Le tombeau de Claude Émile Litre et son iCul de bouteille

Publié le 19 Janvier 2009

Ce ouikende, j’ai pris un coup de sang à la lecture d’un article odieux grave sur l’excellente encyclopédie Wikipedia, outil populaire, gratis, en ligne, richissime, mais qui on le sait, est souvent piraté par d’ignobles malfrats sycophantes et maffieux qui ne font rien d’autre que d’embêter le monde des loups, des Justes et des Sages par leurs bas agissements sans scrupules
 
Nous lirons en effet pantelants et sans croire nos yeux injectés de sang pur que le grand, le génial, le tant regretté Claude Émile Jean-Baptiste Litre (1494-1553) n’aurait jamais existé de sa vie ni de sa mort et que sa géniale invention éponyme (le litre) la mesure de capacité révolutionnaire et désormais universelle, ne tiendrait pas son nom de son noble nom, mais d’une vague racine basse et latine (litra) elle-même ancrée dans un mot grec qui donna « litron » puis litre et qui signifiait « livre » sur le Céramique athénien.
 
L’auteur anonyme et honteux de cet article va même jusqu’à employer le mot de « canular » pour tenter de gommer de l’esprit fragile et innocent de nos chères petites têtes blondes et internautes le souvenir, la mémoire, l’existence enfin du grand Claude, du divin Emile, de l’éminent Jean-Baptiste, du glorieux et toujours plein Litre !
 
Mensonge ! Erreur ! Billevesées ! Menteries ! Profanations ! Sacrilèges ! Ah les affreux, les scélérats du bulbe, les nuls corticaux, les bâtards cérébraux !
Je m’insurge ; je me révolte ; je me rebelle et je hurle à l’émeute et au lynchage : Messieurs les vils et faux encyclopédistes tartuffes et sectaires, rendez nous notre indispensable, notre incontournable Claude Émile Litre !
Ah les cloportes décérébrés ! Ah les mollusques de l’esprit ! Ah les damnés de la conscience ! Ces cruels affreux ne se lassent pas depuis des siècles et des siècles de détruire le temple et la pensée de Claude Litre tellement ils en sont jaloux, verts minables crapoteux d’envie et bavant, cupides et vaniteux parce qu’ils n’ont jamais admis son génie, sa grandeur et sa force.
Ils auront tout et toujours tout tenté pour abattre ses statues qu’ils auront toujours interdits d’ériger d’ailleurs ! Ah les hyènes putrides ! Ah les raclures de bidets ! Ah les misérables vermisseaux clownesques !
 
Car en vérité je vous le dis, il a bel et bien existé ce demi dieu, ce digne fils de Pan, de Rabelais et de Bacchus et que même Claude Émile Litre vit toujours dans le cœur et l’esprit des Purs (et d’autres ivrognes) et par son génie, liquide, immémorial et vital, il les dessoiffe tous les jours, de la sécheresse de l’ignorance et du désert de la bêtise profonde, abyssale et patentée.
 
Bon alors, puisque c’est comme ça, ils l’auront voulu ces enfoirés haineux ; mon litre est plein comme la coupe qui aura mis le feu aux poudres de mes yeux en larmes : Je vais donc m’employer à rédiger une biographie éclatante de notre bon Litre. Ce sera une œuvre profuse, révélatrice, dantesque, documentée, titanesque, biblique, proustienne, évangélique napoléonesque, et j’y passerai le temps qu’il faudra et s’il le faut, je continuerai d’écrire jusque dans ma bière funèbre et moussue !
 
Peuples de l’intelligence, frères de la Connaissance de la clarté et de la vérité humaine et universelle de tout poil, sexe, âge et de tout barème d’impôt, levez-vous votre cul haut ! Enfourchez vous destriers fougueux ; armez-vous de vos glaives arthuriens et de vos boucliers imparables et somptueux et venez héroïques, chevaucher derrière moi pour enfin et à jamais rétablir la mémoire et la grandeur de l’inénarrable et de indispensable Claude Émile Jean-Baptiste Litre !
Dans cette ultime, périlleuse, mais formidable croisade, il n’y aura aucune dispense de vos maîtres ni aucun mots d’excuse de vos parents, je vous le dis !
On t’aime Claude Émile Litre, reste avec nous !

Loin des tristes sires, des vieux cons et des pitres
Buvons des litres et des litres
Au bon Litre.
 
Illustration : Dieudonné Vincent Bouteiller Goulot de Raidepinard (1650-1610) Portrait de Claude Emile Litre à douze ans trois-quarts et demi (1699) Huile sur tonneau (150 x 150 L, 12°) Musée de l’Ivrognerie, Tanière sur Seine, Europe.

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Loups et loups-garous

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Commenter cet article

Berthoise 22/01/2009 18:11

Plaise aux dieux que jamais je ne te déçoive en racontant des menteries, tes colères sont impressionnantes, le loup.

Martin-Lothar 25/01/2009 21:28


Berthoise : Plaise aux dieux oui, car en ce moment, je suis très (trop ?) zen en fait !


werewolf 20/01/2009 21:06

Sur son portrait, il avait déjà de la bouteille !

Martin-Lothar 21/01/2009 20:21


Werewolf : Oui, mais aux ivrognes bien nés, la bonbonne n'attend pas le nombre du millésime.


snooze 20/01/2009 19:44

N'oublions pas les petites mains qui l'ont aidé dans ses recherches, notamment Harold Pinte et Jacques Demi

Martin-Lothar 21/01/2009 20:19


Snooze : Ah excellent les pintes et les demis ! Très joli, vraiment. Bravo.


iPidiblue carbure au petit noir 20/01/2009 10:44

Doucement les petits blancs ...

Martin-Lothar 21/01/2009 20:17


iPidiblue : C'est vrai que le petit blanc va faire les frais de la mode un peu écoeurante pour le petit noir. On se rabattra sur le petit jaune alors.


turquoise 20/01/2009 09:59

N'oublie pas dans ta biographie son épouse, la charmante et minuscule Daisy Litre ...
Je sens que cette oeuvre va dépasser toute mesure !

Martin-Lothar 21/01/2009 20:13


Turquoise : Non, bien sûr. Ni sa fille Sandy et son fils Hector. Bises


Prax 20/01/2009 08:50

Tu illustres de manière fort rabelaisienne ton propos.

Martin-Lothar 21/01/2009 20:11


Prax : C'est vrai que Litre est un sosie saisissant de notre bon maître François Rabelais !


Daniel Paillé 20/01/2009 02:45

Très bon billet... comme toujours...
Bravo!

Martin-Lothar 21/01/2009 20:10


Daniel : Merci, je te néglige en ce moment. Je passe dès que possible


Alf 19/01/2009 22:50

Moi, je préfère Emile Littré (avec 2 thés) !

Martin-Lothar 21/01/2009 20:09


Alf : Certes, j'aime beaucoup aussi, mais il n'est pas du même tonneau