Le plan du Labyrinthe

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Les hurlements des autres

Dimanche 12 octobre 2008

Par ces temps de récession et de disettes à la fois promises, organisées et décriées par tous les imbéciles et tous les incompétents du monde qui nous gouvernent ou pas, je vous offre une recette très simple et très économique : « La soupe du pauvre » comme l’appelaient nos grands-mères (qui savaient de quoi elles ne parlaient pas) ou encore « la soupe du vieux garçon » qui oublie cent fois dans la semaine de faire ses courses en temps voulu ou pas (comme moi, par exemple)

Ingrédients : 2 litres d’eau, des larmes, de la salive.
Temps : 15 minutes

La recette : Dans une grande casserole (éventuellement volée ou trouvée dans une poubelle ou à la déchèterie) faire bouillir jusqu’à ébullition deux litres d’eau (du robinet ou à défaut, de pluie, des chiottes ou d’ailleurs)
Versez-y alors tendrement toutes les larmes de votre corps en vous remémorant le bon vieux temps ou toute chose triste à pleurer : Plus vous serez désespéré, plus la soupe sera salée.
Avant de servir, crachez profus et baveux dans la soupe pour le luxe, la morgue et surtout pour le velouté.
Voilà, c’est prêt.
Si vous ne mangez pas toute excellente soupe en une seule fois, vous pouvez la garder au frigo ou sur le bord de la fenêtre pendant tout le temps qu’il en restera.

Bon appétit !
Merci qui, on dit ?

Illustration : Ferdinand Georg Waldmüller (1793, 1865) La soupe (1859) Huile sur toile (94 x 122 cm) Österreichsche Galerie, Vienne, Autriche.

Fin de loup

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Dimanche 7 septembre 2008
Oui, je sais que dans ce monde électrique en zapette techno, nous n’avons plus trop de temps à consacrer aux bonnes choses et notamment à nos aliments vitaux, mais comme me le disait souvent un vieux loup de la vieille : « Le meilleur des loups doit toujours penser à sa prochaine proie avant même d’avoir englouti l’aimable agneau sanglant qu’il a dans la gueule »

En vérité je vous le dis les gens, si le frigo est une des plus grandes de nos inventions des siècles et des siècles, il est indispensable d’en sortir au plus tôt nos viandes avant de les consommer et surtout, avant de les cuire en marinade, en bouillon, en friture, en rôti, au four, à la poêle, en sauce, en broche, en braise, à l’étouffé, au grill ou en autre tutti quanti de toutes nos recettes de grand-mère de tout sexe et de tout poil.
En effet, comme certains vins ne demandent que ça, toutes les viandes — absolument toutes — exigent d’être « chambrées »  avant de passer à la casserole !
Le mot « chambrer » signifie mette un corps à la température ambiante.
Les viandes n’en seront que plus tendres et plus goûteuses et enfin, elles vous en rendront grâce et en plus, elles vous donneront la meilleure de leur graisse, je vous le dis !
Car le froid vitrifie et contracte tout, du métal le plus dur, du lard, aux chairs, aux muscles et aux os les plus mous en passant par le granit.
Laissez donc vos viandes se réchauffer et se détendre quelques heures avant de les jeter dans l’enfer de la cocotte ou de votre estomac !
Même pour un carpaccio hein ! : La chair crue à l’aise et zen de sa température n’en boira que mieux la bonne huile et la fraîche saveur des herbes du jardin.

Les chairs, comme les esprits — voire les âmes — ne donnent jamais rien de bon quand ils sont stressés par le froid ou la peur ou autre journal de vingt heures !
Soyez cools, laissez les couler et faisander un peu, vous ne le regretterez jamais !
Nos ancêtres gaulois ou d’autres horizons ont toujours mangé les viandes à la limite du vers frétillant, sinon du verre pétillant.
Et puis d’abord, le ver est plein de protéines !
Ils ont pourtant fait toute une civilisation et bien d’autres encore en bouffant ces viandes en faisan qui puaient les bois, la charogne, la terre, les champignons, la nature couillue et le temps qui passe, mais on ne peut pas dire qu’ils sont morts de cela, que nenni !
Bien au contraire !
Ils continuent de vivre en nous pour le plus grand bonheur de tous leurs « advienne que pourra »
Je vous dis ça pour la barbaque de toute dent et de toute couenne, mais ce fait de chambrer avant de festiner vaut pour tout en fait : De la carotte au yaourt en passant par les œufs de baleine.
Fais ce que voudras, mais je vous aurai prévenus hein !

Faim de loup

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Samedi 17 mai 2008
N'empêchez pas les folles de rire, ni les enfants d'aller aux cerises (Proverbe français)

Tiens aujourd’hui mangé mes premières cerises de l’année.

Je les ai trouvées ce matin en arrivant chez l’épicier du coin (mon pote de bougnoule préféré et adoré)
Les bestioles étaient si rutilantes et charnues  que j’en ai pris une livre (500 g hein !) mais j’ai oublié de demander d’où elles provenaient.
De toute façon, mon pote ne m’aurait sans doute pas répondu tant il était occupé à protéger son étalage d’un grain d’orage qui nous tombait alors sur la gueule.

La cerise est un des fruits que j’apprécie le plus et depuis ma plus tendre jeunesse comme le cerisier en fleur est l’arbre que j’adore entre tous.
C’est vrai que je suis un vieux fils de Février gâteux et vers un an, c’est peut-être le premier truc de saison non conditionné et emballé à pourrir grave que l’on m’ait fait goûter (dénoyauté, évidemment…)

Il faut dire que c’est vraiment bon et quantique une cerise : C’est rouge comme le sang ou notre face après le premier baiser ou nos fesses après la dernière fessée ; c’est rond comme un ballon ou une bille de cour de récré après la bagarre.
Même plus, ça ressemble aussi un peu avec une de ses sœurs sur la même queue à une paire de jeunes roubignolles qui ne demandent qu’à s’éclater de tout son bon jus à pépère.

La cerise s’est aussi le combat de l’acide et du sucré et c’est vraiment jouissif quand ça vous fond dans la bouche comme ça, les saveurs à la queue le leu jusqu’au trognon trop dur, mais sympa à sucer et à cracher ensuite dans la gueule du premier con à chier venu.

Celles-là étaient bien dodues, bien rouges, mais ni acides ni sucrées : Mauvaise pioche, mauvaise provenance ou mauvaise saison ?
Elles auraient été fameuses dans un superbe clafoutis !
Ah le clafoutis aux cerises de ma Môman… Tout un poème perdu à jamais !

Bon sinon, la cerise symbolise le paradis, le jardin d’Eden ou d’enfance et la récompense des justes (En fait c’est un peu l’opposée ou l’inverse pour ne pas dire le contraire de la pomme d’Adam et d’Eve)
Il n’y a donc aucune fatalité ni damnation à croquer la cerise, alors allons-y les gens !

Par contre, au Japon de chez les Japonais, c’est l’emblème de la vocation guerrière, de l’idéal chevaleresque : La cerise de chair rouge sang et de squelette en noyau orne la garde du fameux et redoutable sabre du samouraï.
La cerise est un peu au chevalier nippon ni con ce que le Graal était à Arthur et aux onze autres branleurs légendaires ou pas.

Enfin, cette année, avec leur crise du pétrole et autre bombance et comme tous les fruits et légumes, les cerises ne sont pas données hein !
Si on n’a pas de couilles en or, ou si on tire le diable par où il ne faut jamais on n’en aura que la queue des cerises, je vous le dis…

Or donc et subséquemment : On t’aime la cerise ; reste avec nous !

Illustration : Peintre anonyme allemand du Haut-Rhin (Vers 1410) Le jardin d’Eden, Tempera sur bois (26,3 x 33,4 cm) Städelsches Kunstinstitut, Frankfort (Allemagne)

Fin de loup

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Mardi 22 avril 2008
Le temps de cuissons en cuisine est très important, surtout si la recette demande de cuire les aliments (Merci mon vieux La Palisse)
C’est pourquoi un des outils essentiels pour le cuistot (nul ou pas) c’est bien un minuteur en état de marche et réglé sur le temps ad hoc voire sur le temps de cuissons du haddock.
Vous savez, un de ces machins à rebours qui sonne, alarme, alerte, appelle, hèle, apostrophe, siffle, trompette, crie, hurle quand il a chié tout son temps.
Bon moi, ça ne loupe pas, je règle minutieusement les minutes et même les secondes s’il le faut ; je lance la cuisson ; je touille un peu ; je me lave les mains ; je retourne bloguer ou autres, mais neuf fois sur dix, j’oublie de mettre le minuteur en marche.
Quand on con, on mange toujours trop cuit et finalement, on est cuit.

Fin de loup

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Jeudi 8 mars 2007

Classé dans la série : « Dans la gueule du loup »

Mes fidèles et bien aimés lecteurs de chez Tousexe & Toutâge & Toutpoil connaissent par trop ma passion pour l’œuf (de tout cul) que j’ai souvent évoqué dans ma série « Dans gueule du loup » (En lien aussi à gauche, pub)
L’œuf d’oiseau (ou pas) comme l’amour est un oiseau rebelle.
Il est même un rebelle dans lui-même qu’il faut tôt mater – et surtout surveiller ferme si on ne veut pas trop faire d’omelette alors que l’on a envie de manger autre chose.
Surtout, si l’on a un besoin gourmand et raciste de séparer le jaune du blanc pour faire des spaghettis à la « Carbonara » par exemple.

Or donc pour séparer le blanc d’un jaune d’œuf, il y a deux méthodes : La traditionnelle et la techno.
La méthode traditionnelle a été remarquablement exposée par Alf le Chat en commentaire de ma question n° 177 : « Il suffit de faire passer le jaune d'une demie coquille à l'autre » (Fin de citation)
Certes, mais quand on est manche comme moi, généralement le blanc ou le jaune (voire les deux) se retrouvent dans un azimut différent des prévisions de la recette ou les plans du maître queue.
C’est la serpillière qui se régale alors (La chienne !)

La méthode techno utilise un appareil révolutionnaire du feu de dieu dont je recopie l’image ici-bas :

LeMachin

Cet engin révolutionnaire en plastique moulé, qui ne pèse pas plus de 20 g et ne coûtant pas plus cher que la peau des fesses d’un cafard Pygmée nain, se place sur n’importe quelle tasse.
Il suffit alors de cogner délicatement notre œuf contre une indentation prévue à cet effet et le contenu glisse alors en un clin d’œil et en un tournemain dans le creux de l’appareil.
Quelques secondes et quelques délicates secousses (voire vibrations tournoyantes) après, le jaune se sépare sans aucun regret de son collant et visqueux blanc à jeter ou à battre en neige du Kilimandjaro (ou pas)
Sauf à taper l’œuf trop fort, il n’y a plus ni jurons, ni taches infâmes gluantes graves partout où il ne faut pas.

Ce séparateur est un de ces gadgets, simples, efficaces et malins que mes parents, cuisiniers de paire et hors paires adoraient et collectionnaient.

A n’en point douter, ce machin est une des plus grande invention de l’Homo Sapiens Sapionce à l’égal de l’eau tiède, la trottinette pliable ou la cinquième constitution de la République Française.
Je vous aurais prévenus !


Fin de loup


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Dimanche 28 janvier 2007

Classé dans la série : « Dans la gueule du loup »

Je vais tâcher ce soir de ne pas être trop brouillon.
La cuisine, c’est comme la politique : Chacun a sa recette qu’il considère comme la meilleure et ils diabolisent ceux qui ne font pas comme eux.
Ainsi en est-il des recettes des plus simples ou des plus complexes, à la différence qu’en cuisine, les promesses ne peuvent rester longtemps lettres mortes : On s’engueule d’abord, on s’en fout plein la gueule ensuite et ensemble et enfin on dégueule pour se dire tout ce qu’on en pense (et que l’on a dans la panse) autour d’un café ou d’un cognac.

Aujourd’hui, je cause des œufs brouillés : Comme toutes les recettes proposées sur ce blogue, ça a l’air simple au départ, mais en fait c’est d’une complexité éminemment artistique, alchimique voire philosophique.
Surtout pour ce qui concerne les œufs brouillés dont la plus grande difficulté se situe dans la cuisson (son mode et son temps)
Des œufs brouillés cuits trop rapidement ou trop longtemps sont une ineptie scandaleuse (sinon une omelette ratée) qui mérite d’envoyer le prétendu cuisinier (de tout sexe, poil ou âge) dans une marmite à court bouillon pour le prochain fond de sauce, na !
Pas de pitié pour les démagogues.
J’ai lu des recettes où l’on jette négligemment les œufs (battus !) dans une poêle et que l’on traite ensuite comme une omelette, une crêpe, voire un rognon de veau.
Foutaises démoniaques et scélérates que de telles manœuvres !

Bon d’abord, il faut de bons œufs frais.
Quand je dis frais, ce n’est pas des trucs retrouvés un jour dans le frigo hein !
Frais signifie tout chaud sorti du cul de la poule, du canard, de l’autruche, de la baleine ou du diplodocus (1) selon vos goûts, l’arrivage, vos moyens et vos possibilités.
Pour bien faire, il vous faudrait construire un poulailler ou un Jurassique Park dans votre cuisine, mais bon…

Vous cassez délicatement les œufs dans une casserole que vous mettez alors dans une autre casserole (plus grande évidemment, pff !) pleine d’eau (H2O – aqua simplex) bouillante (100° de chez Celsius).
Cela s’appelle la cuisson au bain marie.
Non, Marie n’est pas une marque de salle de bain ou de diplodocus : ce nom vient d’une « Marie l’Alchimiste » que l’on dit sœur de Moïse d’un côté et Marie Madeleine de l’autre.
Ce mode de cuisson très ésotérique et exotérique en même temps a été employé longtemps par les alchimistes, puis par les chimistes et l’est encore par les biologistes à l’heure actuelle où je vous cause.
Il a l’avantage de préserver une température constante ce qui est en fait le premier secret des œufs brouillés.

Le second secret est qu’il faut pendant toute la cuisson tourner les œufs avec calme et volupté (peu importe le sens hein !) : Il ne faut pas en effet que le jaune et le blanc se trouvent dans une trop grande promiscuité.
Ils s’enlacent, mais ne se mélangent pas et jamais ne se sépareront.
A trop battre les œufs, ils se lient et se liguent contre vous pour contrecarrer vos projets et se transforment en une mauvaise omelette de carnaval pourri (CF supra).
Les jaunes et les blancs doivent être brouillés, mais jamais fâchés contre vous ou eux-mêmes.
L’œuf brouillé est le Tao, le Yin et le Yang de l’art culinaire !

Surtout que ces cochons « prendront » aussi vite que vous viendra le désir d’arrêter de touiller !
Et là se situe le génie de la recette : Savoir retirer à temps les oeufs du feu !
Je ne peux pas vous expliquer : C’est au « feeling »
On aura eu au préalable l’idée d’y ajouter une noix de bon beurre ou un filet d’huile ou d’une crème où aura mariné une pincée de ciboulette.

Dès que c’est « pris », il faut servir sans attendre dans des assiettes ou des coupelles chaudes, vos convives devant être en place, la bouche ouverte et la fourchette en l’air.
Les œufs brouillés se fâchent et se figent lamentablement à trop attendre en refroidissant.
C’est pire qu’un soufflé au Grand Marnier !

Une fois les oeufs retirés du feu, je les aurai assaisonnés d’une pincée de sel de Guérande, d’un tour de moulin à poivre, d’une pincée de ciboulette et de ma bave de désir et de mes larmes de plaisir.
Les gourmets pervers les allongeront sur un toast, une tranche de pain de campagne ou une baguette toute chaude des miches de la boulangère.
On peut aussi les déguster avec une simple salade, une pomme de terre cuite au four ou dans la cendre, des noix ou dans un puits de riz blanc.
Nous pourrions les insérer aussi dans une corolle de pâte feuilletée dont ces rois et ces reines n’en feront qu’une bouchée couronnée de cèpes, de bolets, de morilles ou autres champignons vénérables, mais non vénéneux.
Les marins les sacreront de quelques perles d’œufs de lumps (ou yeux de lynx dans les cours de récré) de saumon, de truite ou d’esturgeon slave et qui ne se lave qu’à Viar ou ailleurs.
Les Périgourdins les Périgourdines dînant chez eux assommeront pour l’occasion une truffe du cru et qu’ils râperont (en écoutant du rap ou pas)

Nous boirons tous avec ces œufs si bien brouillés un frais et léger vin grenat de notre bon pays de Loire : Un Saumur, un Bourgueil (de Saint Nicolas ou pas), un Chinon ou ce que vous voudrez de gouleyant et de convivial.

Bon moi, je les mange seul, tout seul, debout devant la cuisinière, à même la casserole et en me servant de la raclette ou de la cuiller et en écoutant du Mozart, du Rameau ou du Couperin.

Quand ils sont bien faits, les œufs brouillés ne pourront que vous brouiller les yeux de plaisir.
Bon appétit !

(1) Attention : Vérifier la traçabilité et la date de ponte des œufs de diplodocus qui sont l’objets de trop nombreuses arnaques de nos jours car beaucoup de ces bestioles sont élevées en batterie et n’ont jamais couru dans un pré de leur vie hein !

Fin de loup


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Dimanche 7 janvier 2007

Classé dans la série : « Dans la gueule du loup »

Ayant reçu sur ma note d’hier un commentaire alarmant des mœurs culinaires de nos bons et beaux cousins québécois par le truchement de Daniel, j’ai décidé de vous livrer le secret de ma mayonnaise :

Prendre un bol (qu’importe la couleur ou les motifs figurant dessus) et s’armer d’une fourchette tout à fait normale de chez banale. Vous avez le droit de vous servir d’un batteur mécanique, électrique ou à puce si votre poignet n’a plus sa souplesse de collégien(ne) en chaleur.

Mettez un jaune d’œuf dans le bol. Un œuf de poule ou de n’importe quoi (canard, diplodocus, baleine, autruche)
Le battre un moment (si vous ne savez pas pourquoi, lui le sait)

Incorporer alors à très petite dose un filet d’huile (1) puis battez pour bien mélanger.
Recommencez l’opération jusqu’à vos 125 grammes d’huile y passent.

Généralement, à la dernière goutte, alors que vous désespériez de votre galère, la mayonnaise prend une certaine consistance ; un peu comme les choses moussues ou pas, à vomir,  que l’on trouve en pot dans les supermarchés
et qui sont des mayonnaises comme moi je suis évêque in partibus de Dijon (Bourgogne)

Je dois dire qu’à un moment donné, il faut s’arrêter de battre un peu comme il faut suspendre la cuisson des œufs brouillés (dont je reparlerai) car les meilleures choses ont une fin (et votre poignet juvénile vous en rendra grâce)
Votre vraie mayonnaise est alors émulsionnée comme il se doit et vous, vous en êtes du coup très émotionné comme il le faut.

Dès que votre truc ressemble à une mayonnaise qui en deux où je pense, vous pouvez incorporer en battant légèrement le sel, le poivre et deux cuillérées à café de vinaigre de vin.

Pour ma part, je remplace le vinaigre par une bonne cuillerée de moutarde forte de chez la mort aux rats dijonnaise ; j’ajoute avec tendresse et ému jusqu’aux larmes une pincée de ciboulette du jardin d’Eden, un soupçon d’ail et un rêve de safran (en poudre ou en filaments)
Laisser reposer le tout, quelques minutes au frais.

La mayonnaise se conserve au réfrigérateur et doit se consommer au plus vite (comme tout ce qui contient des œufs et ne contient pas itou, des conservateurs chimiques à nom barbare, indigestes et à goût de chiotte)

Alors les cousins canadiens, heureux ?

(1) Employez une huile végétale pour éviter les colères de Stérol (Tournesol ou encore mieux pour la santé, une huile de colza). Il faudrait éviter l’huile d’olive au goût trop prononcé qui pourrait transformer votre truc en aïoli Ikea ou pas ; ce qui est une autre chose et une autre histoire.

Fin de loup


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