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Les runes du loup-garou

Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 17:50

J’ai trouvé çà au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements :

 

Les écureuils, ça ne vaut rien comme badaud.

Quand on quitte la grande route, il faut s’attendre à voir quelques maisons bizarres.

La morale de l’Histoire c’est quand on recrache le passé et que le présent est encore pire, ça rend le vomi appétissant.

C’est drôlement chouette de voir quelqu’un attirer l’attention.

Dicky était un crétin qui m’a toujours fait penser à une tondeuse à gazon.

Quand on a cinq ans et qu’on a mal quelque part, on crie pour que le monde entier soit au courant. A dix ans on gémit, mais dès qu’on arrive à quinze ans, on commence à grignoter la pomme empoisonnée qui pousse sur son arbre de douleur personnelle, c’est le Siècle des Lumières à l’occidentale, on commence à bouffer ses poings pour étouffer ses cris, on saigne à l’intérieur.

 

(Richard Bachman — alias Stephen King, né en 1947, Rage, roman, 1977)

columbineVideo.jpg


wtc2001.jpg Note : La première image illustrant cette rune est tirée de la vidéo du massacre du lycée de Colombine en avril 1999 ; la seconde est la photo des ruines du World Trade Center en septembre 2001.

Entre les deux, il y eut l’an 2000, Martin, Lothar et bien d’autres cyclones de force ou de farce…

Elles sont à jamais terrifiantes ces photos, mais la pire, à mon sens, est sans doute la première dans la mesure où nous n’y comprenons rien de rien à ce truc explosif et surtout à l’heure où j’écris ces lignes, personne sur cette planète ­— ou du moins en Occident — n’a encore osé tirer les leçons du « suicide festif, en holocauste » de ces deux adolescents perdus, paumés, muets pour l’éternité.

On fut horrifié ; on fut stressé ; on fut en colère et dès lors, tous nos boucs émissaires de service furent accablés d’opprobre et de vilénies : Les parents, les éducateurs, les camarades morts ou rescapés, l’internet, les jeux vidéo, les chanteurs punks ou néo-gothiques, les marchands d’armes, la « société en général », les médecins, les pompiers, les juges, la police, Adolf Hitler, les francs-maçons, les psychiatres, Voltaire, Rousseau, ce petit con de Gavroche, et enfin ( ?) le raton laveur qui n’y pourra jamais, mais…

 

Comme chez Pas Assez & Outreau !

Sur le fond, silence de mort…

Trop, c’est trop.

Et sans remords.

 

Certes, avec son terrible film « Elephant » (2003) Gus van Sant tenta bien maladroitement de tracer certaines pistes, mais en vain, à la fin…

Les deux tours, c’était la guerre ; Colombine, c’était deux fous, ma bonne d’âme…

Et le prince matché, le bourgeois comme l’anar sans papier de s’en laver les mains pour des cierges et des siècles, ah, mais !

 

En 1977 (soit vingt ans et des fraises avant Colombine) un certain Richard Bachman publiait un (court) roman intitulé « Rage »

bon, pour tout vous dire, Bachman, c’est Stephen King avec de vrais morceaux de bonhomme dedans hein ! Voilà.

En 1999, en pleine turbulence médiatique du massacre, il décida d’interdire toute nouvelle publication de cette œuvre, aux États-Unis du moins. Comme quoi la liberté d’expression a de fâcheuses limites même dans des pays réputés « démocratiques » (à approfondir d’urgence, il en va de notre survie)

C’est vrai que ce roman « Rage » n’est pas à mettre entre toutes les mains…

Mais pourquoi pas en fait ?

C’est l’histoire d’un adolescent de 16, 17, 18 ans (on s’en fout) nommé  « Nemo » (Charlie Decker en fait — mais je le nommerai « Nemo » parce que c’est comme ça) qui, un beau jour du mois de mai, après avoir regardé gambader les écureuils à travers les vitres de sa salle de classe sort soudain un révolver pour tuer sa prof de maths et ensuite, pendant quelques heures, prend en otage ses petits camarades de son âge et de tout sexe.

C’est tout.

Je ne vous raconte pas la fin parce que ce n’est pas très important en fait, sauf que je brûle de le faire parce que les fins de loup ou du monde sont toujours primitives sinon primordiales ; parce que c’est Stephen King ; parce que cette histoire est une histoire de fou de chez Raisonnable de mes Deux ; parce que c’est un roman pas possible de chez réel ; parce que c’est de la littérature de chez Bonne à tout faire ; parce que c’est civilisateur enfin.

C’est tout.

Alors camembert hein !

J’arrête ici ma parallèle des deux abrutis de Colombine (et autres violents scolaires franchouillards bien contemporains) avec le « Nemo » de Bachman (King)

 

Notre héros littéraire, après son meurtre, prend tous ses petits camarades en otage. Il passe des heures à les cuisiner ; à les faire parler ; à leur demander de tomber leur masque ; à les interroger sur tout et surtout sur le rien qu’ils sont ou pas encore ; à les emmerder grave du bout d’un calibre exterminateur.

Parce que ce « Nemo » ne comprend rien à rien et il ne comprend même pas pourquoi il a tué un professeur ; il ne comprend pas pourquoi il menace et terrorise ses « copains de son âge » ; il ne comprend pas pourquoi il a « la rage » !

 

Notre héros a la rage.

Et cette rage est tout, sauf cette « haine » de bazar dont nos bons sociologues de bazar affublent nos adolescents encore vivants (manipulés à mort et pas encore suicidés !) à chaque journal de chez vingt heures.

 

Parce que ce « Nemo » veut comprendre.

Parce que ce « Nemo » veut  comprendre pourquoi « on » ne le comprend pas.

Parce que ce « Nemo » veut  comprendre pourquoi « on » ne veut pas le comprendre.

 

Parce que notre héros est un adolescent un peu plus intelligent que les autres et qu’il ne supporte pas que ces adultes ne comprennent pas sa mutation pourtant plus naturelle, tu meurs, dans un monde désormais en perpétuelle révolution…

 

On apprendra que ce jeune étasunien moyen, blanc, assisté (comme les deux connards de Colombine) eut une enfance tiraillée entre une mère possessive, dépressive qui se fit une armure de ce fils contre un père inculte, infidèle, méprisant, beauf à bouffer de l’herbe en daube voire hallal ou cachère si on lui avait demandé.

Bon d’accord, c’est très banal…

 

Mais il y a autre chose dans ce roman…

 

C’est le roman d’un ado à jamais condamné qui comprend enfin que la nature et le monde entier, l’univers, ne sont que révolution et qu’il n’y a de meilleur révolutionnaire que le plus jeune, le plus intelligent, le plus parfait et innocent des réactionnaires.

Celui qui « réagit » enfin

Ceux qui ne comprennent pas cela, ne comprendront jamais pourquoi leur fille sera muette à jamais et leurs fils enculés profonds.

Si nous sommes tous, seul, perdu en notre labyrinthe, sachons que son Minotaure n’est pas moins que « l’autre » notre Graal.

 

La psychologie est à la psychiatrie ce que l’astrologie est à l’astronomie, pas plus, pas moins et Stephen King est un des rares auteurs vivants à continuer d’explorer « avec méthode et talent » ce toujours inconnu et terrifiant « no man’s land » de l’esprit humain séparant la « raison » (normalité ?) de la folie (déraison, anormalité ?)

En ce siècle ordonné numéro 21 (paraît-il) on ne sait toujours pas ce qu’est la folie, ce qu’est ou n’est pas un fou et comment ou pourquoi on devient fou.

La folie est clinique, pas académique et personne à l’heure actuelle n’est capable de prouver par A+B sinon X -> Y si l’on nait fou ou si l’on n’est pas fou !

Tout juste, nos « rebouteux » de psychiatres peuvent nous avancer si « ce fou » est dangereux ou pas sans pour autant affirmer s’il le reste ou pas et s’il a été « responsable » de ses actes au plus haut scandale sanglant de sa folie.

 

Nous sommes fous devant la société, mais sans doute pas en face des dieux.

 

La folie la plus destructrice comme la raison la plus constructive doivent être examinées chaque matin, en face, à travers le double vitrage, le miroir, la vitre sans teint de l’enfance la plus innocente et de la maturité la plus érudite.

Toute liberté tisse sa propre camisole que le sage nommera enfin « responsabilité »

Les bonnes civilisations ne se font pas sans un tel condiment, je vous le dis.

 

Chaque matin, nous devons nous envoyer nos ados dos à dos (dose à dos)

 

Le style de Stephen King est simple comme bonjour ; il est trivial à la limite comme celui de tous ces foutus Anglo-saxons qui ne veulent pas se perdre dans des labyrinthes de phrases ornées profuses de virgules superfétatoires, germanopratines et gonflantes et creuses tels des jours sans pain.

Toutefois, le Stephen sait nous gratifier profus d’expressions bizarres, de quelques concepts « martiens » qui ponctuent souvent sa prose de prolétaire étasunien tels cette « tondeuse à gazon » ou encore ce « siècle des lumières » qui tombent dans nos yeux et dans notre esprit comme une couille dans un potage.

 

En conclusion, je sais que Stephen King et Richard Bachman sont de beaux écrivains — quantiques — bien contemporains. Je ne déclare pas qu’ils sont plus de chez Plus, mais qu’ils mériteraient quand même ce fichu prix Nobel.

Je le pense un peu voire beaucoup même si, in fine, ce truc n’est pas grand-chose.

Ce ne sera alors que justice !

J’espère qu’il n’en voudra pas de ma lucidité, lui, qui mourra aveugle.

 

Fin de loup

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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 22:27

L’arbre à lettres, la Bibliothèque, les éditions Finitudes et Guillaume Martin-Lothar, futur empereur d’Occident (qui n’y est pour rien dans ces affaires hein !) vous invitent à la présentation de deux ouvrages :


Figures de Paris (Ceux qu’on rencontre et celles qu’on frôle)

D’Octave Uzanne, Jarry (Alfred ?) Klingsor, Lorrain (Claude ?)

Editions la Bibliothèque

 

Inventions nouvelles et dernières nouveautés

De Gaston Pawlowski

Editions Eric Walbecq (Finitudes ?)

 


 

Le jeudi 12 novembre 2009 à 19 heures

A l’Arbre à lettres

2, rue Edouard Quenu

75005 Paris

Téléphone : 01 43 31 74 08

 

 

Note : Si vous êtes là, ce jour à cette heure, vous verrez sans doute le loup (ou pas) Et vous serez sans doute déçus (es) (de le voir ou pas)


Fin de loup

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Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /2009 02:00


Puisqu’aujourd’hui, paraît-il, c’est la fête des pères,  des grands-pères et in fine, la fête de tous les ancêtres qui en avaient deux où je pense et bien placées en plus,  je réédite ce billet du 29 mai 2008.
Ce n’est pas un problème de pognon, croyez-moi, mais une histoire d’homme et d’Art. Un point, c’est tout (et ce n’est pas si mâle non plus)
Bonne fête George — sans ou avec « S » (où que tu sois) !


C’est l’excellent et passionné Jacques Damade, patron de la bientôt très fameuse maison d’édition (indépendante)
la Bibliothèque, sise à Paris, France (en lien aussi à droite, pub) qui a ressuscité ce texte magnifique « Eaux et Lumières » écrit en 1929 et 1930 par  Georges Groslier (1887-1945)

Ce « journal du Mékong cambodgien » est ressorti de derrière les sombres fagots oubliés de la littérature, de la Géographie et de l’Histoire grâce à un autre écrivain voyageur (et autre poète) Pierre Lartigue (né en 1936) et dont je vous recommande aussi fermement la lecture.

« Eaux et lumières » n’est pas un roman, mais c’est un récit époustouflant de la vie, des bienfaits comme des tocades d’un des plus grands et des plus beaux fleuves de cette planète qu’est le Mékong  qui, né de l'Himalaya au Tibet arrose successivement la Chine, le Myanmar, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Viêt-Nam.
C’est aussi une tranche de vie douce-amère de la condition de ses riverains cambodgiens, khmères ou d’autres horizons, d’autres époques et d’autres sangs.

« Eaux et lumières » est surtout un cliché sans concession pris sur le vif, un tableau rare et souvent dérangeant d’un pays, d’un peuple, d’un art, d’une culture, de mœurs qui en fait n’existent plus sinon dans nos rêves ou nos cauchemars ou nos vagues désirs de paradis et d’enfers.
Le temps, l’Histoire comme les fleuves savent faire et défaire leur lit comme ils se couchent et comme ils coulent dans nos mémoires ou dans nos veines.

Ce texte prenant et beau, au style tour à tour « fluvial » bouillonnant, lumineux, calme, précis, elliptique, lent, incisif, obscur, rimbaldien ou bonhomme a été écrit par un bon père de famille qui fut aussi archéologue, anthropologue, érudit, peintre, dessinateur, poète, romancier et surtout qui fut un grand amoureux et protecteur de l’art, de la culture, de l’artisanat, de la nature, de la beauté, de la grâce et évidemment du Cambodge où il naquit en prince bienfaiteur ; où il vécut plus de trente ans en travailleur acharné et où enfin il mourut supplicié, martyr et oublié.

S’il faut absolument se repentir de quoique se soit sur cette planète alors surtout n’oublions personne, absolument personne de vivant ou de mort…

Bien évidemment, je reparlerai de ce livre sur ce blogue, mais d’ors et déjà, vous pouvez le découvrir en le commandant chez votre libraire attitré et adoré (CF les références en fin de cette note)
Ce bouquin apparaîtra je pense bientôt sur le site de la Bibliothèque (en lien aussi à droite, pub) où vous pourrez le commander en ligne ainsi que d’autres trésors fabuleux et forts méconnus que Jacques Damade nous offre en grand, sympathique et bel amateur de la littérature qu’il est.

Références
Eaux et Lumières, journal du Mékong cambodgien.
Auteur : Georges Groslier
Illustré par Marie Doucedame
Collection : L’écrivain voyageur
Edition : La Bibliothèque
ISBN : 978 290 968 8473 (Paru le 23 mai 2008)

Fin de loup

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Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /2009 14:39
« La foule s’étendit rapidement sur la rive, curieuse de savoir pourquoi elle avait ainsi crié et couru. Elle aperçut avec stupeur un tonneau de grandeur ordinaire qui prenait lentement le fil de l’eau, pendant que des énergumènes, longeant la berge, lui jetaient des pierres qui coulaient bas sans l’atteindre […] Là, les citoyens d’Athènes, avant de retourner à leurs affaires urgentes, s’arrêtèrent un instant, pour rien, sans même avoir l’idée de rire. Et devant leurs yeux, le simple tonneau, tout paisible et débarrassé des hommes, partit sur les flots immenses où passent à tire-d’aile les navires aux voiles blanches et où le ciel se baigne à l’horizon »
(Paul Hervieu, Diogène le chien, éditions Manucius, 2006)

Drôle de philosophe que ce Diogène de Sinope (vers 413-327 av. J.-C.) et l’on se demandera toujours s’il a vraiment existé ou du moins, si son premier biographe Diogène Laërce (IIIe siècle après J.-C.) n’en fit pas, quelques six cents ans plus tard, une composition de morceaux de la vie tirés de « cyniques » différents ou de toute la meute de ces chiens pensants et turbulents.
D’autant plus que ce Laërce vivait à une époque où la philosophie d’un certain Galiléen se répandait grave à travers le monde et dont les disciples, non moins agités, se déchiraient déjà sur le sexe des anges ou la consubstantialité de leur prophète et de leur empereur qui avait tout à craindre d’eux pour son autorité politique et surtout, ses attributs religieux.
Parce que les Cyniques (les chiens) de Diogène et surtout d’Antisthène leur gourou, ne manquaient pas de chien et de dents dures et ils savaient être aussi enragés que leurs totems canidés à l’encontre des écoles et gymnases officiels et souvent prétentieux où sévissaient Platon, Démocrite ou encore Sénèque pour ne citer que les meilleurs.

Je vous ai déjà causé de Diogène le Chien et de son tonneau d’abord dans cette note-là où je vous rappelais que ce philosophe des plus rigolos n’avait jamais couché de sa vie dans une barrique en bois, mais dans un pithos, une sorte de jarre en terre cuite.
Parce que Diogène fut en quelque sorte un philosophe SDF, un nomade discourant de tout et de rien à tous les coins de rue et qui ne manquait jamais de faire un scandale à qui voulait l’entendre ou pas, le croire ou non.
Ce Cynique a du reste bien sa place dans une Grèce qui bascule déjà de l’Antiquité à un tout jeune moyen-âge qui attend ses Alexandre et ses César : Diogène est un phénomène de crise, un cas de fin de cycle, le prophète d’un « autre monde » et d’une autre société qui remplacera peu à peu une civilisation déjà bien sclérosée par la vanité, l’égoïsme et l’orthodoxie.
Diogène, ce « Socrate fou » comme l’aurait qualifié Platon, est aussi bien contemporain : On dit qu’il fut le « Madoff » grec dans la mesure où, fils de banquier et banquier lui-même, une faillite ou des malversations l’aurait jeté tout nu à la rue.
Né avec une cuiller d’argent dans le bec et le cul bordé de nouilles, il devint plus pauvre que Job et telle une Jeanne d’Arc, il reçut alors l’ordre ou la divination des Dieux « de ne pas vivre comme les autres hommes »
Halte-là quand même, Diogène n’était pas non plus un anarchiste des familles, ni un soixante-huitard hippie ou encore un révolutionnaire bobo antitrucs à la noix, que nenni, il fut plutôt, à mon avis, une sorte de « réactionnaire » antique et au sens premier du terme: Un esprit qui réagit nuit et jour contre « l’ordre établi ou à établir », contre les idées trop reçues, trop jeunes ou trop complexes. Diogène fut donc un véritable, inlassable et perpétuel « cherchant » dans la simplicité, l’humilité et la force la plus pure et naturelle qui soit.
Car tels les saints de notre calendrier, Diogène fit preuve toute sa vie de pauvreté et de spontanéité sachant que la charité n’allait que dans son sens : Il mendiait et plus exactement, il vendait ses discours, sa pensée, sa philosophie.
A cet égard, je rapprocherais Diogène d’un Léon Bloy qui eut aussi une vie de chien et dont les colères et les morsures étaient aussi homériques qu’inattendues !

Diogène pestait contre les sciences et le progrès : Pour lui, le grand Démocrite n’était qu’un con sans doute parce que le Cynique se doit de prendre le temps de penser et de ne jamais séparer le présent du passé et de l’avenir.
Un enfant buvant simplement dans ses mains lui aura fait abandonner sa coupe, sa timbale pendue au cou et, en même temps, trouver son Graal
Ce chien philosophe se serait foutu longtemps de la gueule du divin Platon et entre eux, il n’y aurait eu qu’invectives, injures et bassesses. Des olives et un poulet plumé (un cygne chauve) synthèse de Diogène de l’Homme vu par Platon…
Le cynisme est un trait de vieilles badernes, un acte aussi irritable qu’indispensable et sain, surtout dans des temps de mutation.
Cela étant, notre bon vieux Diogène de chien fut autant pieux que chaud lapin et entre deux conférences salées et poivrées, entre deux offrandes à Zeus ou a Hermès, il savait courir et trousser la gueuse ou les filles des maisons où il était (très souvent et longtemps) nourri, logé, abreuvé, entendu et apprécié, il faut le dire (La pauvreté choisie, l’ascèse, ont leurs limites et leurs urgences quand même hein !)
 
Selon Laërce, Diogène, qui serait mort très âgé, voyagea beaucoup et très loin. La citation en exergue évoque d’ailleurs un tonneau vide du philosophe qui était alors parti sur les mers en abandonnant ses Athéniens préférés, pervers, paumés et décadents finalement.
C’est d’ailleurs au cours d’un de ses périples, que Diogène fut pris en otage par des pirates et vendu en esclave sur le premier marché venu.
On raconte qu’il éduqua fort bien les enfants de son maître et que ce dernier lui offrit une belle retraite bien oisive dans sa maison pour le récompenser. Mais Diogène choisit de retourner à Athènes où l’attendait la misère et la mort.
Du reste, cette vie de pauvreté et de voyages caractérise bien tous les philosophes cyniques qui se sont éparpillés dans le monde entier pendant plusieurs siècles.
L’empereur Julien (dit l’Apostat) dans une de ses lettres, signale d’ailleurs la présence de Cyniques aux confins des Gaules au quatrième siècle après J.-C, sur les « limes » où ils errent et prêchent ce qu’ils peuvent aux côtés — et en concurrence des premiers évêques et missionnaires chrétiens.
C’est d’ailleurs pourquoi je pense que Diogène est un « fake » comme on dit maintenant : Un personnage complètement inventé pour faire la nique ou le change au flux du Christianisme.
Vae victis…

J’ai découvert par hasard ce premier roman de Paul Hervieu (1857-1915) écrit en 1882 et réédité par Manucius en 2006.
Hervieu fut un juriste diplomate, romancier et auteur dramatique, ami de Proust, de Maupassant, de Mirbeau ou de Lucien Guitry. Il fut élu en 1900 à l’Académie Française au fauteuil n° 12.
Le style est sympathique, ramassé, rêveur, érudit, au lance-pierre et souvent goguenard : Ce petit roman se lit facilement et avec grand plaisir – comme un petit lai et si Hervieu ne lâche pas d’une semelle la biographie de Laërce, il se permet souvent des libertés pleines de poésie, d’humour et de grâce.
Tel ce passage cité, qui est en fait la bascule du récit où les Athéniens dépités du départ « on ne sait où » de « leur Diogène à eux » se vengent en criblant de clous son tonneau avant de le jeter dans le fleuve et le regarder dériver jusqu’à perte d’âme.

Mais Diogène reviendra à Athènes, plus vieux et plus cynique que jamais et plus oublié que son tonneau, hélas.

On t’aime, reviens Diogène !

Illustration : Nicolas Poussin (1594, Les Andelys, 1665, Rome) Paysage avec Diogène (1647) Huile sur toile (160 x 221 cm) Musée du Louvre, Paris, Europe.

Fin de loup

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Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /2009 19:17
« Wit beyond measure is man's greatest treasure (L’Esprit est définitivement le plus grand trésor de l’Homme) J. K. Rowling, Harry Potter et les reliques de la mort.

Si vous avez manqué le début

Oui, je le reconnais, j’ai mis du temps à écrire et à publier cette dernière partie de ma saga « critique » sur la saga non moins critique d’Harry Potter, mais c’est sans doute parce que je sais trop que les meilleures choses ont hélas une fin et qu’à l’instar de la vie et de la mort, il ne faut pas trop se presser d’aller au bout des actes et des êtres.
J’aime Harry Potter, ce fait de littérature qui, en ces temps paumés, incertains et toujours barbares ne manque d’aucun rebondissement, d’horreurs, de clartés et surtout d’intelligence, de racines, de culture et d’âme dont nous manquons et que nous réclamons tous en fait depuis des siècles et des siècles, ah mais.
Pour tout vous dire, je n’ai pas été choqué outre mesure par le « buzz » que J. K. Rowling a provoqué en avouant à ses lecteurs qu’elle voulait « tuer » Harry Potter.
En fait, elle leur demandait sans doute ce qu’il fallait faire d’un tel « héros » et si telle était vraiment cela son intention, alors, chapeau madame Rowling !
Parce que si Harry Potter aura vieilli et donc vécu en même temps que ses lecteurs, comme je l’ai déjà écrit — et en littérature, ce n’est déjà pas banal, reconnaissons-le, l’écriture contemporaine a sans doute cette autre chance — et défi – de l’interactivité, de la participation, de l’imagination collective — même si ce n’est pas franchement franchouillard hein !
J’ai bien aimé l’intervention de Stephen King (bel écrivain et loup-garou que celui-là — j’en reparlerai) et de John Irving (je ne le connais pas trop) pour sauver le soldat Harry des griffes de la mort.
Sur la destinée d’Harry Potter je me suis exprimé (CF partie 7) je le croyais mort et j’ai perdu — à priori – car je ne suis pas certain que Rowling ne l’ait pas tué quelque part !

Harry Potter – Les reliques de la mort

Bon déjà ce dernier roman est inabordable (on n’y pige que dalle) si l’on a pas lu les épisodes précédents. Cela peut être agaçant, certes, mais tout compte fait, c’est pareil chez tous les auteurs petits ou grands (si une telle échelle existe) pour peu que leur graal nous intéresse un tant soit peu hein !
Il n’est pas recommandé en effet de lire « une saison en enfer » du divin Arthur avant de connaître par cœur (ou par chœur) le « bateau ivre » ou « sa première communion ».
De même pour le Marcel (Proust hein !) ou l’autre Honoré (de Balzac) il est conseillé de lire et relire leurs oeuvres de jeunesse parce qu’en vérité, je vous le dis, vous pourrez alors louper pas mal de fils importants pour ne pas dire des épisodes vitaux.
Mais bon, faites comme vous pourrez et surtout comme vous le voulez sachant que ce que je vous dis est valable pour tout plumitif, du nègre smicard oublié et suicidé au prix Nobel hyper médiatisé, français ou pas et encensé à tord, à mort ou à raison.

Pour ce qui est du style de ce dernier roman, il faut dire que les premières pages (en anglais ou en français) sont vraiment lourdingues… Pff ! Même si le contexte est brutal, voire violent, on soupire ; on s’ennuie…
Mais ça s’arrange très vite heureusement : Rowling se met alors à vibrer au diapason de son récit et la lecture devient très vite palpitante.
Car le récit de cet ultime épisode en ses multiples rebondissements est passionnant !
C’est une suite de très belles scènes où l’on apprend (ou pas) des choses et des autres et où l’on se doute (ou pas) de la suite des évènements.
L’épisode du mariage se terminant dans la tempête est à cet égard une splendeur du genre.
C’est vrai qu’on en apprend plus du monde des vivants dans un banquet de mariage, de baptême ou d’enterrement que dans toute la Bible ou que dans Platon en pléiade, je vous le dis.
Idem la bataille finale (que tout le monde attendait depuis des lustres) d’où Harry sort indemne ( ?) mais qui est aussi (mais pourquoi hélas ?) le théâtre de la mort de sympas seconds rôles dont un jumeau — et ce symbole primordial, antique, fraternel et social, reste sans doute à méditer grave.
Il ya aussi le signe (cygne) d’une licorne… Et d’une horloge.
Au fil des épisodes, on apprendra que les bons ont leurs faiblesses ; que les mauvais ont leur honneur ; que les méchants peuvent avoir quelques grâces ; que les innocents ont les mains pleines d’armes létales et pire encore ; que les brutes ont toujours un cœur d’or à cacher ; que les truands sont à chier, mais qu’ils vont faire pipi comme tout le monde et que les sages philosophes à barbe n’ont pas toujours de slip ou une conscience bien propres de chez Nickel.
Mais bon, c’est la vie hein !
Et c’est notre monde en vérité.

Enfin le diable est mis à mort : Dans un ultime duel (hollywoodien) Harry Potter envoie ad patres cet ignoble, cette ordure, ce pourri de Voldemort.
Ce diable de Satan ( ?) n’était pourtant pas à jeter complètement : Des romans précédents nous avaient en effet appris qu’il avait souffert dans sa jeunesse et tout et tout et puis voilà, tout le monde est dans la merde maintenant alors que tout le monde se croit libéré par de faux alliés hein !
Cet ignoble Lucifer de Voldemort était de plus lié, impliqué spirituellement, voire corporellement par un serpent ¬ voire un serment à notre trop bon Harry qui en sera délié par un Neville (le véritable élu en fait, comme je l’ai pré écrit)
Comme je l’avais un peu prédit aussi d’ailleurs — en passant – à croire que Rowling lit mon blogue, Harry Potter est bien mort dans ce dernier épisode.
Mort et ressuscité d’ailleurs, mais ça, je ne l’avais pas prévu !

Car Rowling a bien tué son personnage et elle l’a d’abord envoyé dans une sorte de purgatoire à King’s Cross (chapitre 35) une sorte de remise du quai quantique d’où partent les trains pour Poudlard…
Très belle scène platonique et dantesque du reste, très beau dialogue entre un jeune Platon crisé et  un vieux Socrate spectral et encore plus paumé que son élève, non loin d’une créature stressée qui tente par tous les moyens de ne rien entendre et de s’enfuir.

Mais c’est Harry qui s’enfuit des enfers purgés (ou non) pour reparaitre dans le monde des vivants et devenir un moldu comme tout le monde.
Un couillon bobo en costar cravate, un contribuable moyen qui, au dernier chapitre, accompagnera gentiment ses gosses au train pour l’internat, non loin de son « ancien ennemi » qui fera de même pour sa propre engeance ; non loin de son pire ami qu’il aura sauvé de la guillotine quelques années plus tôt.
Oui Harry, tu es bien mort.
Mais tu es ressuscité en fait, car tu nous montres ainsi que pour devenir un homme comme tous les autres, ce n’est pas bien sorcier.

Résumons-nous : La saga d’Harry Potter est une belle œuvre qui n’a pas à rougir des Jules Verne, des Alexandre Dumas, des Sherlock Holmes, du club des Cinq, des Kipling ou de Peter Pan (et tutti quanti)
Et bien de nos bons auteurs citoyens, académiques et « sérieux de chez Publié » en sont jaloux, je vous le dis.
Au delà des aspects commerciaux et médiatiques — bien de chez nous, de notre temps et pour le meilleur ou le pire du reste, c’est un phénomène qui aura au moins « fait lire » et « imaginer » une très grande partie de notre belle jeunesse (et des plus vieux encore)
J’en rajoute en affirmant que la saga d’Harry Potter est sans doute plus initiatique que d’autres et j’en veux pour preuve tous les symboles, références, signes, légendes, contes, et mythes antiques ou pas qui la maille et l’émaille.
En vérité je vous le dis, il n’y a pas que les sorciers qui chevauchent des licornes, des griffons, des centaures ou encore, des loups-garous !

Je t’aime Harry Potter et surtout, oh oui, surtout, reste avec nous (même en costar cravate et ta déclaration d’impôts sous le bras, hein !)

Fin de loup

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Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /2009 20:39
Ce billet pour faire de la pub à un bouquin sur lequel je me suis jeté comme un loup enragé sur le bas clergé moutonnier dès que je l’ai aperçu en rayon !
Pensez donc : Il est intitulé « le cantique des quantiques » et signé par Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod aux éditions « La Découverte, Poche »


Pour tout vous dire je ne l’ai pas encore dévoré de la première à la dernière ligne pour ne rien laisser que nenni aux vautours et aux vers, mais l’ayant feuilleté un peu, ma bave n’en finit pas d’inonder mon humble tanière, ses feuilles et ses os entassés.

Evidemment on nous y parle de la mécanique quantique, de l’infiniment petit, mais combien encore éloigné de nous, pauvres mateurs, amateurs, cloches et patauds et ce bouquin semble démonter simplement et clairement non seulement la connaissance actuelle et physique du quanta (ou du quanton, ai-je lu) mais encore, il aborde le sujet salivant et prometteur de « la philosophie ou de la métaphysique quantique)

Les lecteurs fidèles de ce blogue — quantique — savent que je suis à la philosophie quantique ce que Diogène fut au freudisme ou ce que Groucho fut au Marxisme et comprendront faciles que c’est le genre de livre à me rendre dingue énervé grave pour des mois et des mois hein !

Sachant que j’en reparlerai, je vous en conseille d’ors et déjà la lecture qui est à la portée de l’honnête lecteur même pas matheux ni physicien, mais instruits des belles curiosités de notre siècle car les pénibles équations de nos Nimbus sont remplacées par des crobars que même un élève de CM25 para-franchouillards et diversifié de banlieue fleurie arriverait à comprendre (à la longue quand même, il ne faut pas exagérer non plus)
 
Frères humains qui avec moi vivez, soyons quantiques ou ne soyons rien, ah mais !

Fin de loup

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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /2008 19:58
undefined Nous sommes trop souvent des cons éléphantesques tremblant devant l'ombre même de la plus petite des bestioles...
Mais nous ne serons toujours en fait que des enfants face à la fortune, bonne ou mauvaise ; face à nous-mêmes, à notre destin ; face à la vie ; à l'amour ou à l'amitié, face à la mort et finalement ahuri, face au panneau d'un quai en bordel du train trop TGV allant ou non de Tutti à Chianti.
Nous ne sommes en toutes circonstances que l'enfant que nous avons toujours été et que nous avions oublié bon gré, mal gré, ou que nous feignions d'oublier pour sacrifier comme des cons encore, à l'universelle vanité de l'être pataugeant benêt confiné dans son petit monde vaniteux et techno de chez Pacotille & Nombril.
Pas plus, pas moins.
C'est pourquoi, j'adore les histoires d'enfant et surtout les vraies, les authentiques, les contes vécues qui ne peuvent être lus que par de véritables enfants, jeunes, vieux, anciens ou pas, qui seront d’ailleurs les seuls à les comprendre comme ils seront désormais les seuls à maîtriser tout rond ce monde en panade à gerber.

C'est pourquoi aussi je vous conseille d'aller lire un récit signé de maître Didier Goux en personne et en lien aussi à droite, pub.
Votre enfance comme vous-même - c'est la même chose, si vous m'avez bien suivi - ne le regrettera jamais et vous en saura toujours gré.
Ah mais !

Pour rejoindre le petit Didier, cliquez ici.

Illustration : Jérôme Bosch (vers 1450 - 1516) L'enfant Christ marchant, revers du portement de croix (1480) Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Fin de loup

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Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /2007 20:21

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PancraceScene3

« Il est des hommes que dévore la soif de l'or, d'autres qui convoitent d'immenses héritages : pour moi, jusqu'à ce que la terre engloutisse ma dépouille mortelle, je borne mon ambition à plaire à mes concitoyens, à louer ce qui est digne de louanges et à blâmer ce qui est digue de censure »
(Pindare, Néméennes VIII)


Note du loup : Si Pindare vivait aujourd’hui, il serait sans doute un chroniqueur du journal « l’Equipe » bien qu’une telle supposition soit de ma part quelque peu dégradant intellectuellement – Pour Pindare hein !
Pindare est un béotien d’origine, né dans la vielle grecque de Cynocéphales (têtes de chien) en 518 et mort à Argos en 438 av. J.C.
Ce fut un poète lyrique qui passa sa vie dans les stades, les gymnases et leurs vestiaires en fréquentant les athlètes de tout poil et à poil, dont il n’avait de cesse de louer les exploits et les victoires.
En vers et contre tous, il leur cirait les sandales ; il dorait leur nombril  et flattait leur ambition, leur Ego comme leur vanité d’ailleurs – et plus si affinité, lors de la troisième mi-temps.
Pindare fut aux jeux olympiques ou panhelléniques ce qu’Homère fut à la guerre de Troie, mais en plus chiant quand même.
Voltaire le trouvait abscons et boursouflé (sic) et Maître François Rabelais a créé le verbe « pindariser » pour moquer un brin les insupportables pros de la brosse à reluire.
Pindare n’en reste pas moins un des sages de l’Antiquité ; on ne peut lui retirer ça et il pensait que les athlètes se devaient d’être tout, sauf des cupides, des voyous, des voleurs, des tricheurs ou autres dopés de mes deux.
Les temps ont bien changé hein !
Dans « les morts extraordinaires » l’historien Valère Maxime que j’ai évoqué récemment, raconte que ce brave Pindare s’est un jour endormi sur les gradins d’un gymnase, la tête posée sur les genoux d’un jeune homme et qu’il ne s’est jamais réveillé.
L’important, c’est de participer et l’on a les hooligans que l’on mérite…

Illustration : Motif d’un vase grec montrant un arbitre fouettant un lutteur de pancrace coupable d’éborgner son adversaire (C’est manifeste d’ailleurs, hou le salaud, carton rouge !)

Fin de loup


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Dimanche 9 décembre 2007 7 09 /12 /2007 19:51

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friedrichHiver

J’ai trouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements :

« Partout, les restes délabrés de notre sacro-sainte civilisation se dressent dans le ciel noirci, étendards déchirés d'un empire de métal et d'orgueil, temples en ruine d'un culte impie à la modernité…
Nous grouillions sur la Terre, comme des sangsues. La nature se flétrissait au contact de nos villes. Nos usines charriaient la pollution vers les eaux souterraines, et nous détruisions tout. L'homme ne se reproduisait plus, il pullulait. Nous ne survivions plus, nous dominions, souverains de ces terres qui nous ont élevés, bercés, nourris… Qu'étions-nous devenus sinon des parasites ?
Je fermais lentement le vieux carnet craquelé et frottais d'un geste machinal mes yeux fatigués… »

(Sven Thomasson Vërgson (STV), Homéostasie, 5 octobre 2067, Blogue « Blanc comme neige »


Note du loup : Bien que je me dise « loup-garou » ; bien que je me vante d’être le précurseur de la « philosophie quantique », j’ai toujours du mal à jongler avec le temps, l’espace, l’être et l’Autre.

Ça viendra peut-être, ou pas…

Chaque matin, au réveil, on se dit que la vie vaut mieux que la mort – de toute façon, avons-nous le choix ?

On se dit que le présent vaut mieux que le passé et que l’avenir sera paradisiaque sans aucun doute.
On se dit aussi que dans ce paradis terrestre avec des heures sup ou pas, on pourrait se faire chier à regretter l’enfer – prémédité - 35 heures sur 24, voire plus.
Tout le monde il est beau et il sera joli ; c’est sûr Arthur !
Chaque matin, au réveil, on se dit que nous sommes le fruit de la meilleure des races et du meilleur des mondes.
Chaque matin, au réveil, on se dit que nos gènes sont trop méga graves géniaux et je te nique toi, le singe à poil comme ta mère devant le monoprix en ruine.
Chaque matin, au réveil, on se dit que nos géniteurs grands ou pas, pères, mères, oncle, tante ou autre n’auront vécu que pour notre bien, notre salut et pour nous gagner enfin une place gratuite en or à Eden Park.
Eden Park de chez Disney, Mac Do, Paris-Match ou Libé – vu à la télé au journal de vingt heures !
Chaque matin, au réveil, on se dit que le soir même on aura des couilles en or massif grave et que tous les cons de la terre – Esus sait combien ils sont nombreux - n’y pourront jamais rien.
Chaque matin, au réveil, on se répète ce que l’on affirmera de définitif peut-être à notre connard de collègue qui, chaque matin, au réveil, fait exactement la même chose que nous.
Chaque matin, au réveil, on se demande s’il y aura de l’eau chaude pour la douche et des olives sur la pizza « di caprio regina royale » commandée à la hâte entre deux parties de tennis perdues, évidemment…
Chaque matin, on se dit que la vie, c’est pas de la balle in fine…
Chaque matin, au réveil, on se demande si on rencontrera enfin la meuf super chouette qui nous fera bander comme il faut, entre deux pastis et qui accessoirement nous fera bon gré, mal gré, des gosses de tout sexe âge, poil et sexe – beaux comme des dieux et que l’on se forcera à aimer ou à châtier ou pas.
Chaque matin, au réveil, on refait le monde sur le comptoir de notre oreiller en plume d’oie synthétique ou pas…
Et mon cul, c’est du poulet aux morilles ?

Telles sont les questions que Sven Vergson nous pose (presque) chaque jour que le Grand Pan ou un autre enfoiré de sa race fasse ou pas.

Moi, j’aime bien le concept du blogue de STV : C’est le journal internaute d’un mec même pas encore né qui passe sa vie future à glander comme tout à chacun dans des galeries sous un tas de neiges et de glaces en se rappelant de temps en temps – pas tout le temps hein – notre chienne d’existence d’avant la fin du monde, d’avant l’apocalypse de dans pas longtemps.
Le STV, dans son igloo de science-fiction, voire de science friction, il a même conservé les runes de son oncle du siècle n° 20 et parfois il se masturbe dessus grave comme un chien de traîneau sur une peau de phoque en poil de RTT de chez Ikea.
Gamin va !

Mais c’est du bon à chaque fois et ça fait du bien par où que ça passe en ADSL ou sous les aisselles et le mot « apocalypse » ne signifie que « révélation » pas plus, pas moins.

Tout son blogue est aussi mystérieux et clair que le tableau de Friedrich en illustration : C’est du quotidien de banquise de banlieue niçoise : Calme, précis trivial sans doute, luxueux parfois, vulgaire un peu, rare, froid, cordial surtout et in fine, universel et humain.
Le STV tiens, c’est un blogueur plus que virtuel.
Et plus que virtuel t’es pas mort parce que t’es même pas né, hé connard ! Et si tu comprends pas ça, nique ta mère sur la banquise, tête de mort !
Trop fort le STV.

Bon sinon, je le connais le Sven et pas en virtuel, ni en plus ou en moins, je le connais grave pour lui avoir serré la pince en réel de chez Directlive.

Et je peux vous dire messieurs dames que le STV est - en plus - un très chic type et même un garçon mieux qu’imparfait.
Il sait comme moi que nul être sur cette planète est blanc comme neige : C’est là notre malheur comme c’est aussi notre défi et finalement notre seule chance.
La neige est-elle vraiment blanche en fait ?
La neige est quantique comme nous tous et nous ne sommes pas des dieux.

On t’aime STV ; Il fait glacial aujourd’hui ; il fait peur désormais; il y a un sale temps dégueulasse à vomir tous les cons de la terre, mais reste avec nous quand même hein, ne nous laisse pas tomber de froid.


Illustration : Caspar David FRIEDRICH (1774-1840) paysage d’hiver (1811) National Gallery, Londres.


Fin de loup


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Samedi 8 décembre 2007 6 08 /12 /2007 13:43


HEEMSKERCKbacchus

« On meurt d’insomnie, ici ; on est malade de mauvaises digestions qui entretiennent des fermentations dans l’estomac. Où louer un appartement où l’on puisse fermer l’oeil ? Il faut une fortune pour dormir dans notre ville. Voilà ce qui nous tue. Le passage embarrassé des voitures dans les rues étroites, le désordre bruyant du troupeau qui n’avance pas ôteraient le sommeil à Drusus lui-même ou à des veaux marins »
(Juvénal, Satyre III)


Note ; Juvénal fut un poète satyrique latin du premier siècle de notre ère.
Il exécrait la Rome de son époque et méprisait surtout ses d’habitants citoyens bobos inutiles et leurs hardes de feignants de luxe de tout poil à commencer par leur chef en chef « Néron » (Drusus, dans le texte cité)
L’Urbs de son temps était pour lui un vaste lupanar à chier où partouzait une société pourrie et repue ayant trahi à jamais le mythe de sa fondation, toute son Histoire et qui passait sa vie à se gaver et à saloper les symboles de Bacchus, de Janus ou du Grand Pan, notamment.
Malheur à ces crétins !
Je rappelle que le mot lupanar vient de « lupa » (louve) et ce rappel est d’autant plus cocasse que le 20 novembre dernier, des archéologues italiens ont découvert sur le mont Palatin, sous le palais de l’empereur Auguste, les vestiges de la « Luperca » ou la « tanière romaine » : La grotte où d’après la légende, une louve aurait allaité Remus et Romulus (j’en reparlerai prochainement)
Dans cet extrait, Juvénal décrit les embarras de Rome et sauf erreur, deux mille ans après, ce texte semble toujours d’actualité dans Rome, dans l’empire d’Occident, d’Orient et partout ailleurs, d’ailleurs.
Vae victis…

Illustration : Maerten van HEEMSKERCK (1498-1574), Procession de Bacchus (1538), Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Fin de loup

 


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Vendredi 30 novembre 2007 5 30 /11 /2007 20:29

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Valère Maxime (Valerius Maximus) était un historien du premier siècle après JC qui relata notamment la mort plus ou moins extraordinaire de gens célèbres ou pas.
Parmi ces récits, il y a les fins insolites du grand tragédien grec Eschyle (526-456 avant JC) et de deux athlètes de renom : Milon de Crotone et Polydamas.
Où l’on voit qu’à toutes époques, le biceps ne contient pas beaucoup de cervelles et que le sportif est trop souvent aussi con qu’un piaf :

La fin du poète Eschyle fut involontaire, mais la singularité de l'événement mérite qu'on en fasse le récit. Étant un jour sorti de la ville qu'il habitait en Sicile, il s'assied dans un lieu exposé au soleil. Un aigle, portant une tortue dans ses serres, passe au-dessus : trompé par la blancheur de sa tête qui était chauve, il la prend pour une pierre, et y laisse tomber la tortue afin de la briser et d'en manger la chair. Ce coup ôta la vie au poète, créateur et père de la mâle tragédie.

Milon de Crotone, passant dans une campagne, voit un chêne entrouvert par des coins qu'on y avait enfoncés. Plein de confiance dans la vigueur de ses bras, il s'en approche, il introduit ses deux mains et veut achever de le fendre. Ses efforts font tomber les coins ; l'arbre reprend son état naturel, serre les mains du Crotoniate, et le livre, tout couvert qu'il est de palmes gymniques, à la voracité des bêtes féroces.

miloncro

Il en est de même de l'athlète Polydamas. Le mauvais temps le força un jour à se réfugier dans un antre. Bientôt l'excès et l'impétuosité de la pluie ébranlèrent tellement la voute de la caverne qu'elle commençait à s'écrouler. Tous ceux qui s'y trouvaient avec lui, s'enfuirent pour échapper au danger. Il resta seul, comptant soutenir la masse tout entière sur ses épaules. Mais accablé sous un poids, que nul homme n'était capable de supporter, il expia sa folle présomption ; l'asile où il avait cherché un abri contre l'orage, devint son tombeau.

L'exemple de ces deux athlètes peut servir à prouver que trop de force corporelle énerve les facultés de l'âme. Il semble que la nature se refuse à gratifier un mortel de cette double faveur, et que ce soit une félicité plus qu'humaine de réunir au plus haut degré la force et la sagesse.

(Valère Maxime, Des morts extraordinaires)

Illustration : Joseph-Benoit SUVÉE (1746-1807) la mort de Milon de Crotone. Groeninge Museum, Bruges.

Fin de loup


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Mercredi 24 octobre 2007 3 24 /10 /2007 19:55

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Avec mon blogue et mon boulot et tutti quanti de chez Quotidien, je n’ai plus le temps de lire de vrais livres en papier d’arbre.
Ça faisait bien longtemps que je n’avais dévoré tout un roman en entier et d’un seul coup.
Il y a quelques jours j’ai déniché dans une bibliothèque un « faux polar » franchouillard titré « intrigue à l’anglaise » et écrit par Adrien Goetz (Grasset)
Je vous en recommande ferme la lecture.
C’est épatant.

C’est une sorte de Da Vinci Code, mais en moins prétentieux et niais (ce n’est pas difficile, d’accords)
La « toile de fond » de cette intrigue est la fameuse et mal connue « Telle du conquest » (le récit de la conquête) autrement appelée « la tapisserie de la reine Mathilde » ou encore « la tapisserie de Bayeux »

Pour les cancres las qui au fond de la blogosphère regardent bouche ouverte voler les mouches en tripotant on ne sait quoi dans leur poche, je précise que cette tapisserie brodée au siècle n° 11 de notre ère, raconte en BD la conquête de l’Angleterre par un certain bâtard normand nommé Guillaume le Conquérant – Quel beau prénom.

TapisserieBayeux

Le style d’écriture d’Adrien Goetz est jeune, souple, clair et précis. Ses personnages sont vivants et crédibles, intelligents, cultivés, plein d’humour et d’esprit teinté d’un brin de cynisme bien contemporain somme toute.
Le récit palpitant est fort bien mené et rythmé ; il ne souffre d’aucun des poncifs lassants de trop nombreux polars ou de l’ésotérisme de bazar de mes deux dégoulinant grave dans le DVC et il articule avec talent et sobriété la petite histoire dans la grande.
L’intrigue est fort bien montée et pleine de rebondissements pas téléphonés pour un sou : Bien qu’elle soit de pure imagination, l’auteur la rend plus plausible tu meurs et sans la documentation placée en annexe, elle pourrait faire prendre à beaucoup des vessies pour des lanternes.
De plus, sur la fin l’on ne reste pas sur la sienne et l’on ne se sent pas frustré d’un poil de n’avoir pas la totale révélation du mystère.
À vrai dire, nous sommes ainsi pris contents et conquis à l’hameçon de Goetz car si le méchant affreux parvient à prendre la fuite (à l’Anglaise) la zéroïne (nommée Pénélope, hé, hé) repart pour de nouvelles odyssées ; ce qui annonce sans doute une suite homérique, sagace et de saga.
Bref, ce bouquin m’a plu, vous l’aurez deviné.

Ceci étant, j’en profite lâchement pour préciser deux points d’Histoire.

Premièrement, Guillaume – quel beau prénom, Duc de Normandie était tout sauf français et ce, contrairement à ce que pensent une majorité de républicains royalistes franchouillards.
Son père était un bâtard de Viking saxonné de Frison et sa mère une celto-gauloise mâtinée de tous les sangs barbares qui coulaient à l’époque dans les veines de tous ceux qui en avaient ou pas. (Normand signifie = Homme du Nord)
Sa meuf, Mathilde était une princesse flamande de grand cru.
Les Normands de l’époque vomissaient tout ce qui était de la France naissante tout comme ils abhorraient les Saxons anglais du félon Harold.
Guillaume (que Mathilde appelait sans doute « mon Wilhelminou adoré » lors des câlins du matin) était du reste aussi bâtard que ses soldats et ses bateaux étaient tout sauf des drakkars.
Le grand rêve de ce conquérant fut sans aucun doute de s’asseoir sur le trône grand breton du preux roi Arthur, mais aussi et surtout de rétablir fissa l’empire de Charlemagne (et d’Occident) que des héritiers maffieux – dont les rois de France - avaient détruit hors de toute raison et lucidité.

Secondement, pour vaincre les Saxons, les Normands s’étaient allié pas mal de leurs voisins dont des Bretons et des Picards.

Mon demi-sang picard fait alors un tour en bouillonnant car, le Guillaume de Normandie blesse ici mon bas dans la mesure où, une fois assis sur le trône d’Angleterre, il ne récompensa de titre et de terres que ses bâtards de Normands en congédiant méprisant ses valeureux alliés étrangers.
Cela est d’autant plus honteux grave que ce sont bel et bien les fabuleux archers picards qui permirent de leurs traits fournis et précis la victoire décisive d’Hasting en 1066.
Et c’est depuis ce triste temps et ce lâche camouflet, que la Picardie méprise royalement la Normandie - qui reste toutefois une bien belle province quand même - et n’a d’amis qu’en île de France, en Flandre, en Wallonie ou en Champagne.
Ah mais !

Fin de loup


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Vendredi 22 juin 2007 5 22 /06 /2007 20:31

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Je ne sais plus où j’ai trouvé cette phrase que j’aime beaucoup :

« La tour de Pise doit s’écrire en italiques »


Fin de loup


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Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /2007 20:42

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J'ai trouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements :

« J'ai retrouvé récemment un véritable carnet de bal offert à ma soeur pour ses 15 ans. Un carnet glissé dans un étui doré recouvert de tapisserie à petits points, fermé par un minuscule porte-mine tout aussi doré. Ces feuillets étaient autrefois destinés à noter le nom des cavaliers à qui l’on devait accorder les prochaines danses ; griffonner de petits mots doux, ou noter des adresses.
Maintenant on a le téléphone cellulaire. Et l’on danse seul »

(Ennairam, Les Fantaisies d’Enn’, Carnet de bal, 1/06/2005)


Note du loup : On peut imaginer que le monde n’est qu’une immense toile d’araignée que nous parcourons toute notre vie plus ou moins englués comme des moucherons égarés.
Nous errons fébriles de fil en fil, de maille en maille, inquiets d’apercevoir trop tôt l’ombre inéluctable de l’araignée de la mort.

On peut autrement se dire que nous sommes cette araignée tissant la toile de sa vie à la surface de laquelle viennent s’échouer des êtres, des objets, des sensations que nous emballons alors du cocon de notre pensée, de nos sentiments et de nos souvenirs.
Nous sommes alors telle Ennairam contemplant son carnet de bal à conjuguer l’être, l’avoir, le sentir, le vivre enfin.
Ces items, ces lagans que nous glanons ainsi et que nous emportons deviennent petit à petit des éléments de nous-mêmes et nous changent, et nous forgent et nous transforment avec plus ou moins de bonheur.
Nous aimons à les redécouvrir de temps en temps en les sortant d’un tiroir, d’une armoire ou d’une malle pour signaler leur trace dans notre âme ; pour les replacer dans notre perspective, dans notre harmonie ou notre chaos.
A chaque fois cependant, ils sont différents, car seconde après seconde, nous ne sommes jamais dans le même espace-temps, dans la même déclinaison de nous-mêmes, dans la même conjugaison de notre être.

A dix ans, nous vivrons au futur simple ; à quinze ans, nous explorerons le conditionnel ; à vingt ans, nous bricolerons ou nous jonglerons avec tous les temps ; à vingt-cinq ans le passé ou le subjonctif nous taquinerons ou nous hanterons  et à trente ans nous empoignerons résolument la hache du présent.
Puis viendront les quarantièmes rugissants où, bien souvent, la barque, le paquebot ou la galère de notre vie manquera de chavirer à chaque seconde toujours remise en question.
On se perdra dans des déclinaisons délirantes ; on se déboussolera à tout cap et à tout vent ; on écopera comme on pourra ; on se délestera de nos illusions et de nos rêves et plus aucun temps ou espace n’aura alors l’heur de nous plaire : Nous serons au creux de la vague à quelques encablures du cap du Démon de Minuit ou de Midi sans même souhaiter vraiment organiser notre naufrage.

Mais bientôt, la brume se lèvera et nous apercevrons alors les rivages inconnus du tranquille Archipel des Cinquante, baignés de l’Océan Quantique et bercé par les bises du vent Infinitif.
C’est vrai que jusqu’alors nous n’aurions jamais pensé à « l’infinitif » de notre être ; nous l’aurions oublié, voire méprisé.
En fait, ce n’est pas vraiment un temps et ça ne se conjugue jamais.

En réalité, c’est tous les temps, tous les genres, tous les lieux, toutes les déclinaisons et toutes les conjugaisons possibles et imaginables à la fois : C’est un objet quantique !
L’infinitif est une baguette de sorcier ou de sourcier et quand on sait la manier, la vie devient bientôt une suite ininterrompue de petits bonheurs, de petits plaisirs, de petites sensations, de petites pensées nacrées.
Les dangers, les malheurs, les peines deviennent des poussières et sont vite balayés par un sourire, un rire ou un soupir du bonheur que l’on a de déguster le café du matin dans un rayon de soleil et les parfums de chocolatines à la terrasse d’un bistrot de Toulouse ou de Montauban.

Tels sont les plaisirs, les bonheurs, les fantaisies, les frivolités et les caprices d’Ennairam qu’elle nous offre sur ses blogues avec amour, tendresse, intelligence et humour.
A travers le miroir de sa toile virtuelle, elle décline ou conjugue avec charme et raffinement le Grand Infinitif d’une Marianne qui ainsi restera pour nous éternellement jeune, disponible, le cœur comme l’esprit à jamais ouvert sur le grand théâtre ou l’ineffable roman de nos vies et de notre monde et à jamais en résonance avec toutes leurs vibrations et toutes leurs sensations.

Aujourd’hui, 29 janvier 2007, c’est l’anniversaire d’Ennairam.
Je ne sais pas où elle en est de son parcours (hum !), mais je sais qu’elle est sur la bonne voie.
C’est du moins la grâce que je lui souhaite car on l’aime tous grave cette foutue sacrée araignée garoue !

Bon anniversaire Ennairam !

Fin de loup


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Mercredi 5 juillet 2006 3 05 /07 /2006 19:54

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J'ai trouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements :


« Une main qui tient la mienne : Trop serrée, elle m’écrase ;
j’essaye de me dégager ; elle serre de plus en plus, et j’étouffe.

Trop lâche, je glisse ; j’essaye de me rattraper ;
elle ne me retient pas ; je tombe
et me brise en milles morceaux. »

(Petite Renarde, Pas si simple, 15 juin 2006, blogue « Petite Musique de nuit »)


Note du loup-garou : J’en ai déjà souvent parlé de la Petite Renarde-garou qui est certainement ma plus ancienne et fidèle lectrice.
Aujourd’hui, c’est le premier anniversaire de son blogue « Petite musique de nuit » (en lien aussi depuis un an à droite, pub).
C’est important cet évènement-là et ça doit se fêter du mieux possible.
Je ne pouvais donc pas laisser passer ça sur mon blogue que cette Renarde doit connaître par cœur et qu’elle visite tous les jours depuis sa création.

Moi, j’ai été très content le jour où elle a créé son blogue, la Petite Renarde, hein !
Bien sûr, comme chez tous les blogueurs, il y a des hauts et des bas, des coups de blues bloguien, des déprimes statistiques, des doutes métaphysiques, des angoisses éditoriales, mais au bout d’une année, on est vraiment content et souvent fier d’avoir fait « tout ça » car ce n’est pas si simple à faire en fait.
Car un an de blogue, même si on ne poste pas tous les jours, c’est impressionnant et ça donne une toute autre dimension au temps et partant, à sa vie.
Et puis, on est content de continuer, parce qu’au bout d’un an, on est complètement mordu ; on a envie de faire mieux et surtout, on n’a pas envie de décevoir tous les gens qui régulièrement viennent vous lire ou vous commenter.
Ça crée des liens de tenir un blogue, hein !
Et ces liens créent des obligations qui deviennent souvent des joies quotidiennes et une amitié virtuelle, mais vraiment cordiale.

En plus, le blogue de la Petite Renarde est des plus jolis et des plus agréables à lire et elle manie la hache Té-aime-elle comme nul autre (en tout cas bien mieux que moi, hein !).

Elle adore la musique cette renarde, la bonne (la vraie) musique et tout le monde sait que la musique adoucit les mœurs, comme les blogues.
Et elle connaît la musique en plus car elle joue du piano.
Et qui va piano…
Et puis les renardes sont rousses habituellement.
Et la Rousse a beaucoup de jolis mots.
Les renardes glapissent généralement, mais celle-là chante.
C’est vrai que c’est une renarde-garousse
Allez donc la flooder cette Petite Renarde qui est devenue grande et qui a désormais un beau territoire marqué et fieffé dans la jungle des blogues.

Et je chante :
Lundi matin, l’empereur, sa femme et le petit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince
Comme j’étais pas là, le petit prince a dit
Puisque c’est comme ça, nous reviendrons mardi
Mardi matin, l’empereur, sa femme et le petit prince…
Etc…

Fin de loup et d'autres canidés


Publié dans : Les runes du loup-garou - Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire

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