Le plan du Labyrinthe

Le labyrinthe

Rechercher

Icône du jour

Les hurlements des autres

Liens

Les concerts du loup-garou

Dimanche 23 mars 2008 7 23 /03 /2008 20:39
J’aurais tant aimé être une telle machine à coudre (Martin Lothar)

Saviez-vous les gens que le loupissime Garou Jean Sébastien Bach s’est payé récemment le luxe de se refaire le portrait ?
Je vous le dis et même je vous l’affiche : BachVisage.jpg
En ce jour de Pâques, je ne pouvais pas le louper notre JSB surtout quand il est ainsi ressuscité!
Ce musicien à propos duquel Emil Cioran écrivait que Dieu sans lui ne serait rien ou pas grand-chose…
Ce Bach qui eut deux femmes, vingt enfants dont trois génies et un foutu caractère.
Pour le trois cent vingt troisième anniversaire de la naissance de Bach en effet (21 mars 1685), les autorités d'Eisenach (sa ville natale en Thuringe, Allemagne, Europe) ont décidé de refaire son visage selon les derniers cris de l’anthropométrie et de l’informatique.
C’est Caroline Wilkinson (certainement pas rasoir celle-là !) de l'université de Dundee, en Ecosse, anthropologue connue pour avoir notamment reconstitué le visage du pharaon Ramsès II, qui a opéré le maître de l’harmonie et du contrepoint sur des données anatomiques plus scientifiques, tu meurs !
Ce visage de JSB serait ainsi ressemblant à 70%

J’ai tout entendu de l’œuvre profuse et sublime de Bach, absolument tout et parfois dans de multiples versions.
Je le reconnais à la deuxième mesure et je l’entends toujours gueuler dans les compositions des Mozart, Beethoven, Schubert, Beatles, Pink Floyd et tutti de chez Chianti.
J’ai découvert ce musicien grâce à Jacques Merlet (mais qu’est-il devenu ?) producteur à France Musique et qui à une époque animait les dimanche, à neuf heures, avec une classe et une culture savoureuse et sagace, une émission consacrée à chaque fois à une cantate de JSB (qui en aura composée plus de 200 hein !)
Je pouvais ainsi dans mon lit – sans aller à la messe – réviser toute ma Bible, l’Histoire et surtout apprendre tout de la musique classique et contemporaine d’ailleurs !
Il faut dire que Bach a été le réinventeur de la polyphonie voire de la musique occidentale après Biber et Monteverdi sans doute.
Il fut une intelligence musicale en forme de table rase (tabula rasa) mais surtout un grand reconstructeur – un joueur génial du lego harmonique et vibratoire, un vrai réactionnaire quoi.
C’était un homme d’ordre, de l’Ordre harmonique, de l’universel et absolu ordre du monde et des hommes.
Le Bach, avec trois notes de basse vous montait en règle et en trois mesure une cathédrale de splendeur, de bonheur et de plénitudes absolues.
Certes, son tic, tac, tac pourrait lasser bien vite et il lassa un temps comme le bruit d’une machine à coudre (Cocteau) jusqu’à ce que les baroqueux s’y mettent et reprennent les partitions d’origine pour découvrir et magnifier enfin les îlots harmoniques sublimes de douceurs et de nuances qui se cachaient dans l’ombre des grands rouleaux compresseurs bachiques.
Bach en Allemand signifie « ruisseau »
Si la vie n’est pas un fleuve tranquille, la musique de Bach est toujours une onde fertile et bienfaisante pour l’âme, l’esprit et le corps.

On t’aime Jean ; on t’aime Sébastien ; on t’aime Bach ; on t’aime ta Trinité Quantique et l’on a besoin de toi surtout par ces temps de stupeurs, de torpeurs, de foutaises et de vanité bling-bling techno à chier.

JSB, je t’en supplie, reste avec nous !

Fin de loup

Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 10 commentaires - Ecrire un commentaire
Samedi 22 décembre 2007 6 22 /12 /2007 20:23

Pour les malheureux terriens qui ne le savent pas encore, je précise que l’excellent, l’inimitable et l’indispensable You des Alpages (en lien aussi à droite, pub) a, quelques moments dans sa vie bucolique et néanmoins bloguesque, la  grande bassesse d’être bassiste dans un groupe underground, rock – ou quelque chose comme ça - ou autre genre satanique que je crains subversif et jeune en diable pour ne pas dire terroriste grave.
Nul n’est parfait hein !
Il se commet en effet dans une compagnie suante, électrisée et sonorisée nommée « DarkAnkh »

 

flyerscenebastille3

 

Ne me demandez pas ce que signifie ce graphème barbare de derrière les fagots – j’en sais rien de rien – mais si le désir vous en pousse d’en savoir plus de chez Plus, je vous conseille vif de vous adresser à notre cher énergumène de You (en lien toujours à droite, pub)

Or donc et subséquemment, le susdit You et sa bande de jeunes déjantés musicaux ont l’audace ou l’ultime l’ambition de produire leurs œuvres insanes, géniales voire bruyantes le 5 janvier du futur an de grâce 2008.
Ils s’exécuteront en un antre plus ou bien mal famé dénommé « la Scène Bastille » à Paris – oui ça existe toujours – France, Europe, planète Terre, système solaire, Voie Lactée, Univers et plus loin, ché plus…
Pour plus de détail sur cet événement insolite, stressant, plébéien, voire anarchiste insurrectionnel ; pour toute réservation ou autre question d’angoisse métaphysique, veuillez bien cliquer sur le lien habilement mis en fin de cette note, mais pas tout de suite parce je cause là hein !

Bon moi, pour tout vous dire, je n’y serai pas dans la mesure où j’aurai la plus ou moins bonne raison d’être ailleurs à torcher d’autres mammouths trisomiques ; à récurer quelques casseroles en feu d’amour ou à fouetter quelques chats de berger voyoutocrates qui le mériteront toujours ; croyez-moi.
Par ailleurs, même si j’adore le susdit You – du moins son blogue et sa môman hein ! – j’ai quelques craintes que la divine musique qu’il dispensera avec sa poterie éclairée et agitée ne soit ni de mon goût, ni de mon ordre, ni de mon âge poudreux sinon canonique et surtout pas de la résistance physiologique de mon ouïe délicate , mais néanmoins génétiquement et désormais pourrie.
Mais bon, je suis tout sauf sectaire ou tyran du sens et du goût de mes vivants prochains, vous le savez bien hein !
Et de plus, ça me fait un bien fou, un plaisir rare de faire une pub (confidentielle – restons lucides) à ce foutu chic type de You de ses Alpages alpins ou pas.

Voilà, c’est fait et j’en suis aise, na !

On t’aime le You ; reste avec nous ; on ne t’oubliera jamais (Ne mets surtout pas doucement les basses ; éclate-toi hein !)
Ah mais !

Pour le concert de You et autres DarkAnkh , le 5 janvier 2008, cliquez-là


Fin de loup


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Dimanche 17 juin 2007 7 17 /06 /2007 21:53

Le temps est loin de nos vingt ans
Des coups de poings, des coups de sang,
Mais qu'à cela ne tienne, c’est pas fini
On peut chanter quand le verre est bien rempli.
Buvons encore une dernière fois
A l’amitié, l’amour, la joie.
On a fêté nos retrouvailles ;
Ça me fait de la peine, mais il faut que je m’en aille.

 

Note : Je vais sans doute trahir mon âge en disant que cette chanson « Il faut que je m’en aille » de Graeme Allwright (né en 1926) a bercé mon adolescence.
Elle est un peu niaise sans doute, mais elle résonne sans cesse au fond de moi.
Quand, c’est parti, ça revient toujours…
Graeme Allwright est un chanteur français né en Nouvelle-Zélande.
Il a adapté et chanté les « protest songs » des années 60 et 70 dont certaines de Bob Dylan.
Il a adapté et chanté aussi et surtout, avec talent, des chansons de Leonard Cohen.
Il a fait un superbe album de chansons traduites en Anglais de Georges Brassens. (Les amateurs comme moi ont apprécié, croyez-moi)

Graeme Allwright est promu loup-garou de première classe dans l’Ordre du Loup-Garou.
Car tel est mon bon plaisir.
Ah mais !
Ceci étant, je ne m’en vais pas hein !
A demain !

Fin de loup


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 7 commentaires - Ecrire un commentaire
Dimanche 3 décembre 2006 7 03 /12 /2006 21:31

Quand j’avais vingt ans (au siècle dernier) je voulais être chanteur pop.
A l’instar de Balavoine, je rêvais qu’après le concert du siècle à Central Park (où j’aurais cassé ma guitare sur un ampli ou sur la tête du batteur) une bande de filles en folies se serait jetées sur moi pour m’arracher des lambeaux de polo ou mieux de jean voire même du slip.
Je rêvais que toutes les nuits, je faisais l’amour avec une fille différente et que chaque fois, nous étions réveillés par mon banquier demandant des instructions pour canaliser les milliards inondant mon compte en banque.
J’aurais fait mes (premiers) adieux à 25 ans avant de me retirer avec une centaine de jeunes gens sur le Larzac (ou un truc comme ça) pour élever des loups, des chèvres, des choux et fonder une secte mondiale de fumeurs de moquette.
Les villageois du cru auraient fait une guerre civile pour empêcher l’érection de ma statue sur la place d’un patelin inondé de fans japonais.
Et puis plus tard, j’aurais fait un blogue qui aurait rendu Loïc le Meur jaloux à crever.

Mais bon, après les premiers mois de fac de droit, je me suis dit que je devais sans doute rêver à autre chose de plus concret hein !
Ceci étant, entre deux articles du Code Civil, je grattais ma guitare définitivement désaccordée et je composais des chansons du genre plus centre culturel, tu meurs.
Un jour, j’ai acheté deux micros et une boîte à rythme qui faisait les basses et quelques échantillons de batterie.
Je branchais le tout sur mon vieux magnétophone à bande et j’enregistrais ainsi des heures et des heures de musiques fadasses ornées de vers mirlitonesques sortis tout droit du nez.
Et puis le temps passa avec ses vaisselles, ses courses, ses ménages, ses heures sup.
Bon nombre de ces enregistrements périrent en spaghettis dans des poubelles de déménagements et la guitare fut bientôt remisée au fond d’une penderie sombre et poussiéreuse.

L’autre jour en découvrant le logiciel GarageBand, j’ai repensé à ces années et j’ai recherché les éventuelles cassettes sauvées des âges.
J’en ai retrouvé une seule (pour le moment) que j’ai aussitôt numérisée.
Sur cette cassette, il y avait le rush très maladroit d’une chanson nommée « Il est difficile d’aimer »
Mes lecteurs un peu curieux en auront entendu un extrait que j’avais mis sans rien dire en haut à droit, pub.
J’ai importé la chanson sur l’ordinateur et j’ai fait un premier essai de « remastering » en ajoutant une partie de trompette, une voix et un accompagnement de cordes.
Les paroles de la chanson :

 

Adieu ami tu t’en vas ;
Adieu amours, vous passez
Chacun de nous apprendra
Qu’il est difficile d’aimer.
Tu meurs, vieillard emportant
Le secret de tes années
Tu sais que par tous les temps
Qu’il est difficile d’aimer.
Tu sais, enfant dans ta peine ;
Toi qui sanglotes, blessé,
Toi qui vas, chargé de chaîne
Qu’il est difficile d’aimer.
Celui qui souffre ici-bas
Connaît ta race, Etranger,
Car par lui tu sais déjà
Qu’il est difficile d’aimer.
Si l’âge d’or n’est plus loin
Amis chantons ses années,
Si même on sait néanmoins
Qu’il est difficile d’aimer.

 


Même si le résultat de cet essai est très loin d’être parfait ; même si cette chanson est ringarde au possible, et qu’elle est en l’état très difficile à aimer, en l’écoutant, je n’ai pu m’empêcher de chialer un bon coup.
Ça fait du bien, hein !
Ça purge le coeur d’un certain nombre de cochonneries empilées depuis des années.

Ça fait drôle de rigoler et de chanter avec le jeune homme que je fus et qu’il m’a toujours été difficile d’aimer !
Pour écouter cliquez là (MP3) : DiffDaimer2 

Fin de loup


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 5 commentaires - Ecrire un commentaire
Vendredi 1 décembre 2006 5 01 /12 /2006 11:20

Bon, puisque toute la blogosphère s’est gaussée méchamment de ma composition géniale d’hier, je l’ai légèrement modifiée : J’ai refait l’intro et j’ai changé la batterie.
Voilà donc la version 2 qui sera la définitive hein !


Comme je tâtonne, ce n’est pas évident que ça puisse encore marcher.

Fin de loup

 


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 7 commentaires - Ecrire un commentaire
Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /2006 15:51
Ecoutez (si vous pouvez !) :

ChansonLothar

 

Je suis le génial compositeur de ce machin.

 

Paroles & musique de Martin Lothar
Chant : Le petit Chaperon Rouge

 

Orchestre : Ze Lothar Garage Band

  • Guitare : Martin Lothar
  • Orgue : Jean l’Ogre
  • Violon : Sherlock Holmes
  • Basse : Arthur Dracula
  • Batterie : Frank Frankenstein
  • Tambourin : Pierre Arthur du Plessis de la Fagne 

Conseillers techniques : Steve Job et Anton Skomager

 

Voici les paroles :
Le loup Lothar (7 fois)
Aaaaah (tout les reste)

 

Studios de la Tanière 30/11/2006

 

Fin de loup

 

Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 17 commentaires - Ecrire un commentaire
Samedi 21 octobre 2006 6 21 /10 /2006 19:35

Je suis dans ma petite Clio pour aller faire des courses hebdomadaires chez Champion.
A peine sorti du garage, je mets la radio qui est fixée sur Radio Classique.
Par un effet du hasard, je tombe dans un creux, c’est-à-dire entre deux morceaux.
Ce qui va suivre s’est réalisé en quelques secondes :

  • Un orchestre de cordes se lance dans son thème ;

  • Quelques mesures et je reconnais du JS de chez Bach ;

  • Je connais ce morceau, mais ne peux le nommer dans mon esprit embrouillé du samedi matin ;

  • C’est un orchestre ni baroque, ni moderne, ché plus ;

  • Il y a une telle pulsation dans le jeu des archets que je reconnais incontinent ce bon vieux John Eliot Gardiner à la baguette si ouverte ;

  • Quelques mesures plus tard et notre Bach devient du Vivaldi ;

  • Je connais ce morceau, mais ne peux encore le reconnaître ;

  • Quelques mesures encore et notre Vivaldi redevient du Bach ;

  • Je parie toujours pour Gardiner ;

  • J’exclus les quelques œuvres de Bach sur des thèmes de Vivaldi ;

  • Vivaldi n’a pas composé sur des thèmes de Bach ;

  • Pourtant ils sont bien là-dedans tous les deux ;

  • A-t-on découvert un nouveau manuscrit ?

  • Mais je connais ce morceau, mais ne peux encore le nommer ;

  • Quelques mesures encore et notre Vivaldi joue à saute-mouton avec Bach ;

  • Bon là, tout de go, il y a un chœur qui s’enchante sur un « Dixit Dominus »

Bon OK : Tout faux le loup !

Si ce n’est pas Bach ou Vivaldi, c’est l’autre génial affreux jojo (né en 1685 comme le père JSB et le Domenico de chez Scarlatti)

Le développement épatant du chœur en est patent !

  • C’est lui !

  • C’est Jojo.

  • C’est toujours Gardiner aussi.

  • Et si c’est Gardiner, le chœur est le Monteverdi Choir et l’orchestre, c’est le Monteverdi Orchestra.

  • Je parie mon poids en cacahuètes népalaises !

  • Ça pulse trop.

  • C’est trop bon

  • Ça déchire grave.

  • J’en arrête la bagnole sur le bas-côté pour écouter tout ça en fermant les yeux.

  • Les voix du chœur s’empilent ou s’enchevêtrent inexorablement en un jovial feu d’artifice sur les bases vibrantes des cordes : C’est une cathédrale d’un bonheur idéale qui se compose dans ma tête…

  • Puis ça retombe en gerbes et remonte soudainement en fontaine de jouissance, de voluptés et d’ordre.

  • Et ça recommence…

Et puis le silence et la voix dans le poste qui désannonce :
« C’était le chœur d’entrée du Dixit Dominus de George Friedrich Haendel interprété par le Monteverdi Choir & Orchestra dirigés par John Eliot Gardiner »

Le Saigneur a dit ce jour que le loup avait droit à quelques minutes de paradis.

GF Haendel a composé ce Dixit à l’âge de 22 ans alors qu’il voyageait en Italie.
Moi, à 22 ans, je ne savais même pas péter mélodieusement.

Note : Le Dixit Dominus est tiré du psaume 110 de David (109 pour la Vulgate)

Dixit Dominus Domino meo sede a dextris meis donec ponam inimicos tuos scabillum pedum tuorum
Parole du Seigneur à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis (ou de tes malheurs. NDA) ton marchepied.

Fin de loup


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /2006 17:02
 

Bon, vous savez (peut-être) que quand tout va bien, je suis un passionné de musique hein !
Principalement classique et baroque, mais je ne suis pas sectaire, moi !

J’ai dédié une catégorie les concerts du loup-garou (Voir colonne de gauche, pub) sur ce blogue pour la musique de tout vent, de tout temps et de tout poil, qui c’est vrai, n’est pas très riche pour l’heure.
Je vais la compléter comme je pourrai et quand je pourrai.

Ceci étant, j’ai mis pas mal de liens concernés par la musique à droite, pub.
Il y a évidemment la Petite Renarde ;
Il y a aussi Zvezdoliki.

Je viens de rajouter le blogue de Bra.
Non seulement c’est musical, mais c’est sympa et en plus, Bra et moi nous avons de nombreux liens en commun et nous sommes souvent co-commentateurs  sur de nombreux blogues divers de chez Variés.
Alors…

Enfin, les mélomanes peuvent sans passeport et sans honte, aller lire cette note postée sur le loftblog Frivoli.

Fin de loup


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Jeudi 24 août 2006 4 24 /08 /2006 21:00

Une équipe de chercheurs de l'université de Bologne viennent de déterrer le cadavre du célèbre castrat Farinelli (1705-1782) afin d'étudier comment son anatomie a réagi à la castration !

Farinelli

Farinelli, source Wikipedia

Bon moi, je ne vois pas encore l’intérêt du truc hein !
C’est vrai que les castrats sont une espèce en voie de disparition…
Ils ont même tous disparus et le dernier en date se nommait Alessandro Moreschi qui était chanteur à la Chapelle Sixtine au début du siècle n° 20.

Un castrat est un chanteur de sexe masculin ayant subi la castration avant sa puberté afin de conserver sa tessiture et son registre d’enfant.
Vous allez me dire : « A quoi bon ? »
Les castrats ont été inventés en des temps où les musiciens criaient misère (ce qui est encore le cas aujourd’hui, hein ! surtout quand on colporte n’importe comment leurs œuvres et leurs droits) et où il était souvent interdit aux femmes de chanter dans des églises ou dans des opéras.
L’intérêt aussi du castrat sur une voix féminine, c’est qu’il a plus de coffre et que son registre (aigus/graves) est généralement plus étendu.
Ce n’est pas le tout d’avoir une belle voix, il faut aussi qu’elle soit l’outil pour l’expression d’un maximum d’émotions et de vibrations.
L’autre intérêt c’est que même sans leurs boules, ils restent des garçons et qu’ils chantent vraiment d’une « autre manière » que les filles : Il y a en effet (à mon sens) une nette différence « sexuelle » notamment dans la « respiration » et dans l’articulation des sons.
Mais bon, c’est mon opinion hein !
L’inconvénient par rapport à une voix de femme, c’est que d’une manière générale ils ne sont pas toujours aussi « justes » et surtout, ils ne peuvent jamais dans les registres aigus être aussi à l’aise ni monter aussi haut que les vraies gonzesses qui en ont deux où je pense.

Pour l’instruction de mes lecteurs de chez Tousâges Tousexes & Toutpoil, je livre la liste des « voix humaines » de chez Tousâges Tousexes & Toutpoil communément admise par les mélomanes patentés.
Je précise que cette liste a été établie avec célérité, autorité, commentaires et sympathie par Giovinetta (Cantatrice de grands talents et coloc sur le loftblogue Frivoli)
Pas de la merde quoi !

De haut en bas vous avez donc :

  • Soprano (je passe léger, colorature, spinto, lyrique, dramatique qui sont autant de caractères que des hauteurs)  et les sopranistes (j'ai pas été regarder comment ils sont faits)

  • Mezzo (soprano)

  • Alto et contralto et contre-ténor à l'Anglaise (voix de tête comme Alfred Deller, Henri Ledroit) et j'y mettrais les castrats même s'ils sont intermédiaires car en voix de poitrine puissante comme les ...

  • Haute-contre à la française (voix de poitrine poussée très haut comme JP Fauchécourt)

  • Ténor napolitain ou non

  • Baryton (martin et autres oiseaux)

  • Baryton basse, intermédiaire évidemment

  • Basse, basse noble, basse profonde. Il doit là aussi y avoir des subdivisions.


Dans tout cela, j’ai mes préférences, bien sûr, mais c’est une autre histoire et une autre note !
Ceci étant…
J’ai écrit quelques lignes plus haut le mot « vibration »
Ce mot, cette « idée » est en fait la clé de tout l’univers et de la vie…

La première chose que nous faisons quand nous naissons : Nous crions !

Nous gueulons et dégueulons tout ce que nous pouvons.

Nous crions, (et nous chantons aussi), car nous vibrons seul, tout seul et tout nu pour la première fois de notre vie.

Car nous avons attrapé le plus haut-mal de l’univers : La vie !

C’est vrai que ça fait chier ! (au sens propre, sale et figuré)
C’est vrai que ça doit faire mal.

Nous étions bien dans notre œuf hein ! Trop bien !

oeuf

Pendant des mois, nous étions en un décubitus fœtal des plus reposants.
Nos poumons étaient gorgés d’un nectar exquis que nous « respirions » et « expirions » sans le savoir et qui nous nourrissait à chaque seconde sans que nous ayons à le demander ou que nous ayons la colère de l’exiger ou l’angoisse d’en manquer.
Nous étions dans une chaleur des plus douces, en état d’apesanteur, dans un silence et une paix « royale » voire « divine »
Tout juste la palpitation du grand cœur de notre matrice nous berçait : Poum poum,  poum poum, poum poum…
Luxe, calme et volupté.
Nous autres petits garçons, nous pouvions même bander tout à notre aise sans que personne ne le remarque, s’en moque méchamment (ou pas) ou nous le demande…
Nous avions d’autres vagues « échos » et vibrations d’un « ailleurs » dont nous nous foutions comme de l’an quarante.
Le grand pied bleu quoi…
Le Paradis !

Et puis un jour, il y a eu cet « ordre » : Dehors !

Fait chier !

Les plus grands physiciens actuels vous expliquent que quelques secondes avant le « big-bang » l’univers était réduit à un seul point.
Les géomètres ajouteront qu’un point n’a aucune dimension quel qu’elle soit.
Non seulement ce point primordial n’avait pas de dimension, mais il n’était non plus la continuité d’aucune ligne, l’expression d’aucune figure, la réalité d’aucun plan, surface ou volume.

Un point, c’est tout.

Et tout fut en un seul point.
Ils vous diront aussi que dans ce point sans corps ni âme, il y avait toute l’énergie de l’univers à l’état pur.
C’était la concentration de toutes les forces, de toutes les possibilités, de tous les destins, de toutes les évolutions, de tous les états et de toutes les dimensions.
C’était le point primordial, la Verbe, le Grand Quanta !
Lui aussi était dans son « paradis »
Et puis, il y a eu un ordre aussi à ce moment-là.
Qui le donna ?
Je ne me prononcerai pas sur ce problème, ou cette fonction (comme beaucoup d’autres)
Mais je cherche hein !
Je n’ai plus que ça à foutre d’ailleurs…
D’aucuns affirment que c’est le point lui-même qui se donna l’ordre (puisqu’il était tout en rien) et qui fit le « big-bang »

Toujours est-il que cela fut.

Toute l’énergie possible (actif) se libéra et « inventa » en quelques secondes quelque chose d’opposé, la matière (passif) simplement pour avoir quelqu’un avec qui s’engueuler (ou causer calmement)

Et tout alors ne fut que vibration…

Et notre bébé est viré de sa matrice.
Et ce petit point de toute espérance, de toute possibilité et de toute probabilité sortira de sa matrice comme il mourra : En serrant les poings.
D’abord on lui coupe le « grand lien » qui le reliait à la matrice, son FAI (Fournisseuse d’Abondance et d’Indolence)
Les vacances sont finies !
Et il vibre alors ; il gueule !

Fait chier !

En quelques secondes, ces poumons se remplissent de ce qu’il sent être du vide et de la solitude : De l’air, du gaz sec, froid, acide, inconsistant.
Il gueule !
Ça doit faire mal !
En plus, tels les Shadocks, il faut pomper sans cesse pour obtenir ce gaz de merde.
Et celui qui ne gueule pas se fait pendre par les pieds et reçoit sa première fessée !
Il gueule !
En quelques minutes, il devient le « réceptacle » des toutes les contraintes et de toutes les vibrations de l’univers : Températures, bruits, lumières, caresses, baisers, odeurs et surtout…

Surtout !

Oh ma mère !

Surtout !

Oh mon père !

La pesanteur, la gravité, la chute, l’inertie, la vieillesse, la mort !

En quelques heures, il fait encore la connaissance et engrange les vibrations et l’énergie de toute une société : Enfants, adolescents, gens mûrs vieilles personnes : Soprano, Alto, Ténor, Basse…

Jean-Sébastien Bach (qui dans ma meute vient de suite après moi, Arthur Rimbaud et avant Marguerite Yourcenar) a composé la cantate « Nun Komm der Heinden Heiland » (BWV 61 pour les fans) :
Le chœur d’ouverture de cette œuvre qui célèbre la naissance et la venue du sauveur (tout bébé est un sauveur potentiel ou pas) est une vibration hallucinante sur la vie :

Viens maintenant, Sauveur des païens
Enfant reconnu issu de la Vierge
Tel que le monde entier s’étonne
Que Dieu lui envoie pareille naissance.

C’est une ouverture « à la française » et par « ordre d’apparition » vous avez d’abord les sopranos, puis les altos, puis les ténors et les basses chantant à leur tour « Nun Komm… »

Ces quatre voix vibrantes se fondront enfin dans…

Dans…

L’harmonie, la révélation, la vie.

Tout cri est un chant
Tout chant est un cri.
Tel le nouveau-né, l’humanité a crié et a chanté avant même de se lever ; de peindre, de parler d’écrire ou de se battre.
Les enfants chantent alors qu’ils ne savent ni lire ni compter et écrire et c’est bien chanter qu’ils aiment le plus au monde.
Ecouter un enfant chanter guérit de tous les cancers de la vie.

Certains musicologues se sont baffés grave pour déterminer quel était le premier instrument de musique.
Certains avançaient le tambour ou le xylophone (un simple tronc de bois évidé) ; d’autres la flûte (en roseau ou en os percé)
Il est évident toutefois que le premier instrument de musique au monde est le corps humain.
C’est même le plus beau et le plus compliqué.
Des grandes orgues à côté, c’est de la gnognote.
C’est pourtant grandiose, complexe et beau un orgue, hein !
C’est un souffle dans des tuyères bien ordonnées.
Ça vous donne des frissons irrépressibles quand ça raisonne, vibre dans une cathédrale de plus haut style.
Bien orientée ou pas
Que l’on soit croyant ou pas.

En faisant ainsi vibrer leur corps « en harmonie », nos ancêtres des cavernes ont compris (reçu) le secret des secrets de l’univers.
Ils ont tout compris (perçu) de la vie.

Résumons nous : Au moment du big-bang, l’univers n’était qu’un point d’énergie sans taille, ni forme, ni dimension et finalement sans existence propre.
C’était le Grand Quanta.
Il était proche du néant sans que le néant soit car le néant ne peut rien produire, modifier altérer, détruire ni contenir quoi que ce soit (sinon ce n’est pas du néant, hein !)
Soyons réalistes sinon logiques.
Bref, le Grand Quanta était sans être : C’était une sorte d’infinitif de l’être qui n’avait personne pour le conjuguer.
(OK mes métaphores sont un peu simplistes, mais je n’étais pas là quand ce qui devait arriver arriva, hein !)
Le Grand Quanta s’emmerdait grave dans son grand tout seul où il ne pouvait même pas voir à quoi il pouvait bien ressembler.
Finalement (et originellement) la création de l’univers est une grosse dépression due à la solitude.
Je vous le dis comme je le sens, hein ! En cette fin d’un mois d’août plus pourrie t’es blanc comme un cachet d’aspirine (vitaminé C).

Le Grand Quanta inventa donc le miroir, le grand Autre.
Il créa alors de ce qu’il était en potentiel tout ce qu’il lui fallait pour être en réel : L’addition et la soustraction ; La multiplication et la division ; les puissances et les racines ; l’injection, la bijection et la projection.
Il inventa cette fabuleuse trinité : L’opposé, l’inverse et le contraire qui permet à l’unité de générer l’infini et l’éternel.
Il inventa l’Autre, son miroir.
Il inventa le temps et la conjugaison.
Il inventa la communication et l’amour.
En rencontrant l’autre, l’énergie s’est fait vibration (et vice vertu, pour ne pas dire lycée de Versailles)

Bon au départ, c’était un grand beau bordel de chez foutoir hein !
Il y avait des ondes et des vibrations altruistes dans tous les sens.
Pas le moindre pion, comptable ou flic pour surveiller ou réguler tout ça.
A un moment donné pourtant, deux ondes (ou plus) se sont télescopées et ont dû créer ce que l’on appelle « l’effet papillon » voulant que les battements d’ailes d’un papillon en Europe génère des ouragans aux antipodes.
Les forces multipliées des chocs de ces ondes (réverbération) ont fini par créer des zones compactes, résistantes, absorbantes ayant une certaine agrégation, une certaine cohésion, une certaine « affinité » un certain sens.
L’unité exprimée créa ainsi un nœud, un groupe.
Dans la théorie du chaos, on appelle ça des « attracteurs étranges »

Difficile de trouver une bonne image pour vous expliquer ce que peut-être un « attracteur étrange »
Je vais essayer quand même : Quand vous êtes dans votre bain mousseux et quand vous êtes las de jouer avec votre canard en plastique qui ne fait plus coin-coin depuis longtemps quand vous appuyez dessus, vous rentrez dans la contemplation bestiale des amas de mousse qui se forme au dessus de votre nombril ou de votre zizi (notamment)
Comme pour certains nuages, vous voyez apparaître alors de formes reconnues : un papillon, une montagne, un arbre, la botte italienne, un éléphant, un dénoyauteur de pastèque, que sais-je ?
Le grand chaos de la surface de votre baignoire devient alors un espace quantique abyssal.
Jusqu’à ce que votre mère vous gueule de venir à table ou que le canard jaune vous rappelle à son bon souvenir en détruisant sur son passage toute la carte de l’Europe (l’Espagne avait une drôle de gueule, mais bon).
Ces formes de mousses formées sur votre corps reçoivent des ordres et des contrordres dont la moyenne (ou la tangente, je vous le fait rapide, hein !) est appelée « Attracteur étrange »
Ce n’est pas très loin des fractales (et c’est peut-être le contraire, voire l’inverse)
Et la matière fut ainsi que votre bain dans un certain ordre et même, dans un ordre certain.

Le compositeur italien Claudio Monteverdi inventa (avec d’autres, dont Biber en Allemagne) la polyphonie à l’aube du siècle n° 17 de notre ère.
Il composa en 1610 les Vêpres de la Vierge.
Dans cette œuvre, il y a un Magnificat.
Le Magnificat, que l’on soit croyant ou pas, est le Cantique de tous les cantiques.
C’est même le cantique du quantique.
Il réunit en effet les gloires de la Matrice, du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Ces trucs-là ne sont que les composantes du Quanta en fait : L’unité, l’opposé, l’inverse et le contraire (et vice vertu, hein !)
Le Gloria de ce magnificat est « crié » par deux ténors qui se répondent en écho sur le lit (le fleuve, l’océan) du « cantus firmus » des soprani et d’un orgue.
CF le prologue de l’Evangile de Saint-Jean (et bien d’autres textes moins hérétiques)
Quand j’entends ces quelques mesures, ces vibrations, cette harmonie, je ne peux plus vibrer : Je suis tétanisé.
Sicut erat in principio, et nunc, et semper et in saecula saeculorum…
Ah mais !

Fin de loup

 


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 9 août 2006 3 09 /08 /2006 23:29

Cette partie a été regroupée avec les deux autres dans cette note-là

Fin de loup


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 6 commentaires - Ecrire un commentaire
Mardi 8 août 2006 2 08 /08 /2006 21:40

Cette partie a été regroupée avec les deux autres dans cette note-là

Fin de loup


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 9 commentaires - Ecrire un commentaire
Vendredi 14 avril 2006 5 14 /04 /2006 21:20

Tiens, c’est Pâques.
C’est le moment d’écouter les passions de Jean-Sébastien Bach avant de se goinfrer de chocolat, d’agneau et de pinard.
JSB a écrit deux passions (selon Saint-Jean et selon Saint Mathieu) qui sont des sortes d’oratorios ou de drama per musica.
Comme il bossait comme maître de chapelle, les édiles de la ville de Leipzig ne lui permirent pas de composer de vrais opéras.
Ces deux œuvres figurent à mon avis parmi les dix plus belles œuvres chorales composées sur cette planète.

La Passion selon Saint-Jean (BWV 245) est de toute façon une passion pour moi.
Le chœur d’ouverture « Herr, unser Herrscher » est à se mettre à genou !
Il commence par un « fleuve » orchestral hallucinant : Glissement torrentueux des cordes d’où émergent les bois (flûte, basson, hautbois) en sonneries, en appels, en cris.
On imagine un fleuve gigantesque (la foule des pèlerins ?) venant faire éclater au pied de la croix, la plus puissante, la plus vibrante et la plus magnifique des clameurs : Les quatre voix unies du chœur déchirant le ciel ténébreux de nuages noirs du cri « Herr, Herr, Herr » Seigneur, Seigneur, Seigneur.
La passion de Jean se poursuit en alternance d’airs mélodieux, de récitatifs pathétiques et de chorals poignants jusqu’au très beau chœur final « Ruht wohl » (repose en paix) qui m’arrache toujours des sanglots.

La Passion selon Saint-Mathieu (BWV 233) est très différente finalement : Composée pour double chœur (voire triple si on compte le choeur d’enfants) c’est un monument à lui tout seul ; le rouleau compresseur de l’Harmonie !
Le chœur d’entrée est lui aussi fabuleux et un des sommets de la composition : Deux chœurs qui s’appellent et se répondent et entre lesquels glisse en cantus firmus un choral d’enfants.
Et puis il y a cet air d’alto « Erbarme dich, mein Gott » (Pitié pour moi, Seigneur)… Quelque dix minutes de bonheur intense !

Bien que je sois un « baroqueux », j’ai toujours aimé la version légendaire et moderne (Wagnérienne) de la Saint-Mathieu par le Philharmonique de Berlin dirigé en 1973 par Karajan (Chœur du Singverein).
Pour la Saint-Jean, je n’en démordrai pas : La version de 1971 de Nikolaus Harnoncourt (Consentus Musicus de Vienne + Chorus Viennesis + les Petits Chanteurs de Vienne qui se défendent comme des chefs)
Cette version sera mise dans mon cercueil (avec moi, hein !) sinon je viendrai hanter tout le monde grave à chier.

Fin de loup

 


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Mardi 21 mars 2006 2 21 /03 /2006 20:56

Ça commence comme ça, avec la main droite sur le clavier : Pim pim pim, pim…
C’est timide, hésitant, incertain.

C’est l’heure du goûter et l’enfant, à la fenêtre de la cuisine regarde en chantonnant le jardin se noyer sous une puissante giboulée de Mars.
Derrière lui, la grand-mère finit de beurrer une large tartine de pain noble ; elle y étalera bientôt la confiture de groseilles qui embaume sur la table, non loin du verre de lait chaud fumant.
Elle jette un œil en souriant sur le gamin qui se tortille d’impatience.
Elle sait bien ce qu’il attend : Il fixe anxieusement à travers le carreau le petit moulin de bois et de carton qui fut déposé le matin même dans la rigole au pied de la haie de troènes qui orne la cour.

La petite mélodie du clavier poursuit son thème, mais cette fois-ci de façon plus sûre, plus nette : Pim, pim, pim…

De grosses gouttes frappent le haut de la fenêtre et commencent leur glissade erratique le long des carreaux.
A la voix aigue de l’enfant se mêle bientôt celle de la grand-mère : Plus grave, plus sourde…

Sur le clavier, la main gauche effleure les touches de basses œuvres s’en mêlent en suivant, en accompagnant, en ombrant délicatement la jeune fugue qui s’étire :
Pim, pim, pom, pom, pim, pim pim, pom…

Dans la cour, la rigole se remplit bientôt et le flux parvient enfin à l’aube du moulin qui frémit.
La grand-mère dépose la tartine fine prête près de verre de lait et s’approche de la fenêtre car le grand moment arrive !
Alors que les voix chantonnantes de la femme et de l’enfant se mêlent tendrement, la roue du petit moulin commence sa révolution entraînant inexorablement toute une mécanique fragile et malhabile de rotules, de mandrins, de courroies et d’autres pièces multicolores.

Sur le clavier, le thème reprend une troisième fois, mais cette fois-ci, sans crainte, avec une vigueur indéniable, une fierté et un entrain irrésistibles.
Les aigus éclatent dans l’air comme des bulles ; les médiums, d’un seul coeur, leur emboîtent le pas ; puis viennent les basses qui, fermant la marche, balancent avec une précision feutrée la course de la plus belle et la plus universelle vibration harmonique jamais composée.

La roue du moulin tourne sous la pluie en vibrant d’allégresse ; la grand-mère et l’enfant éclate d’un même rire ravi.

Sur le clavier, la fugue se termine enfin dans la résonance d’un soupir d’archange
La beauté idéale et tant espérée est seulement esquissée…
Il va falloir attaquer avec ardeur la deuxième voie de la Montagne d’or…

Tel est l’aria des variations Goldberg composées en 1741 par Jean-Sébastien Bach (1685-1750) interprétées par le pianiste canadien Glenn Gould (1932-1982)
Cet aria sera décliné en trente variations qui à mon avis constituent une synthèse sublime de l’art de ce compositeur.

 

jsbach

 

Jean-Sébastien Bach (source Wikipédia)

 

Serait-il  puéril de penser que Bach est à la musique ce que Platon est à la Philosophie ou Thalès, Archimède, voire Einstein sont aux sciences ?
Il a tout mis en lumière et en ordre et nous offre une transcription musicale, rigoureuse, mécanique, algébrique ou géométrique de toutes les vibrations et harmonies les plus fondamentales de l’univers.
Cette œuvre doit son nom à un élève de Bach, Johann Gottlieb Goldberg (Montagne d’or) claveciniste du comte Keyserlingk qui, insomniaque, avait commandé une pièce à ces musiciens pour le distraire la nuit.
Bach composa alors ces trente variations formant ainsi la quatrième et dernière partie de sa Klavierübung (« exercices pour clavier »).

 

glenngould

 

Glenn Gould enfant (source Wikipédia)

 

Le pianiste génial, Glenn Gould, consacra une grande partie de sa vie à étudier les variations et en fit trois enregistrements où on l’entend chantonner en jouant.
Son jeu est le plus clair et le plus précis qui soit : Il est analytique, c'est-à-dire tout ce qu’il faut d’intelligence pour une œuvre de synthèse telles ces variations.
Cette œuvre semblait être pour Gould le pivot de toute la musique occidentale et c’est vrai que dans certaines variations, on sent poindre les Mozart, Beethoven, Schubert, Chopin ou Liszt ; ce dernier ayant transcrit pour piano ces variations composées à l’origine pour le clavecin.

Ah j’oubliais : JSB est né le 21 mars 1685, il  eut un ancêtre meunier et le mot allemand « Bach » signifie « ruisseau »

Fin de loup


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 12 commentaires - Ecrire un commentaire
Samedi 18 mars 2006 6 18 /03 /2006 17:44

Tiens aujourd’hui, c’est en France la grande mobilisation contre le CPE…
On peut se demander si le CPE is back…
Une fois de plus, c’est de la politicaillerie nauséabonde où la chienlit (nazillons soviétisant et pantouflards de chez Plusringardtumeurs) hurle contre la suffisance arrogante de chez Franchouillard à Chier !
Bref, les gogos et bobos de tout poil se battent encore pour des queues de cerise sans se demander si le cerisier n’est pas crevé et si le verger n’est pas bétonné à l’amiante voire à la grippe aviaire !
On marche sur la tête d’antipode vieillotte dans ce pays, c’est à pleurer !
Est-ce qu’il y aura enfin un bon jardinier dans cette salle ?
Je crois qu’il faudrait un bon laboureur sinon un démolisseur patenté !

Bon moi, le CPE que je préfère c’est le CPE de chez Bach
Carl Philippe Emmanuel Bach, Weimar, 8 mars 1714 – 14 décembre 1788 (dit CPE) était le deuxième fils de Jean-Sébastien Bach (mon idole, comme chacun le sait)

 

cpebach

 

A vrai dire, c’était le plus génial de tous les fils de JSB, même si les autres n’étaient pas des couillons profonds & fascisants de chez Banlieue 9-3 (culture quand tu nous tiens !)
C’était le filleul de Georg Philipp Telemann (dont je reparlerai) et grosso modo, pour ne pas dire concerto grosso, il a été un des  inventeurs de la symphonie telle que nous la connaissons.
Bien entendu, WAM (Mozart) et LVB (Beethoven) ont été toutes ouies pour un tel musicien et s’en sont (comme disait Véronique) inspiré profusément.
Bon moi, je ne suis pas trop symphoniste, mais j’avoue qu’une petite symphonie de CPE, c’est du caviar pour longtemps.
A bon entendeur salut !


Fin de loup


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 11 commentaires - Ecrire un commentaire
Vendredi 3 mars 2006 5 03 /03 /2006 20:04
Il y a 300 ans, le 3 mars 1706, mourait le compositeur Johann Pachelbel…

Ce soir du 21 mars 1685, Johann Pachelbel, âgé de 32 ans, sort assez déconfit de la leçon de musique qu’il vient de donner à un jeune élève de 6 ans.
Le jeune  Johann Christophe est en effet plus que doué dans cet art auquel Pachelbel a voué sa vie.
Il faut dire que son élève est le rejeton de toute une lignée de musiciens établis à Eisenach (Thuringe, Allemagne).
Sous une pluie torrentielle, il raccompagne le jeune Johann Christoph chez lui et décide d’aller boire un pot à l’auberge Friedrich située non loin de la maison où vécu le théologien Martin Luther.
En rentrant dans l’estaminet bruyant et enfumé, quelle n’est pas sa surprise d’apercevoir, assis, seul à une table, son ami Ambrosius, le père de son élève, musicien violoniste de son état et son plus grand pote.
Johann, bien content de cette aubaine, s’invite à la table et commande une pinte de bière.
Johann félicite amplement Ambrosius pour les talents musicaux de son fils.
Ambrosius acquiesce avec modestie et annonce alors à Johann que sa femme a accouché d’un nouveau garçon, il y a moins d’une heure.

« Ah, dit Johann, encore un futur musicien ! »
« Oh non, dit Ambrosius, il y a trop de musiciens dans cette famille, je crois plutôt que je ferai un théologien de celui-là »
« Tu as raison Ambrosius dit Pachelbel, la théologie est une bien belle chose, et puis il n’y a plus grand avenir pour la musique en ces temps de sauvagerie »
« En plus pour ce qui concerne la composition, il n’y a plus rien à faire en Allemagne et en Europe, avec ces diables d’Italiens et de Français qui ont déjà tout inventé et ont toutes les faveurs des grands de ce monde »
« Oui dit Ambrosius, mais j’espère que ce nouveau-né aimera quand même la musique et qu’il la pratiquera à loisir avec ferveur entre deux passage de la Bible »
Pachelbel leva son bock et demanda : « Ambrosius, quel est le prénom de ce bébé ? »
Ambrosius réfléchit un peu et dit : « Je n’ai pas encore décidé, mais je crois bien que ce sera Sebastian, oui, ce sera Johann Sebastian ! »
« Et bien, dit Pachelbel, buvons et souhaitons longue vie à ton fils, le plus  jeune théologien du monde, Johann Sebastian Bach »

Ce soir de mars 1685, Johann Ambrosius Bach et Johann Pachelbel, ne se doutaient pas que le bébé qu’ils fêtaient ne deviendrait jamais un grand théologien, bien que Jean-Sébastien Bach connût aussi bien sa Bible que son solfège !
Ils ne savaient pas non plus qu’un mois auparavant, était né à Halle, non loin d’Eisenach, un certain Georg Friedrich Haendel et qu’en octobre de cette même année, naîtra à Naples, un certain Domenico Scarlatti.
A Dijon en France, un enfant de deux ans, nommé Jean-Philippe Rameau commençait sans doute à tendre l’oreille « aux jolies vibrations »

Le 18 octobre 1685, par un édit de Fontainebleau, le vieux roi de France Louis n° 14 révoquera l’Edit de Nantes forçant ainsi plus de cinq cent mille huguenots (dont de nombreux musiciens) à partir et plongera ainsi son royaume dans la ruine, le chaos et l’obscurantisme.

 

pachelbelLe compositeur allemand Johann Pachelbel né en 1653, mourut à Nuremberg le 3 mars 1706 ; il y a donc aujourd’hui exactement 300 ans.
C’était un grand ami de la famille Bach.
Il est surtout connu pour son illustrissime canon qui est au hit parade de la musique classique depuis des décennies et qui se dispute la première place avec notamment, l’adagio d’Albinoni (1671-1751)…
Pachelbel a cependant composé de nombreuses pièces pour orgue, pour clavecin ainsi qu’une soixantaine de cantates, de messes ou de Magnificat.
Sa composition est d’une grande simplicité et son contrepoint un peu guindé est compensé largement par des mélodies magnifiques.

Le « canon » de Pachelbel est d’ailleurs la base de la chanson « Rain and tears » qui fut le tube en 1968 du groupe pop les Aphrodit’s Child formé de Vangelis (qui a composé notamment depuis, de superbes musiques de film) Demis Roussos (!) et Loukas Sideras.

Moi, j’adore entendre le canon de Pachelbel…
J’aime toujours les canons qui font de tels bruits.
J’aime bien en boire aussi d’ailleurs.
Je t’aime Johann Pachelbel et je ne t’oublie pas.

Fin de loup


Publié dans : Les concerts du loup-garou - Voir les 12 commentaires - Ecrire un commentaire

Syndication

  • Flux RSS des articles

overblog

Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés