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Martin-Lothar

Schizophrénie de l'ornithorynque

15 Juin 2011 , Rédigé par Martin-Lothar Publié dans #Bestiaire

 

Autant nier le pêcheur à la ligne, l’ornithorynque est en effet l’évidence même. […] Nous sommes pour les banquets cordiaux et nous croirons au vin qu’apporte l’aubergiste. Nous votons pour l’ornithorynque, les mammifères presque ovipares, les lapins au bec en spatule, et l’homme tel que l’a vu Rousseau. Car l’homme, à y bien réfléchir, n’est après tout guère plus incroyable que l’ornithorynque d’Australie. (Alexandre Vialatte, Au fil des fleuves, la Montagne, 16 avril 1957)

PlatypusOrnithorynque.jpg 

Un bestiaire (même bête) qui se respecte (ou pas) ne peut zapper ce canular naturel et pitoyable qu’est l'ornithorynque (Ornithorhynchus anatinus).

Soulignons d’emblée que cette bestiole est une perle dans son genre, son ordre et son espèce : une taupe aquatique à peau de castor, à pattes plates de loutre, à bec de canard, à dard de scorpion, avec des nibards à lait cru et qui pond des œufs, ça craint un peu dans nos belles banlieues fleuries hein !

 

Bon, le Créateur TM de chez Dieu SARL a bien eu le droit de déconner un peu dans son labo et de faire du n’importe quoi comme ça, juste pour rigoler bourré grave.

Il faut dire que dans le genre foutage de gueule, l'ornithorynque est une merveille et n’est pas sans rappeler dans sa conception certains programmes électoraux clownesques, loufoques, grotesques, sots, grenus, ubuesques et patchworkés à chier que nous concoctent pour 2012 quelques illuminés zulluberlus zélus, zélites ou zintellos de chez Bouffon ltd & Co dans le fond de leur garage obscur de banlieue inondable.

 

En fait, l’existence de l'ornithorynque n’est expliquée par personne de sapiens sapionce un tant soit peu scientifique qu’il soit créationniste béat ou darwinien clergivore.

L'ornithorynque est une énigme de muséum, un fuligineux mystère zoologique, une ténébreuse charade, un puzzle biologique et une angoisse pour les vétérinaires de tout poil.   

Mais en vérité (et en secret de loup-garou) je vous le dis, l'ornithorynque résulte d’un accident stupide qui fait encore ricaner les hyènes et qui aura sans doute provoqué la disparition des dinosaures, morts tous étouffés, lolisés menus à pisser leurs entrailles, pétés de rire en huit voire en seize au pied des volcans fumants d’antan.

On raconte en effet, qu’il y a fort longtemps, l’ancêtre (le vert Adam) de l'ornithorynque, qui était sans doute déjà un monotrème des familles (mammifère pondeur d’œufs qui n’a qu’un trou de balle), un peu marsupial sur les bords (c’est-à-dire qu’il s’en foutait plein les poches à l’instar d’un ministre franchouillard de base) était un doux schizophrène qui se prenait pour un canard.

Bon, on peut tous rêver hein ! L'ornithorynque primaire, une espèce de taupe dinosaurienne, aspirait à devenir un canard (coin-coin) comme certains ramiers décatis, vermineux, abrutis, pouilleux, mafieux, voleurs, sycophantes et crétins de politiques français se prennent encore pour des aigles universels

Un beau matin sulfureux de l'antédiluvien donc, notre Adam ornithorynque, qui avait déjà lu tout Darwin, BHL et l'intégrale des circulaires-lois de Bercy et qui savait donc que c’est l’organe qui crée la fonction (ou l’inverse, on s’en fout maintenant qu’on a la HALDE) se mit un galet rond dans la gueule, chaussa des palmes et sauta du haut d’une falaise en criant « coin-coin »

Dans la nuit des temps, on faisait ce qu’on pouvait pour évoluer, il n'y avait pas encore la star-Ac, Jacques Attali, Justin Bieber, l'ENA, Lady Gaga ou Sciences Po version 9-3.

Alors, notre Adam ovipare qui n'avait jamais fait de stage chez Airbus est tombé de bien haut. Flop ! Tels une grosse bouse de pachyderme de la préhistoire ou un bachelier du mammouth d'aujourd'hui.

Inutile de vous dire que toute la création en a rigolé à gorge profonde de cette chute dantesque. Un peu comme elle le fit plus tard, le jour où le DSK sofitelis (diplodocus satyriricus kameralia sofitelis) a trébuché en se prenant la tête dans sa propre queue.

Notre orni one est resté des années comme ça, aplati comme une crêpe au jambon, stupide et orpheline le lendemain d'une Chandeleur musulmane à se demander pourquoi il ne pouvait pas devenir un vrai canard de chez Barbarie à plumer, à faire coin-coin, à barboter dans une mare ad hoc du même métal ou à terminer luxueux, crouteux en pâté d'Amiens.

C'était trop injuste, il faut le dire. Il y a de quoi s’indigner en résistant des aisselles nauséabondes contre tant de moqueries à l’encontre d’un animal qui eut le premier le rêve d’Icare et qui n’est aujourd’hui qu’un ridicule mélange de tout et de rien finalement passant sa vie à ramper ou crapahuter dans des flaques immondes pour y chercher au quotidien près du quart de son poids en nourriture (comme si moi je bouffais 15 kilos de viande par jour)

 

L'ornithorynque est un pot-pourri, glouton, laid, sans illusion, paranoïaque, solitaire et grognon ; c’est un sphinx raté et aigri.

C’est pathétique in fine ; oui, l'ornithorynque est pathétique, c’est un déçu, un désenchanté qui ne sera jamais un de ces oiseaux de passage de si beau et de si haut vol dont il ne récoltera jamais que la fiente. Un peu comme certains moutons de Panurge qui rêvèrent de devenir loup et qui mourront en hargneux roquet bouffés par les rats, les cafards, les vautours, les mouches, les sangsues, les fourmis ou les pigeons.

Un peu comme certains sapiens sapionces du futur ?

 

Bon sinon, je rappelle aux cancres las qui se grattent en rotant leurs pseudo testicules au fond de la blogosphère que le mot « ornithorynque » vient du haut grec et non du bas australien et qu’il signifie « à bec d’oiseau », et le nom d’espèce « anatinus » veut dire « comme un canard » en latin.

Je précise aux susdits encagoulés rappeurs à poil dur que les Anglais qui l’on découvert au siècle n° 18, le nomme « Platypus » ou « pieds plats » On comprend alors que si l’ornithorynque n’a jamais pu devenir un canard sauvage, c’est parce qu’il avait les pieds plats, ce qui est rédhibitoire pour entrer dans l’aviation comme dans l’infanterie de marine ou pas.

 

Oui, mon bon Vialatte, profitons de l'ornithorynque.

On t’aime l'ornithorynque, reste avec nous.

 

Fin de loup

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monsieur 16/06/2011 08:49


On est d'accord: Dieu, en faisant comme sur le coup d'un hoquet l'ornythorinque, a prouvé qu'il était à la tête d'une SAR très L. Et tant mieux d'ailleurs.Merci, beau texte!


Martin-Lothar 25/06/2011 21:09



Monsieur : Merci. Si un "dieu" existe (ce que je ne sais pas encore) il est trop jeune, trop vieux ou il est irresponsable (ce qui revient au même) mais ça n'empêche personne de le trouver sympa
(ou pas) comme ça interdit à tout le monde de nous faire chier avec (ou pas) Moi, mes dieux sont mes ancêtres, voilà (dig it)