Chronique du supermarché et d'autres mythes

Publié le 15 Octobre 2008

J’ai appris ce matin, par un journal gratuit et rapide, que les supermarchés français avaient aujourd’hui 50 ans.
Le premier du genre a en effet ouvert le 15 octobre 1958 à Rueil-Malmaison, en région parisienne, à l’enseigne de l'Express-Marché de la société Goulet-Turpin.

A l’époque, ce genre de truc faisait déjà hurler tout le monde (qui s’y est précipité dans une cohue de bagnoles et de caddies) et notamment, un certain Monsieur Poujade qui y voyait la mort du petit commerce bien de chez nous.
Bon, c’est vrai qu’il fut un temps où les petites épiceries disparurent complètement avant que les Arabes ou les Chinois désœuvrés du coin ne les reprennent.

Par contre, ces grandes surfaces firent bel et bien disparaître la bonne vieille quincaillerie de nos grands-papas où l’on vendait le fer à cheval ou la vis à l’unité.
A l’heure actuelle, quand on a besoin d’un seul misérable boulon de 8 pour retaper sa fidèle Kalachnikov, on est obligé d’aller dans ces hyper truc d’où l’on ressort avec un paquet de 50 boulons de toutes les tailles imaginables, armés de leur écrou et rondelle, sachant que l’on fout tout pare terre et partout en essayant d’ouvrir l’emballage à ouverture facile (comme ils disent)
Une fois que l’on a ramassé les 49 boulons inutiles, ceux qui ne sont pas organisés en « bricoleur pro » les foutront dans un coin de placard où ils les oublieront aussitôt et si un jour ils en auraient encore besoin, ils partiront de nouveau et de bon matin acheter 50 autres de ces machins à l’hyper-Bricolo de dans 20 kilomètres.

Cela étant, ce 15 octobre 1958, la France a vu apparaître le premier caddie qui, un demi siècle plus tard, deviendra un phénomène social, sinon un symbole « civilisationnel » comme on dit à la Sorbonne (Annexe du 9-3)
Le caddie est en effet un mythe socioculturelle « barthien » (si j’ose dire une telle connerie) à l’instar de la Dodoche ou du vélo Solex, surtout quand il sort de son espace et de son emploi vernaculaire (Le caddie, pas Barthes hein !)

En cinquante ans, cet engin de prisunic aura été dévoyé de ces fins pour tout et pour n’importe quoi : On en a fait des karts, des machines de guerre, des side-cars, des meubles, des berceaux, des poussettes, des lustres, des œuvres d’art (contemporain, continental, psychédélique et transcendantal) voire même de vrais seconds rôles dans des pièces de théâtre ou de cinéma.
Sans un caddie des familles, le Père Noël ne peut pas être une ordure, ah que nenni, non !

Bon allez, on t’aime le supermarché, même si on te hait.

Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Divers et d'autres saisons

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Prax 16/10/2008 09:12

J'ai la chance d'habiter dans un quartier (5 000 habitants quand même) dans lequel il y a encore des magasins à taille humaine sans musique d'ambiance (musique à la con en fait qui met une mauvaise ambiance). Pour le bricolage, je pense qu'il faudrait mutualiser les caisses à outils au niveau d'un immeuble, d'un pâté de maison : je suis prêt à donner toutes mes vis en échange d'un malheureux joint du bon diamètre.

Martin-Lothar 18/10/2008 16:04


Prax : Géniale cette idée de mutualiser les vices !


Alf 15/10/2008 22:26

Moi j'aime bien les supermarchés, le petit magasin du coin, il n'a pas de foie gras !

Martin-Lothar 18/10/2008 16:03


Alf : Je m'en serais douté hein !