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Les hurlements des autres

Jeudi 29 mai 2008

C’est l’excellent et passionné Jacques Damade, patron de la bientôt très fameuse maison d’édition (indépendante) la Bibliothèque, sise à Paris, France (en lien aussi à droite, pub) qui a ressuscité ce texte magnifique « Eaux et Lumières » écrit en 1929 et 1930 par  Georges Groslier (1887-1945)

Ce « journal du Mékong cambodgien » est ressorti de derrière les sombres fagots oubliés de la littérature, de la Géographie et de l’Histoire grâce à un autre écrivain voyageur (et autre poète) Pierre Lartigue (né en 1936) et dont je vous recommande aussi fermement la lecture.

« Eaux et lumières » n’est pas un roman, mais c’est un récit époustouflant de la vie, des bienfaits comme des tocades d’un des plus grands et des plus beaux fleuves de cette planète qu’est le Mékong  qui, né de l'Himalaya au Tibet arrose successivement la Chine, le Myanmar, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Viêt-Nam.
C’est aussi une tranche de vie douce-amère de la condition de ses riverains cambodgiens, khmères ou d’autres horizons, d’autres époques et d’autres sangs.

« Eaux et lumières » est surtout un cliché sans concession pris sur le vif, un tableau rare et souvent dérangeant d’un pays, d’un peuple, d’un art, d’une culture, de mœurs qui en fait n’existent plus sinon dans nos rêves ou nos cauchemars ou nos vagues désirs de paradis et d’enfers.
Le temps, l’Histoire comme les fleuves savent faire et défaire leur lit comme ils se couchent et comme ils coulent dans nos mémoires ou dans nos veines.

Ce texte prenant et beau, au style tour à tour « fluvial » bouillonnant, lumineux, calme, précis, elliptique, lent, incisif, obscur, rimbaldien ou bonhomme a été écrit par un bon père de famille qui fut aussi archéologue, anthropologue, érudit, peintre, dessinateur, poète, romancier et surtout qui fut un grand amoureux et protecteur de l’art, de la culture, de l’artisanat, de la nature, de la beauté, de la grâce et évidemment du Cambodge où il naquit en prince bienfaiteur ; où il vécut plus de trente ans en travailleur acharné et où enfin il mourut supplicié, martyr et oublié.

S’il faut absolument se repentir de quoique se soit sur cette planète alors surtout n’oublions personne, absolument personne de vivant ou de mort…

Bien évidemment, je reparlerai de ce livre sur ce blogue, mais d’ors et déjà, vous pouvez le découvrir en le commandant chez votre libraire attitré et adoré (CF les références en fin de cette note)
Ce bouquin apparaîtra je pense bientôt sur le site de la Bibliothèque (en lien aussi à droite, pub) où vous pourrez le commander en ligne ainsi que d’autres trésors fabuleux et forts méconnus que Jacques Damade nous offre en grand, sympathique et bel amateur de la littérature qu’il est.

Références
Eaux et Lumières, journal du Mékong cambodgien.
Auteur : Georges Groslier
Illustré par Marie Doucedame
Collection : L’écrivain voyageur
Edition : La Bibliothèque
ISBN : 978 290 968 8473 (Paru le 23 mai 2008)

Fin de loup

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Samedi 8 mars 2008
undefinedNous sommes trop souvent des cons éléphantesques tremblant devant l'ombre même de la plus petite des bestioles...
Mais nous ne serons toujours en fait que des enfants face à la fortune, bonne ou mauvaise ; face à nous-mêmes, à notre destin ; face à la vie ; à l'amour ou à l'amitié, face à la mort et finalement ahuri, face au panneau d'un quai en bordel du train trop TGV allant ou non de Tutti à Chianti.
Nous ne sommes en toutes circonstances que l'enfant que nous avons toujours été et que nous avions oublié bon gré, mal gré, ou que nous feignions d'oublier pour sacrifier comme des cons encore, à l'universelle vanité de l'être pataugeant benêt confiné dans son petit monde vaniteux et techno de chez Pacotille & Nombril.
Pas plus, pas moins.
C'est pourquoi, j'adore les histoires d'enfant et surtout les vraies, les authentiques, les contes vécues qui ne peuvent être lus que par de véritables enfants, jeunes, vieux, anciens ou pas, qui seront d’ailleurs les seuls à les comprendre comme ils seront désormais les seuls à maîtriser tout rond ce monde en panade à gerber.

C'est pourquoi aussi je vous conseille d'aller lire un récit signé de maître Didier Goux en personne et en lien aussi à droite, pub.
Votre enfance comme vous-même - c'est la même chose, si vous m'avez bien suivi - ne le regrettera jamais et vous en saura toujours gré.
Ah mais !

Pour rejoindre le petit Didier, cliquez ici.

Illustration : Jérôme Bosch (vers 1450 - 1516) L'enfant Christ marchant, revers du portement de croix (1480) Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Fin de loup

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Mercredi 12 décembre 2007

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

PancraceScene3

« Il est des hommes que dévore la soif de l'or, d'autres qui convoitent d'immenses héritages : pour moi, jusqu'à ce que la terre engloutisse ma dépouille mortelle, je borne mon ambition à plaire à mes concitoyens, à louer ce qui est digne de louanges et à blâmer ce qui est digue de censure »
(Pindare, Néméennes VIII)


Note du loup : Si Pindare vivait aujourd’hui, il serait sans doute un chroniqueur du journal « l’Equipe » bien qu’une telle supposition soit de ma part quelque peu dégradant intellectuellement – Pour Pindare hein !
Pindare est un béotien d’origine, né dans la vielle grecque de Cynocéphales (têtes de chien) en 518 et mort à Argos en 438 av. J.C.
Ce fut un poète lyrique qui passa sa vie dans les stades, les gymnases et leurs vestiaires en fréquentant les athlètes de tout poil et à poil, dont il n’avait de cesse de louer les exploits et les victoires.
En vers et contre tous, il leur cirait les sandales ; il dorait leur nombril  et flattait leur ambition, leur Ego comme leur vanité d’ailleurs – et plus si affinité, lors de la troisième mi-temps.
Pindare fut aux jeux olympiques ou panhelléniques ce qu’Homère fut à la guerre de Troie, mais en plus chiant quand même.
Voltaire le trouvait abscons et boursouflé (sic) et Maître François Rabelais a créé le verbe « pindariser » pour moquer un brin les insupportables pros de la brosse à reluire.
Pindare n’en reste pas moins un des sages de l’Antiquité ; on ne peut lui retirer ça et il pensait que les athlètes se devaient d’être tout, sauf des cupides, des voyous, des voleurs, des tricheurs ou autres dopés de mes deux.
Les temps ont bien changé hein !
Dans « les morts extraordinaires » l’historien Valère Maxime que j’ai évoqué récemment, raconte que ce brave Pindare s’est un jour endormi sur les gradins d’un gymnase, la tête posée sur les genoux d’un jeune homme et qu’il ne s’est jamais réveillé.
L’important, c’est de participer et l’on a les hooligans que l’on mérite…

Illustration : Motif d’un vase grec montrant un arbitre fouettant un lutteur de pancrace coupable d’éborgner son adversaire (C’est manifeste d’ailleurs, hou le salaud, carton rouge !)

Fin de loup


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Dimanche 9 décembre 2007

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

friedrichHiver

J’ai trouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements :

« Partout, les restes délabrés de notre sacro-sainte civilisation se dressent dans le ciel noirci, étendards déchirés d'un empire de métal et d'orgueil, temples en ruine d'un culte impie à la modernité…
Nous grouillions sur la Terre, comme des sangsues. La nature se flétrissait au contact de nos villes. Nos usines charriaient la pollution vers les eaux souterraines, et nous détruisions tout. L'homme ne se reproduisait plus, il pullulait. Nous ne survivions plus, nous dominions, souverains de ces terres qui nous ont élevés, bercés, nourris… Qu'étions-nous devenus sinon des parasites ?
Je fermais lentement le vieux carnet craquelé et frottais d'un geste machinal mes yeux fatigués… »

(Sven Thomasson Vërgson (STV), Homéostasie, 5 octobre 2067, Blogue « Blanc comme neige »


Note du loup : Bien que je me dise « loup-garou » ; bien que je me vante d’être le précurseur de la « philosophie quantique », j’ai toujours du mal à jongler avec le temps, l’espace, l’être et l’Autre.

Ça viendra peut-être, ou pas…

Chaque matin, au réveil, on se dit que la vie vaut mieux que la mort – de toute façon, avons-nous le choix ?

On se dit que le présent vaut mieux que le passé et que l’avenir sera paradisiaque sans aucun doute.
On se dit aussi que dans ce paradis terrestre avec des heures sup ou pas, on pourrait se faire chier à regretter l’enfer – prémédité - 35 heures sur 24, voire plus.
Tout le monde il est beau et il sera joli ; c’est sûr Arthur !
Chaque matin, au réveil, on se dit que nous sommes le fruit de la meilleure des races et du meilleur des mondes.
Chaque matin, au réveil, on se dit que nos gènes sont trop méga graves géniaux et je te nique toi, le singe à poil comme ta mère devant le monoprix en ruine.
Chaque matin, au réveil, on se dit que nos géniteurs grands ou pas, pères, mères, oncle, tante ou autre n’auront vécu que pour notre bien, notre salut et pour nous gagner enfin une place gratuite en or à Eden Park.
Eden Park de chez Disney, Mac Do, Paris-Match ou Libé – vu à la télé au journal de vingt heures !
Chaque matin, au réveil, on se dit que le soir même on aura des couilles en or massif grave et que tous les cons de la terre – Esus sait combien ils sont nombreux - n’y pourront jamais rien.
Chaque matin, au réveil, on se répète ce que l’on affirmera de définitif peut-être à notre connard de collègue qui, chaque matin, au réveil, fait exactement la même chose que nous.
Chaque matin, au réveil, on se demande s’il y aura de l’eau chaude pour la douche et des olives sur la pizza « di caprio regina royale » commandée à la hâte entre deux parties de tennis perdues, évidemment…
Chaque matin, on se dit que la vie, c’est pas de la balle in fine…
Chaque matin, au réveil, on se demande si on rencontrera enfin la meuf super chouette qui nous fera bander comme il faut, entre deux pastis et qui accessoirement nous fera bon gré, mal gré, des gosses de tout sexe âge, poil et sexe – beaux comme des dieux et que l’on se forcera à aimer ou à châtier ou pas.
Chaque matin, au réveil, on refait le monde sur le comptoir de notre oreiller en plume d’oie synthétique ou pas…
Et mon cul, c’est du poulet aux morilles ?

Telles sont les questions que Sven Vergson nous pose (presque) chaque jour que le Grand Pan ou un autre enfoiré de sa race fasse ou pas.

Moi, j’aime bien le concept du blogue de STV : C’est le journal internaute d’un mec même pas encore né qui passe sa vie future à glander comme tout à chacun dans des galeries sous un tas de neiges et de glaces en se rappelant de temps en temps – pas tout le temps hein – notre chienne d’existence d’avant la fin du monde, d’avant l’apocalypse de dans pas longtemps.
Le STV, dans son igloo de science-fiction, voire de science friction, il a même conservé les runes de son oncle du siècle n° 20 et parfois il se masturbe dessus grave comme un chien de traîneau sur une peau de phoque en poil de RTT de chez Ikea.
Gamin va !

Mais c’est du bon à chaque fois et ça fait du bien par où que ça passe en ADSL ou sous les aisselles et le mot « apocalypse » ne signifie que « révélation » pas plus, pas moins.

Tout son blogue est aussi mystérieux et clair que le tableau de Friedrich en illustration : C’est du quotidien de banquise de banlieue niçoise : Calme, précis trivial sans doute, luxueux parfois, vulgaire un peu, rare, froid, cordial surtout et in fine, universel et humain.
Le STV tiens, c’est un blogueur plus que virtuel.
Et plus que virtuel t’es pas mort parce que t’es même pas né, hé connard ! Et si tu comprends pas ça, nique ta mère sur la banquise, tête de mort !
Trop fort le STV.

Bon sinon, je le connais le Sven et pas en virtuel, ni en plus ou en moins, je le connais grave pour lui avoir serré la pince en réel de chez Directlive.

Et je peux vous dire messieurs dames que le STV est - en plus - un très chic type et même un garçon mieux qu’imparfait.
Il sait comme moi que nul être sur cette planète est blanc comme neige : C’est là notre malheur comme c’est aussi notre défi et finalement notre seule chance.
La neige est-elle vraiment blanche en fait ?
La neige est quantique comme nous tous et nous ne sommes pas des dieux.

On t’aime STV ; Il fait glacial aujourd’hui ; il fait peur désormais; il y a un sale temps dégueulasse à vomir tous les cons de la terre, mais reste avec nous quand même hein, ne nous laisse pas tomber de froid.


Illustration : Caspar David FRIEDRICH (1774-1840) paysage d’hiver (1811) National Gallery, Londres.


Fin de loup


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Samedi 8 décembre 2007

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

HEEMSKERCKbacchus

« On meurt d’insomnie, ici ; on est malade de mauvaises digestions qui entretiennent des fermentations dans l’estomac. Où louer un appartement où l’on puisse fermer l’oeil ? Il faut une fortune pour dormir dans notre ville. Voilà ce qui nous tue. Le passage embarrassé des voitures dans les rues étroites, le désordre bruyant du troupeau qui n’avance pas ôteraient le sommeil à Drusus lui-même ou à des veaux marins »
(Juvénal, Satyre III)

Note ; Juvénal fut un poète satyrique latin du premier siècle de notre ère.
Il exécrait la Rome de son époque et méprisait surtout ses d’habitants citoyens bobos inutiles et leurs hardes de feignants de luxe de tout poil à commencer par leur chef en chef « Néron » (Drusus, dans le texte cité)
L’Urbs de son temps était pour lui un vaste lupanar à chier où partouzait une société pourrie et repue ayant trahi à jamais le mythe de sa fondation, toute son Histoire et qui passait sa vie à se gaver et à saloper les symboles de Bacchus, de Janus ou du Grand Pan, notamment.
Malheur à ces crétins !
Je rappelle que le mot lupanar vient de « lupa » (louve) et ce rappel est d’autant plus cocasse que le 20 novembre dernier, des archéologues italiens ont découvert sur le mont Palatin, sous le palais de l’empereur Auguste, les vestiges de la « Luperca » ou la « tanière romaine » : La grotte où d’après la légende, une louve aurait allaité Remus et Romulus (j’en reparlerai prochainement)
Dans cet extrait, Juvénal décrit les embarras de Rome et sauf erreur, deux mille ans après, ce texte semble toujours d’actualité dans Rome, dans l’empire d’Occident, d’Orient et partout ailleurs, d’ailleurs.
Vae victis…

Illustration : Maerten van HEEMSKERCK (1498-1574), Procession de Bacchus (1538), Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Fin de loup
 


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Vendredi 30 novembre 2007

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

Valère Maxime (Valerius Maximus) était un historien du premier siècle après JC qui relata notamment la mort plus ou moins extraordinaire de gens célèbres ou pas.
Parmi ces récits, il y a les fins insolites du grand tragédien grec Eschyle (526-456 avant JC) et de deux athlètes de renom : Milon de Crotone et Polydamas.
Où l’on voit qu’à toutes époques, le biceps ne contient pas beaucoup de cervelles et que le sportif est trop souvent aussi con qu’un piaf :

La fin du poète Eschyle fut involontaire, mais la singularité de l'événement mérite qu'on en fasse le récit. Étant un jour sorti de la ville qu'il habitait en Sicile, il s'assied dans un lieu exposé au soleil. Un aigle, portant une tortue dans ses serres, passe au-dessus : trompé par la blancheur de sa tête qui était chauve, il la prend pour une pierre, et y laisse tomber la tortue afin de la briser et d'en manger la chair. Ce coup ôta la vie au poète, créateur et père de la mâle tragédie.

Milon de Crotone, passant dans une campagne, voit un chêne entrouvert par des coins qu'on y avait enfoncés. Plein de confiance dans la vigueur de ses bras, il s'en approche, il introduit ses deux mains et veut achever de le fendre. Ses efforts font tomber les coins ; l'arbre reprend son état naturel, serre les mains du Crotoniate, et le livre, tout couvert qu'il est de palmes gymniques, à la voracité des bêtes féroces.

miloncro

Il en est de même de l'athlète Polydamas. Le mauvais temps le força un jour à se réfugier dans un antre. Bientôt l'excès et l'impétuosité de la pluie ébranlèrent tellement la voute de la caverne qu'elle commençait à s'écrouler. Tous ceux qui s'y trouvaient avec lui, s'enfuirent pour échapper au danger. Il resta seul, comptant soutenir la masse tout entière sur ses épaules. Mais accablé sous un poids, que nul homme n'était capable de supporter, il expia sa folle présomption ; l'asile où il avait cherché un abri contre l'orage, devint son tombeau.

L'exemple de ces deux athlètes peut servir à prouver que trop de force corporelle énerve les facultés de l'âme. Il semble que la nature se refuse à gratifier un mortel de cette double faveur, et que ce soit une félicité plus qu'humaine de réunir au plus haut degré la force et la sagesse.

(Valère Maxime, Des morts extraordinaires)

Illustration : Joseph-Benoit SUVÉE (1746-1807) la mort de Milon de Crotone. Groeninge Museum, Bruges.

Fin de loup


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Mercredi 24 octobre 2007

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

Avec mon blogue et mon boulot et tutti quanti de chez Quotidien, je n’ai plus le temps de lire de vrais livres en papier d’arbre.
Ça faisait bien longtemps que je n’avais dévoré tout un roman en entier et d’un seul coup.
Il y a quelques jours j’ai déniché dans une bibliothèque un « faux polar » franchouillard titré « intrigue à l’anglaise » et écrit par Adrien Goetz (Grasset)
Je vous en recommande ferme la lecture.
C’est épatant.

C’est une sorte de Da Vinci Code, mais en moins prétentieux et niais (ce n’est pas difficile, d’accords)
La « toile de fond » de cette intrigue est la fameuse et mal connue « Telle du conquest » (le récit de la conquête) autrement appelée « la tapisserie de la reine Mathilde » ou encore « la tapisserie de Bayeux »

Pour les cancres las qui au fond de la blogosphère regardent bouche ouverte voler les mouches en tripotant on ne sait quoi dans leur poche, je précise que cette tapisserie brodée au siècle n° 11 de notre ère, raconte en BD la conquête de l’Angleterre par un certain bâtard normand nommé Guillaume le Conquérant – Quel beau prénom.

TapisserieBayeux

Le style d’écriture d’Adrien Goetz est jeune, souple, clair et précis. Ses personnages sont vivants et crédibles, intelligents, cultivés, plein d’humour et d’esprit teinté d’un brin de cynisme bien contemporain somme toute.
Le récit palpitant est fort bien mené et rythmé ; il ne souffre d’aucun des poncifs lassants de trop nombreux polars ou de l’ésotérisme de bazar de mes deux dégoulinant grave dans le DVC et il articule avec talent et sobriété la petite histoire dans la grande.
L’intrigue est fort bien montée et pleine de rebondissements pas téléphonés pour un sou : Bien qu’elle soit de pure imagination, l’auteur la rend plus plausible tu meurs et sans la documentation placée en annexe, elle pourrait faire prendre à beaucoup des vessies pour des lanternes.
De plus, sur la fin l’on ne reste pas sur la sienne et l’on ne se sent pas frustré d’un poil de n’avoir pas la totale révélation du mystère.
À vrai dire, nous sommes ainsi pris contents et conquis à l’hameçon de Goetz car si le méchant affreux parvient à prendre la fuite (à l’Anglaise) la zéroïne (nommée Pénélope, hé, hé) repart pour de nouvelles odyssées ; ce qui annonce sans doute une suite homérique, sagace et de saga.
Bref, ce bouquin m’a plu, vous l’aurez deviné.

Ceci étant, j’en profite lâchement pour préciser deux points d’Histoire.

Premièrement, Guillaume – quel beau prénom, Duc de Normandie était tout sauf français et ce, contrairement à ce que pensent une majorité de républicains royalistes franchouillards.
Son père était un bâtard de Viking saxonné de Frison et sa mère une celto-gauloise mâtinée de tous les sangs barbares qui coulaient à l’époque dans les veines de tous ceux qui en avaient ou pas. (Normand signifie = Homme du Nord)
Sa meuf, Mathilde était une princesse flamande de grand cru.
Les Normands de l’époque vomissaient tout ce qui était de la France naissante tout comme ils abhorraient les Saxons anglais du félon Harold.
Guillaume (que Mathilde appelait sans doute « mon Wilhelminou adoré » lors des câlins du matin) était du reste aussi bâtard que ses soldats et ses bateaux étaient tout sauf des drakkars.
Le grand rêve de ce conquérant fut sans aucun doute de s’asseoir sur le trône grand breton du preux roi Arthur, mais aussi et surtout de rétablir fissa l’empire de Charlemagne (et d’Occident) que des héritiers maffieux – dont les rois de France - avaient détruit hors de toute raison et lucidité.

Secondement, pour vaincre les Saxons, les Normands s’étaient allié pas mal de leurs voisins dont des Bretons et des Picards.

Mon demi-sang picard fait alors un tour en bouillonnant car, le Guillaume de Normandie blesse ici mon bas dans la mesure où, une fois assis sur le trône d’Angleterre, il ne récompensa de titre et de terres que ses bâtards de Normands en congédiant méprisant ses valeureux alliés étrangers.
Cela est d’autant plus honteux grave que ce sont bel et bien les fabuleux archers picards qui permirent de leurs traits fournis et précis la victoire décisive d’Hasting en 1066.
Et c’est depuis ce triste temps et ce lâche camouflet, que la Picardie méprise royalement la Normandie - qui reste toutefois une bien belle province quand même - et n’a d’amis qu’en île de France, en Flandre, en Wallonie ou en Champagne.
Ah mais !

Fin de loup


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