Croix de bois, si tu touches, tu vas en enfer

Publié le 30 Avril 2009

J’apprends que la manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois (PCCB) est interdite de représentation par l’administration française parce que ses petits « anges » ne sont ni cachetonnés, ni soumis à notre bon, efficace, et simple droit du travail français.
Bon, les PCCB existent et chantent depuis plus d’un siècle et ils sont contraints à plus de 100 ans d’âge (sans doute à coups de fouets et de privations insupportables – voire d’abus sexuels) de pousser tous les jours des chants débiles, mièvres, catho, ringards, réactionnaires, bref des bruits antiques même pas hype à déchirer sa race, pour le grand plaisirs de vieux aristos pervers et ce, pour pas un rond, ni sécu, ni retraite (Je ne vous parle pas de stock options à la clé – de Ut)
Par ailleurs, ils n’ont aucune représentation syndicale couillue, laïque, vigilante et progressiste susceptible de les sortir de leur conditions qui, osons l’écrire, est du pur esclavage abêtissant, débilitant, indigne de notre sublime et édénique siècle de Mac Do, de SMS et de Star Ac réunis et métissés.
Déjà au départ, il me parait assez scandaleux de faire apprendre le solfège – cette inimaginable torture - à de si jeunes esprits.
Nos rappeurs français, qui sont de loin les plus géniaux méga graves du monde voire au-delà, subliment en effet leur art radieux sans savoir ni d’Eve ni du vert Adam, faire la différence entre un la et un si bémol majeur ou encore entre une noire et une blanche. Alors hein !

On pousse de plus la perversion jusqu’à faire chanter ces martyrs impubères dans des langues plus que barbares tel que le français classique, l’anglais, l’espagnol, l’allemand, le japonais, le russe ou le chinois – en n’oubliant pas le latin (désolé pour les âmes sensibles) que de facto, ils sont obligés d’assimiler peu ou prou.
Ils sont en outre confinés dans un internat (disons, un bagne) où, au pain sec et à l’eau, privés de télé, d’Ipod, de mobile et de tout jeux crétins de leur âge, ils doivent en plus de la musique et le chant, apprendre les mêmes matières et disciplines que leurs congénères du monde libre, banlieusard et démocratique.
Je ne parle pas des douleurs qu’ils endurent pour parvenir à respirer et à maîtriser leur corps pour en faire sortir des cris aussi insupportables que vieillots.
Enfin, comble de l’humiliation, ils sont obligés de porter une aube blanche et une croix de bois (symboles répugnants du colonialisme, du racisme et du fascisme institutionnalisés)

En vérité je vous le dis, une telle éducation n’est pas supportable de nos jours en France, au pays de Mozart, de la HALDE, de Jordi, de Barbelivien et de Fofana et ce d’autant plus qu’elle est délivrée à ces pauvres gosses sans contrepartie sonnante et trébuchante.
Leurs bourreaux n’ont en effet même pas l’humanité de leur enseigner les bienfaits et les vertus du fric, seul roi et unique dieu, au ciel comme sur la terre, à gauche comme à droite, au Nord comme au Sud, depuis des siècles et des siècles, ah mais !
Ces éducateurs ne leur suggéreront même pas d’avoir plus tard l’idée d’attaquer leurs parents indignes, irresponsables et incultes pour ces années de misères corporelles et intellectuelles ou encore pour les avoir filmés ou photographiés dans lesdites indignes tenues et dans des lieux de perversions gothiques ou romans, voire pire.
De plus, ces maîtres monstres, non contents de leur inculquer une instruction sectaire et dépassée, inhibent tous les jours l’individualisme sacré de ces garçons en les plongeant dans une répugnante altérité de vie et de travail.
Enfin, comble de monstruosité, pour pas un rond, ils leur donnent les moyens de se cultiver et d’aimer les arts !
Mais que fait la police !
Vae victis, comme j’aime à dire…

Demain, premier Mai, camarades, tous dans la rue, pour exiger du Pape esclavagiste qu’il paie désormais les PCCB au même tarif horaire que nos grands artistes trop civilisateurs graves de l’équipe de France de foot, même si le Miserere d’Allegri, un motet de Bach ou le Cantique de Jean Racine semblent bien pitoyables, blêmes et vains, face à un seul match éliminatoire de la coupe du Monde !
 
Illustration : Claude VIGNON (1593, Tours, 1670, Paris) Le jeune chanteur (1622-23) Huile sur toile (95 x 90 cm) Musée du Louvre, Paris, Europe.

Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Angoisses

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Tippie 04/05/2009 21:45

Rho, chouette! Qu'est-ce qu'on va bien rigoler toutes les deux! :))

Martin-Lothar 06/05/2009 22:16


Tippie : Bon d'accords, tu vas dans l'autre coin alors.


Ennairam 02/05/2009 21:35

Et moi j'avais lu ...Si tu couches ...
Bises à toi, ça m'a plu ! Le billet je veux dire hein !

Martin-Lothar 04/05/2009 20:46


Ennairam : Ah je t'en prie hein ! Déjà Tippie. Tiens, au coin toutes les deux.


Tippie 02/05/2009 00:11

Figure toi que j'avais mal lu le titre... J'avais cru voir: "Si tu te touches, tu vas en enfer"!

Martin-Lothar 04/05/2009 20:43


Tippie : Pff! Je sais qu'on lit Outreau ou pas assez, mais quand même hein ! Tu vas me faire avoir des ennuis !


Prax 01/05/2009 22:29

La gratuité et le don, c'est mal. Un blog sans pub est honteux.

Martin-Lothar 04/05/2009 20:40


Prax : Oui, mais sur mon blogue il y a de la pub pour le tien (à droite, pub). Je t'envoie la facture.


Berthoise 30/04/2009 21:54

Je connais plusieurs anciens PCCB, tous gardent un bon souvenir leur passage à la manécanterie ( qui n'était pas si loin de chez moi )et un a même poussé le vice jusqu'à y envoyer ses propres fils.(PCCB, tare familiale ?)
Je les connais aussi, ils ont l'air ravi.

Martin-Lothar 01/05/2009 21:17


Berthoise : Pauvres gens ! C'est du lavage de cerveau en plus ! (bises)