Leurres divers

Publié le 27 Octobre 2013

À l’insu de notre plein gré (ou pas), nous sommes passés cette nuit (au Frankistan du moins), à l’heure d’hiver.

Certains insouciants comprendront ainsi qu’en reprenant l’heure du méridien de Paname-les-bains, (plus une heure sur notre étoile insomniaque) nous nous rapprochons à la fois de l’hiver, de la Toussaint, du solstice du même bois, de Noël, de Janus, et in fine de l’heure GMT, qui est celle du méridien de Greenwich (Angleterre).

Pour ma part et pour l’heure (ah, ah) ce changement d’heure m’en touche une sans bouger l’autre dans la mesure où, désormais, bien peu des machines horlogères équipant ma tanière sont mécaniques et nécessitent donc d’être remises manuellement au temps de la république. La majorité de mes pendules et horloges est en effet électronique, moderne, up to date, trop cool top grave et se remet au pas en quelques fractions de seconde, alors que je ronfle béat dans mon lit et dans les bras du brave Morphée (qui ronfle encore bien plus que moi et qui en plus pète tout ce qu’il veut ou pas — pauvre petit dieu, ce n’est pas beau de vieillir hein !).

Deux exceptions : ma montre et le four de ma cuisine.

J’ai acheté cette montre de fabrication asiatique (Casio, pub) dans une grande surface, pour un prix dérisoire, au siècle dernier (le 11 décembre 1999, pour être précis) et elle ne m’a jusqu’à maintenant, jamais menti, ni lâché.

J’ai payé dix fois son prix d’achat en piles et bracelets, mais elle a le luxe et la sophistication d’afficher l’heure, à la fois avec des aiguilles à tricoter le temps (comme celles de nos grand-mères) et avec un écran digital. Chaque écran ayant sa batterie, cette montre ne s’est jamais arrêtée depuis que je la porte.

De plus, elle est waterproof jusqu’à 50 m, ce qui me permet de plonger dans la Seine, seulement vêtu d’elle, deux fois par jour, après le jogging du matin et du soir et avant la clope et le whisky du matin et du soir. (Mon cardiologue et mon psychiatre se sont ligués pour me demander de ne pas pratiquer un tel sport, au moins pendant le mois de février, mais je leur ai prouvé que ma montre supporte bel et bien de très basses températures — alors, camembert hein !).

Sa remise à l’heure semestrielle est un peu pénible, mais me permet alors de me souvenir d’elle, vieille et fidèle amie, même pas bling-bling.

La remise à l’heure de l’horloge du four de ma cuisine me demande près d’une heure tous les six mois (à chaque changement d’heure quoi).

Il me faut en effet cinq minutes pour comprendre que je dois relire le mode d’emploi ; quarante-cinq minutes pour retrouver ledit mode d’emploi ; dix autres minutes pour retrouver la page (en français) concernant l’horloge et la lire dans le bon sens ; et enfin, trente secondes pour remettre la nouvelle heure.

Bon sinon, comme disent les sages de notre brave Cour des Contes franchouillarde : une heure de plus ou de moins, c’est comme deux mille milliards d’euros de créances ou de dettes ; quand on aime, on ne compte plus.


Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Divers et d'autres saisons

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