De l’ignorance voulant se faire plus grosse que tout l’univers

Publié le 23 Juillet 2010

R136.jpg« Voici la plus grosse étoile jamais observée » C’est le titre d’un article « scientifique » paru hier sur le  site web d’un grand journal français que je nommerai pas parce que malheureusement dans le pire il y a encore plus lourd et massif de bêtise.
Et notre bon journaleux de copier-coller, allègre, sans le lire en essayant de le comprendre un tant soit peu et de se remémorer ses éventuelles bases de physique — s’il en a eu, le communiqué d’une équipe d’astrophysiciens qui eux, savent de quoi ils parlent quand ils emploient le mot « massif »
Le problème de notre bon pays françois est sans doute que beaucoup trop de ses « supercitoyens » confondent vulgarisation avec vulgarité et cela vaudrait pour toutes les sciences, soient elles d’information, exactes, d’éducation ou politiques.
Vae victis...

Bon, c’est vrai que c’est une belle découverte cette étoile classée (et non pas nommée, voire appelée) « R136a1 » (il y a des pseudos plus laids) qui serait 265 fois plus « massive » que notre bon Soleil bien de chez nous (qui est une naine jaune depuis des cierges et des siècles et le restera pour environ cinq milliards d’années pour les plus médisants)
En fait, on ne pensait pas qu’une étoile puisse être aussi massive sans s’éclater aussitôt grave en supernova du diable à trou noir.
C’est grâce au télescope spatial Hubble, mais surtout au VLT (very large telescope) européen que des savants ont découvert ce truc délirant et flamboyant au fin fond de l’amas stellaire « R136a » parmi près de cent mille autres du même bois ou plus exactement, de la même eau d’étoiles, car tous ces corps ondoient dans la constellation de la Dorade (qui est un brillant poisson comme vous le diront tous les vieux loups des mers)
Ce VLT qui est loin d’être une vulgaire jumelle de prisunic, est installé sur une hauteur du Chili, pays de notre belle Amérique australe où il n’y pas que des cons carnés.
C’est un appareil très « gros », très large, qui recueille toutes les ondes de tout poil venant de tous les azimuts universels et possibles et qui analyse ce fouillis permanent à l’aide d’une flopée d’ordinateurs musclés et nerveux comme un Rambo diplômé.

Or donc, notre R136a1 n’est pas la plus grosse étoile jamais découverte : elle n’est que 10 fois plus « grande » que notre bon vieux Soleil et si c’est déjà pas mal, sachons qu’il y bien plus volumineux, même dans notre chère galaxie lactée.
R136a1 n’est pas non plus l’étoile « la plus lourde » parce qu’en matière d’astronomie et d’objets errant dans le vide interstellaire, la notion de « poids » ne veut absolument rien dire de sérieux sauf pour ceux qui s’en balancent comme de leur première succion de pouce ou d’orteil, pour les plus souples.
R136a1 est une chaude et même une brûlante : elle afficherait aux fesses quarante mille degrés de chez monsieur Celsius, soit sept fois plus que notre frigide Soleil.
R136a1 est une fille très brillante, car elle serait un million de fois plus lumineuse que notre âne de Soleil.
En fait, R136a1 est incroyablement massive.

Pour les cancres las qui se dorent bêtes la pilule d’ectasy sur les plages sociales du 7-5, je rappelle que la masse n’a rien à voir avec la taille.
On peut être maigre et massif comme on peut être gros (grand) et vide.
Pour illustrer cette différence, prenons une balle de golf et une balle de pingpong qui ont l’intérêt pour l’expérience d’avoir à peu près le même volume (taille) sachant que la première est, au moins, cinquante fois plus massive que la seconde.
Maintenant, jetons avec force et détermination, mais sans haine, à la face du premier policier venu en touriste dans notre cité fleurie :

  1. Primo, la balle de pingpong ;
  2. Secundo (si nous avons le temps et avec une force égale) la balle de golf.


Nous observerons alors qui si le premier tir déclenchera a minima un fou rire nerveux de la part de la cible, le second, à coup sûr, sera cause d’un arrêt de travail, d’un hématome voire d’un saignement et lors de notre garde à vue « aux petits oignons » nous aurons au moins le réconfort d’avoir fait l’expérience de la célèbre formule d’Einstein : E = MC2
C’est très relatif comme satisfaction, mais bon, c’était pour la science, dira notre avocat...

On t’aime R136a1, reste avec nous, même si tu es un peu à la masse...


Illustration : l’amas stellaire R136 avec au fond, je ne sais où, la célèbre star du jour, R136a1.

Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Nature & sciences

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fodio 07/08/2010 12:48


Et les 70% de l'univers que cette équation ne concernent pas, on en fait quoi, Lothar? y a comme un trou dans la démonstration!


Martin-Lothar 10/08/2010 20:24



Fodio : 70% ? Votre  massif et trop humain optimisme me fait peur... (un peu, parfois)



zigmund 29/07/2010 12:55


bravo pour cette explication qui éclaire d'un jour nouveau mes connaissances en matière d' astronomie qui tendaient vers zéro
j'ai aimé la démonstration finale à "deux balles"


Martin-Lothar 10/08/2010 20:05



Zigmund : "deux balles" blague de garçon (de bain ou de ben) comme disait mon papa qui en avait deux et six voire sept en plus (de garçons hein !) Un opthalmo sans lunette, je suis déçu — mais
heureusement que c'est toi hein ! Alors...



Berthoise 23/07/2010 21:35


C'est joli !


Martin-Lothar 10/08/2010 20:00



Berthoise : ce n'est pas joli, c'est beau. Nuance...