Rune — No Country for Old Men — Cormac McCarthy

Publié le 17 Novembre 2013

« Quand la serveuse revient pour lui verser encore du café, il lui demande à quelle heure arrive le journal du soir. Je ne sais pas, dit-elle. Ça fait longtemps que je le lis plus. Je vous comprends. Je ferai pareil si je pouvais. J’ai arrêté de le lire et j’ai forcé mon mari à arrêter. Vraiment ? Je ne sais pas pourquoi on appelle ça un journal. J’appelle pas ça des informations les trucs qu’ils écrivent là-dedans. Non. Quand c’est la dernière fois que vous avez lu quelque chose sur Jésus dans le journal ? Bell hoche la tête. J’en sais rien, dit-il. Je crois qu’on peut dire que ça fait un bout de temps. »

(Cormac  McCarthy, No Country for Old Men)

 

Note : Je viens d'apprendre que passe ce soir, sur une chaine de télé le film « No Country for Old Men » des frères Coen.

Je vous recommande de voir ce film, très compliqué et violent, et qui est classé en « thriller » par les im-médiats de tout poil.

Je vous conseille surtout de lire (ou de relire) le roman éponyme et source de Cormac McCarthy (toujours né) et d'une façon générale, de lire toute l'œuvre de ce romancier étasunien qui vaut peu ou prou son Faulkner (ce qui n'est pas rien non plus).

Vous constaterez alors, éblouis ou pas, toute la vanité du cinématographe qui met des visages banals à des personnages hors norme, anges, éboueur ou diables, ou des paysages de carte postale à des visions intimes de pays, d'enfer ou de paradis.

Je ne vous parle pas des gestes et des rêves.

Notez bien que le Cormac ne nous cause pas seulement de cow-boys perdus, pauvres, solitaires et de plaines américaines à perte de vue ; non, non...

Dans une patrie qu'on aime — même sans trop savoir pourquoi —, il y a toujours de vieux os rongés, mais ce ne sont pas forcément les vôtres ou ceux des vôtres.

La Bible, les Évangiles, les Mille et Une Nuits, le Livre de la Jungle, le Kalevala et d'une façon humaniste et quantique, toutes les fictions sont des « thrillers ».


Bon sang, mais c’est bien sûr et si élémentaire, mon cher Watson !


Je vous aurai prévenus.


Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Runes

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Monsieur a.k.a. Isidore 18/11/2013 22:57


Hola, le Loup. ça fait longtemps que je n'ai pas commenté, veux m'en excuser.


Cormac Mc Carthy, on me dit de le lire tout le temps. Je vais à la librairie bientôt donner un peu d'argent à l'industrie du papier, et lire derechef les lignes de cet américain du nord.


Respects

Martin-Lothar 19/11/2013 12:00



Isidore : il semble me souvenir que tu es un amateur de fleuve et de rivière (?) et dans l’affirmative, je te
conseille alors de commencer le Cormac par « Suttree » qui est pour moi un de ses meilleurs romans (peu ou prou autobiographique, du reste) et aussi, un de mes romans préférés
(parmi tous ceux que j’ai pu lire, de tout auteur). Sachant que MON roman préféré (parmi tous, de tous les auteurs) est
« le Grand Passage » qui est le deuxième tome de « la Trilogie des Confins » de McCarthy. Le problème avec le
« Grand Passage » est que tu seras obligé après de te jeter à âme et yeux perdus dans la lecture des deux autres (« De Si Jolies Chevaux et le dernier, Des Villes et des Plaines),
voire de tous les autres romans du bonhomme . Je dis ça pour ton porte-monnaie hein ! (bien que devenu complètement accroc, tu seras sans doute tenté de les voler tous !). Je t’aurai
prévenu hein ! Bien à toi.