Samedi 23 mai 2009
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Voici encore un de mes poèmes de jeunesse que je réédite dans le Manuel de
survie.
Je préfère ce mythe crétois et insulaire d’Icare et de Dédale à celui (plus
récent et « continental ») de Prométhée. Mais j’en reparlerai, encore et toujours…
Tu es pâle, oiseau de paille, insolé
Enfant nigaud et lent, ô goéland,
Pur et calme en ton sommeil désolé,
Bercé des musiques du soir brûlant,
Toi l'ange blessé d'un songe volé
Sans vertige, ô buveur étincelant,
Ivre mort dans l'ozone immaculé,
Ton sang suinte sur l'azur rutilant
Et sacre l'ombre de tes yeux brûlés
Cachés par l'ambre de tes bras brûlant.
Tu es pâle oiseau de paille, exilé
Au plus bel âge des siècles lents,
Toi le scandale d'un ciel violé
De ta flèche sanglante, chancelant
Dans l'éclat bleu du verbe révélé.
Ton sang suinte sur l'azur rutilant,
Toi, l'aigle triste et comme écartelé,
Qui succombât de ton essor tremblant,
Ivre mort dans l'ozone immaculé,
Au plus bel âge des siècles lents.
Tu as peur, oiseau nu, pauvre isolé
Au midi noir du mythe virulent,
Toi l'angle mort d'un rêve calculé,
Enfant nigaud et lent, faux goéland,
Sublime et ravagé dans l'air gelé
Où la mort brisa l'arc de ton corps blanc.
Icare, de quel or t'es-tu lavé
Au plus bel âge des siècles lents ?
Icare, de quel or t'es-tu saoulé
Enfant nigaud et lent, ô goéland ?
Illustration : Hans BOL (1534, Mechelen, 1593, Amsterdam) Paysage avec chute
d’Icare Aquarelle sur papier (133 x 206 mm) Musée Mayer van den Bergh, Anvers, Europe.
Fin de loup
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