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Martin-Lothar

Au large, pirates ! Corsaires !

16 Avril 2009 , Rédigé par Martin-Lothar Publié dans #Le Dico

Qu’il soit nautique ou internaute, le pirate est à la mode aujourd’hui et il fait couler beaucoup de navires, de salives, de pixels, d’encres et d’ancres itou.
Il est de tout temps d’une engeance sans foi, foies ni loi d’ailleurs (sur le web français) mais avant l’informatique et de qualifier ainsi des petits voleurs, des escrocs ou des contrefacteurs, le pirate était un marin (sous le vent souvent excellent) et toujours une brute sans vergogne ni pitié.

La langue française use de divers mots synonymes de « pirate » : « Corsaire » « boucanier » « flibustier » ou encore « forban » qui pour être proches et désigner tous un « pirate », n’en apportent pas moins chacun quelques nuances et particularités temporelles, géographiques et statutaires (pour ne pas écrire syndicales)

Le mot français « pirate » vient direct du latin « pirata » et le grand Jules (César, pas Verne) lui-même en fut victime, otage et rançonné et les injuria ainsi avant de les retrouver et les occire, pur et simple.
Le pote de Jules, Pompée, fut aussi un grand pompeur de pirates dont, inlassable, il débarrassa la Grande Bleue à coup de pompes dans la poupe.  
Le latin « pirata » vint à Rome en bateau de la Grèce avec le mot « peiratês » qui signifiait « brigand » et l’on raconte que des pirates grecs capturèrent le philosophe Diogène le Cynique avant de le vendre comme esclave sur le marché du premier port venu.
Rassurez-vous, notre bon vieux Diogène s’est fort bien sorti de ce mercantile péril de mer, mais c’est une autre histoire (que je vous raconterai plus tard, si vous êtes sages)

Le Vikings furent froidement d’abominables pirates car si les grandes découvertes étaient plutôt leur tasse de thé crâne d’hydromel entre deux longues courses, leurs accostages ne passaient jamais inaperçus et à leur départ il ne restait plus grand-chose de solide ou de vivants autour du barcadère.
Cela étant, ils prirent leur retraite vers l’an mille et se rangèrent des voitures drakkars pour aller fonder un club Med du troisième (moyen) âge en Normandie. 

Par ailleurs et à peu près en même temps, les franco-gallo-romains des côtes méditerranéennes canonnèrent fléchèrent le mot « corsaires » à l’encontre de terribles pirates barbaresques qui faisaient des emplettes de marchandises et d’esclaves pour le compte et avec la bénédiction des saigneurs califes d’en face.
Bref, ces pirates-là n’étaient plus tout à fait « à leur propre compte » : Ils étaient des pirates mercenaires, voire salariés, en quelques sortes des VRP de VIP pour qui ils faisaient les « courses » en pillant, brûlant les supermarchés côtiers et massacrant à tour de bras les clients indigènes avant de partir en courant avec la caisse, la caissière et les tétons ou les bourses du magasinier.
D’ailleurs, le mot « corsaire » a pour racine le mot provençal « corsa » (course, courir)
Plus tard ce mot de « corsaire » désignera des auxiliaires de la Royale, des « forbans » ou le plus souvent d’ailleurs, d’honnêtes marins civils qui, pour se racheter de leur vie de pirates ou gagner des sous et des honneurs, seront patentés et agréés par le Roy de France pour aller dire merde à celui d’Angleterre (ou d’Espagne et de Hollande)
Les plus célèbres corsaires français furent notamment : Jean Bart, René Duguay-Trouin et of course, Robert Surcouf (ouf !)
Les Anglais eurent Francis Drake, les Hollandais, Piet Hein et les Turcs, Khayr ad-Din dit « Barberousse »
Les cancres las qui soupirent en rêvant de pirateries au fond de la blogosphère voudront bien noter un détail très important : Quand un pirate était capturé vivant, il n’avait généralement pas le temps de déglutir sa défaite : Il était aussitôt cravaté sans trop de justice pour balancer sa verge désormais inutile à la plus haute vergue possible ; on le laissait pourrir aux mouettes quelques jours et puis hop ! A la baille.
Des plus malchanceux servirent d’appâts vivants pour les requins.
Le corsaire étant lui patenté, officiel, il avait droit au statut de « prisonnier de guerre » mais un vrai corsaire ne se laisse jamais prendre vivant, ah mais !

Dans un prochain billet, nous mettrons au large les flibustiers, les boucaniers, les forbans et autres gibiers de potence.

Illustration : Heerman WITMONT (Vers 1605, 1684, Delft) La bataille du Gabbard (vers 1653)  Crayon et encre sur panneau (112 x 179 cm) National Maritime Museum, Greenwich, Europe.

Fin de loup

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snooze 21/04/2009 20:52

Anne Bonney et Mary Read çà c'est plus sexy !!

Et n'oublions pas non plus la république de Libertalia !!!

Vive les pirates

Martin-Lothar 24/04/2009 21:39


Snooze : J'évoque les vrais Pirates, par des marins d'eau douce à festives voiles en rade de Canne (à sucre). Cela étant, je n'oublie pas Libertalia et ses utopiques robinsons qui ne manquaient pas
de faux, comme disait Daniel du même bois.


Marine 18/04/2009 01:35

"Il était aussitôt cravaté sans trop de justice": on est en démocratie et les choses ont bien changé! Nous aurons le droit d'être avertis deux fois avant de servir de pâture aux mouettes d'abord, puis aux requins (qui, bien fait pour eux, n'auront plus le meilleur c'est-à-dire les yeux). j'aime notre époque!

Martin-Lothar 24/04/2009 21:29


Marine (Quel beau prénom) : Oui, les pirates cumulaient les malheurs des marins et des hors-la-loi.


la Mère Castor 17/04/2009 18:46

Mais alors, voilà d'où vint à Diogène le gout du tonneau.

Martin-Lothar 24/04/2009 21:27


Mère Castor : Ah ah ! Très bon. Sauf que j'ai fait une note sur ce blogue qui expliquait que Diogène avait tout sauf un tonneau. Au coin, Mère Castor !