Vingt-septième spectre (Le Marseillais)

Publié le 22 Août 2008

Pour icelles et iceux qui ne connaissent pas mes contes des spectres, je précise qu'il s'agit de nouvelles relatant les petites histoires de petites gens filant dans les dédales de la grande Histoire.
Ce sont des textes intéressants (ou pas) qu'il convient de lire calmement, en les sirotant et surtout, en se gardant de commencer par la fin où apparaît la clé, la révélation de l'histoire : sachez jouir de votre plaisir de lire.
Vous trouverez tous les autres spectres par un lien dans la colonne de gauche, tout en haut.

Vingt-septième spectre (Le Marseillais)

La vie et la mort ne se disputent que sur des questions de détails. Pour l’essentiel, elles se donnent la main. (Franz Hellens cité par Alexandre Vialatte, L’éléphant est irréfutable, Chroniques de la Montagne)

Mais Bonne Mère, qu’est ce que je fais ici moi ?
Mais qu’est-ce que c’est que cette guignolade ?
Je suis mort alors ?
Ah peuchère ! Ils n’ont pas attendu mes cent ans pour me faire ce coup-là !
J’y étais presque, à quelques jours ! Fan de chichourne !
Et qu’est-ce que c’est que ce labyrinthe de malheur ?
Et qui c’est que ce scribe qui me demande de raconter ma vie ?
En plus j’ai soif !
Et si je suis mort, alors, ça donne soif de mourir, eh peuchère !
Alors té, je raconte mon histoire vé ! :

Je suis né à Marseille, la plus belle ville du monde. Parfaitement Monsieur ! Et même je suis né sur le port de Marseille : Le plus grand port de l’univers, oui, comme je vous le dis !
Mon père était cordelier ; il faisait des cordes quoi, pour toutes les utilités et sans vouloir me vanter, mon père était le meilleur cordelier de la planète !
Comme je vous le dis encore Monsieur !
On venait des quatre coins de la Grande Bleue pour se fournir en cordes, en haussières, en filets et tout le toutim !
C’était de la belle qualité, en vérité.
Nous étions cordeliers de pères en fils depuis l’Antiquité car nous descendions des premiers colons grecs de Marseille et je vous annonce même Monsieur que je suis un véritable et authentique descendants d’Alexandre le Grand !
Ah non, peuchère ! Ne souriez pas hein ! Je vous l’affirme ; c’est historique Monsieur le Scribe !
J’étais le cadet de huit enfant et souvent, notre Papa emmenait tous ses fils dans les calanques pour nous livrer à notre exercice favori : L’escalade !
Nous avions chacun notre cordes que nous attachions solidement au sommet avec des nœuds et des rappels savants – Je connais plus de cent nœuds différents Monsieur, dont certains sont inconnus du meilleur des matelots qui se respecte de leur vie de marin !
Nous descendions ainsi le long des rochers pour nous balancer pendant des heures dans le vent, les senteurs marines, l‘écume, la touffeur comme dans la fraicheur ; parmi des oiseaux de toutes tailles et de toutes couleurs.
Si je dois sortir de ce labyrinthe un jour Monsieur, je souhaiterai devenir un des ces oiseaux marins, si c’est possible, bien entendu.
Enfin ivres de tous ces vides, de tous ces efforts, de ces peurs et de ces splendeurs, nous remontions, soit en nous hissant à la corde, soit en grimpant la roche par les trois appuis qu’il faut toujours hein !
Inutile de vous dire, que plusieurs années de telles manœuvres ont fait de mes frères et moi de véritables athlètes, beaux et forts comme des Dieux que toutes les filles de la Cannebières reluquaient sans cesse, éperdues d’amour et de désir !

Mais pour être superbe et divin, je n’en étais pas pour autant moins fragile qu’Achille !
Car pour tout vous avouer Monsieur, je suis tombé amoureux, fondu, conquis, enchaîné, rompu de tous mes muscles et de mes os et fada jusqu’à la moelle en moins d’une seconde quand j’ai aperçu ma Fanny pour la première fois !
Ah Bonne mère, quelle était belle ; quelle était fraiche ; quelle était gracieuse ! Tiens, quelle était gouleyante ma Fanny ce soir-là !
Oui Monsieur, gouleyante ! A un tel point que j’ai senti au moment où je l’ai vue toutes les cordes de mon corps, de mon esprit et de mon âme se tendre à en claquer sec dans les vides du Paradis !
Et je ne vous parle pas des ficelles de ma culotte pardi !
Pour son anniversaire, notre mère nous avait tous emmenés au théâtre où se produisait une troupe itinérante d’acteurs dans des comédies à l’italienne.
Moi et mes frères, nous avions renâclé car le théâtre ce n’était pas trop notre affaire, tandis que nos sœurs avaient tout fait pour nous y trainer !
Bougon comme j’étais, j’ai fait semblant de dormir au premier acte, mais au deuxième, Fanny est apparue « en entremet » pour chanter une vieille chanson de notre royaume !
Ah peuchère ! J’en ai été foudroyé !
Fanny chantait et moi, je bandais comme un jeune taureau fada !
J’étais comme un putti sur son nuage de miel !
Oh Bonne Mère, quel délice !
Je l’ai attendue à la sortie du théâtre ; je lui ai barré le passage et j’ai dit : « Je vous aime et je veux vous épouser ! »
Croyez-moi ou non, mais dans la seconde elle m’a répondu : « Oui, moi aussi »
Té vé, le coup de foudre qu’on a pris tous les deux dans nos cœurs de vingt ans et ce n’est pas de la daube ce que je vous raconte hein !
Oh Bonne Mère,  quel souvenir, quel délice !

En fait, Fanny était la nièce du maître de cette troupe de comédiens et pendant deux ans elle avait écumé toutes les régions de Lyon à Nice où elle ne faisait que chanter au deuxième acte cette mélodie qui fut mon bonheur, mais dont elle commençait à se lasser…
Elle n’avait alors qu’une idée en tête : Trouver un bon mari et revenir à Saint-Péray, dans son Ardèche natale, pour y faire la fille de salle dans l’auberge paternelle.
Je l’ai donc suivie comme un vieux toutou à Saint-Péray où je l’ai épousée moins d’un mois plus tard en ne lui offrant pour lit de noce qu’une dizaine de cordes de la bonne facture de mon papa !
Si ça m’a crevé le cœur de quitter mon paradis de Marseille, je n’en ai pas trop fait un pastis à Fanny dans la mesure où j’avais non loin de notre nid d’amour, un magnifique perchoir pour me suspendre dans le vide comme autrefois !
Le château de Crussol domine en effet d’une fabuleux falaise notre bonne ville de Saint-Péray, de Valence et toute la vallée du Rhône dans la foulée : Un à pic de plusieurs centaines de mètres avec des vertiges pas faits pour les enfants de la chichourne hein !
Pendant bien des années, le dimanche, j’ai retrouvé mes joies d’enfance et balancé dans le vide, j’ai inspecté et j’ai appris sur le bout des doigts toutes les anfractuosités, les plaies, les splendeurs et les bosses de cette vertigineuse falaise et de tout son paysage aussi !

A ce stade de mon histoire Monsieur, il faut évidemment que je vous raconte l’épisode le plus extraordinaire de ma vie :
Alors que j’étais un jour d’Août à me bercer au bout de ma corde à plus de cent mètres du sol et que j’admirais le vol de deux splendides petits aigles qui dansaient dans les nuages poussés par un petit mistral de toute fraicheur, mon attention a été attirée par le bruit de chutes de pierres en contrebas.
J’ai aperçu alors un gamin de même pas vingt ans collé à mi-chemin de la paroi et qui tout doux l’escaladait à mains nues !
Ah Monsieur le Scribe, té, pour le coup j’ai eu la plus grande peur de ma vie !
Et pas pour moi hein, mais pour ce fada qui ne semblait vouloir que la mort à grimper ainsi une telle verticale sans corde, sans pic, sans grappin, sans rien d’autre que ses quatre membres !
Bonne Mère, je suis bien resté dix minutes la bouche grande ouverte à le regarder monter, comme ça, dans le vide, avec le vent pour seul filet !
Alors, ayant remarqué qu’il changeait de passe et qu’il obliquait vers un endroit pourri par tous les diables, je lui ai crié de se diriger le plus vite possible vers le Nord, sur sa gauche !
Mais le gosse ne m’a même pas répondu et il a continué son ascension vers un piège mortel que je connaissais depuis belle lurette ; un endroit où tout s’effrite et tombe sous le poids même d’un oiseau !
Ah le fada !
J’ai compris sur le moment qu’il était de la race de ceux qui n’écoutent rien de personne d’autres qu’eux-mêmes et qui pour rien au monde n’ont de conseils ou d’ordres à recevoir d’en haut, du naturel ou de nulle part !
Ah le fada !
Mais bon, ça n’a pas manqué car en moins d’un quart d’heure, le gosse était complètement bloqué sur une position très instable, sans pouvoir faire quoique ce soit sinon de prier les dieux d’un vrai miracle !
Je vous le dis Monsieur, si je n’avais pas été témoin de son piège, la mort l’aurait aspiré de son vide en moins d’une demi-heure !
Ah le fada, le fou de fada des fadas !
Vous pensez bien que je n’ai pas attendu son appel au secours pour remonter au sommet afin d’y attacher une seconde corde et de redescendre à son niveau.
Il était complètement paralysé et au moment où je terminais de nouer comme il fallait le filin autour de sa poitrine, tout s’est écroulé sous ses pieds et il balança bientôt dans le vide tel le plus sinistre et le plus jeune pendu !
Il avait perdu alors connaissance et je suis remonté une nouvelle fois pour le hisser, non sans peine, jusqu’au sommet !
Ah le fada !
Le gosse est resté inconscient un bon moment, à plat ventre dans l’herbe du sommet et il a eu du mal à se remettre de sa peur, je vous le dis.
Il a vomi de nombreuses fois et n’a pas desserré les dents de toute la descente par le chemin qui mène vers Saint-Péray.
Arrivés au bourg, il me jeta un regard noir et sans même me remercier il a disparu dans la nuit.
Ah le fada !
Moi, je n’en ai pas été choqué plus que ça de ce comportement bien juvénile à vrai dire : J’avais sauvé une vie et j’en étais heureux et pas peu fier, vous le devinez hein !

Mais j’ai vite été obligé d’oublier un peu cette histoire car quelques années après, notre royaume fut plongé dans les troubles, la panique et la guerre.
Moi, je me foutais un peu de toute leur politique, peuchère ! J’étais alors ouvrier agricole, pauvre comme job et simple comme le berceau du petit Jésus.
Hélas, les parents de ma Fanny se sont mêlés dans ces couillonnades en querelles de fadas et bien vite, nous avons été obligés de quitter l’Ardèche !
Comme j’avais appris que les miens à Marseille étaient aussi dans la même panade, Fanny et moi nous avons décidés de nous installer près de Sisteron en Provence, un coin qu’elle avait connu et apprécié lors de ses tournées du théâtre.

Hélas encore Monsieur, car de longues années de misères et d’isolement nous attendaient dans ce pays où nous n’étions que des pauvres et des étrangers.
Notre maison était une bergerie en ruine dans un hameau désert à plus de deux heures de marche de Sisteron et nous n’y avons gagné que des quignons de pain sec à marner comme des bœufs pour des gens qui nous méprisaient et qui ne voulaient que nous hurler des ordres…
Bonne Mère, que de malheurs, que de solitude, que de souffrances et de fatigues !

Et puis un jour, ma Fanny est partie…
Mais en vérité je vous dis té, l’enfer a commencé pour moi à cinquante ans, le jour où ma bien-aimée Fanny est morte d’épuisement !
Ah Monsieur ! Si vous saviez comme je l’aimais ma Fanny ! Si vous saviez comme je l’ai pleurée.
Qu’importe la misère Monsieur ; qu’importe la faim, la soif ou la maladie ; qu’importe la solitude ; qu’importe le mépris public ; qu’importe ces fadaises qui trouvent toujours leur baume car l’enfer le plus ardent, le plus sinistre c’est bien l’absence, la longue, l’éternelle absence de l’être bien-aimé, de l’être toujours et à jamais aimé…
Que je l’aimais ma Fanny Monsieur ! J’ai passé trois jours et trois nuits à chialer comme un damné sur sa tombe minable de caillasse et de tourbe !

J’ai survécu encore quelques saisons dans cette plus grande déréliction, car je me disais alors chaque matin que j’avais sauvé la vie d’un gosse et que bientôt, ma vie et le monde devrait m’en rendre grâce ; un tout petit peu du moins hein !

Et j’avoue que j’ai eu enfin ce bonheur Monsieur ; j’ai eu cette grâce finalement, un matin d’un mois de Mars alors que je n’avais plus de larmes à tirer et que la peau sur les os :
J’étais descendu à l’aube, à Sisteron pour y trouver quelque travail et surtout pour y mendier de la monnaie à calmer une faim de plusieurs semaines…
J’ai trouvé alors cette ville dans une effervescence bien inhabituelle : Ses rues étaient comblée jusqu’aux combles d’une foule hétéroclite et réjouie et à priori, tout ce monde turbulent s’affairait à accueillir un grand personnage !
Pour moi, ce grouillement était une belle aubaine, car en moins d’une heure, j’avais mendié assez d’argent pour me payer le plus gras et le plus succulent festin de toute mon existence !
Pourvu d’une grande corbeille pleine de nourriture et de vins, je me suis assis pour déjeuner au pied d’un grand tilleul qui bordait la rue principale et j’ai entamé là un repas du tonnerre de Zeus que je n’espérais plus depuis bien longtemps, je vous le dis, peuchère !
Et alors, le convoi est arrivé !
Des chevaux par centaines Monsieur, des voitures de toutes tailles, des milliers de soldats à pied qui chantaient de tout leur cœur et enfin, une énorme berline tirée par huit chevaux qui soudain par embarras s’est arrêtée à moins d’un mètre de moi !
Le prince, le roi, le dieu que l’on attendait était dedans pour sûr et je l’ai aperçu alors qu’il passait sa tête dans l’encadrement de la fenêtre.
Il m’a vu aussi ; il m’a dévisagé et il m’a reconnu !
Vous ne croirez sans doute jamais Monsieur le Scribe de ce Labyrinthe de malheur, mais il m’a reconnu pour de vrai !
Et vous ne croirez pas plus si je vous dis que moi, je l’ai reconnu également par son regard noir que je n’avais jamais oublié !
C’était mon gamin de Crussol, oui Monsieur ; c’était lui ; c’était ce fada des fadas que j’avais tiré de la mort trente ans auparavant !
Parfaitement Monsieur !
Alors que sa berline allait repartir, il a tout fait arrêter ; il est descendu ; il est venu vers moi ; je me suis levé et il m’a embrassé devant tout le monde !
Devant tout le monde, parfaitement Monsieur, il m’a embrassé !
Il m’a dis alors dans un silence général et stupéfait : « Je te reconnais toi, tu es l’homme qui m’a sauvé la vie à Crussol »
Et j’ai répondu : « Oui, c’est moi et c’était toi ce jeune fada ! »
Il a ri ; il a demandé un gobelet ; il m’a demandé de lui servir de mon vin ; il a en bu un peu puis il a déclaré haut et fort : « Je bois à l’ange ; je bois à l’aigle et à sa corde qui m’ont sauvé de la mort, santé ! »
Moi, j’ai répondu « santé ! » aussi haut et aussi fort !

Voilà mon histoire Monsieur le Scribe et comme vous l’avez voulue, je vous en offre le bienheureux épilogue :
Mon fada de prince a bu plusieurs fois à ma santé et toujours dans la consternation générale sur cette place de Sisteron, puis il est reparti sous les acclamations après m’avoir encore embrassé virilement.
Moi, après, je suis resté près d’une heure, statufié, sous les regards de plus de deux mille personnes, pour ne pas dire un million de gens !
En quelques secondes, moi, d’un pauvre veuf miséreux, j’étais devenu le héros de Sisteron, le seigneur de sa région, le roi de la Provence, l’empereur du monde !
Au soir, un bourgeois est venu m’offrir une belle maison en plein cœur de la ville.
D’autres, pendant des années, jusqu’à ma mort prématurée à quatre-vingt dix neuf ans, m’ont payé une pension bien confortable.
Tout le monde désirait me voir ; me parler ; m’inviter à déjeuner ou à dîner.
Les petits enfants de tout le comté se bousculaient pour apprendre à faire des nœuds ; à fabriquer de la corde ou à connaître les rudiments de l’escalade !
J’étais heureux d’être avec eux et de leur apprendre tout ça Monsieur !
J’ai donc eu une vieillesse en or Monsieur, mais j’ai bien regretté que ma bonne Fanny n’ait pas vécu tout cela avec moi, oh bonne Mère, oui, je le regrette.
Me voici mort maintenant et aux portes de ce labyrinthe alors que toute une province s’apprêtait à fêter mes cent ans et à écouter lui raconter, une fois de plus, comment en l’an de grâce 1785, j’ai sauvé à Crussol, la vie de ce jeune fada, de ce petit « cogglione » de Napoléon Bonaparte !

Bon maintenant, j’aimerais bien boire un coup, parce qu’il fait soif de mourir, peuchère !

Note : Une légende tenace à Valence (Dauphiné, France, Europe) veut que Bonaparte, alors âgé de seize ans et apprenti officier d’artillerie dans cette bonne ville, ait escaladé le versant Ouest de la falaise de Crussol…
Quand on connait la hauteur et la déclivité de cette pente, on peut se demander si les Valentinois ne sont pas un peu Marseillais quelque part de ce côté du Rhône, pour ne pas dire de ce bord du verre des Côtes du Rhône.
Ce spectre n’est évidemment pas mentionné dans un quelconque livre d’Histoire car somme toute, les historiens ne font pas assez leur boulot, na !
Heureusement que les conteurs sont là pour rétablir enfin toutes les vraies vérités historiques hein, peuchère !
Enfin, notre bonne ville de Sisteron, en Provence se situe sur la route dite « Napoléon » que l’empereur des Français et du même bois emprunta en 1815 à son retour de l’île d’Elbe.

Martin Lothar, le 22 août 2008

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Spectres, #Histoires d'Histoire

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Alf 20/10/2008 20:39

Et le suivant, c'est pour quand !!!

Martin-Lothar 22/10/2008 21:15


Alf : Pour Samedi ou Dimanche prochain...


Berthoise 23/08/2008 21:36

C'est long et c'est bon.

Mais où sont donc les vers de votre papy ?

Martin-Lothar 25/08/2008 20:35


Berthois : Merci. Les vers sont dans son tombeau. (Mais vous les reverrez sans doute un jour, mais pas ici)


Saturnin Abadie 22/08/2008 22:13

"Ahhhhh c'est un long, celui-là..."
Mlle Beulemans

Je confirme.
Saturnin Abadie

Martin-Lothar 25/08/2008 20:31


Saturnin : Désolé, j'espère que c'est aussi bon...


hermione 22/08/2008 21:58

excellent ... on se régale !
bises

Martin-Lothar 25/08/2008 20:31


Hermione : merci. Bises