Citation — Gilbert Cesbron — Journal sans date

Publié le 5 Octobre 2012

Gilbert Cesbron

 

« Les vases étaient bien communicants, mais ils étaient vides » (Gilbert Cesbron, Journal Sans Date)


Note : On ne se laisse plus lire Gilbert Cesbron (romancier, essayiste, journaliste et poète français, 1913-1979) et c'est bien dommage.

Certes, nos bons intellos zumanisteskhméro-vers-de-gras-zindignés du jour vous diront sans ridicule aucun et toute honte bue en Suisse, que le Gilbert est à classer dans la poubelle infâme des — je cite : « romanciers cathos », mais il faudra bien vous dire quelques secondes après que ces sinistres crétins de jet-banlieues germanopratines qui polluent graves nos fils de net et nos campagnes éoliennes, n'ont jamais eu dans le cerveau le quart du millième des neurones qui agitaient celui de Cesbron (et toc !)


Pour ma part, j'avoue qu'étant ado plus ou moins bien dans ma peau ou droit dans mes bottes, son roman « Notre prison est un royaume » m'avait bien fait flipper.

Des années plus tard, j'ai trouvé ce « Journal sans date » dans une bibliothèque municipale et je ne vous cache pas que je l'ai dévoré des yeux et du cerveau.

Ce journal est en effet bourré d'aphorismes tranchants, clairvoyants, à la Cioran, de pensées-torpilles à la Muray, de fusées-missiles à la Baudelaire, de réflexions-grenades à la Bloy, et je ne vous parle pas de Nietzsche, voire de Rabelais...

Il faut vous dire que la citation en objet doit dater du début des années 1960 et qu'elle visait en fait le « grand jeune veau rien d'or de la Communication » (avec un grand C, comme dans cons) qui est hélas devenu de nos jours cette grande baudruche de bœuf à jamais stérile et pleine de vide ou d'autres abysses insondables du « politiquement correct »...


Gilbert Cesbron eut en effet, comme d'autres, ce mauvais pressentiment sur l'avenir de nos im-médiats d'aujourd'hui, de nos journaux de vain heurt, du prêt-à-penser citoyen indigné de tout comme d'un rien : des flux de courants d'air soit bêtement consuméristes, soit cryptosoviétoïdes, de la pseudo démocratie creuse enfin universellement rayonnante pub-plébiscité ad nauseam (et j'en passe et des pires et des plus à pleurer) propres (ou sales) à délaver nos pauvres crânes déjà raclés dès la fleur de l'âge par une inexorable et de plus en plus intolérable machine à bisous sociaux-culturels-de-mes-deux.

Il faut quand même vous dire que Gilbert connaissait parfaitement le prolétariat de l'époque. Il savait qu'on pouvait encore être digne, pauvre et solvable à la fois ; bref, il était un expert en charité qui est sans doute la première des plus antiques vertus qui a disparu du cœur de ce que nous osons encore nommer « l'humanisme » parce que par hypocrisie, par démagogie, par facilité, nous en avons oublié à la fois les contraintes, les rouages et même les principes.

...

Vae victis...

...

Oui, les vases communiquent parfaitement, mais il ne se passe rien et il ne se passera plus rien tant que trop de « grands cons clowns tristes et lugubres » que l'on paye des ponts et des ronds-points à « nous gouverner » et/ou « à réfléchir pour nous » (et souvent pas, ou contre nous et pour nous pondre tous les jours des lois ou des taxes liberticides à chaque chien écrasé) ; tant que ces affreux VIP de mauvais cirque en faillite ne cesseront d'y roter ou d'y péter leur nullité à satiété, pour ne pas dire à société.


On t'aime Gilbert, reste avec nous !


Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Runes, #Cesbron

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Mlle Beulemans 07/10/2012 15:25


Avec Saturnin, nous en sommes à une lecture à haute voix de Christian Bobin, un peu chaque soir (et c'est moi qui lit pour lui)

Martin-Lothar 19/10/2012 22:55



Mlle Beulemans : je ne connais pas, mais si tu le dis, je vais connaître.



TG 06/10/2012 09:32


"Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté…"

Martin-Lothar 19/10/2012 22:55



TG : Et exécuter les morts est le passe-temps favori de nos bons zintellos plein de courage et tout et tout...