Citation – Frédéric Bastiat (1801-1850)

Publié le 21 Juin 2012

Bastiat.jpg« Il y a trop de grands hommes dans le monde ; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-dessus de l'humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s'occuper d'elle »

 

« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. »

 

« L’État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde »


(Frédéric Bastiat, 1801-1850)


Note

Un des sujets de philosophie proposés au bac cette année est cette question des plus angoissantes pour un jeune Français (ou pas) : « Serions-nous plus libres sans État ? »

Je ne pense pas que le nom de l’économiste Frédéric Bastiat, né (comme beaucoup de gens bons) à Bayonne, en 1801, figure peu ou prou dans les programmes d’économie ou de philosophie de notre deux fois cher Mammouth national, dans la mesure où, il a été à jamais marqué du label « ultra (turbo) libéral — mangeur de bébés du peuple », voire « libertarien » ou encore « minarchiste », il fut vite oublié (écarté, méprisé, banni) d’une France qui, depuis des lustres et des lustres (désormais ruinés, décatis et poussiéreux) ne se réfère plus qu’à Marx Ltd et Keynes & Cie, alors qu’à l’étranger, il est souvent lu, apprécié, critiqué et toujours influent.


Je n’aurais pas souhaité plancher sur un tel sujet pour le bac, surtout en ces moments de profondes mutations (ou de crise, comme ils disent) où il devient de plus en plus « délicat » d’exprimer, ou de peser des idées sortant du politiquement, de l’économiquement — et donc du socialement — correct.

Surtout en France où l’État (Maman, Moloch, Providence, Big-Brother et tutti de chez Quanti) est justement dans tous ses états et que nos gouvernants (exécutifs, législatifs, judiciaires, académiques, syndicaux, médiatiques) ne savent plus très bien où ils en sont de leurs dispendieuses et inutiles pitreries qui vont bientôt nous mener tous au drame, à la tragédie. Car si nous avons déjà tous percuté grave le mur, il ne lui reste plus qu’à nous tomber sur la tête…


Si toutefois j’avais eu à faire ce pensum, j’aurais défini d’emblée la « liberté » et « l’État ».

Un exercice relativement facile pour la première ; absolument impossible de nos jours pour le second.

En effet, le simple concept de « Nation » fut déjà l’objet, il y a peu, d’un concours de baffes dantesque et typiquement gaulois, pour ne pas dire « frankistanais »…

Du reste, définir maintenant les mots « culture », « civilisation » ou « éducation » devient aussi une gageure, voire un aller sans retour pour un lynchage médiatique, judiciaire sinon physique.

Douce France…

Un simple commentaire sur les seules trois ci-devant citations de Bastiat, m’aurait sans doute permis de ne pas rendre une copie blanche et d’obtenir ainsi une note supérieure à zéro, mais une note supérieure à la moyenne, il n’aurait pas fallu y compter (comprenne qui pourra encore).


Sinistre pays qu’est la France qui accepte, adopte, tolère et préconise parfois toutes les idées et toutes les pratiques, mêmes les plus « exotiques », les plus « incongrues », les plus « décalées », les plus « délétères » et qui en même temps, voue aux gémonies celles qui sont fondées sur la liberté de s’exprimer et d’entreprendre ; celles qui n’engagent que la responsabilité individuelle tout en intégrant aussi « les Autres » dans la foi, l’espérance, la justice et la charité de leurs principes.


L’imagination ne sera jamais au pouvoir, l’État en est génétiquement allergique.


Fin de loup  

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Runes

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