De la stratégie du pique-prune (avec iCuls finaux et triomphants)

Publié le 20 Août 2010

Le Créateur, s'il existe, a une passion démesurée pour les coléoptères (J. B. S. Haldane , 1892-1964)

Je précise d’emblée aux cancres las qui se sodomisent aux fins fonds fumeux de la blogosphère que le pique-prune n’est ni un accessoire pour partouze sado-maso, ni une recette de big mac aux mirabelles fluo, mais un insecte tout bête.
Je ne sais pas d’où il tient ce stupide pseudo de « pique-prune », mais je peux vous dire qu’il a bien du mal à voler (dans tous les sens du terme — ce n’est pas comme d’autres)
Le pique-prune (de son vrai nom osmoderma eremita) est en effet un scarabée brun, solitaire voire ermite, frugivore, nocturne, timide qui passe ses journées à pioncer profond comme un bienheureux au plus creux d’un arbre vieux au possible.

PiquePrune.jpg
Et quand j’écris « vieux » je veux signifier « plus vieux tu meurs » sénile grave, pourri, gâté, gruyéré à sciure, avarié, parkinsonien total aïe sa mère, purulent à s’effondrer au premier pet de lapin passant.
Bon, il y a bien des zombies humanoïdes et festifs qui acceptent de vivre dans du béton gris et crasseux à chier.
Les arbres de chez Mathusalem & Hérode, c’est son truc à lui, le pique-prune qui est de plus un sacré vieux singe de l’ordre vénérable des coléoptères qui sait quand il veut, faire la grimace à nous autres pauvres bouffons vandales salopards et acnéens du juvénile et arrogant ordre des primates.


Parce que le pique-prune est aussi un casse-couilles de premier ordre.
Déjà, il y a quelques années, cette véritable bête noire de même pas quatre centimètres de long et de cinq grammes de poids avait fait reculer pendant près de six ans les archi-tonnés bulldozers de Vinci (le groupe, par Léonard) et les massives et chaudes bitumeuses de Colas (l’entreprise, pas le coca) qui avaient eu l’audace de vouloir faire passer une autoroute à la con en plein milieu de son bosquet natal.
Pendant six ans, il leur a tenu tête (ou rostre plus exactement) à ces barbares de ses deux.
Chapeau, hein !

Et voilà qu’en 2010, le pique-prune repart en guerre, cette fois dans notre belle, lotharingienne et ancestrale Bourgogne, où il assiège carrément un château et fait face farouche à toute une cohorte de bûcherons bureaucrates, subventionnés jusqu’aux testicules, qui veulent abattre les tilleuls de sa tanière.
Le brun scarabée a vu rouge encore et il rugit comme un lion à donner la jaunisse à tous les édiles de ce coin de l’Yonne (8-9) qu’ils soient verts ou pas.
Non mais !
Il faut dire que ces tilleuls qui forment l’allée menant au château renaissance de Tanley (pas si laid que ça en fait) sont tellement croulants qu’ils risquent désormais, et à tout moment, de fendre le crâne ou pire d’un quelconque quidam touriste ou pas.
Vaste dilemme pour les politiques franchouillards dans la mesure où l’habitat du pique-prune est protégé ferme par une loi européenne de première bourre.
Gros souci d’avenir aussi pour notre brave coléoptère, car, si du moins en France, les arbres ne manquent pas, ils sont de moins en moins vieux ou plus exactement, de plus en plus pas assez vieux pour lui.
La nature a de ces paradoxes… et les verts bocages ne sont plus ce qu’ils étaient, ma bonne d’âme.
Allons savoir comment va se terminer cette bataille de titans (de gitants ou de gitans), mais en attendant, chaque nuit, dans les douves du château de Tanley, les pique-prunes font des raves militantes et protestataires et chantent, sur un rythme de rap en claquant leurs ailes blindées, ce terrifiant hymne guerrier :

LOL – PUM – LOL – PUM - LOL - PUM

LOL, on nique ton maire, Tanlay con
Et on vous bouche le rond
Bûcherons

LOL – PUM – LOL – PUM - LOL - PUM

Merdeux humains qui toujours crachez sur vos pères
Nous vous ferons vous taire
Sur la Terre

LOL – PUM – LOL – PUM - LOL - PUM

Ô scarabées, rappons sous la lune
La haine et la rancune,
Pique-prunes !

LOL – PUM – LOL – PUM - LOL - PUM

Allez, on t’aime le pique-prune, reste avec nous.

Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Bestiaire

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Commenter cet article

monsieur 21/08/2010 12:06


Encore une fantastique histoire d'animaux.


Martin-Lothar 21/08/2010 23:27



Monsieur : encore une de nos histoires. Point barre.



werewolf 20/08/2010 20:54


Si ce n'est cétoine, c'est donc son frère !


Martin-Lothar 21/08/2010 23:26



Mon bon Werewolf : tu n'es pas mon frère, mais tu es mon pote (ce qui revient au même par ces temps pourris) C'est Toine ? j'ai un frère (loup-garou — comme toi mais en danois) qui se nomme Toine
et autre pseudos. A+