Le vendredi, treize œufs, ça me dit.

Publié le 13 Décembre 2013

Tiens, nous sommes le vendredi 13 et les paraskévidékatriaphobes et autres triskaïdékaphobes ne sont pas à la fête aujourd’hui.

Il y a des jours et des gens comme ça, ou pas ; et comme vitupèrent souvent nos modernes et festifs antiphobes : il faut de tout pour faire un monde et par conséquent, toutes les couleuvres de tout poil doivent être avalées, de gré ou de force.

La triskaïdékaphobie est la peur du nombre 13 et la paraskévidékatriaphobie, qui est une sorte de triskaïdékaphobie, est la peur du vendredi 13.

Ces mots savants et très sérieux nous viennent de chez les Grecs en passant par les Anglo-Saxons pour lesquels : « parashévi » signifie vendredi et « dékatria-tria » ou « triskaïdéka », dix plus trois, soit treize.

Il parait que de nos jours, de telles angoisses seraient encore prises au sérieux par bon nombre de psychotrucologues de mes deux qui n’ont apparemment que ça à faire à cheval sur Sigmund (ah, ah !).

Il faut dire que le nombre 13 et le vendredi du même métal sont stigmatisés depuis exactement 1980 ans quand, un vendredi 13 de l’an 33 après lui-même, Jésus Christ dîna pour la dernière fois avec ses douze potes (treize à table donc, sachant que Judas avait un cours d’escalade ce jour-là) et à qui d’ailleurs, il leur fit une scène pas possible à propos du cannibalisme ou autre religion d’État. (Comme quoi, à l’époque, on avait déjà des discussions politiques mouvementées lors des repas de famille.)

Le vendredi 13 dut aussi angoisser un certain Ponce Pilate, qui non loin de cette Cène, misa trente deniers lors d’un drôle de loto jeu à la con pour tout perdre trois jours plus tard, même l’honneur et entrer ainsi dans l’Histoire par le soupirail des damnés pour les cierges et les siècles, ah, mais. Du reste, ce consul romain dut troquer l’angoisse du 13 contre celle du 17  qu’avaient beaucoup de Latins de la même ville et du même bois, étant donné que ce nombre romain (XVII) était l’anagramme de « VIXI » qui peut se traduire par « j’ai vécu » ou encore « je suis mort ».

J’ai lu quelque part (mais je ne me souviens plus où) que ce pauvre Pilate, devenu dépressif, se serait donné la mort quelques années plus tard, à Lyon (Lugdunum, 6-9), ville où il serait d’ailleurs né au début de l’an 1 (il aurait eu à peu près le même âge que Qui-vous-savez).

Les Chinois ont aussi leur numéro-phobie, mais c’est envers le chiffre 4 (quadraphobie) parce que dans cette langue, le mot de ce nombre est l’homonyme du mot « mort ».

C’est pourquoi dans certains hôtels internationaux de Shanghai ou de Hong-Kong, les ascenseurs ne sont pas pourvus de touches pour le quatrième (et souvent pour le treizième étage aussi) où vous ne trouverez aucune chambre portant ces numéros.

Pour ma part, je ne suis pas superstitieux parce que d’une part, ça porte malheur et que d’autre part, je n’ai plus de place dans mes poches pour y placer le moindre fer à cheval (ou même de poney nain) tellement elles sont remplies de pattes de lapin.

Je suis plutôt numérophile, et comme beaucoup, le nombre que je préfère est :

123 456 789

que j’aimerais beaucoup apercevoir un jour au bas de la colonne de crédit de mon relevé bancaire, même si l’argent ne fait pas le bonheur ; surtout de ceux, ministres ou pas, qui n’en connaissent pas la moindre valeur, d’ailleurs.

Enfin, en ce vendredi 13, je vous conseille de ne pas passer sous une échelle : ce n’est pas que ça porte malheur, ça peut être dangereux, surtout si un drôle de type, un peu nerveux, est perché dessus en tenant une tronçonneuse et vous regarde fixement en bavant.

Sinon, bonne chance quand même.

 

Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Le Dico

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Commenter cet article

Pharamond 16/12/2013 21:19


Si c'est pas de la culture, ça !

Martin-Lothar 06/01/2014 21:41



Pharamond : ah moi, quand j'entends le mot culture... Bien à vous.