Chronique d’un simple novembre

Publié le 13 Novembre 2010

BruegelNovembre.jpgNovembre nous embrouille de ses racailles d’averses et de ses vents rebelles. Ici, en sept jours, autant d’eau qu’en six mois.
Les nappes de noces s’envolent quand les phréatiques s’emplissent.
J’ai même vu de la neige tourister.
C’est du bon pour nos racines et la fleur de nos âges. Les cerises à naitre aux fraises n’en demandaient pas tant.
Novembre crâne au crépuscule d’équinoxe en gonflant nos cafards d’insomnie. Novembre se marre hurleur des drapeaux des souvenirs désormais imberbes. Les poilus ne trembleront plus jamais. Passons à d’autres médailles.
Sur les tombes délavées, dans les caveaux inondés, les vents effeuillent les chrysanthèmes de Toussaint, les emportant aspergés au diable ou à la Trinité.
On entend déjà les morts tousser.
Ces messieurs du jet vain veillent mous sur nous : ils regardent béats nos Titanic couler rouillés.
Après les seaux percés, les sots bercés.
C’est encore du meilleur pour les vautours et les homards : ils vont avoir du poil aux pattes.
À part ça, il fait doux et j’ai rangé ma chambre. On ne saurait être trop prudent avec de tels temps de saison...

Illustration : Pieter BRUEGEL l’Aîné (vers 1525-1569) Le retour du troupeau ou novembre (1565) Huile sur toile (117 x 159 cm) Kunsthistorisches Museum, Vienna, Europe.

Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Divers et d'autres saisons

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monsieur 14/11/2010 11:22


Merci beaucoup pour ce magnifique texte. En d'étranges occurrences, le temps se fait assez épais pour ressembler à de l'espace.


Martin-Lothar 14/11/2010 18:41



Monsieur : Merci pour ce commentaire très quantique.



Berthoise 13/11/2010 19:00


Un vrai temps de chien !


Martin-Lothar 14/11/2010 18:40



Berthoise : même les puces pensent à manifester. Pour te dire...