De l’emploi selon Confucius

Publié le 15 Juin 2013

DelaunayMoissonneurs.jpgJ’ai trouvé ça au fond de ma tanière, parmi les feuilles et les ossements :


« Ne vous souciez pas d'être sans emploi ; souciez-vous plutôt d'être digne d'un emploi » (Confucius, Entretiens)

« Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. » (Confucius, Entretiens)

« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. » (Confucius, Livre des sentences)


Note

Pas grand-chose à gerber sur ces trois sentences. Vous savez lire et réfléchir.

Je précise toutefois que ce monsieur Confucius (né vers 551 avant qui vous savez), Chinois de ses papiers, fut peu ou prou contemporain d’autres zozos de sa race — ou pas — nommés Socrate, Platon, Diogène, Alexandre le Grand, ou Aristote, et comme ces clowns stupides, il eût pu se réclamer — ou se déclamer — d’aucun rigolo que furent Homère ou Lao-Tseu.

Il est vrai que tous ces gens-là sont morts depuis plus de deux mille ans, mais qu’il nous reste heureusement tout un tas de sommités encore bien vivantes qui — malgré nous ou pas — nous gouvernent, nous protègent, nous phagocytent, nous embaument, nous confisquent, nous neutralisent, nous félicitent, nous oppressent, nous festivent, nous sussent, nous méprisent, nous emploient, nous promettent, nous chient dessus et nous conseillent — ou pas —, mais que je ne nommerai pas, connaissant leur humilité et leur désintéressement de tout, voire de rien d’intelligent, de bon sens, d’humanisme ou de tangible — ou pas.

Cela étant, il n’y a pas besoin d’être bachelier ou autre lauréat à lauriers en plastoc ou bios pour se rendre compte qu’il y a près de deux mille cinq cents ans, ce Confucius de malheur édictait un mode d’emploi sur l’emploi de Paul, de Pierre ou de Jacques et que dans la Chine de ces temps-là, le chômage, le boulot, la retraite, le métier, les utilités, les professions, l’œuvre, le « désennui », les vocations, l’emploi, « la valeur ajoutée » (comme disent goulus nos bons Zénarques en bavant) et autres vieilleries décadentes, étaient déjà à la mode de chez Nous.

« Chavez-vous planter des chouS ? » a sans doute dit un jour à ses enfants un de mes ancêtres auvergnats (et plus Bougnat, il en est mort).


Illustration : Jules Élie DELAUNAY (1828-1891) Moissonneurs dans la campagne romaine, huile sur toile. Musée Bonnat, Bayonne, Europe.


Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Runes

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