L'Anthropocène ou l’âge de la poubelle

Publié le 25 Mai 2013

VanGoghCreuseursArbres.jpgAu dernier congrès international de géologie (août 2012), certains scientifiques en tenant vraiment une couche (ah, ah), ont proposé de mettre un terme à notre trop vieil Holocène, une époque dans laquelle nous nous vautrons comme des porcs depuis dix mille ans (à plus vraie date), pour l’archiver et ainsi pour nous faire basculer impitoyablement dans le jeune et fringant « Anthropocène » qui serait né en l’an de grâce (ou pas) 1784 (début de l’ère industrielle).

Cet « Anthropocène » de l’échelle des temps géologiques et d’autres âges de pierre, voudrait inscrire dans les strates poussiéreuses, boueuses ou caillouteuses de notre patate de Terre toutes les modifications et autres sens dessus dessous que l’homo sapiens sapionce leur aurait peu ou prou apportés.

Après une experte bafferie que l’on imagine salée, les creuseurs taupes-garoues congressistes ont finalement rejeté cette proposition en arguant qu’il n’y avait pas le feu au lac cambrien, que nous n’étions que poussières et fétus de paille sur notre pomme terrestre toujours pas chaude et que jusqu’à preuve du contraire, on se trouvait pépère pénard dans cet Holocène qui n’aurait du reste pas encore vraiment jeté sa gourme. Ah, mais quoi !

Voilà.

Cela étant, il est vrai que l’homo sapiens telefonicus depuis qu’il a appris à casser des cailloux pour en faire des haches, du béton, des barres HLM, des sacs plastiques, des pneus de bagnoles, des mégots de clopes, des piles de lampes, des satellites, des cannettes de bière, des croisettes festives, des kalachnikovs, des trottoirs à crottes et autres trucs plus ou moins propres, utiles et agréables, en a rajouté une sacrée couche-culotte (ah, ah) sur la planète bleue.

Certes.

Somme toute, c’est encore peanuts par rapport à ce qu’avaient craché nos bons vieux feus ou en sieste volcans des familles auvergnates, ou à ce qu’avaient bougé tous azimuts ces frénétiques et intenables plaques tectoniques qui ont quand même envoyé au sommet de l’Himalaya des tonnes de coquilles de moules marinières avec leurs frittes et leurs baraques.

Ce n’est pas une raison non plus pour balancer n’importe où des batteries de bagnoles, comme on peut le voir encore et toujours dans nos belles forêts franciliennes.

Bref les gens, nous resterons confits et confus dans l’Holocène avec nos ancêtres du Mésolithique et du Néolithique, mais hélas, avec aussi nos abominables et sinistres singes du Poli-thique, voire du Jurassique inférieur.

Pour finir, je vous livre la date de ce jour, 25 mai 2013, mais selon le calendrier des géologues pour qui nous sommes le :

« Soixante-sixième jour après le premier équinoxe de l’an 63 AP, de l’étage Atlantique, de l’époque Holocène, de la période Quaternaire, de l’ère Cénozoïque, de l’éon Phanérozoïque ».

Sachant que l’an 0 AP (After Present) est aussi l’an 0 BP (Before Present) soit 1950, mais j’en avais déjà causé dans ce préhistorique billet de l’an 55 AP, ici.

Bon, c’est sûr que « 25 mai 2013 » est plus simple et plus précis.

Je précise en ultime, que si cette échelle géologique était représentée par un tour d’horloge, l’Homme digne de ce nom serait apparu cinq secondes avant minuit (ou midi selon votre optimisme — soit dix-mille ans et des brouettes).


Comme quoi le temps passe lent à travers le peu de choses que nous sommes ou pas.


Illustration : Vincent VAN GOGH, 1853-1890, Deux Creuseurs Parmi Les Arbres, 1890, huile sur toile, 62 x 44 cm, Institute of Arts, Detroit, Amérique.


Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Nature & sciences

Repost 0
Commenter cet article