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Les galeries du loup

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Samedi 10 mars 2007

Classé dans la série : « Manuel de survie »

Dédicace de circonstance : A Laouenanig, face au vent, qui va très mal, pour un remède de loup sinon de cheval. (1)

Ce texte est sonorisé :

La mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles ; ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie.

Leur silence traverse le monastère
Qu’un long nuage dément ;
Nos corps vibrent en ce mystère
Mais l’orage est clément.

Il y a des cèpes dans la sépulture.

Dans la crypte je vois se gâter l’harmonie
Dont les chimères sont stériles ;
Le gouverneur est hollandais
Et  je blondis.

J'irai rouler leurs idoles dans l’herbe veloutée.

Nous étions des plaignants gris
De paupières et de prix.

Les mandataires se signalent sept fois.

Je vois s’apaiser l’aménageur
Dont les disgrâces sont vernales ;
La mémoire est vénérable
Et je meurs.

Les matous marchent en mars.

Il y a d’humbles mousses
Qui giclent en secousse
Sur nos mâtures rousses
Et je tousse.

Il faut savoir si les frelons sont poilus.

Tire le satyre qui chancelle
Et se lèche sur la selle.

Je leur ai dit de troquer leurs doctrines reluisantes

Ces mômes torchent nos musées
Que l’ambition piste en sous-main ;
Au nord, les mutins s’éveillent
Et l’histoire est cruelle.

Les persifleurs poussent au solstice.

Il y a des paradoxes aimables
Que le savant défroque
Et des miracles sûrs.

Je leur ai dit de vitrifier leurs torses virils.

Nous étions des hirondelles réglées
D’enclaves et de gelées.

Les canotiers s’attouchent cette année.

Je vois agoniser des temps
Dont l’exigence est nouvelle ;
Le jour est urticant
Et je ruisselle.

Allons voir les peuples rutiler du pied.

Il y a des saphirs poivrés
Que l’exposant sable
Et des mères vulnérables

Frappe l’éternel qui rutile
Et tremble sur la pile.

(1) Les amateurs auront remarqué deux alexandrins...

A propos du Manuel de Survie


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Lundi 19 février 2007

Classé dans la série : « Manuel de survie »

Dédicace de circonstance : Encore et toujours, à Nanou qui, mercredi s’envolera pour des archipels sauvages et lointains afin que survivent  des mots, des paroles, des verbes et des mémoires.

La mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles ; ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie :

Nos pas éventrent de ces halles
Où les poules sont en bol ;
Au fond, les ris s’étalent
Et le faucon est frivole.

Je leur ai dit de rédiger des serments rageurs.

Je vois s’aligner de faux noms
Dont les plaques sont certaines ;
Leurs souris nous en disent long
Et je peine.

L’automate médite à midi.

L’Européen présume des latrines
Que son corps dicte en sort ;
Aux environs, l’homme dîne
Et l’arbre est carnivore.

Les Vendredi s’en vont le mercredi.

Il y a des sphères fourbues
Que l’aveugle apostrophe
Et des langues repues.

Sur Terre, les aveugles ne sont jamais ronds.

L’honneur dépense ses reliques
Que le champion gâche un temps ;
Sous les ponts, les baliseurs tiquent
Et l’actionnaire est tremblant.

Tous les âmes sont lagunaires.

Nous étions des lycéens songeurs
De sable et de langueurs.

Il y a des tribus plaisantes
Que le laurier nacre
Et des verbes âcres.

Les parieurs s’attablent en verve.

Les rois couvent des cuisines
Que les poules narguent prestement ;
Au soir, Lacan m’isole
Et l’amygdale est bovine

Allons voir les hyènes fuguer dans la cale.

Scelle l’harmonie qui dîne
Et se terre dans la mine.

J’irai poser nos jets sur des sables d’archipel.

Le funambule file sa lenteur
Que l’idole ventile durement ;
Là-bas, l’aviateur s’attache
Et le vent est lâche.

Les cannibales sont de la balle.

Sur la piste, je vois faiblir les gosses
Dont les fibres sont d’argent ;
Le mandataire est fluvial
Et  je saute.

Les hôtesses ruissellent bien tard

Sacre l’indigène qui s'enflamme
Et s’indigne dans la sente.

Les femmes se fracassent en partance.

Nous étions des lézards rebelles
D’exil et d’antipodes.


A propos du Manuel de Survie :


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Mercredi 20 décembre 2006

Classé dans la série : « Manuel de survie »

La mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles ; ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie.

Il y a du corail immédiat
Que les chancres oxydent
Et des corps vides.

J'irai perfuser les héritiers à l’orient solennel.

J’entends rouspéter les citoyens
Dont les coupes sont statiques ;
L’ordinateur est quantique
Et j’ai faim.

Les clowns se tâtent sur le tard.

L’homme pommade une déchéance
Que le brocanteur cire furtivement ;
Autour, les veilleurs s’avancent
Et le lecteur ment.

Ecoute le loup qui empile
Des sangs et des mille.

C'est l'hiver et tous les grands capitulent.

Il y a des pas sobres
Que l’ombre oublie
Et des peuples myopes

J'irai chopper la liberté dans l’herbe chaude.

Je sens frissonner l’annonceur
Dont les corolles sont fausses ;
L’ordre est clos
Et je cours.

Je leur ai dit de boire l’avenir exigible.

Nous étions des colporteurs lourds
De ruches et de fours.

Je leur ai dit de prévoir des cavernes flagrantes.

Nous étions des colporteurs sourds
De cruches et d’amour.

A propos du Manuel de Survie


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Samedi 16 décembre 2006

Classé dans la série : « Manuel de survie »

La mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles ; ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie.

Il y a des stages efficaces
Que les fils récusent
Et des nègres laiteux.

Les drilles se dévisagent en décembre.

Nous étions des scouts vendeurs
De scandales et de labeur.

J'irai blâmer les pélicans dans l’ombre ambulante.

Je vois frissonner les dames
Dont les pains sont redondants ;
Le gredin est archaïque
Et je dîne.

Je leur ai dit de ventiler ces vignes silencieuses.

Brave les scouts qui bavent
Et s’astiquent dans l’enclave.

Le fantassin vole un retable
Que le philosophe guigne en vain ;
A l’écluse, les faucheuses grillent
Mais l’utopie est friable.

Allons voir les idiots exister sous leur ciel.

A propos du Manuel de Survie.



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Samedi 9 décembre 2006

Classé dans la série : « Manuel de survie »

La mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles ; ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie.

Le mandarin brûle des blocus
Que des pères bâtirent sagement ;
Dans l’ombre, des gémeaux sucent
Et le bâton ment.

J'irai fondre l’ancêtre sous les dalles insondables.

Le notaire note alors.

Nous étions des savants grinçants
De crapauds et d’amandiers.

Parle du monstre qui fraude
Et fume en maraude.

Ce garçon scandalise la steppe
Que les lauriers satellisent sagement ;
Dans l’ombre, l’intrépide siège,
Et les canots sont déments.

Les démolisseurs appontent à l’improviste.

Talque la harde qui chahute
Et rechigne au carrefour

Je vois lutter les races
Dont les normes sont patentes ;
Le doux flâneur jase
Et  je me branche.

Il y a des rameurs vagues
Et de vagues rumeurs.

Mais l’honneur progresse ce soir.

Délivre le destin qui malverse
Et se devine sous l’averse.

Je leur ai dit de cadencer leurs masses convergentes.


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Dimanche 26 novembre 2006

Classé dans la série : « Manuel de survie »

Dédicace de jeunesse : A la jamais vieille Tippie

L
a mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles ; ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie.

Nous étions des liens précoces
De bonne chair et d’os.

Le loup ne veut que le bonheur du hanneton.

Je leur ai dit d’user les piles de Sancerre.

Je vois se parer la squaw
Dont les tipis vieillissent ;
Le théâtre est beau
Et je pisse.

J’irai manger ses calissons sous un théâtre courbe

Les champs abondent de noceurs
Que l’éphèbe coiffe de peur ;
D’un geste, il s’amende
Et nos cœurs se fendent.

Ils élisaient des ronds-points virtuels.

Il y a des citrons en jatte
Que des lustres matent
Et des tables rondes

Monsieur Moi veut être ambassadeur.

Allons voir les bellâtres vomir au théâtre.


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Mardi 12 septembre 2006

Classé dans la série : « Manuel de survie »

La mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles ; ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie.

Notre futur n’avait aucun avenir.

Cherche les races qui s’accrochent
Et s’écoutent sous le porche.

Le naturaliste sonde l’anophèle
Que les anges fourbissent avidement ;
Non loin, les lauréats s’attèlent
Et le sable est gourmand.

Nous étions des passants fourbus
De thèses et de peintures.

Je leur ai dit de lancer des lectures sidérales.

Je vois signer les juges
Dont les voiles sont confus
Le christ est plâtreux
Et je fus.

J'irai garder ces gosses dans leur cité glissante.

Fin de loup


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Samedi 5 août 2006

Classé dans la série : « Manuel de survie »

La mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles ; ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie.

Le soldat goudronne l’anémone
Que l’huître persifle par hasard ;
Au verger, le doyen tonne
Et l’attente est florale.

Je leur ai dit de dégeler les insectes critiques.

Je vois s’enfler le mythe
Dont l’édifice est forcé ;
Le gosse est valide
Et j’ânonne.

Allons voir les visiteurs saliver sous la pluie.

Il y a une place nitreuse
Où des mômes s’égrainent
Et des parieurs maigrelets.

Brasse le soleil qui s’expose
Et sombre dans les roses.

Les grenouilles règnent à temps.

Fin de loup


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Jeudi 3 août 2006

Classé dans la série : « Manuel de survie »

Dédicace de circonstance : A D. Z. Très affectueusement

La mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles ; ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie.

Le médecin appelle la famille
Que l’autre visite franchement ;
A Mulhouse, l’oncle flanche
Et le zeugme est français.

Parfois l’Arabe déjeune d’un mollard

Il y a des lits trop simples
Que la mère achète ;
Et des bons fils.

Je lui ai dit de prendre cette colonne.

Nous étions des amis errants
De rhums et d’opéras.

Je vois pleurer les Mozart
Dont les bustes sont bien rares ;
L’homme est sur la route
Et j’écoute.

Les chics types sont de basse couche.

NDA : Une jeune survie pressée du jour et même de l'heure ; à n’en point douter quelques mois dans le tonneau de mon cœur en feront un nectar d’amitié.

Fin de loup


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Dimanche 23 juillet 2006

Classé dans la série : « Manuel de survie »

Le « Manuel de Survie » est une catégorie très à part (à gauche en bas, pub) de ce blog.
Il fut un temps où j’avais voulu en faire un autre blogue à lui tout seul.
Mais bon, hein !
C’est sûr que certains aiment beaucoup et que certains n’aiment pas du tout.
Je comprends les uns comme les autres.
Je comprends ceux qui n’y comprennent rien.
Je vais donc par cette note expliquer un peu ce qu’est le « Manuel de Survie »

Il n'y a pas vraiment de secret ; c’est une sorte de jeu en fait.
Comme certains artistes qui ramassent des objets divers dans la nature ou ailleurs et en font des compositions plus ou moins esthétiques, moi je prends des mots ou des phrases un peu partout (rue, métro, radio, télé, conversation, livres, journaux, etc.) et je les transforme par la suite au gré de n’importe quel événement ou pensée. J’y ajoute parfois des mots rares, complètement décalés ou que j’aime bien ou je fusionne plusieurs de ces phrases pour en faire une autre.
Je les mets dans différente structures plus ou moins versifiée ou similaire.
Pour le moment (ça peut changer) les « structures » sont :

Les proverbes ou sentences

Les jaguars jasent au soir

Les microcontes
Le créateur fédère les demeures
Que l’ivrogne dédaigne graphiquement ;
Sur le lit, la parabole s’assouvit
Et la rétine est suiffeuse.


Les microfables
Je vois grandir les temps
Où l’anathème trépasse ;
L’ingénieur est puissant
Et je passe.


L’inventaire permanent

Il y a des rutilances anales
Que le prédateur avale
Et des nuages virtuels.


Les stèles
Nous étions d’une luxure formidable
De dialogue et de gobelet


Les annonces
Je leur ai dit de bénir leurs bières turbulentes.

Les promesses
J'irai frôler l’initié dans la nuit cotonneuse.

Certaines phrases (vers ?) sont brutes de décoffrage et leur absence de contexte leur donne souvent un mystère intéressant (tels les messages de Radio Londres !)
Exemple :

« L’hévéa est ambiant et  j’attends sérieusement »


J’ai écrit cette phrase sur un méchant bout de papier alors que je m’ennuyais fermement à côté d’une plante verte dans une salle d’attente quelconque. J’ai retrouvé le papier plusieurs années après et j’ai eu de la peine à me souvenir de ce contexte.

Autre exemple plus récent :
« Les héros s’emballent dans des cartons rouges »

Vous devinez facilement de quoi et de qui il s’agit, hein !

Le Manuel de Survie n’est pas autre chose que ça.
D'autres phrases sont reprises et transformées plusieurs fois.
J’aime bien aussi mettre dans ces phrases des mots qui, à priori, ne seront jamais reliés autrement que par la liste d’un dictionnaire.
Je travaille beaucoup aussi la musique et la résonance des mots et des syllabes entre eux.
Certains items sont rimants ou pas.

Il s’agit donc d’un genre situé entre le poème, le journal (blogue) et l’exercice de style (à la Queneau), mais cela demande quand même pas mal de travail hein !
Je fais « ça » depuis de trop nombreuses années et c’est passionnant pour moi maintenant de réunir – en tâchant de les structurer un peu - tous ces textes (morceaux de ma vie quotidienne en fait) dans un recueil qui devient en fait une sorte de poème-journal très intime (même si pour certains, je ne me souviens absolument plus de la source ou de la démarche d'écriture)
Quelque part ce’s « trucs » sont des parties de moi-même.

Je suis enchanté de constater que ça intéresse d’autres que moi et que certains mots ou certaines phrases « ricochent » dans leur « eux-mêmes ».
Ce n’est pas un hasard, car je suis à moitié humain quand même.

Enfin, le Manuel de Survie est né une nuit d’Octobre 19.. à Dijon (Bourgogne, France) où j’étais de garde pendant les classes de mon service militaire.
Une garde dans l’armée consiste à alterner 2 heures de repos (sommeil ?) et deux heures de « gardes » pendant 24 heures.
Bref, vous tentez de dormir pendant 12 heures et les douze autres, vous vous emmerdez ferme par + 30 degrés Celsius ou – 20 degrés, sous la pluie , la neige, la grêle, dans la canicule, vêtus d’un treillis, chaussés de rangers, et armés d’un fusil de guerre de plus de cinq kilos qui ne vous sera d’aucune utilité en cas d’attaque très improbable.
Moi, j’avais toujours un bout de papier et un stylo et j’écrivais :
« Les soldats s’ennuient parfois »

Moi, j’aimerais bien crever en écrivant une phrase du « Manuel de Survie » ; au moins, ma vie ou ma mort aura une certaine justification, une trace certaine, peut-être.
Peut-être...

Fin de loup


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Martin Lothar

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