Martin Lothar (depuis 2005)

Rechercher dans ce blogue

Derniers Commentaires

Le musée du loup

  • DouAstronome.jpg
  • MaitreObservanceAntoineCentaure.jpg
  • LargillierePaysageAutomne.jpg

Syndication

  • Flux RSS des articles

Runes

Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 19:34

Auguste Langlois est un ouvrier cartonnier que Jean Floressas des Esseintes, personnage principal du roman « À rebours », (Chapitre VI), rencontre un jour rue de Rivoli.

« Un galopin d’environ seize ans,  un enfant pâlot et futé, tentant même qu’une fille. Il suçait péniblement une cigarette dont le papier crevait, percé par les buches pointues du caporal […] il avait perdu sa mère et possédait un père qui le battait comme plâtre »

Des Esseintes emmènera ce pauvre jeune homme chez « madame Laure » et lui paiera trois mois dans cet « institut de beautés » où il apprendra à se « dessaler » et à tempérer voluptueux sa « jeunesse bouillonnante » dans un luxe inouï, qu’il ne soupçonnait même pas et qui se gravera forcément dans sa mémoire…

Attention, ce n’est pas par charité ou socialisme citoyen que notre des Esseintes offre tout cela à ce jeune prolétaire : c’est en fait pour le pervertir grave.

Des Esseintes fait un incroyable pari, une épouvantable expérience : habituer ce gosse pendant trois mois au paradis le plus sirupeux et lui couper enfin « les rentes » pour que désormais, il fasse tout (voler, voire tuer) pour continuer la fête.

Des Esseintes espère ainsi lire un jour dans le journal le procès, la déchéance, la condamnation, l’emprisonnement, voire la décapitation du jeune Auguste Langlois.

Oui, c’est terrifiant.

Les lecteurs d’ « À rebours » n’en sauront cependant pas plus d’Auguste Langlois, sinon qu’il sera qualifié de « Judas » par des Esseintes lui-même, qui, un soir, devant sa cheminée d’exil et de banlieue ; ayant tout abandonné de la société, aura renoncé même à la lecture des journaux et à leur gazette judiciaire et dans la foulée, à connaître le sort de l’adolescent et donc, le résultat de son ignoble pari…

Quelle morale tirer de ce curieux et court chapitre (un brin bâclé, c’est vrai) de cet étonnant roman ?

À vrai dire, je n’en sais rien, mais à la décharge de notre des Esseintes, je conviendrais sans doute qu’il aura agi par authentique « sadisme », « par sport » prenant ainsi, à rebours, toute l’hypocrisie de la société qu’il fuit et ce, peut-être, à l’inverse, de tant de gens qui, par intérêt, conviction, calcul politique, maffieux ou autre, manipulent encore de nos jours, une jeunesse plus que paumée et ductile à jamais.

Les dictateurs sont tout autant pédagogues que sacrificateurs (et vice vertu) et les enfants perdus des jeunesses hitlériennes, soviétiques et autres plus contemporaines en sauront toujours quelque chose, hélas…

 

Le lecteur d’ « À rebours » ne connaîtra donc rien du destin de ce brave Auguste Langlois, même s’il s’interroge encore sur le martyre de ce pauvre Guy Môquet.

De qui enfin ces enfants ont-ils été les victimes ?

 

Fin de loup


Commentaire - Voir les 0 autres commentaires
Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 03:48

J’ai trouvé ça, au fond de ma tanière, parmi les feuilles et les ossements :

 JulesVerneTombe.JPG

Illustration : Martin Lothar (toujours né) Papelard de gosses sur la tombe de Jules Verne, cimetière de la Madeleine à Amiens, Picardie. Photo numérique, août 2005. Musée du Loup, Tanière sur Seine, Europe.

 

Fin de loup


Commentaire - Voir les 1 autres commentaires
Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 22:59

Gatonax est le nom du dentiste qui libère, brutal, le duc Jean Floressas des Esseintes, personnage principal du roman « À rebours » (publié en 1884 par Joris-Karl Huysmans, 1848-1907) d’une molaire et consécutivement, d’une épouvantable rage de dent.

Il s’agit d’une scène remémorée par des Esseintes au chapitre IV, entre la description d’un savoureux orgue à liqueur et la constatation de la mort de sa tortue à luxueuse carapace.

Ce Gatonax, arracheur de dents, est décrit comme « un terrible grenadier, vêtu d’une redingote et d’un pantalon noirs, en bois » (un peu raide quoi), armé d’énormes doigts, grommelant plus que parlant sous des moustaches vernies, en crocs.

Des Esseintes n’a pas le temps de lui préciser : « elle est déjà plombée ; j’ai peur qu’il n’y ait rien à faire » que notre brute épaisse s’empare d’un davier pour partir à l’assaut de cette molaire qui cédera après un combat pour le moins sauvage et pénible.

Le duc, ayant réglé deux francs à son bourreau, repartira la bouche en sang, mais soulagé : « et il s’est retrouvé dans la rue, joyeux, rajeuni de dix ans, s’intéressant aux moindres choses »

 

Cela fait deux jours que j’ai entamé la lecture de cet étonnant « roman » écrit il y a plus de cent vingt ans, pour une dizaine de lecteurs, et dont j’ai tant entendu parler. À priori, un « antiroman » de fin de siècle, une sorte d’OTNI (Objet Textuel Notoirement Original), un labyrinthe, un dédale littéraire en « cabinets des curiosités » dans lequel erre ce des Esseintes, riche ermite désabusé, dilettante, maniaque, dépressif, cosmopolite, raffiné, érudit, vaguement écœuré par la société et las de ses vains contemporains. Une espèce de « Capitaine Némo » de banlieue chic.

C’est épatant ; je continue : je vous raconterai (ou pas)

 

Fin de loup


Commentaire - Voir les 3 autres commentaires
Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 20:01

 

FriedrichDeuxHommesLune.jpgJe ne sais plus si la France existe encore, mais dans l’affirmative, elle devrait être classée « patrimoine mondial de l’humanité » ne serait-ce que pour les polémiques à la con qui agitent, voire électrisent toujours ses âmes, de souche, ou pas, ou guère.

J’en veux pour exemple la très « dreyfusienne » bâfrerie — bâfferie gauloise et royale des familles — relative à l’écriture de l’expression, vocale, s’il en est : « autant pour moi »

Je résume : à cet égard en effet, il y a deux écoles (un peu comme : éducation nationale versus instruction publique — ou pas) :


« Au temps pour moi »

ou

« Autant pour moi »


Sachez les gens, que cette bataille n’est point neutre et qu’elle engage de gros calibres tels que l’Académie Française (la secte des sectes des petits vieux petits hommes verts, martiens refoulés) ou encore, l’encyclopédie de tous les savoirs populaires, relatifs, numériques, hasardeux, épineux, marécageux & quantiques qu’est WIKIPEDIA et enfin, pour être bref, des gens simples, cons, salariés du privé et donc incultes, illettrés, asociaux fascisants, surpayés, mais jamais assez contribuables charitables — comme moi, au hasard.

Je rappelle aux cancres las qui dansent en chantant, festifs, répugnants et insouciants sur les corps lynchés alibis de leur faux bonheur, qu’une langue, comme la démocratie n’est qu’un outil, pas plus et pas moins.

Et un outil, ce n’est pas rien, pour autant qu’il y ait un bon artisan derrière qui sache l’apprécier, le calibrer, sinon le façonner à sa mesure, à son œuvre et surtout, à son ÊTRE.


Dès lors, aucune loi, aucune constitution, aucune académie, aucune assemblée, aucune communauté, aucun lobby, aucun peuple, aucune nation ne peut édicter une quelconque norme relative à de tels outils.

Tout ça pour vous dire que derrière chaque mot, chaque expression de n’importe quelle langue, soit-elle vénusienne, il y aura toujours un maître impérial, un auteur original, un roi des rois, un dieu tout puissant : le locuteur ou le scripteur et tous les dictionnaires d’étymologie sont, par ce fait des plus humanistes, élémentaires et basiques, à brûler d’urgence et d’emblée, pour des cierges et des siècles, ah, mais !

Ainsi, je ne parle ou n’écris pas le « bon français comme il faut ou comme ils veulent », mais je cause ou je scribouille du « Martin Lothar » et à cet égard, j’emmerde profus toutes les académies patentées, tous les virguleurs psychotiques et autres ayatollahs du verbe colbertien, pasteurisé, énarqué du bulbe.

Et comprenne qui pourra.


Et nous avons aujourd’hui, dans notre feu pays de France, des commissions ministricules, des hautes autorités de basse-fosse, des ligues citoyennes de leurs deux, des associations d’utilité inutile et de subventions publiques, des sénateurs ou des députés « d’on ne sait plus qui ou quoi en fait » qui, semonce après semonce, mail après mail, courrier après mise en demeure, loi après loi mémorielle, décret après décret oublié, procès après procès in média, entendent nous signifier que le superbe mot françois de « nègre », par exemple, ne doit plus être prononcé ou écrit, parce que c’est de la langue « du diable » !

Qu’ils aillent se faire foutre en long, en large et en travers de porc, ces cons fossilisés !


Pour ce qui est de l’expression « autant pour moi », je prends le parti du plus simple sans aller chercher midi au journal de vingt-heures : celui qui dit « autant pour moi » exprime tout simplement ses excuses face au constat de son erreur d’avoir engueulé un autre qui, pour une fois, aura sans doute bien agi, écrit ou parlé et qui lui aura apporté la justification de son acte ou de sa pensée.

« Autant pour moi » = « je m’engueule ; je me traite ; je m’en veux autant que je t’ai engueulé ; autant que je t’ai maltraité ; autant que je t’en ai voulu de la bonne chose in fine, que tu as faite ; que tu as écrite ou que tu as dite et que tu m’as justifiée enfin ».

L’autant pour moi ce n’est pas militaire, c’est amical.

Voilà, c’est aussi simple que ça, mais ce n’est que mon opinion, car comme l’écrivait au temps (autant) jadis, notre bon maître François Rabelais : « au temps pour moi, mais surtout, fais ce que voudras ».

 

Illustration : Caspar David FRIEDRICH, (1774-1840) Deux amis contemplant la Lune (1819-20) Huile sur toile (35 x 44 cm) Gemäldegalerie, Dresde, Europe.

 

Fin de loup


Commentaire - Voir les 0 autres commentaires
Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 22:55

CormacMcCarthy  giono


« Malgré nos joues fraîches et nos muscles, nous étions dévorés en dedans par des cancers de livres. » (Jean Giono, Vie de Mademoiselle Amandine) 

Je sais que tout le monde s'en fout comme de sa première chaussette, mais voilà près de dix mois, j'avais entrepris de lire l'intégrale de l'œuvre de Cormac McCarthy, écrivain étasunien toujours né, et qui est pour moi désormais, je l'avoue, humble et sans concession, le meilleur des écrivains encore vivants sur la route de la littérature ou d'ailleurs, voire sur cette patate de Terre.

Bon, c'est fait. 

J'ai tout lu du Cormac — et mot à mot, je vous le dis. 

Et plus je lisais McCarthy, plus je pensais à Jean Giono qui agita naguère, au siècle dernier, mais pas ultime, mes longues soirées d'ado boutonneux, binoclard, amoureux de cartes et d’estampes, et déjà cherchant du Grand Pan.

Avant-hier, j'ai commencé la lecture d'un recueil de nouvelles de Giono intitulé : La Solitude de la Pitié, que j’avais jusqu’alors manqué ; mais il faut bien vivre hein ?

Je me demande dès lors, si le Cormac n'est pas un fan du Jean, quelque part.

Une secte, vous dis-je, une secte...

J'en reparlerai, œuf corse, et j’espère vous en souler de ces deux compères, attracteurs étranges et quantiques itou.

Ah mais !


Fin de loup


Commentaire - Voir les 1 autres commentaires
Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 00:18

HorvaldsenJason.jpg« Les créanciers, gens précieux, car ce nom veut dire qu'ils ont foi en nous. »

(Honoré de Balzac, 1799-1850, Le Père Goriot, 1835)

 

Note

Ah l’Honoré ! Il nous manquera toujours celui-là et quand on le sifflera, il sera toujours là. (Les Grecs devraient en prendre un peu de la graine, non ?) Ce n’est pas comme BHL, Proust, DSK ou la Princesse de Clèves hein !

Balzac sera toujours d’aujourd’hui avec ses créances, ses créanciers, Platon, leurs doutes, notre foi, la charité, leurs huissiers, Diogène, leur métier, nos rêves, Léonidas, notre quotidien de merde ou pas, nos enfants, le métro, Socrate, nos parents, le capitaine Haddock, la SNCF, leur retraite, Mickey, la vie, les 300, l’utile, l’inutile, l’Arcadie, l’agréable, Thalès, le McDo, l’Histoire, l’indispensable, le truc de survie, les taxes sur tout de vif, l’Eden, le guide Michelin, le superfétatoire, Ochouitch, le Marsupilami, le juste nécessaire, le super-superfétatoire,  la mort, Hamlet, le beau, la Sécu, la part Ted, l’Ail-faune, le moche, le grandiose, les chevaliers Jet d’Ail, la faillite, Sancho Pansa, l’apocalypse, l’Art, Hitler, notre tombe hallal, cachère — pour les vers, Jules Verne, la Bible, les primaires, notre épitaphe, Jérôme Bosch, la Fnac, le Coran, Mars, la rédemption, Pascal, Dieu, les philosophes, Einstein, les Schtroumfs, Newton, sa gravité, Stéphane Aisselles, nos impôts, Montaigne, les OGM, Albert de Monaco, la Lune, Nietzsche, le tabac, la TVA, Obama, la rade de Brest, le médecin de Jackson, Gallimard, l’empereur Julien, les abeilles, Michel Houellebecq, les temples d’Angkor, la résurrection, Lady Dee, la Veuve Clicquot-Ponsardin ou autre bête en cour, et leur bouchon fantôme, le prix Nobel ou autre gonds courts, le 11 septembre, la CSG toujours réinventée, l’Apostat, Tintin, le CAC 40, le Che, nos allocs, Martin, Dali, les faux pas sur la lune, Lothar, sa retraite, le boson de Higgs, Fidel Castro, et derrière, notre argent, Astérix, Bruce Lee, notre fric, le Pape, l’alcool, de Gaulle, les loups, les galères, Justin Bieber, la lessive, notre flouze, le mondial, le ménage, Pétain, Internet, Obélix, leur fonction, les Pink Floyd la démocratie vraie ou fausse, le nucléaire, le repassage, le pôle emploi, le football, le Pouvoir, Idefix, l’État, Moi, le Figaro magazine, les ASSEDIC, Némo, notre esprit sain, Versailles, la droite, Achille Talon, la CGT, la Justice, Bach, Télérama, les devises, mes médicaments, la gauche, nos poubelles comme nous puantes et recyclables, notre âme, le Grand Pan quoi, de chez Toussa & Toussa SA et surtout SARL. (Voire à commandite aussi simple qu’un mouton de Panurge trisomique)

 

C’est en fait tout ce que vos enfants imagineront quand, très bientôt, il leur faudra jouer leur destin à ce jeu très antique et quantique qu’est le « pile ou face » qui ne demande en fait qu’une pièce de monnaie (de singe ou pas, de valeur ou non)

 

  —  Dis donc Jason, ça vaut combien ta Toison d’or ?

— — Pff ! Ça ne vaut rien, Martin Lothar, mon empereur, sinon une belle, infernale, superbe, quantique, terrifiante, magnifique, douloureuse et riche aventure sans fin où tu seras toujours tout seul et qui n’est rien d’autre que la vie.

 

Bref, relisons Balzac de toute urgence, car c’est vraiment le seul moyen de fermer (enfin) notre gueule, pour des cierges et de siècles, et en plus, ça reposera nos gosses qui ont le droit d’avoir leur Graal à eux et d’en avoir marre de toutes nos conneries à la noix de veau faisandé.

Ah mais !

 

Illustration : Berthel Horvaldsen, 1768-1844, Jason et la Toison d’Or, 1803-28, marbre, hauteur 42 cm, Thorvaldsens Museum, Copenhague.

 

Fin de loup


Commentaire - Voir les 0 autres commentaires
Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 21:00

Le Duc de l'Omelette, Prince de Foie-gras, est un personnage de la nouvelle éponyme d’Edgar Allan Poe.

Sa Grâce le Duc, est un jeune aristocrate français, grande et fine gueule, et surtout, très pointilleux sur ses grands et menus plaisirs.

Du reste, il mourra avant sa majorité, outré qu’on lui présentât un plat d’ortolans mal préparés.

Il fut trois jours plus tard, emmené aux enfers par Bélial, Inspecteur des Cimetières, où Sa Majesté  Satanique, Baal-Zebub, prince de la Mouche, lui mit un appartement à sa disposition.

Le Duc de l'Omelette ne trouvant pas ce nouveau domicile à son goût — la vue donnant notamment sur la rôtissoire des damnés — se sentit insulté et provoqua Satan en duel.

Hélas, le Diable ne pratique pas les armes, mais selon l'abbé Gaultier, il n'ose pas refuser une partie d'écarté (jeu de cartes très en faveur au dix-neuvième siècle)

Le combat s’engage alors sachant que l’enjeu est le retour du Duc à ses ortolans.

Ce conte se termine par cette phrase : « Si Alexandre n'avait pas été Alexandre, il eût voulu être Diogène. Le Duc, en prenant congé de son adversaire, lui assura que s'il n'avait pas été De l'Omelette, il eût volontiers consenti à être le Diable. »

 

Fin de loup

Commentaire - Voir les 2 autres commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés