur ordre du calife de Bagdad qui, semble-t-il, était notamment allergique aux ours, aux loups et aux sangliers).

Cette « création du monde » diffère en de nombreux points, orientations et sources de celle lue du texte que nous connaissons aujourd’hui. En effet, contrairement à ce qui s’enseigne avec force dans nos luxueux collèges de banlieues, le premier homme créé par Zeus et les autres dieux de l’Olympe, ne fut pas ce « Lycaon », roi d’Arcadie, (transformé, maudit en loup, juste avant le déluge et à juste titre, du reste) mais un être, roi des animaux, un super prédateur élu, un demi-dieu créé du singe et nommé « Talos ») et…

Note de l’auteur

[Je savais bien qu’on allait droit dans le n’importe quoi… Je vous avais prévenu, amis lecteurs hein ? Dans pas longtemps, je sens qu’on va avoir droit à un truc du genre : « Kilroy was here » graffité sur un pan de mur citoyen d’hiver ou d’autre labyrinthe. On n’est pas rendu hein ! Mais bon, continuons. Tout ça a au moins le mérite d’être rigolo…]

Message de Castorine Berthoise de Vidourle à l’auteur Martin Lothar

[Monsieur Lothar, il me semble que le professeur Jean Lépicier, MON JEANNOT À MOI, vous a demandé plus avant de dégager fissa. Faut-il, monsieur Lothar, que je sorte de mes gonds et par la même occasion, des règles, us et coutumes que mon excellente éducation m’a prodigués pour vous ordonner enfin de BIEN VOULOIR VOUS CASSER, PAUVRE CON DE SALE TROLL DE MERDE DE NOM DE DIEU DE BORDEL DE FOUTRE À CHIER ?]

Message de Jean Lépicier à Castorine Berthoise de Vidourle

[Castorine, ma bien-aimée, vous avez raison, notre auteur est odieux, mais de grâce, calmez-vous quand même, il n’y a pas mort d’homme non plus hein ?]

Note de l’auteur

[Somme toute, voilà une belle leçon à enseigner aux auteurs en herbe : laisser dans un texte deux personnages en tête-à-tête dans un lieu clos vous vaudra à coup sûr un enfant dans le dos.]

Message de Jean Lépicier à l’auteur Martin Lothar

[Monsieur Lothar, c’en est trop désormais : justice devra nous être rendue ; le tribunal tranchera. Assignation suit. Désolé.]

 

À suivre

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berthoise 17/12/2011 17:50


Je ne sais pas ce qu'en pense Castorine, mais je n'insulte jamais mon auteur. Non, non.

Martin-Lothar 18/12/2011 19:57



Berthoise : "je n'insulte jamais mon auteur." Rhoô la menteuse !. Comme on dirait dans les cours de récré "tu n'es pas rancunière hein !" (bises)



la Mère Castor 17/12/2011 11:42


Un ours, des bavards, un interminable voyage ... Nous auriez-vous embarqué à notre insu dans le transsibérien ?

Martin-Lothar 18/12/2011 19:54



Mère Castor : mes personnages ayant pris la barre de ce conte, je ne puis vous dire où nous allons hein ! Pour l'heure, devant le tribunal, en tout cas...



STV. 12/12/2011 15:08


Vous êtes toujours aussi prolixement effrayant...   :)

Martin-Lothar 14/12/2011 20:52



STV : je n'arriverai jamais à me retenir ; j'en ai (beaucoup) peur



la Mère Castor 09/12/2011 20:44


N'oublions pas de préciser à ce monsieur Roussel qu'il devrait déplacer un bouton de son manteau. Enfin, je crois.

Martin-Lothar 09/12/2011 21:24



Mère Castor : je vois que les castors-garous ont lu tous les Raymond hein !



berthoise 07/12/2011 07:35


ouais, Castorine Berthoise de Vidourle, je n'osais l'espérer même dans mes rêves les plus fous.

Martin-Lothar 09/12/2011 21:23



Berthoise : CF mon dernier commentaire à la mère Castor....



J-W von Werewolf 04/12/2011 14:23


Je precise que je suis en réalité Hennuyo-buccorodhanien, ce qui, il faut bien le souligner, a quand même plus de...gueule !

Martin-Lothar 09/12/2011 21:22



Herr von Werewolf : c'est corrigé dans le texte.



la Mère Castor 04/12/2011 08:50


Faire la siamoise avec Berthoise, être l'héroïne (ou pas) d'un conte, double cadeau. Merci monsieur le loup, et mes respects.

Martin-Lothar 09/12/2011 21:21



Mère Castor : Avant de me remercier, attends de savoir comment va se terminer ce train d'enfer, hein !



werewolf 02/12/2011 22:22


Heureusement qu'il s'agit du pensionnat des oiseaux, et non du couvent du même nom....Sinon je venais d'apprendre que je suis un abruti moderne...

Martin-Lothar 02/12/2011 23:38



Werewolf (cher maître Johann-Wolf) : il s'agit bien du pensionnat des oiseaux et figure toi que dimanche dernier, en
bon abruti moderne, moi aussi, à l'occasion d'un déménagement familial, j'ai porté, d'une chambre à l'autre, un de ces lits de pensionnat des oiseaux et des familles, dans lequel, du reste, moi
et bon nombre de ma meute (sinon toute), de tout sexe, âge et horizon avons dormi et bien dormi des nuits et des nuits. Le matelas n'est pas d'origine, mais le craquement du bois du cadre au
petit matin, par le moindre geste, vaut son pesant de confiture et te réveille un homme pour des cierges et des siècles, ah mais !  



Saturnin ABADIE épicier 30/11/2011 19:21


Je connais la même avec des taupes mais c'est sous terre ...

Martin-Lothar 30/11/2011 20:16



Saturnin : les galeries des taupes sont aussi des labyrinthes. Tiens, il faudra que je cause un jour de cet animal quantique de tous les diables. Tu as gagné un billet de train de Marseille à
Paris en tout cas, toi aussi.



werewolf 30/11/2011 10:51


Je tiens à signaler incontinent (c'est l'âge...) à l'honorable narrateur que derechef veut dire "à nouveau" et me semble avoir été uitilisé mal à propos (de chambre, pour l'incontinent sus
mentionné)

Martin-Lothar 30/11/2011 20:12



Werewolf : je crois qu'en plus tu m'avais déjà signalé ce contresens, min Fu. Je suis derechef impardonnable, mais je l'ai incontinent corrigé, sachant que je te ferai monter dans le train au
prochain épisode qu'il faut que je réécrive pour cette raison et d'autres... Je te remercie derechef pour ton oeil de lynx (loup-cervier) et d'avoir ainsi retardé mon Marseille-Paris ! Bien à
toi.  



Berthoise 27/11/2011 20:21


Tiens voilà une passacaille que j'adore


http://youtu.be/wpAxBZSXW28

Martin-Lothar 03/12/2011 00:08



Berthoise : Ah crudel ! oui, sans doute la plus belle musique du monde, ce peu d'instruments si baroques et le regard et la ferveur du chanteur ; celle que j'ai entendue et comprise pour la
dernière fois... il y a trop longtemps. Bises.



la Mère Castor 26/11/2011 21:08


J'ai lu il y a quelques jours la même histoire avec des lions à la place des ours. Ma mémoire flanche à cette heure pour dire  où j'ai lu ça, mais je vais chercher.

Martin-Lothar 26/11/2011 21:33



Mère Castor : En fait cette histoire de pipe et d'ours (de lion ou de loup) est vieille comme le monde (les castors et les loups) Elle remonte à la plus haute antiquité (comme disait Alexandre —
Vialatte, pas Legrand) Elle m'a toujours fasciné...


Par ailleurs, je te cite "Ma mémoire flanche à cette heure" : mais tu ne sais pas encore que ce problème de mémoire sera
"l'aria" d'un autre conte à ressors. Bises



Monsieur 26/11/2011 20:46


La description de la pipe... l'ambiance, l'époque, Marcel Proust. Je trouve l'air de votre conte Quelque part rousselien.

Martin-Lothar 26/11/2011 21:30



Monsieur : n'insistez pas. Raymond Roussel est monté dans le train — grâce à vous ! (Je vous avais prévenu hein !) Faites gaffe quand même, parce que vous ne savez pas encore dans quel
compartiment il voyage...



Monsieur 26/11/2011 20:00


Cela me fait penser à Raymond Roussel.


J'attends la suite avec exquise impatience.

Martin-Lothar 26/11/2011 20:18



Monsieur : Raymond Roussel, vraiment ? C'est noté en tout cas... Bien à vous.