Des loups et des hommes (4) — le loup de Wall Street

Publié le 15 Janvier 2014

 

Je n’irai sans doute pas voir ce nouveau film dont on parle beaucoup et intitulé « The wolf of Wall Street » (le loup de la rue du Mur) réalisé par Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, même si physiquement, je ressemble beaucoup à ce dernier, du moins, vu de loin, à la jumelle et pour autant que je mette un chapeau tyrolien et des ray-ban.

C’est évidemment à cause de son titre que ce film me déplait d’emblée puisqu’une fois de plus, on diabolise et on insulte le loup en l’associant à un infâme escroc vaniteux qui ruina beaucoup de gens – et pas uniquement des « sales » riches – et qui surtout attira la honte et la haine sur les courtiers en bourse qui exercent un métier pas plus sot, ni moins noble que d’autres et avec ordinairement beaucoup plus d’intelligence, de mesure et de probité que le franchouillard moyen abonné à la Française des Jeux ou au PMU ou pas, ne le comprendra jamais.

...

Cela étant, il n’est pas mauvais de temps en temps, que le cinéma se moque de la bourse et du capitalisme à jamais maffieux, dans la mesure où ça le purge ou le dédouane peu ou prou d’un système à qui désormais il doit tout de la première image au générique de fin. Le cinéma n’existerait plus s’il n’était pas devenu une industrie sachant qu’un film – qui est une entreprise en soi et pas mince, ma bonne d’âme – exige, pour être quelque peu visible, rentable et donc sociable, au minimum et d’emblée plusieurs millions d’euros d’investissement, et ce, indépendamment de toute valeur artistique.

Sans mécène ou autres actionnaires prenant des risques en misant sur un scénario, le train du cinéma ne serait jamais parti de la gare de la Ciotat et encore moins arrivé à Cannes, festive ou pas.

Bon, en France, on se passe des affreux capitalistes en rançonnant tous les contribuables, sans exception, même aveugles ou détestant le cinoche et à l’insu de leur plein gré, en subventionnant grassement et politiquement des films qui souvent ne seront vus et appréciés que par les copains du réalisateur ou du ministre ; du moins ceux qui auront eu le courage de ne pas s’être endormis ou suicidés à la première.

Bref, il n’y a jamais eu de loup à Wall Street, la bourse, comme dans la rue d'autant de briques, et ce, au moins depuis 1626, date à laquelle un Wallon, préposé de la Compagnie Néerlandaise des Indes Occidentales, nommé Pierre Minuit, acheta tout le quartier avec l’île de Manhattan aux Amérindiens manhattes du coin, pour la somme de soixante florins (soit environ 25 dollars US de 1850, c’est-à-dire environ la paie mensuelle d’un ouvrier étasunien du dix-neuvième siècle). Les nouveaux propriétaires hollandais, colons de la Nouvelle Amsterdam, firent alors construire un mur pour se protéger à la fois d’autres Indiens et surtout des Britanniques, colons de la Nouvelle York, lesquels plus tard, abattirent cette construction pour y faire passer une rue qu’ils nommèrent « Wall Street » (la rue du Mur).

Il y eut peut-être des loups avant que Christophe Colomb ne fasse l’œuf, mais ils ne jouaient pas à la bourse et de ce fait, on ne saura jamais rien ni de leur voracité ni de leurs actions.

 

Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Loups et loups-garous

Repost 0
Commenter cet article

Tripoda 15/01/2014 22:21


Bizarrement, le premier loup qui m'est venu à l'esprit en lisant le titre de ce film sur son affiche est le loup de Tex Avery, ridicule et outrancier. Le parallèle courtier↔loup peut être pris
dans plusieurs sens qui sont tous assez pertinents: prédateur sans scrupule dans votre cas, créature de cartoon dans le mien.

Martin-Lothar 16/01/2014 21:46



Tripoda : ah ben non, que nenni. La métaphore du loup pour ce cas est insupportable : l'animal, prédateur ou pas, n'a jamais de scrupule parce qu'il n'a pas d'éthique, de morale ni d'étiquette.
L'esprit du loup est mécanique ; il n'écoute que son instinct, son génome. Il ne peut être jugé (même si certains l'ont fait dans le passé et l'ont même envoyé au bucher !) Ce qui n'est pas le
cas de cet imbécile de trader qui a sans doute manqué d'éducation (avec pied au cul obligé). Quant au loup ridicule (et sympa au fond) de Tex, c'est comme Ysengrin du Roman de Renard : que de la
jalousie ! Bien à vous.