La mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles, ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie :
Les loups sont sourds dans la coulée
Où fane leurs musiques classées ;
Nos jardins sont glacés
Et les avenues écroulées.
…
Vois le migrant qui fulmine
Et s’avine sous la grêle.
…
La crêpe se retourne au crépuscule.
…
Je vois s’essanger les savants
Dont les arbres sont en dune ;
Le corsaire est lassant
Et je fume.
…
Les éducateurs se dessalent trop tard
…
Les vivants raffinent l’agonie
Que l’arroseur archive en ciel ;
Dans sa lune, le singe nie
Et le crabe est mortel
…
Il avait une mémoire simple
D’écriture et d’odorat.
…
Je leur ai dit d’engoncer leur gouaille obscène.
…
Nous étions des bandes chercheuses
De marbre et d’inventions.
…
Il y a des étalons vénitiens
Que peignent les ambitieux
Et de nobles locataires.
…
Les ancêtres s’attirent toujours.
…
L’historien scelle nos corvées
Que la horde empile en aveux ;
Plus loin l’estropié claironne
Et les duvets sont nerveux
…
Je leur ai dit de briser ces câbles déferlants.
…
Nous étions des Birmans ventrus
De graisse et d’abstrus.
Illustration : Jacob van RUISDAEL (Vers 1628, Haarlem, 1682, Amsterdam) Le cimetière juif de Dresde (1655-1660) Huile sur toile (84 x 95 cm) Gemäldegalerie,
Dresden, Europe.
A propos du Manuel de survie.
Martin Lothar (9 mai 2008)
Fin de loup
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