Citation — Emil Cioran

Publié le 20 Juillet 2012

Cioran« J'ai tous les défauts des autres et cependant tout ce qu'ils font me parait inconcevable. »

(Emil Cioran, 1911-1995, De l'inconvénient d'être né, 1973)

 

Note : pour moi, Emil Cioran est l’exécuteur testamentaire de Nietzsche. Il aura écrit et synthétisé ce que Frédéric n’osa jamais.

Emil Cioran est bien le dernier des philosophes de notre civilisation « judéo-chrétienne » (ce qualificatif boboïsant, vide de tout et de rien, pompeux de tous les regrets, de tous les remords, de toutes les ingratitudes, erreurs, de tous les non-dits du monde, me fera toujours marrer, sinon hurler).

Emil Cioran est le dernier philosophe d’une « civilisation » qui se dissout plus de ses contradictions frivoles, obèses, désodorisées, superfétatoires, bruyantes, aseptisées, parfumées, qu’elle ne s’effondre de ses allergies, de son acné ou de ses cancers du colon*.

Je ne pense pas que les pensées de Cioran soient aussi « cyniques — qui a rapport au chien » que certains le laisseraient entendre. Elles sont souvent aussi courtes et tranchantes qu’une lame de rasoir, voire de guillotine et si elles ont toujours du chien (cynique ou pas), elles inspirent souvent une certaine « félinité » d’esprit en nous plongeant bien des fois dans l’abime du puits de la vérité et donc de la lucidité (et vice-vertu).

Bref, en à peine vingt mots, Emil Cioran nous renseigne et nous enseigne plus que les 691 pages du sartrien Être et le Néant ou encore toute l’œuvre ogéemmisée pitoyable de notre BHL national ou d’autres pitres clownesques, subventionnés et bien sûr, germanopratins de la même farine à chier. 

On t’aime Emil Cioran, reste avec nous !


* Les médecins écrivent « côlon », mais ces deux mots ne sont pas de la même race (comprenne qui pourra).


Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Runes

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