L’archipel Lothar

Publié le 19 Octobre 2012

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L’archipel Lothar est un groupe d’îles imaginaires de ma pomme que je place dans le Pacifique Sud entre la Terre de Feu et la Nouvelle-Zélande.

Pour être plus précis, c’est un lieu de latitude 47° 56’ Sud et de longitude 125° 23’ Ouest situé à égale distance tant du Point Némo et de l’île-cité de R’lyeh que des îles Lincoln, Tabor et Chairman. (Voir la carte ci-dessus en la cliquant pour le meilleur ou le pire)

Cet archipel est plus près de l’île Robinson Crusoé et du Point Bloop que de la Patagonie ou l’île de Pâques et il n’est surement pas très éloigné de « l’île de Ralph ».


J’ai inventé ce lieu alors que je n’avais pas même quinze ans, pas capitaine, seulement moussaillon d’eau de bibliothèque amoureux de cartes et d’estampes, mais hardi capitaine de mon imagination déjà enfiévrée par les lectures de qui vous vous doutez un peu…

Au départ, ce n’était qu’une île, mais l’âge venant, j’en ai fait un archipel, une incroyable thébaïde pour vieux loup-garou aigri de plus en plus en plus misanthrope, mais toujours joyeux et entrepreneur quand même.


Reprenons un peu la géographie du truc :


L’île-cité de R’lyeh (47° 9’ S – 126° 43’ W) est un lieu inventé par l’écrivain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) dans son roman « L'Appel de Cthulhu » où son héros, le Grand Ancien  « Cthulhu » y est exilé pour l’éternité en rêvant et attendant.

Le Point Nemo (48° 50’ S – 123° 20’ W) est très réel, scientifique, planétaire, voire universel, car c’est le pôle maritime d'inaccessibilité, c'est-à-dire le point de l'océan le plus éloigné de toute terre émergée. C’est donc l’endroit le plus idéal pour la plus idéale des îles désertes et pour le plus grincheux, sauvage de tous les Robinson itou, même s’il n’y a pas le moindre rocher pour s’accrocher.

L’île Lincoln (34° 57’ S – 150° 30’ W) est tout simplement depuis 1874 « l’île mystérieuse » de notre inénarrable maître Jules Verne (1828-1905) qui fut ainsi baptisée en l’honneur du président des USA par les cinq naufragés ballonniers, Nordistes et néanmoins échappés de la guerre de Sécession étasunienne. Du reste, « leur Abraham » sera assassiné pendant qu’ils robinsonnaient géniaux sous la surveillance étroite, admirative et salvatrice du capitaine Nemo dont cette île « plutonienne » sinon volcanique sera le tombeau, et le fabuleux Nautilus, son sarcophage.

L’île Tabor (37° 11’ S – 153° W) est aussi une invention de Jules (Verne, pas César) dans le susdit roman. Elle est à 48 heures de voile de l’île Lincoln et c’est la « prison » où sera relégué pendant douze ans à en être bête, le « Dark Wador » des « Enfants du capitaine Grant » (du susdit Jules — Verne, pas Renard), l’abominable « Ayrton » alias « Ben Joyce » qui sera ainsi bien puni de sa racaille avant de redevenir « un Homme » par quelques larmes bien ressenties et des exploits de survie (mais j’en reparlerai).

L’île « Chairman » ou Hanovre (51° S – 74° 24’ W) est encore un endroit où le grand Jules (Verne, pas Romain) fit courir ses très britishs collégiens de « Deux ans de Vacances » qui auront baptisé leur refuge du nom de leur collège, sachant que cette île (Hanovre) existe belle et bien et que ce roman fut le sujet, en 2005, du premier billet de ce blogue ! (Sept ans de conneries déjà)

Le Point Bloop ou « The Bloop » est depuis 1997 un mystère de la science. Dans cette zone, à cette époque en effet, des sons d’ultra-basse fréquence (bloooop !) ont été détectés à plusieurs reprises par des sonars plus ou moins officiels sans que l’on en connaisse aujourd’hui l’émetteur. Partant, toutes les hypothèses ont été elles aussi émises avec grand fracas quant à l’origine de ce boucan du tonnerre de Poséidon en ciblant des Martiens pétulants, des baleines d’opérette en passant par des calamars préhistoriques. Moi, je suis sûr que c’est le fantôme du Nautilus qui a vidangé ses ballasts ou a vidé ses latrines, mais bon, comme personne ne m’écoute…

L’île de Ralph n’est située sur aucune carte dans la mesure où son inventeur, William Golding (1911-1993) n’a jamais précisé ni la longitude, ni la latitude de ce lieu sauvage où se déroule son trop vraisemblable, terrifiant et incompréhensible roman : Sa Majesté des mouches (Lord of the Flies), publié en 1954, dont j’ai déjà causé sur ce blogue.

J’ai donc baptisé cette île quantique du prénom de son quantique jeune héros : Ralp.

Je zappe l’île de Pâques et tant d’autres imaginaires ou pas qui n’ont pas le mérite d’être dans le coin de mon archipel et la Patagonie aussi, que j’aime beaucoup sans trop savoir pourquoi. (J’en ai bien connu l’étonnant Consul en France, mais ce n’est pas d’emblée une raison suffisante).

Bref, maintenant que j’ai trouvé un coin pour m’enfuir, il va falloir tout y construire, car il n’y a pas le moindre banc de sable ou ban de société pour y planter un cocotier ou autre bête d’autre race.


Je vais donc attendre d’être promu empereur d’Oxydant.

Remarquez, au train ridicule et nul abyssal où nous emmènent malgré nous, nos bons, corrompus, démagogues, maffieux, imprévoyants, joufflus, irresponsables, rétrogrades, bedonnants, pervers, incultes, idolâtres, imbéciles, hypocrites, esclavagistes, vicieux de putains de gouvernants et autres zintellos de carnaval, de leur clique, de leur claque voire de ramadan, je peux être sacré ainsi plus vite que prévu.

Rien que pour les emmerder et pour faire comme eux, je financerai mon projet d’archipel en taxant grave tous les faits et gestes de tout ce qui respire sur cette planète.

Tiens, j’ai oublié de causer de l’île Robinson Crusoé hein !

Mais peut-on encore évoquer un tel mythe. C’est comme l’Odyssée ; ça nous dépassera toujours, les enfants.

Cela étant, j’avoue penaud et contrit que je n’ai jamais lu « Robinson Crusoé » de maitre Daniel Defoe (v 1660-1731), mais je me soigne : je l’ai trouvé en version originale et numérique et je vais bientôt le dévorer jusqu’aux osselets de la main.

Je ne suis jamais non plus monté sur la tour Eiffel, mais j’ai le projet d’y aller un de ces jours, bien que je déteste les escaliers et les ascenseurs et toutes les hauteurs pas naturelles. Néanmoins, je n’irai pas plus haut que le deuxième étage, là où il y a un fameux restaurant étoilé par le Bibendum auvergnat et nommé « Le Jules Verne ».

Ah mais !


Note : Je remercie mademoiselle Wikipedia et messieurs Google (Earth) et Apple de m’avoir permis de réaliser en un tournemain le planisphère de mon archipel.


Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Lieux

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Camille Acristem 25/11/2012 00:46


Oui, ou plus prétentieux, c'est à voir !

Martin-Lothar 25/11/2012 21:49



Camille : non, je ne suis pas d'accord. L'Occident se meurt hélas de la prétention (un mot qui n'a pas d'ailleurs la même racine que "prédation" ^^) il crève de sa vanité enfin.Il ne faut pas
confondre "cannibale" et gastronome… Bien à vous.



Camille Acristem 21/11/2012 00:14


J'aurais tendance à penser que ces mots ne sont "pas encore" de notre temps et de notre siècle. Il convient d'attendre et d'avoir la patience que les écrivains de notre temps et de notre siècle
en fassent quelque chose.

Martin-Lothar 25/11/2012 00:11



Camille : vous êtes plus optimiste que moi : il faut le faire hein !



Camille Acristem 07/11/2012 13:47


C'est original, intéressant et "espiègle" ; très agréable.


Merci pour cette authenticité esthétique.

Martin-Lothar 21/11/2012 00:01



Camille : j'adore ce mot d'"espiégle". Tout ce qui n'est pas de notre de temps ou de notre siècle en fait... Bien à vous.