Les runes du loup-garou

Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /2010 19:52

J’ai trouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements :


EtangPontPicardie

Les enfants de Septembre

Les bois étaient tout recouverts de brumes basses,
Déserts, gonflés de pluies et silencieux ;
Longtemps avait soufflé ce vent du Nord où passent
Les Enfants Sauvages, fuyant vers d’autres cieux,
Par grands voiliers, et très haut dans l’espace.

J’avais senti siffler leurs ailes dans la nuit,
Lorsqu’ils avaient baissé pour chercher les ravines
Où tout le jour, peut-être, ils resteront enfouis ;
Et cet appel inconsolé de sauvagine
Triste, sur le marais que les oiseaux ont fuis.

Après avoir surpris le dégel de ma chambre,
À l’aube, je gagnai la lisière des bois ;
Par une bonne lune de brouillard et d’ambre,
Je relevai la trace, incertaine parfois,
Sur le bord d’un layon, d’un enfant de Septembre.

Les pas étaient légers et tendres, mais brouillés,
Ils se croisaient d’abord au milieu des ornières
Où dans l’ombre, tranquille, il avait essayé
De boire, pour reprendre ses jeux solitaires
Très tard, après le long crépuscule mouillé.

Et puis, ils se perdaient plus loin parmi les hêtres
Où son pied ne marquait à peine sur le sol ;
Je me suis dit : il va s’en retourner peut-être
À l’aube, pour chercher ses compagnons de vol,
En tremblant de la peur qu’ils aient pu disparaître.

Il va certainement venir dans ces parages
À la demi-clarté qui monte à l’orient,
Avec les grandes bandes d’oiseaux de passage,
Et les cerfs inquiets qui cherchaient dans le vent
L’heure d’abandonner le calme des gagnages.

Le jour glacial s’était levé sur le marais ;
Je restais accroupi dans l’attente illusoire,
Regardant défiler la faune qui rentrait
Dans l’ombre, les chevreuils peureux qui venaient boire
Et les corbeaux criards aux cimes des forêts.

Et le me dis : je suis un enfant de Septembre,
Moi-même, par le cœur, la fièvre et l’esprit,
Et la brûlante volupté de tous mes membres,
Et le désir que j’ai de courir dans la nuit
Sauvage, ayant quitté l’étouffement des chambres.

Il va certainement me traiter comme un frère,
Peut-être me donner un nom parmi les siens ;
Mes yeux le combleraient d’amicales lumières
S’il ne prenait pas peur, en me voyant soudain
Les bras ouverts courir vers lui dans la clairière.

Farouche, il s’enfuira comme un oiseau blessé,
Je le suivrai jusqu’à ce qu’il demande grâce,
Jusqu’à ce qu’il s’arrête en plein ciel épuisé,
Traqué jusqu’à la mort, vaincu, les ailes basses
Et les yeux résignés à mourir, abaissés.

Alors, je le prendrai dans mes bras, endormi,
Je le caresserai sur la pente des ailes,
Et je ramènerai son petit corps, parmi
Les roseaux, rêvant à des choses irréelles,
Réchauffé tout le temps par mon sourire ami...

Mais les bois étaient recouverts de brumes basses
Et le vent commençait à remonter au Nord,
Abandonnant tous ceux dont les ailes sont lasses,
Tous ceux qui sont perdus et tous ceux qui sont morts,
Qui vont par d’autres voies en de mêmes espaces !

Et je me suis dit : ce n’est pas dans ces pauvres landes
Que les enfants de Septembre vont s’arrêter ;
Un seul qui se serait écarté de sa bande
Aurait-il, en un soir, compris l’atrocité
De ces marais déserts et privés de légende ?

Patrice de La Tour du Pin (1911-1975) Les enfants de Septembre, la Quête de joie (1939)


Note du loup
Ce poème (dédié à Jules Supervielle) est pour moi un des plus « beaux » qui n’aient jamais été composés sur notre patate de planète, na !
Beau déjà par la pureté de notre belle langue françoise, par la maîtrise de l’alexandrin (ils ne s’entendent pas) par son rythme savant, par la riche simplicité du vocabulaire et à tous ces égards, il reste un des derniers grands poèmes « classiques » par sa composition (publié en 1939)

Un texte sublime aussi sur le fond, par sa signification, car contrairement à ce qu’on pourrait croire d’une première lecture, ce n’est pas une ode bucolique ; ce n’est pas un chant d’amour aux petits oiseaux des marais ou des hôtes de ces bois ; ce n‘est pas une histoire de chasse ni une pièce symbolique ; c’est un psaume, un cantique, c’est un poème mystique du plus pur jus d’âme adolescente, immanente et de foi acnéenne.
C’est un jeune essai d’alchimie spirituelle, mais c’est aussi un échec cuisant.
Le Patrice s’en sort bredouille.
Si Patrice de La Tour du Pin fut plus « catho » tu meurs excommunié, crucifié, toute son œuvre n’est qu’une recherche spirituelle aussi puissante, aussi vibrante et inlassable que celles menées par des Valéry, des Rimbaud, des Apollinaire, des Saint-John Perse voire des Baudelaire.
Parce que ces gens-là par des chemins et des allures très différentes souvent inverses, cherchaient tous ces « enfants sauvages » qu’ils ont traqués parfois jusqu’à en perdre l’haleine, l’esprit et l’âme.
Qui sont ces enfants de Septembre ? Sont-ils anges ou bêtes ? Où gîtent-ils ? Que veulent-ils ?
Allons savoir, mais de toute façon, ils sont légendaires, je vous le dis.

Et ceux qui savent, se garderont bien de révéler ce secret qui n’appartient qu’à eux, in fine et in petto, ah, mais !

Illustration : Martin Lothar (toujours né) étang avec pont, marais des Cavins en Picardie, Photo numérique (août 2010) Musée du Loup, Tanière sur Seine, Europe.

 

Fin de loup


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Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /2010 20:58

En ce moment, chaque jour, j’alterne mes lectures dans le train pour aller et revenir de chez mon boulot.
Un coup, je re(lis) le « livre de la jungle » de sir Rudyard Kipling et un autre, c’est un bouquin de programmation pour Mac OS à base de langage Objective C pour interface cocoa.

Bon, tout le monde connait Mowgli, Baloo, Mère Loup et Père Loup, mais peu de gens savent ce qu’est l’Objective C.
Or donc, j’explique : l’Objective C est un langage de programmation informatique, très, et même orienté grave « objet » et qui est un dérivé du langage « C » voire plus, du « C++ »
Pour tout vous dire, moi, qui comprends à peine le SMS de nos banlieues fleuries (ou pas), j’ai un peu de mal à bafouiller dans cette langue qui est toutefois à la base de toutes les applications compatibles Mac et autres iPhone sinon iPad tels « Mail », « Safari » et le système d’exploitation lui-même (qu’il soit panthère — comme Bagheera, tigre — comme Shere Khan ou léopard — comme je ne sais qui, avec neige ou pas)

Cependant, je ne suis pas loin de créer ma première application « sublime » avec ce langage : elle ne fait pas autre chose que d’afficher une fenêtre avec un beau bouton « quitter » que l’utilisateur s’empressera de cliquer vu qu’il n’aura rien d’autre à faire.

Je la vendrai 500 euros (dernier prix)
Qui en veut ?

Sinon, c’est rigolo et palpitant à faire et le « livre de la jungle » est une merveille à relire (mais j’en reparlerai, naturally et of course)

On voit mieux par là, que si les codes sont une jungle, la jungle a toujours ses codes ; surtout pour le juriste (et donc le philosophe) que je suis de formation...

Fin de loup (end if)


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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 17:50

J’ai trouvé çà au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements :

 

Les écureuils, ça ne vaut rien comme badaud.

Quand on quitte la grande route, il faut s’attendre à voir quelques maisons bizarres.

La morale de l’Histoire c’est quand on recrache le passé et que le présent est encore pire, ça rend le vomi appétissant.

C’est drôlement chouette de voir quelqu’un attirer l’attention.

Dicky était un crétin qui m’a toujours fait penser à une tondeuse à gazon.

Quand on a cinq ans et qu’on a mal quelque part, on crie pour que le monde entier soit au courant. A dix ans on gémit, mais dès qu’on arrive à quinze ans, on commence à grignoter la pomme empoisonnée qui pousse sur son arbre de douleur personnelle, c’est le Siècle des Lumières à l’occidentale, on commence à bouffer ses poings pour étouffer ses cris, on saigne à l’intérieur.

 

(Richard Bachman — alias Stephen King, né en 1947, Rage, roman, 1977)

columbineVideo.jpg


wtc2001.jpg Note : La première image illustrant cette rune est tirée de la vidéo du massacre du lycée de Colombine en avril 1999 ; la seconde est la photo des ruines du World Trade Center en septembre 2001.

Entre les deux, il y eut l’an 2000, Martin, Lothar et bien d’autres cyclones de force ou de farce…

Elles sont à jamais terrifiantes ces photos, mais la pire, à mon sens, est sans doute la première dans la mesure où nous n’y comprenons rien de rien à ce truc explosif et surtout à l’heure où j’écris ces lignes, personne sur cette planète ­— ou du moins en Occident — n’a encore osé tirer les leçons du « suicide festif, en holocauste » de ces deux adolescents perdus, paumés, muets pour l’éternité.

On fut horrifié ; on fut stressé ; on fut en colère et dès lors, tous nos boucs émissaires de service furent accablés d’opprobre et de vilénies : Les parents, les éducateurs, les camarades morts ou rescapés, l’internet, les jeux vidéo, les chanteurs punks ou néo-gothiques, les marchands d’armes, la « société en général », les médecins, les pompiers, les juges, la police, Adolf Hitler, les francs-maçons, les psychiatres, Voltaire, Rousseau, ce petit con de Gavroche, et enfin ( ?) le raton laveur qui n’y pourra jamais, mais…

 

Comme chez Pas Assez & Outreau !

Sur le fond, silence de mort…

Trop, c’est trop.

Et sans remords.

 

Certes, avec son terrible film « Elephant » (2003) Gus van Sant tenta bien maladroitement de tracer certaines pistes, mais en vain, à la fin…

Les deux tours, c’était la guerre ; Colombine, c’était deux fous, ma bonne d’âme…

Et le prince matché, le bourgeois comme l’anar sans papier de s’en laver les mains pour des cierges et des siècles, ah, mais !

 

En 1977 (soit vingt ans et des fraises avant Colombine) un certain Richard Bachman publiait un (court) roman intitulé « Rage »

bon, pour tout vous dire, Bachman, c’est Stephen King avec de vrais morceaux de bonhomme dedans hein ! Voilà.

En 1999, en pleine turbulence médiatique du massacre, il décida d’interdire toute nouvelle publication de cette œuvre, aux États-Unis du moins. Comme quoi la liberté d’expression a de fâcheuses limites même dans des pays réputés « démocratiques » (à approfondir d’urgence, il en va de notre survie)

C’est vrai que ce roman « Rage » n’est pas à mettre entre toutes les mains…

Mais pourquoi pas en fait ?

C’est l’histoire d’un adolescent de 16, 17, 18 ans (on s’en fout) nommé  « Nemo » (Charlie Decker en fait — mais je le nommerai « Nemo » parce que c’est comme ça) qui, un beau jour du mois de mai, après avoir regardé gambader les écureuils à travers les vitres de sa salle de classe sort soudain un révolver pour tuer sa prof de maths et ensuite, pendant quelques heures, prend en otage ses petits camarades de son âge et de tout sexe.

C’est tout.

Je ne vous raconte pas la fin parce que ce n’est pas très important en fait, sauf que je brûle de le faire parce que les fins de loup ou du monde sont toujours primitives sinon primordiales ; parce que c’est Stephen King ; parce que cette histoire est une histoire de fou de chez Raisonnable de mes Deux ; parce que c’est un roman pas possible de chez réel ; parce que c’est de la littérature de chez Bonne à tout faire ; parce que c’est civilisateur enfin.

C’est tout.

Alors camembert hein !

J’arrête ici ma parallèle des deux abrutis de Colombine (et autres violents scolaires franchouillards bien contemporains) avec le « Nemo » de Bachman (King)

 

Notre héros littéraire, après son meurtre, prend tous ses petits camarades en otage. Il passe des heures à les cuisiner ; à les faire parler ; à leur demander de tomber leur masque ; à les interroger sur tout et surtout sur le rien qu’ils sont ou pas encore ; à les emmerder grave du bout d’un calibre exterminateur.

Parce que ce « Nemo » ne comprend rien à rien et il ne comprend même pas pourquoi il a tué un professeur ; il ne comprend pas pourquoi il menace et terrorise ses « copains de son âge » ; il ne comprend pas pourquoi il a « la rage » !

 

Notre héros a la rage.

Et cette rage est tout, sauf cette « haine » de bazar dont nos bons sociologues de bazar affublent nos adolescents encore vivants (manipulés à mort et pas encore suicidés !) à chaque journal de chez vingt heures.

 

Parce que ce « Nemo » veut comprendre.

Parce que ce « Nemo » veut  comprendre pourquoi « on » ne le comprend pas.

Parce que ce « Nemo » veut  comprendre pourquoi « on » ne veut pas le comprendre.

 

Parce que notre héros est un adolescent un peu plus intelligent que les autres et qu’il ne supporte pas que ces adultes ne comprennent pas sa mutation pourtant plus naturelle, tu meurs, dans un monde désormais en perpétuelle révolution…

 

On apprendra que ce jeune étasunien moyen, blanc, assisté (comme les deux connards de Colombine) eut une enfance tiraillée entre une mère possessive, dépressive qui se fit une armure de ce fils contre un père inculte, infidèle, méprisant, beauf à bouffer de l’herbe en daube voire hallal ou cachère si on lui avait demandé.

Bon d’accord, c’est très banal…

 

Mais il y a autre chose dans ce roman…

 

C’est le roman d’un ado à jamais condamné qui comprend enfin que la nature et le monde entier, l’univers, ne sont que révolution et qu’il n’y a de meilleur révolutionnaire que le plus jeune, le plus intelligent, le plus parfait et innocent des réactionnaires.

Celui qui « réagit » enfin

Ceux qui ne comprennent pas cela, ne comprendront jamais pourquoi leur fille sera muette à jamais et leurs fils enculés profonds.

Si nous sommes tous, seul, perdu en notre labyrinthe, sachons que son Minotaure n’est pas moins que « l’autre » notre Graal.

 

La psychologie est à la psychiatrie ce que l’astrologie est à l’astronomie, pas plus, pas moins et Stephen King est un des rares auteurs vivants à continuer d’explorer « avec méthode et talent » ce toujours inconnu et terrifiant « no man’s land » de l’esprit humain séparant la « raison » (normalité ?) de la folie (déraison, anormalité ?)

En ce siècle ordonné numéro 21 (paraît-il) on ne sait toujours pas ce qu’est la folie, ce qu’est ou n’est pas un fou et comment ou pourquoi on devient fou.

La folie est clinique, pas académique et personne à l’heure actuelle n’est capable de prouver par A+B sinon X -> Y si l’on nait fou ou si l’on n’est pas fou !

Tout juste, nos « rebouteux » de psychiatres peuvent nous avancer si « ce fou » est dangereux ou pas sans pour autant affirmer s’il le reste ou pas et s’il a été « responsable » de ses actes au plus haut scandale sanglant de sa folie.

 

Nous sommes fous devant la société, mais sans doute pas en face des dieux.

 

La folie la plus destructrice comme la raison la plus constructive doivent être examinées chaque matin, en face, à travers le double vitrage, le miroir, la vitre sans teint de l’enfance la plus innocente et de la maturité la plus érudite.

Toute liberté tisse sa propre camisole que le sage nommera enfin « responsabilité »

Les bonnes civilisations ne se font pas sans un tel condiment, je vous le dis.

 

Chaque matin, nous devons nous envoyer nos ados dos à dos (dose à dos)

 

Le style de Stephen King est simple comme bonjour ; il est trivial à la limite comme celui de tous ces foutus Anglo-saxons qui ne veulent pas se perdre dans des labyrinthes de phrases ornées profuses de virgules superfétatoires, germanopratines et gonflantes et creuses tels des jours sans pain.

Toutefois, le Stephen sait nous gratifier profus d’expressions bizarres, de quelques concepts « martiens » qui ponctuent souvent sa prose de prolétaire étasunien tels cette « tondeuse à gazon » ou encore ce « siècle des lumières » qui tombent dans nos yeux et dans notre esprit comme une couille dans un potage.

 

En conclusion, je sais que Stephen King et Richard Bachman sont de beaux écrivains — quantiques — bien contemporains. Je ne déclare pas qu’ils sont plus de chez Plus, mais qu’ils mériteraient quand même ce fichu prix Nobel.

Je le pense un peu voire beaucoup même si, in fine, ce truc n’est pas grand-chose.

Ce ne sera alors que justice !

J’espère qu’il n’en voudra pas de ma lucidité, lui, qui mourra aveugle.

 

Fin de loup

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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 22:27

L’arbre à lettres, la Bibliothèque, les éditions Finitudes et Guillaume Martin-Lothar, futur empereur d’Occident (qui n’y est pour rien dans ces affaires hein !) vous invitent à la présentation de deux ouvrages :


Figures de Paris (Ceux qu’on rencontre et celles qu’on frôle)

D’Octave Uzanne, Jarry (Alfred ?) Klingsor, Lorrain (Claude ?)

Editions la Bibliothèque

 

Inventions nouvelles et dernières nouveautés

De Gaston Pawlowski

Editions Eric Walbecq (Finitudes ?)

 


 

Le jeudi 12 novembre 2009 à 19 heures

A l’Arbre à lettres

2, rue Edouard Quenu

75005 Paris

Téléphone : 01 43 31 74 08

 

 

Note : Si vous êtes là, ce jour à cette heure, vous verrez sans doute le loup (ou pas) Et vous serez sans doute déçus (es) (de le voir ou pas)


Fin de loup

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Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /2009 02:00


Puisqu’aujourd’hui, paraît-il, c’est la fête des pères,  des grands-pères et in fine, la fête de tous les ancêtres qui en avaient deux où je pense et bien placées en plus,  je réédite ce billet du 29 mai 2008.
Ce n’est pas un problème de pognon, croyez-moi, mais une histoire d’homme et d’Art. Un point, c’est tout (et ce n’est pas si mâle non plus)
Bonne fête George — sans ou avec « S » (où que tu sois) !


C’est l’excellent et passionné Jacques Damade, patron de la bientôt très fameuse maison d’édition (indépendante)
la Bibliothèque, sise à Paris, France (en lien aussi à droite, pub) qui a ressuscité ce texte magnifique « Eaux et Lumières » écrit en 1929 et 1930 par  Georges Groslier (1887-1945)

Ce « journal du Mékong cambodgien » est ressorti de derrière les sombres fagots oubliés de la littérature, de la Géographie et de l’Histoire grâce à un autre écrivain voyageur (et autre poète) Pierre Lartigue (né en 1936) et dont je vous recommande aussi fermement la lecture.

« Eaux et lumières » n’est pas un roman, mais c’est un récit époustouflant de la vie, des bienfaits comme des tocades d’un des plus grands et des plus beaux fleuves de cette planète qu’est le Mékong  qui, né de l'Himalaya au Tibet arrose successivement la Chine, le Myanmar, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Viêt-Nam.
C’est aussi une tranche de vie douce-amère de la condition de ses riverains cambodgiens, khmères ou d’autres horizons, d’autres époques et d’autres sangs.

« Eaux et lumières » est surtout un cliché sans concession pris sur le vif, un tableau rare et souvent dérangeant d’un pays, d’un peuple, d’un art, d’une culture, de mœurs qui en fait n’existent plus sinon dans nos rêves ou nos cauchemars ou nos vagues désirs de paradis et d’enfers.
Le temps, l’Histoire comme les fleuves savent faire et défaire leur lit comme ils se couchent et comme ils coulent dans nos mémoires ou dans nos veines.

Ce texte prenant et beau, au style tour à tour « fluvial » bouillonnant, lumineux, calme, précis, elliptique, lent, incisif, obscur, rimbaldien ou bonhomme a été écrit par un bon père de famille qui fut aussi archéologue, anthropologue, érudit, peintre, dessinateur, poète, romancier et surtout qui fut un grand amoureux et protecteur de l’art, de la culture, de l’artisanat, de la nature, de la beauté, de la grâce et évidemment du Cambodge où il naquit en prince bienfaiteur ; où il vécut plus de trente ans en travailleur acharné et où enfin il mourut supplicié, martyr et oublié.

S’il faut absolument se repentir de quoique se soit sur cette planète alors surtout n’oublions personne, absolument personne de vivant ou de mort…

Bien évidemment, je reparlerai de ce livre sur ce blogue, mais d’ors et déjà, vous pouvez le découvrir en le commandant chez votre libraire attitré et adoré (CF les références en fin de cette note)
Ce bouquin apparaîtra je pense bientôt sur le site de la Bibliothèque (en lien aussi à droite, pub) où vous pourrez le commander en ligne ainsi que d’autres trésors fabuleux et forts méconnus que Jacques Damade nous offre en grand, sympathique et bel amateur de la littérature qu’il est.

Références
Eaux et Lumières, journal du Mékong cambodgien.
Auteur : Georges Groslier
Illustré par Marie Doucedame
Collection : L’écrivain voyageur
Edition : La Bibliothèque
ISBN : 978 290 968 8473 (Paru le 23 mai 2008)

Fin de loup

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Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /2009 14:39
« La foule s’étendit rapidement sur la rive, curieuse de savoir pourquoi elle avait ainsi crié et couru. Elle aperçut avec stupeur un tonneau de grandeur ordinaire qui prenait lentement le fil de l’eau, pendant que des énergumènes, longeant la berge, lui jetaient des pierres qui coulaient bas sans l’atteindre […] Là, les citoyens d’Athènes, avant de retourner à leurs affaires urgentes, s’arrêtèrent un instant, pour rien, sans même avoir l’idée de rire. Et devant leurs yeux, le simple tonneau, tout paisible et débarrassé des hommes, partit sur les flots immenses où passent à tire-d’aile les navires aux voiles blanches et où le ciel se baigne à l’horizon »
(Paul Hervieu, Diogène le chien, éditions Manucius, 2006)

Drôle de philosophe que ce Diogène de Sinope (vers 413-327 av. J.-C.) et l’on se demandera toujours s’il a vraiment existé ou du moins, si son premier biographe Diogène Laërce (IIIe siècle après J.-C.) n’en fit pas, quelques six cents ans plus tard, une composition de morceaux de la vie tirés de « cyniques » différents ou de toute la meute de ces chiens pensants et turbulents.
D’autant plus que ce Laërce vivait à une époque où la philosophie d’un certain Galiléen se répandait grave à travers le monde et dont les disciples, non moins agités, se déchiraient déjà sur le sexe des anges ou la consubstantialité de leur prophète et de leur empereur qui avait tout à craindre d’eux pour son autorité politique et surtout, ses attributs religieux.
Parce que les Cyniques (les chiens) de Diogène et surtout d’Antisthène leur gourou, ne manquaient pas de chien et de dents dures et ils savaient être aussi enragés que leurs totems canidés à l’encontre des écoles et gymnases officiels et souvent prétentieux où sévissaient Platon, Démocrite ou encore Sénèque pour ne citer que les meilleurs.

Je vous ai déjà causé de Diogène le Chien et de son tonneau d’abord dans cette note-là où je vous rappelais que ce philosophe des plus rigolos n’avait jamais couché de sa vie dans une barrique en bois, mais dans un pithos, une sorte de jarre en terre cuite.
Parce que Diogène fut en quelque sorte un philosophe SDF, un nomade discourant de tout et de rien à tous les coins de rue et qui ne manquait jamais de faire un scandale à qui voulait l’entendre ou pas, le croire ou non.
Ce Cynique a du reste bien sa place dans une Grèce qui bascule déjà de l’Antiquité à un tout jeune moyen-âge qui attend ses Alexandre et ses César : Diogène est un phénomène de crise, un cas de fin de cycle, le prophète d’un « autre monde » et d’une autre société qui remplacera peu à peu une civilisation déjà bien sclérosée par la vanité, l’égoïsme et l’orthodoxie.
Diogène, ce « Socrate fou » comme l’aurait qualifié Platon, est aussi bien contemporain : On dit qu’il fut le « Madoff » grec dans la mesure où, fils de banquier et banquier lui-même, une faillite ou des malversations l’aurait jeté tout nu à la rue.
Né avec une cuiller d’argent dans le bec et le cul bordé de nouilles, il devint plus pauvre que Job et telle une Jeanne d’Arc, il reçut alors l’ordre ou la divination des Dieux « de ne pas vivre comme les autres hommes »
Halte-là quand même, Diogène n’était pas non plus un anarchiste des familles, ni un soixante-huitard hippie ou encore un révolutionnaire bobo antitrucs à la noix, que nenni, il fut plutôt, à mon avis, une sorte de « réactionnaire » antique et au sens premier du terme: Un esprit qui réagit nuit et jour contre « l’ordre établi ou à établir », contre les idées trop reçues, trop jeunes ou trop complexes. Diogène fut donc un véritable, inlassable et perpétuel « cherchant » dans la simplicité, l’humilité et la force la plus pure et naturelle qui soit.
Car tels les saints de notre calendrier, Diogène fit preuve toute sa vie de pauvreté et de spontanéité sachant que la charité n’allait que dans son sens : Il mendiait et plus exactement, il vendait ses discours, sa pensée, sa philosophie.
A cet égard, je rapprocherais Diogène d’un Léon Bloy qui eut aussi une vie de chien et dont les colères et les morsures étaient aussi homériques qu’inattendues !

Diogène pestait contre les sciences et le progrès : Pour lui, le grand Démocrite n’était qu’un con sans doute parce que le Cynique se doit de prendre le temps de penser et de ne jamais séparer le présent du passé et de l’avenir.
Un enfant buvant simplement dans ses mains lui aura fait abandonner sa coupe, sa timbale pendue au cou et, en même temps, trouver son Graal
Ce chien philosophe se serait foutu longtemps de la gueule du divin Platon et entre eux, il n’y aurait eu qu’invectives, injures et bassesses. Des olives et un poulet plumé (un cygne chauve) synthèse de Diogène de l’Homme vu par Platon…
Le cynisme est un trait de vieilles badernes, un acte aussi irritable qu’indispensable et sain, surtout dans des temps de mutation.
Cela étant, notre bon vieux Diogène de chien fut autant pieux que chaud lapin et entre deux conférences salées et poivrées, entre deux offrandes à Zeus ou a Hermès, il savait courir et trousser la gueuse ou les filles des maisons où il était (très souvent et longtemps) nourri, logé, abreuvé, entendu et apprécié, il faut le dire (La pauvreté choisie, l’ascèse, ont leurs limites et leurs urgences quand même hein !)
 
Selon Laërce, Diogène, qui serait mort très âgé, voyagea beaucoup et très loin. La citation en exergue évoque d’ailleurs un tonneau vide du philosophe qui était alors parti sur les mers en abandonnant ses Athéniens préférés, pervers, paumés et décadents finalement.
C’est d’ailleurs au cours d’un de ses périples, que Diogène fut pris en otage par des pirates et vendu en esclave sur le premier marché venu.
On raconte qu’il éduqua fort bien les enfants de son maître et que ce dernier lui offrit une belle retraite bien oisive dans sa maison pour le récompenser. Mais Diogène choisit de retourner à Athènes où l’attendait la misère et la mort.
Du reste, cette vie de pauvreté et de voyages caractérise bien tous les philosophes cyniques qui se sont éparpillés dans le monde entier pendant plusieurs siècles.
L’empereur Julien (dit l’Apostat) dans une de ses lettres, signale d’ailleurs la présence de Cyniques aux confins des Gaules au quatrième siècle après J.-C, sur les « limes » où ils errent et prêchent ce qu’ils peuvent aux côtés — et en concurrence des premiers évêques et missionnaires chrétiens.
C’est d’ailleurs pourquoi je pense que Diogène est un « fake » comme on dit maintenant : Un personnage complètement inventé pour faire la nique ou le change au flux du Christianisme.
Vae victis…

J’ai découvert par hasard ce premier roman de Paul Hervieu (1857-1915) écrit en 1882 et réédité par Manucius en 2006.
Hervieu fut un juriste diplomate, romancier et auteur dramatique, ami de Proust, de Maupassant, de Mirbeau ou de Lucien Guitry. Il fut élu en 1900 à l’Académie Française au fauteuil n° 12.
Le style est sympathique, ramassé, rêveur, érudit, au lance-pierre et souvent goguenard : Ce petit roman se lit facilement et avec grand plaisir – comme un petit lai et si Hervieu ne lâche pas d’une semelle la biographie de Laërce, il se permet souvent des libertés pleines de poésie, d’humour et de grâce.
Tel ce passage cité, qui est en fait la bascule du récit où les Athéniens dépités du départ « on ne sait où » de « leur Diogène à eux » se vengent en criblant de clous son tonneau avant de le jeter dans le fleuve et le regarder dériver jusqu’à perte d’âme.

Mais Diogène reviendra à Athènes, plus vieux et plus cynique que jamais et plus oublié que son tonneau, hélas.

On t’aime, reviens Diogène !

Illustration : Nicolas Poussin (1594, Les Andelys, 1665, Rome) Paysage avec Diogène (1647) Huile sur toile (160 x 221 cm) Musée du Louvre, Paris, Europe.

Fin de loup

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Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /2009 19:17
« Wit beyond measure is man's greatest treasure (L’Esprit est définitivement le plus grand trésor de l’Homme) J. K. Rowling, Harry Potter et les reliques de la mort.

Si vous avez manqué le début

Oui, je le reconnais, j’ai mis du temps à écrire et à publier cette dernière partie de ma saga « critique » sur la saga non moins critique d’Harry Potter, mais c’est sans doute parce que je sais trop que les meilleures choses ont hélas une fin et qu’à l’instar de la vie et de la mort, il ne faut pas trop se presser d’aller au bout des actes et des êtres.
J’aime Harry Potter, ce fait de littérature qui, en ces temps paumés, incertains et toujours barbares ne manque d’aucun rebondissement, d’horreurs, de clartés et surtout d’intelligence, de racines, de culture et d’âme dont nous manquons et que nous réclamons tous en fait depuis des siècles et des siècles, ah mais.
Pour tout vous dire, je n’ai pas été choqué outre mesure par le « buzz » que J. K. Rowling a provoqué en avouant à ses lecteurs qu’elle voulait « tuer » Harry Potter.
En fait, elle leur demandait sans doute ce qu’il fallait faire d’un tel « héros » et si telle était vraiment cela son intention, alors, chapeau madame Rowling !
Parce que si Harry Potter aura vieilli et donc vécu en même temps que ses lecteurs, comme je l’ai déjà écrit — et en littérature, ce n’est déjà pas banal, reconnaissons-le, l’écriture contemporaine a sans doute cette autre chance — et défi – de l’interactivité, de la participation, de l’imagination collective — même si ce n’est pas franchement franchouillard hein !
J’ai bien aimé l’intervention de Stephen King (bel écrivain et loup-garou que celui-là — j’en reparlerai) et de John Irving (je ne le connais pas trop) pour sauver le soldat Harry des griffes de la mort.
Sur la destinée d’Harry Potter je me suis exprimé (CF partie 7) je le croyais mort et j’ai perdu — à priori – car je ne suis pas certain que Rowling ne l’ait pas tué quelque part !

Harry Potter – Les reliques de la mort

Bon déjà ce dernier roman est inabordable (on n’y pige que dalle) si l’on a pas lu les épisodes précédents. Cela peut être agaçant, certes, mais tout compte fait, c’est pareil chez tous les auteurs petits ou grands (si une telle échelle existe) pour peu que leur graal nous intéresse un tant soit peu hein !
Il n’est pas recommandé en effet de lire « une saison en enfer » du divin Arthur avant de connaître par cœur (ou par chœur) le « bateau ivre » ou « sa première communion ».
De même pour le Marcel (Proust hein !) ou l’autre Honoré (de Balzac) il est conseillé de lire et relire leurs oeuvres de jeunesse parce qu’en vérité, je vous le dis, vous pourrez alors louper pas mal de fils importants pour ne pas dire des épisodes vitaux.
Mais bon, faites comme vous pourrez et surtout comme vous le voulez sachant que ce que je vous dis est valable pour tout plumitif, du nègre smicard oublié et suicidé au prix Nobel hyper médiatisé, français ou pas et encensé à tord, à mort ou à raison.

Pour ce qui est du style de ce dernier roman, il faut dire que les premières pages (en anglais ou en français) sont vraiment lourdingues… Pff ! Même si le contexte est brutal, voire violent, on soupire ; on s’ennuie…
Mais ça s’arrange très vite heureusement : Rowling se met alors à vibrer au diapason de son récit et la lecture devient très vite palpitante.
Car le récit de cet ultime épisode en ses multiples rebondissements est passionnant !
C’est une suite de très belles scènes où l’on apprend (ou pas) des choses et des autres et où l’on se doute (ou pas) de la suite des évènements.
L’épisode du mariage se terminant dans la tempête est à cet égard une splendeur du genre.
C’est vrai qu’on en apprend plus du monde des vivants dans un banquet de mariage, de baptême ou d’enterrement que dans toute la Bible ou que dans Platon en pléiade, je vous le dis.
Idem la bataille finale (que tout le monde attendait depuis des lustres) d’où Harry sort indemne ( ?) mais qui est aussi (mais pourquoi hélas ?) le théâtre de la mort de sympas seconds rôles dont un jumeau — et ce symbole primordial, antique, fraternel et social, reste sans doute à méditer grave.
Il ya aussi le signe (cygne) d’une licorne… Et d’une horloge.
Au fil des épisodes, on apprendra que les bons ont leurs faiblesses ; que les mauvais ont leur honneur ; que les méchants peuvent avoir quelques grâces ; que les innocents ont les mains pleines d’armes létales et pire encore ; que les brutes ont toujours un cœur d’or à cacher ; que les truands sont à chier, mais qu’ils vont faire pipi comme tout le monde et que les sages philosophes à barbe n’ont pas toujours de slip ou une conscience bien propres de chez Nickel.
Mais bon, c’est la vie hein !
Et c’est notre monde en vérité.

Enfin le diable est mis à mort : Dans un ultime duel (hollywoodien) Harry Potter envoie ad patres cet ignoble, cette ordure, ce pourri de Voldemort.
Ce diable de Satan ( ?) n’était pourtant pas à jeter complètement : Des romans précédents nous avaient en effet appris qu’il avait souffert dans sa jeunesse et tout et tout et puis voilà, tout le monde est dans la merde maintenant alors que tout le monde se croit libéré par de faux alliés hein !
Cet ignoble Lucifer de Voldemort était de plus lié, impliqué spirituellement, voire corporellement par un serpent ¬ voire un serment à notre trop bon Harry qui en sera délié par un Neville (le véritable élu en fait, comme je l’ai pré écrit)
Comme je l’avais un peu prédit aussi d’ailleurs — en passant – à croire que Rowling lit mon blogue, Harry Potter est bien mort dans ce dernier épisode.
Mort et ressuscité d’ailleurs, mais ça, je ne l’avais pas prévu !

Car Rowling a bien tué son personnage et elle l’a d’abord envoyé dans une sorte de purgatoire à King’s Cross (chapitre 35) une sorte de remise du quai quantique d’où partent les trains pour Poudlard…
Très belle scène platonique et dantesque du reste, très beau dialogue entre un jeune Platon crisé et  un vieux Socrate spectral et encore plus paumé que son élève, non loin d’une créature stressée qui tente par tous les moyens de ne rien entendre et de s’enfuir.

Mais c’est Harry qui s’enfuit des enfers purgés (ou non) pour reparaitre dans le monde des vivants et devenir un moldu comme tout le monde.
Un couillon bobo en costar cravate, un contribuable moyen qui, au dernier chapitre, accompagnera gentiment ses gosses au train pour l’internat, non loin de son « ancien ennemi » qui fera de même pour sa propre engeance ; non loin de son pire ami qu’il aura sauvé de la guillotine quelques années plus tôt.
Oui Harry, tu es bien mort.
Mais tu es ressuscité en fait, car tu nous montres ainsi que pour devenir un homme comme tous les autres, ce n’est pas bien sorcier.

Résumons-nous : La saga d’Harry Potter est une belle œuvre qui n’a pas à rougir des Jules Verne, des Alexandre Dumas, des Sherlock Holmes, du club des Cinq, des Kipling ou de Peter Pan (et tutti quanti)
Et bien de nos bons auteurs citoyens, académiques et « sérieux de chez Publié » en sont jaloux, je vous le dis.
Au delà des aspects commerciaux et médiatiques — bien de chez nous, de notre temps et pour le meilleur ou le pire du reste, c’est un phénomène qui aura au moins « fait lire » et « imaginer » une très grande partie de notre belle jeunesse (et des plus vieux encore)
J’en rajoute en affirmant que la saga d’Harry Potter est sans doute plus initiatique que d’autres et j’en veux pour preuve tous les symboles, références, signes, légendes, contes, et mythes antiques ou pas qui la maille et l’émaille.
En vérité je vous le dis, il n’y a pas que les sorciers qui chevauchent des licornes, des griffons, des centaures ou encore, des loups-garous !

Je t’aime Harry Potter et surtout, oh oui, surtout, reste avec nous (même en costar cravate et ta déclaration d’impôts sous le bras, hein !)

Fin de loup

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Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /2009 20:39
Ce billet pour faire de la pub à un bouquin sur lequel je me suis jeté comme un loup enragé sur le bas clergé moutonnier dès que je l’ai aperçu en rayon !
Pensez donc : Il est intitulé « le cantique des quantiques » et signé par Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod aux éditions « La Découverte, Poche »


Pour tout vous dire je ne l’ai pas encore dévoré de la première à la dernière ligne pour ne rien laisser que nenni aux vautours et aux vers, mais l’ayant feuilleté un peu, ma bave n’en finit pas d’inonder mon humble tanière, ses feuilles et ses os entassés.

Evidemment on nous y parle de la mécanique quantique, de l’infiniment petit, mais combien encore éloigné de nous, pauvres mateurs, amateurs, cloches et patauds et ce bouquin semble démonter simplement et clairement non seulement la connaissance actuelle et physique du quanta (ou du quanton, ai-je lu) mais encore, il aborde le sujet salivant et prometteur de « la philosophie ou de la métaphysique quantique)

Les lecteurs fidèles de ce blogue — quantique — savent que je suis à la philosophie quantique ce que Diogène fut au freudisme ou ce que Groucho fut au Marxisme et comprendront faciles que c’est le genre de livre à me rendre dingue énervé grave pour des mois et des mois hein !

Sachant que j’en reparlerai, je vous en conseille d’ors et déjà la lecture qui est à la portée de l’honnête lecteur même pas matheux ni physicien, mais instruits des belles curiosités de notre siècle car les pénibles équations de nos Nimbus sont remplacées par des crobars que même un élève de CM25 para-franchouillards et diversifié de banlieue fleurie arriverait à comprendre (à la longue quand même, il ne faut pas exagérer non plus)
 
Frères humains qui avec moi vivez, soyons quantiques ou ne soyons rien, ah mais !

Fin de loup

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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /2008 19:58
undefined Nous sommes trop souvent des cons éléphantesques tremblant devant l'ombre même de la plus petite des bestioles...
Mais nous ne serons toujours en fait que des enfants face à la fortune, bonne ou mauvaise ; face à nous-mêmes, à notre destin ; face à la vie ; à l'amour ou à l'amitié, face à la mort et finalement ahuri, face au panneau d'un quai en bordel du train trop TGV allant ou non de Tutti à Chianti.
Nous ne sommes en toutes circonstances que l'enfant que nous avons toujours été et que nous avions oublié bon gré, mal gré, ou que nous feignions d'oublier pour sacrifier comme des cons encore, à l'universelle vanité de l'être pataugeant benêt confiné dans son petit monde vaniteux et techno de chez Pacotille & Nombril.
Pas plus, pas moins.
C'est pourquoi, j'adore les histoires d'enfant et surtout les vraies, les authentiques, les contes vécues qui ne peuvent être lus que par de véritables enfants, jeunes, vieux, anciens ou pas, qui seront d’ailleurs les seuls à les comprendre comme ils seront désormais les seuls à maîtriser tout rond ce monde en panade à gerber.

C'est pourquoi aussi je vous conseille d'aller lire un récit signé de maître Didier Goux en personne et en lien aussi à droite, pub.
Votre enfance comme vous-même - c'est la même chose, si vous m'avez bien suivi - ne le regrettera jamais et vous en saura toujours gré.
Ah mais !

Pour rejoindre le petit Didier, cliquez ici.

Illustration : Jérôme Bosch (vers 1450 - 1516) L'enfant Christ marchant, revers du portement de croix (1480) Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Fin de loup

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Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /2007 20:21

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

PancraceScene3

« Il est des hommes que dévore la soif de l'or, d'autres qui convoitent d'immenses héritages : pour moi, jusqu'à ce que la terre engloutisse ma dépouille mortelle, je borne mon ambition à plaire à mes concitoyens, à louer ce qui est digne de louanges et à blâmer ce qui est digue de censure »
(Pindare, Néméennes VIII)


Note du loup : Si Pindare vivait aujourd’hui, il serait sans doute un chroniqueur du journal « l’Equipe » bien qu’une telle supposition soit de ma part quelque peu dégradant intellectuellement – Pour Pindare hein !
Pindare est un béotien d’origine, né dans la vielle grecque de Cynocéphales (têtes de chien) en 518 et mort à Argos en 438 av. J.C.
Ce fut un poète lyrique qui passa sa vie dans les stades, les gymnases et leurs vestiaires en fréquentant les athlètes de tout poil et à poil, dont il n’avait de cesse de louer les exploits et les victoires.
En vers et contre tous, il leur cirait les sandales ; il dorait leur nombril  et flattait leur ambition, leur Ego comme leur vanité d’ailleurs – et plus si affinité, lors de la troisième mi-temps.
Pindare fut aux jeux olympiques ou panhelléniques ce qu’Homère fut à la guerre de Troie, mais en plus chiant quand même.
Voltaire le trouvait abscons et boursouflé (sic) et Maître François Rabelais a créé le verbe « pindariser » pour moquer un brin les insupportables pros de la brosse à reluire.
Pindare n’en reste pas moins un des sages de l’Antiquité ; on ne peut lui retirer ça et il pensait que les athlètes se devaient d’être tout, sauf des cupides, des voyous, des voleurs, des tricheurs ou autres dopés de mes deux.
Les temps ont bien changé hein !
Dans « les morts extraordinaires » l’historien Valère Maxime que j’ai évoqué récemment, raconte que ce brave Pindare s’est un jour endormi sur les gradins d’un gymnase, la tête posée sur les genoux d’un jeune homme et qu’il ne s’est jamais réveillé.
L’important, c’est de participer et l’on a les hooligans que l’on mérite…

Illustration : Motif d’un vase grec montrant un arbitre fouettant un lutteur de pancrace coupable d’éborgner son adversaire (C’est manifeste d’ailleurs, hou le salaud, carton rouge !)

Fin de loup


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