Martin Lothar (depuis 2005)

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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 20:22

Le vrai labyrinthe est un endroit d’où l’on ne sort jamais.
Le vrai labyrinthe a une seule ouverture qu’il est souvent difficile de trouver, mais il n’a aucune issue ; pas même cette improbable entrée que de toute façon on oubliera bien vite.
L’intérêt d’un vrai labyrinthe, c’est de le découvrir entièrement ; d’en visiter chaque couloir, chaque escalier, chaque cellule, chaque salle, chaque chambre qui en fait ne seront jamais les mêmes à chaque passage.
La force et le mystère d’un vrai labyrinthe, c’est qu’il nous amène à en refaire les plans à tous les carrefours ou au fond de toutes ses impasses.
Même son architecte en perdra toujours son Latin, son Grec ou sa géométrie, pour ne pas dire son algèbre.
Ainsi ce pauvre Dédale n’en est sorti qu’au péril de sa vie et au prix de la mort de son fils Icare.
Le secret du labyrinthe est dans le milieu, dans son cœur où brillent, se morfondent ou battent encore sans doute bien des secrets ou des mythes antédiluviens.
Il y aurait peut-être en ce mitan quelque minotaure ou autre Pan terribles et cornus ?
Un Graal, un chaudron, la carte des cartes ou encore un manuel de survie ?
Pourtant, ce cœur n’est jamais au centre : Ce serait trop facile et donc, pas vraiment humain.
Les linéaires de ses couloirs se perdent dans l’infini, dans l’éternel ou sans aucun doute dans ce centre impossible, incalculable.
Le mythe du labyrinthe est né en Crête dit-on sans que l’on sache vraiment ce que signifiait ce mot.
Thésée et Ariane n’auront rien inventé avec leur fil à la gomme : Ils ont triché en fait et cela du reste ne leur a pas porté bonheur…
Aujourd’hui, il y a beaucoup de labyrinthes tracés et effacés à travers toute notre belle et grande Europe : De l’Ukraine à l’Irlande en passant par les cathédrales ; en visitant bien des châteaux de Versailles ou d’ailleurs ; en allant à Compostelle ou à Stonehenge.
Non seulement on ne peut que se déplacer dans le vrai labyrinthe pour aller on ne saura jamais où, mais en plus, il se déplace avec nous.

Illustration : Labyrinthe de l’église de Lucques (Lucca) (Italie)


Fin de loup

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