Le plan du Labyrinthe

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Les hurlements des autres

Mercredi 15 octobre 2008
J’ai appris ce matin, par un journal gratuit et rapide, que les supermarchés français avaient aujourd’hui 50 ans.
Le premier du genre a en effet ouvert le 15 octobre 1958 à Rueil-Malmaison, en région parisienne, à l’enseigne de l'Express-Marché de la société Goulet-Turpin.

A l’époque, ce genre de truc faisait déjà hurler tout le monde (qui s’y est précipité dans une cohue de bagnoles et de caddies) et notamment, un certain Monsieur Poujade qui y voyait la mort du petit commerce bien de chez nous.
Bon, c’est vrai qu’il fut un temps où les petites épiceries disparurent complètement avant que les Arabes ou les Chinois désœuvrés du coin ne les reprennent.

Par contre, ces grandes surfaces firent bel et bien disparaître la bonne vieille quincaillerie de nos grands-papas où l’on vendait le fer à cheval ou la vis à l’unité.
A l’heure actuelle, quand on a besoin d’un seul misérable boulon de 8 pour retaper sa fidèle Kalachnikov, on est obligé d’aller dans ces hyper truc d’où l’on ressort avec un paquet de 50 boulons de toutes les tailles imaginables, armés de leur écrou et rondelle, sachant que l’on fout tout pare terre et partout en essayant d’ouvrir l’emballage à ouverture facile (comme ils disent)
Une fois que l’on a ramassé les 49 boulons inutiles, ceux qui ne sont pas organisés en « bricoleur pro » les foutront dans un coin de placard où ils les oublieront aussitôt et si un jour ils en auraient encore besoin, ils partiront de nouveau et de bon matin acheter 50 autres de ces machins à l’hyper-Bricolo de dans 20 kilomètres.

Cela étant, ce 15 octobre 1958, la France a vu apparaître le premier caddie qui, un demi siècle plus tard, deviendra un phénomène social, sinon un symbole « civilisationnel » comme on dit à la Sorbonne (Annexe du 9-3)
Le caddie est en effet un mythe socioculturelle « barthien » (si j’ose dire une telle connerie) à l’instar de la Dodoche ou du vélo Solex, surtout quand il sort de son espace et de son emploi vernaculaire (Le caddie, pas Barthes hein !)

En cinquante ans, cet engin de prisunic aura été dévoyé de ces fins pour tout et pour n’importe quoi : On en a fait des karts, des machines de guerre, des side-cars, des meubles, des berceaux, des poussettes, des lustres, des œuvres d’art (contemporain, continental, psychédélique et transcendantal) voire même de vrais seconds rôles dans des pièces de théâtre ou de cinéma.
Sans un caddie des familles, le Père Noël ne peut pas être une ordure, ah que nenni, non !

Bon allez, on t’aime le supermarché, même si on te hait.

Fin de loup

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Mardi 29 juillet 2008

Je me suis aperçu ce matin que nous fêtions les Abel aujourd’hui aux dires d'un calendrier alors qu'un autre me prédit que ce sera le 5 août (?)
Allez, ce n'est pas grave : Bonne fête quand même aux Abel !
Je pense que le saint homme qui porta ce prénom fut un cas, hein ? (Ah, ah !)
Ceci étant, toujours on l’admire Abel (Ah, ah !)
Ce prénom fut surtout celui d’un des fils d’Eve et du vert Adam, et ce brave garçon, selon la Bible, fut le premier des trucidés et donc la première des victimes des fées d’hiver (innocentes ou pas)
Triste histoire en vérité, d’autant plus que le premier des assassins fut son propre frère, le sieur Caïn Vert-Adam que Dieu, le premier flic du monde, eut à l’œil tout le reste de sa pauvre vie et même outre-tombe (Selon la légende des siècles de notre bon Victor Hugo)

La Genèse étant un mythe fondateur, il faut noter aussi que ce fut le crime du cultivateur par le pasteur, celui du sédentaire par le nomade.
Selon le texte biblique, on sait que Caïn fut l’Aîné ; Abel le puîné et Seth le cadet, mais certaines (mauvaises) langues murmurent encore dans les couloirs que Caïn et Abel furent des jumeaux et des géants.
Je suis prêt à le parier car tout mythe fondateur se doit d’avoir des jumeaux et des géants dans sa clique de héros ou de guignols.
C’est pourquoi aussi, j’aime à dire : « Caïn tua Abel et Seth erra » (Ah, ah !) ou encore : « Caïn tue Abel et jette Seth » (Hi, hi !)

Enfin, j’ajoute que tout ce drame est bien de la faute des parents (cette pomme d’Eve et ce benêt d’Adam de laid) qui croyant s’y faire trop chier, ont quitté leur résidence de luxe et natale pour aller se perdre dans on ne sait quelle HLM pourrie de banlieue.
Bon d’accord, ils n’avaient pas encore ni bagnole pas à l’ombre, ni congélateur, mais c’est bien la première inattention qui compte, je vous le dis !

Illustration : James Tissot (1836-1902), Caïn, menant Abel à la mort.

Fin de loup

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Lundi 23 juin 2008

Le vrai labyrinthe est un endroit d’où l’on ne sort jamais.
Le vrai labyrinthe a une seule ouverture qu’il est souvent difficile de trouver, mais il n’a aucune issue ; pas même cette improbable entrée que de toute façon on oubliera bien vite.
L’intérêt d’un vrai labyrinthe, c’est de le découvrir entièrement ; d’en visiter chaque couloir, chaque escalier, chaque cellule, chaque salle, chaque chambre qui en fait ne seront jamais les mêmes à chaque passage.
La force et le mystère d’un vrai labyrinthe, c’est qu’il nous amène à en refaire les plans à tous les carrefours ou au fond de toutes ses impasses.
Même son architecte en perdra toujours son Latin, son Grec ou sa géométrie, pour ne pas dire son algèbre.
Ainsi ce pauvre Dédale n’en est sorti qu’au péril de sa vie et au prix de la mort de son fils Icare.
Le secret du labyrinthe est dans le milieu, dans son cœur où brillent, se morfondent ou battent encore sans doute bien des secrets ou des mythes antédiluviens.
Il y aurait peut-être en ce mitan quelque minotaure ou autre Pan terribles et cornus ?
Un Graal, un chaudron, la carte des cartes ou encore un manuel de survie ?
Pourtant, ce cœur n’est jamais au centre : Ce serait trop facile et donc, pas vraiment humain.
Les linéaires de ses couloirs se perdent dans l’infini, dans l’éternel ou sans aucun doute dans ce centre impossible, incalculable.
Le mythe du labyrinthe est né en Crête dit-on sans que l’on sache vraiment ce que signifiait ce mot.
Thésée et Ariane n’auront rien inventé avec leur fil à la gomme : Ils ont triché en fait et cela du reste ne leur a pas porté bonheur…
Aujourd’hui, il y a beaucoup de labyrinthes tracés et effacés à travers toute notre belle et grande Europe : De l’Ukraine à l’Irlande en passant par les cathédrales ; en visitant bien des châteaux de Versailles ou d’ailleurs ; en allant à Compostelle ou à Stonehenge.
Non seulement on ne peut que se déplacer dans le vrai labyrinthe pour aller on ne saura jamais où, mais en plus, il se déplace avec nous.

Illustration : Labyrinthe de l’église de Lucques (Lucca) (Italie)


Fin de loup

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Vendredi 13 juin 2008
Pluie de saint-Guy, C'est tout l'an qui rit (Proverbe français)
Tiens hier c’était la saint-Guy.
Il est une expression française attribuant à un quidam le geste incongrue de la « danse de saint-Guy »
Pour des raisons qui échappent à priori à la raison, le susdit quidam semblera en effet pris d’une folie soudaine à se tortiller grave ; à se trémousser frénétiquement ; à contorsionner son corps dans tous les sens articulés ou non ; il saute sur place ou dans tous les sens ; il se dandine ; il se tord ; il sautille tout azimut ; il bondit même ; bref, quelque musique inaudible au spectateur atterré semble le faire danser d’une façon la plus sotte et la plus grenue qui soit.

Bon, le plus souvent notre danseur n’aura fait que se cogner grave un orteil tout nu dans une kalachnikov qui traînait par terre et le ballet dramatique s’achèvera par une jolie poupée autour du membre rougi et tuméfié et un sermon raisonneur de notre part sur la grande vertu de ranger ses outils à leur place après chaque usage ; laquelle vertu, comme chacun le saura enfin, devant être intégrée profond par tout le monde, y compris par l’insurgé enragé, le terroriste frappé dingue ou l’anarchiste génocide.
En fait trop d’assassins se blessent inutilement en ne rangeant pas leur chambre, voilà.

Cela étant, il ne s’agissait en aucun cas de la vraie « danse de saint-Guy » qui n’est en fait que le stigmate d’une maladie fort ancienne, rare, orpheline, neurologique et génétique en diable que l’on nomma la « chorée de Sydenham » pour les enfants ou « chorée de Huntington » pour les adultes.
Le mot « chorée » vient du Grec « choros » (danse) et « Sydenham » et « Huntington » sont les noms des médecins ayant étudié les premiers ces maladies et qui les ont ainsi sorties des flammes de la Sainte Inquisition.
Car en vérité je vous le dis les gens, la danse macabre de saint-Guy envoya plus d’un malheureux au pal, aux lions, au pilori ou au bûcher.
En effet, ces supplices étaient en quelques sortes d’une part une délivrance tant pour les malades qui dansaient dans des transes irrépressibles, épuisantes jusqu’à une mort naturelle inexorable et épouvantable, que pour les autres d’autres part, qui étaient soit accablés de supporter une telle folie dingue agitant leur proche soit contents de trouver enfin un idéal et gras bouc émissaire atteint d’une tremblote qui n’était que possession et manifestation satanique en diable en corps et en âme.
Bref, on le brûle ce danseur démoniaque et on retourne aux champs ou aux chants, tranquilles et purifiés.
C’est ainsi que plus d’un Guy de tout poil et de tout sexe anima avec ses ballets frénétiques le peuple maudits des sorciers et des sorcières et ce dans toute l’Europe et depuis la nuit des temps.
L’expression « danse de saint-Guy » existe en effet dans toutes les langues européennes et particulièrement en Anglais, en Italien et en Allemand car c’est en Angleterre, en Italie et en Allemagne que certains cas dégénérèrent en une folie collective, un délire insurrectionnel ou une sorte de carnaval qui fut parfois réprimé dans le sang par une armée toute entière.
Du reste, la maladie traversa l’Atlantique car on dit que certaines des célèbres sorcières américaines de Salem étaient atteintes de la maladie d’Huntington et que la Canada connut aussi de tels « spectacles »
 Pour les spécialistes, c’est le gène « IT15 » qui serait la maître de ballet (et de balais) de nos saints Guy et ils pensent que seule la génétique peut permettre d’éradiquer ce terrible mal qui se manifeste par à-coups et curieusement par épidémie.

Saint Vite (en latin Vitus) ou saint Guy, saint Guido, originaire de Sicile, provoqua des guérisons miraculeuses et mourut en martyr vers 303, à Rome, sous l'empereur Dioclétien.
Saint Guy, qui est l’un des quatorze saints thaumaturges (guérisseurs), fut le protecteur des épileptiques et des malades de chorée. Ses reliques furent transférées de Saint-Denis (France, 9-3) en Saxe et en Westphalie d’où quelques os furent envoyés à Prague dans la cathédrale qui porte encore son nom.
La légende de ce saint fut sans doute l’agrégation d’autres histoires ancestrales et mythes de toute l’Europe car tout ce qui touche à l’épilepsie, la transe, la tremblote ou la chorée a marqué les imaginations et les superstitions de tous les temps. 
Par ailleurs, le nom de la plante « le gui » vient du Latin « viscum » par le francique *wîhsila ou la racine indo-européenne « *wid- »  qui aura sans doute donné aussi le prénom germanique « Wido » qui se transforma en « Vitus » puis en Vite et enfin en « Gui » et « Guy »      
Sachant que le gui (la plante parasite des arbres) fut sacré pour les druides gaulois et que le ci-dessus « Wid- » plus ou moins celte signifierait « bois ou forêt » ; sachant que le fruit du gui était réputé soigner l’épilepsie ; sachant que le Sylvain, le Satyre ou le Faune (de Faunus, fils du Grand Pan) était un être assez bizarre qui se promenait « en dansant » dans la vaste forêt qui couvrit toute l’Europe du mont Lycos en Arcadie à la Laponie en passant par Rome, ville fondée par des siens cousins, etc. etc. etc.
La saint-Guy est célébrée le 12 juin maintenant, mais elle le fut longtemps le 15 juin soit quelques jours avant le 20 juin, premier jour du solstice et avant le 24 juin, la Saint-Jean Baptiste.
Sachant que Jean le Baptiste (comme Jean l’évangéliste) est gardien d’un solstice comme le fut Janus le dieu romain et que ledit Janus (Jean) aurait été le Dieu des Dieu, la divin Chaos (alias Pan) etc. etc. etc.
Sachant que le Baptiste fut décapité à la suite d’une danse d’une certaine Salomé…
Sachant qu’une vieille tradition germanique organisait des « nodfyr » au solstice d’été (Un genre de feux de la Saint-Jean quoi !) où il fallait sauter par le dessus des feux et la fumée ou « danser » sur des braises ardentes afin de se purifier et se protéger des fièvres et autres folies dansantes ou pas…

Bon, je vous laisse-là car j’ai un cours de tecktonic et de rap.

Note : Ce billet fort long et chiant est quelque peu synthétisé par mon très hermétique iCul d’hier auquel les lecteurs pressés pourront se rapporter.

Illustration : Michael Wolgemut (1434-1519)  Danse macabre (1493) Gravure sur bois.

Fin de loup

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Mardi 13 mai 2008
Tout être porte sur son dos l'obscurité et serre dans ses bras la lumière. Le souffle indifférencié constitue son harmonie. (Lao-Tseu, le Tao To King, Chapitre 42)

« Jésus disait à ses saints apôtres : Si je ne m'en retourne à mon Père, l'Esprit paraclet ne descendra pas » (BOSSUET, Sermons, Ascension, 3)

Le présent s'éternise dans une imprévoyance et une amnésie divines. (Michel Tournier, le Vent Paraclet)


L’enfant amoureux de mythes et de légendes sera toujours d’esprit, mais jamais de cœur et surtout pas de chœur ou d’Académie.
Ce gosse aura trop d’imagination et trop de science pour devenir le plus vil des athées ou le plus parfaits des croyants ; il ne sera jamais réputé historien, anthropologue, sociologue, mathématicien ou philosophe.
Il devra toujours remettre ses leçons et ses équations sur son métier rouillé ; il lui faudra sans cesse rouvrir ses bouquins et perpétuellement chausser ses lunettes pourries et ringardes pour ne pas être banni à jamais de la société des savants, des érudits et des hommes itou.

Je vous le dis les gens, le mythologue est trop quantique, trop lunaire, trop solaire, trop sidéral, trop naturel, trop élémentaire, trop sage, trop sachant et trop voyant pour être un jour populaire et enfin malheureux.
C’est vrai que ce fumeur de mythes fumants et fumeux, ce premier des fous fait chier la planète entière avec ses chiffres, ses emblèmes, ses symboles, ses totems, ses épiclèses et ses étymons à la gomme arabique, basques ou d’autre chapelle.
C’est vrai que cet illuminé barbe ras les cons comme les justes avec ses généalogies sans fin et ses contes à dormir debout, couché, assis, panier, papatte croisée, sussucre, iPod, fait le beau dans la caravane mon pote, ton tour viendra toujours et sans doute salement.
C’est vrai qu’il faut être dingue à lier pour se passionner  toutes les longues nuits d’hiver de trouver une quelconque parenté, la moindre fraternité, l’infime filiation ou le plus inattendu des traits d’union entre un Apollon Sauroctone (mangeur de grenouilles) un Lug Polytechnicien ou un Hermès Trismégiste !
Car enfin, franchement les gens, qu’a t-on à branler d’un tel illuminé, de ses archétypes en triangle en losange en croix gammée ou inversée ou non ou en carré long ou vrai, de ses péréquations symboliques à chier des bulles ou des flèches de cathédrale, de ses avatars et autres chinoiseries cochons d’Inde orientale ou occidentale ?
Hein ? Franchement ?
Je rappelle aux cancres las qui font semblant de soigner leurs bourgeons d’acné en se pignollant comme des malpropres au fond de la blogosphère que le mot « avatar » ne signifie pas « blème » ou autre mauvais coup du sort, mais plus sûrement « réincarnation » « mutation » « personnification » « transfiguration » ou encore « clone » ou « téléchargement plus ou moins légal d’objets et de Schtroumpf culturels, ancestraux, traditionnels et symboliques.
Bon d’accords, dans certain cas, on obtient quelque « résidu de photocopieuse ou bogue de chez Photoschop pourri grave » et l’on a les doigts plein d’encre et les yeux pleins de merde, mais c’est qu’on n’a pas chargé le bon pilote du scanneur cervical hein !

Bref, l’amateur de mythologie est soit à fuir comme un SIDA remboursé à 100% par la sécu, soit à étouffer comme la moindre lueur d’intelligence dans un parti de gauche française, soit à bannir de toute loge maçonnique ou de tout Rotary Club lyonnais, soit à empaler comme le dernier des fachos, soit encore à excommunier d’urgence (au bûcher direct sans passer par la banque ou la case départ, ah mais !)

Ceci étant les gens, je vous le dis, ça n’empêchera jamais notre mythologue de musée, de bibliothèque, d’égout, de caveau, de crypte et de banlieue d’admirer béat et confit un des plus grands mythes qui furent jamais inventés sur cette terre de merdes et de souffrances : La Pentecôte !

En vérité je vous le dis comme un pauvre vieux et gros connard qui porte le pseudo de deux ouragans séculaires : Le vent Paraclet sera éternellement le plus bel air à danser, à prier, à jouir, à vivre et à penser !

La Pentecôte : du Grec «  le cinquantième jour » soit 7 semaines (après Pâques) est la raclée enfin infligée par toutes les puissances de l’univers à nous autres branleurs de frères humains de dortoirs croupissant ou pas !
La Pentecôte c’est l’Esprit de notre nature génétique en diable qui devrait faire bander enfin nos cerveaux minables comme le sang fait dresser ce que je pense de tout homme mâle et femelle (et autres cas à étudier au cas par cas) pour accomplir ce que je pense comme je le pense et comme le veulent nos gènes paternels et maternels depuis la nuit des temps et pour des siècles et des siècles.
Ah mais !

La Pentecôte est le troisième tome d’une fabuleuse trilogie d’enfer qui débute avec la Passion, se corse avec l’Ascension et s’éclate ainsi en langues de feu retombant sur terre telles les gerbes incandescentes et lumineuses d’un feu d’artifice (ou sans doute de nos jours, en tremblements de terre ou en tornade mortelles, mais qui feront toujours réfléchir enfin le dernier des survivants)
Cette trilogie, cette trinité est en fait le cœur (voir le chœur) du Christianisme et c’est en fait sa seule originalité et sa seule force dans tous les mythes errants dans nos esprits bassement planétaires et matérialistes.

En vérité je l’ai déjà écrit dans ce blogue (voir la catégorie « le loup et les symboles, à gauche, pub) les autres fêtes chrétiennes ne sont que des leurres pour attirer et convertir les athées, les païens ou les polythéistes de tout crin, sexe ou âge.
Ainsi en est-il de Noël, de l’Assomption et de la Toussaint qui sont chrétiennes d’origine comme moi je suis évêque in partibus des îles Tomagogo et qui ne sont qu’une resucée de mythes et de légendes vieux de la nuit des temps les plus reculés.

Non, cette trilogie lunaire tranche non seulement avec sa propre genèse que fut l’ancien testament des Juifs, mais elle se sépare aussi de tous les autres mythes de tout poil et des autres religions antiques, pour générer enfin une philosophie qui se voulait moderne, réactionnaire voire révolutionnaire à l’époque et en l’état du monde et des peuples.

Si la Passion rompt avec Dieu qui abandonnera son fils au dernier moment pour « ne rester qu’un simple père » dans la mémoire collective ; si elle brise tous les rites et si elle évacue tous les prophètes de mes deux, elle entrouvre une nouvelle porte « de spiritualité » donnant sur la résurrection puis l’Ascension qui est en fait plus un symbole, plus une virtualité qu’un miracle à étonner le gobeur moyen.
Le coup de maître sera la Pentecôte qui transformera le camarade martyr en un titulaire de chaire de philosophie plus humain tu meurs.
Tout le reste n’est qu’organisation sociale, associative, humanitaire, caritative et finalement pure politique politicienne (de premier ordre, c’est vrai)
Exit donc le demi-dieu, le prophète, le mythe et place à l’idéologie la plus agrégative qui soit, avec ses Papes, ses missionnaires, ses prêcheurs et ses épistoliers de première main et de haute volée.
Les apôtres Pierre et Paul ont bien œuvré pour faire et défaire les rois et les empereurs et pour construire ainsi notre Occident aux pieds d’argile.

Reste quand même un côté mythique ou symbolique à tout cela : La seule et la vraie Trinité : Jésus et ses deux Jean !
Les deux Jean solaires encadrant la Trinité lunaire : Le Baptiste est historique et biblique en diable et en père ; Jésus est humain, platonique, christique, quantique et symbolique en fils et enfin Jean L’évangéliste les révèlera dans la plus pure spiritualité, apocalyptique enfin muée, définitivement débarrassée de sa première peau de serpent d’Eden.

Jésus-Christ et les deux Jean ne font qu’un seul archétype quantique de l’homme du futur que nous sommes encore bien loin de connaître.

Bref, la Pentecôte, ce n’est pas de la daube mythologique à deux balles hein !

Illustration : Domenico Veneziano (Vers 1410-1461) Saint-Jean (Trois en un) laissant dans le désert son manteau pour une peau de bête, (1445) Tempera sur bois, (28,5 x 32,5 cm) National Gallery of Art, Washington USA.

Fin de loup

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Dimanche 4 mai 2008

En vérité je vous le dis les gens, si Dieu existe comme les Pères de l’Eglise nous l’ont affirmé, il y a bien longtemps maintenant, nous n’échapperons plus au Jugement Dernier.
Les très hauts magistrats des Enfers et du Paradis ne nous épargneront pas alors d’un procès retentissant pour enfin lessiver nos âmes noircies de tous nos abominables péchés, de toutes nos vilenies, de toutes nos bassesses, de toutes nos vanités sans fond et sans âge !
A côté, le tribunal de Nuremberg, celui de l’inquisition ou celui de la Terreur passeront pour des joyeuses pochades de collégiens en fin de cycle.
Ce jugement-là, ultime d’entre les morts, sera paponnesque en diable, je vous dis, un véritable lynchage universel et médiatique et ceux qui ne seront pas déclarés d’emblée coupables seront réputés complices ou co-auteurs vils et lâches de toutes les ignominies de ce monde !
Il ne faudra pas pleurer hein ! Ça sera trop tard bande de mécréants balsphémateurs ! Et ça ne sera que justice espèce de bandits jouisseurs matérialistes et damnés !

Toutefois il y a aura des circonstances atténuantes voire une rédemption pour des siècles et des siècles (Ah mais !) pour ceux qui auront admiré au moins une fois dans leur vie ; une remise de peine pour ceux qui auront acheté ou utilisé et enfin un sursis éternel pour ceux qui auront imaginé et fabriqué la légendaire, la mythique, la plus étonnante et la plus simplissime des voitures automobiles qui n’ait jamais été : La Dodoche, alias la Deudeuche, alias encore la 2 CV Citroën !

Oui, Française, Français, en cet an de grâce (ou de merde grasse) 2008 notre Dodoche nationale fête ses 60 ans !
Certes, elle est en retraite méritée depuis bien des années, mais elle est toujours bien présente et active et elle roule encore dans nos esprits, dans nos âmes et dans notre cœur.
Elle roule toujours en nous aussi vite et aussi sûr que le Camembert, la cathédrale d’Amiens, le TGV, Rabelais, le champagne, le biniou, le tonneau de Beaujolpif, le minitel, le palais du Facteur Cheval, le pastis de Marseille, Rimbaud, le radeau de la Méduse, le laguiole, la baguette de pain, la moitié de l’avion Concorde, le tripoux d’Auvergne, Voltaire, la cuisse de grenouille, Versailles, la mayonnaise, le Louvres, l’opinel, le guide Michelin, Polytechnique ou le beurre d’escargot !

C’est en effet en 1948 que la légendaire Dodoche sortit des usines Citroën (appartenant alors à la maison auvergnate Michelin !) pour répandre inexorablement le génie français (voire gaulois) à travers le monde et même à jamais et biens mieux que ne le fit la pseudo révolution du même bois sans culotte, sans chemise, sans papier, sans pantalon, sans intelligence, sans chic, sans goût, sans classe, sans chevalerie, sans esprit, sans âme et donc éternellement sans avenir.

Le papa, ingénieur de notre Dodoche qui fut toute sa vie à la fois au four et au moulin se nommait Pierre-Jules Boulanger (1885-1950) et un tel patronyme ne s’invente pas au pays du bâtard restaurant, du croissant et de la baguette en ficelle.

La 2CV Citroën est à la France ce que la WW Coccinelle est à l’Allemagne ; la Ford T, la Cadillac ou la Mustang est aux USA ; la Rolls, la jaguar type E ou la Mini-Cooper sont à l’Angleterre. Je ne vous parle pas de la Traban, du vélo Solex, de la DS ou de la Vespa italienne !

J’ai eu la chance, la surprise et le grand bonheur enfin, il y a quelques années, grâce à un de mes potes, de conduire une Dodoche, une vraie, une authentique, une rustique qui, si elle ne datait pas de 1948, fut fabriquée sans doute en 49 ou 50.
Comme son concepteur le  disait lui-même :  Cette machine était « un parapluie sur quatre roues » pas plus, pas moins.
On la qualifiait à l’époque de TPV (Très Petite Voiture) !
C’était spartiate ce truc, je vous le dis !
Spartiate, mais ô combien étonnant !

Une bagnole de moins de 300 kg, quatre places assises, 50 kg de bagage transportable, 2 CV fiscaux, traction-avant bicylindre de 375 cm³ refroidis par air, 60 Km heure en vitesse de pointe (à vraiment tout casser), une boîte à trois vitesses et un levier à boule à fondre, une suspension à ressorts hélicoïdaux, à amortisseurs à friction et batteurs d'inertie vraiment à toute épreuve
Et pour finir, la bébête ne consommait que 3 litres aux 100 Km.
Les sièges étaient ce qu’ils étaient, c’est-à-dire rien ou le strict nécessaire avec une toile et un élastique là et à pleine vitesse, les tôles aussi légères que les ailes d’un papillon faisait un tel vacarme d’enfer qu’on se serait cru dans une partouze de papiers d’alu camés jusqu’aux yeux.
Inutile de vous dire que le modèle que j’ai testé était né sans clignotants, sans chauffage, sans radio, sans clim, sans GPS, sans Airbags et que ses phares éclairaient la nuit aussi bien que mon cul ou qu’une lampe de poche en fin de camp scout.
Les essuie-glaces étaient raccordés d’origine au compteur de vitesse (Si, si) mais cette fois le raccord ayant pété de vieillesse, mon pote génial les avait couplés sur un moteur électrique à piles qui marchait quand le Saint Esprit était de bon poil et surtout quand il ne pleuvait pas trop.
Bref, un poème les gens !
Mais quelle expérience hein !

Gloire à la Dodoche !
Gloire à la Dodoche au plus haut des essieux !


On t’aime la Dodoche, reste avec nous, mais surtout, roulez (prudemment) belle jeunesse !

Illustration : Gérard DAVID, (1460-1523) Le (dernier) jugement de Cambyses (panneau de droite) 1498, huile sur bois, 159 x 182 cm, Groeninge Museum, Bruges.

Fin de loup

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Samedi 5 avril 2008
Cela est un cadeau cultellaire (en forme de couteau) que des loups-garous de ma meute m’ont offert pour un anniversaire.
Inutile de vous dire que si je dois un jour « m’euthanasier » (un verbe si actuel et si imbécile en fait !) je le ferai de préférence avec cet engin proverbial.
C’est une réplique d’un outil préhistorique voire antédiluvien fabriqué récemment par des artisans archéologues avec des matériaux idoines, ad hoc sinon haddock et que le grand Cric me croque si ces artistes sont des ânes!
La lame noire au morfil cristallin est de silex ; le manche poli est d’os bête d’animal mal poli ou pas et le tout est serti d’une colle en peau de lapin résineuse à grandes oreilles chauffées.
Ne caressez pas trop cette chose de trop près car elle sait vite et sûr vous ouvrir son cœur comme votre doigt.
C’est un truc simple comme bonjour, civilisateur, inutile, beau, primitif, efficace, indispensable, terrible et nécessaire à la fois comme un bon soir de printemps ou un jour sans pain.
Un trésor quoi.
Fallait-il avoir faim pour inventer un tel objet ?

Fin de loup

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