N'empêchez pas les folles de rire, ni les enfants d'aller aux cerises (Proverbe
français)
Tiens aujourd’hui mangé mes premières cerises de l’année. Je les ai trouvées ce matin en arrivant chez l’épicier du coin (mon pote de bougnoule préféré et adoré) Les bestioles étaient si rutilantes et charnues que j’en ai pris une livre (500 g hein !) mais j’ai oublié de demander d’où
elles provenaient. De toute façon, mon pote ne m’aurait sans doute pas répondu tant il était occupé à protéger son étalage d’un grain d’orage qui nous
tombait alors sur la gueule.
La cerise est un des fruits que j’apprécie le plus et depuis ma plus tendre jeunesse comme le cerisier en fleur est l’arbre que
j’adore entre tous. C’est vrai que je suis un vieux fils de Février gâteux et vers un an, c’est peut-être le premier truc de saison non conditionné et
emballé à pourrir grave que l’on m’ait fait goûter (dénoyauté, évidemment…)
Il faut dire que c’est vraiment bon et quantique une cerise : C’est rouge comme le sang ou notre face après le premier baiser ou nos
fesses après la dernière fessée ; c’est rond comme un ballon ou une bille de cour de récré après la bagarre. Même plus, ça ressemble aussi un peu avec une de ses sœurs sur la même queue à une paire de jeunes roubignolles qui ne demandent qu’à
s’éclater de tout son bon jus à pépère.
La cerise s’est aussi le combat de l’acide et du sucré et c’est vraiment jouissif quand ça vous fond dans la bouche comme ça, les
saveurs à la queue le leu jusqu’au trognon trop dur, mais sympa à sucer et à cracher ensuite dans la gueule du premier con à chier venu.
Celles-là étaient bien dodues, bien rouges, mais ni acides ni sucrées : Mauvaise pioche, mauvaise provenance ou mauvaise saison
? Elles auraient été fameuses dans un superbe clafoutis ! Ah le clafoutis aux cerises de ma Môman… Tout un poème perdu à jamais !
Bon sinon, la cerise symbolise le paradis, le jardin d’Eden ou d’enfance et la récompense des justes (En fait c’est un peu l’opposée
ou l’inverse pour ne pas dire le contraire de la pomme d’Adam et d’Eve) Il n’y a donc aucune fatalité ni damnation à croquer la cerise, alors allons-y les gens !
Par contre, au Japon de chez les Japonais, c’est l’emblème de la vocation guerrière, de l’idéal chevaleresque : La cerise de chair
rouge sang et de squelette en noyau orne la garde du fameux et redoutable sabre du samouraï. La cerise est un peu au chevalier nippon ni con ce que le Graal était à Arthur et aux onze autres branleurs légendaires ou
pas.
Enfin, cette année, avec leur crise du pétrole et autre bombance et comme tous les fruits et légumes, les cerises ne sont pas données
hein ! Si on n’a pas de couilles en or, ou si on tire le diable par où il ne faut jamais on n’en aura que la queue des cerises, je vous le
dis…
Or donc et subséquemment : On t’aime la cerise ; reste avec nous !
Illustration : Peintre anonyme allemand du Haut-Rhin (Vers 1410) Le jardin d’Eden, Tempera sur bois (26,3 x 33,4 cm) Städelsches
Kunstinstitut, Frankfort (Allemagne)
Dans un pays où l'on fait de la confiture de cerises noires (avec le fromage de brebis basque) j'ai toujours un honte à dire que je préfère les fraises.
Commentaire n° 5
posté par
Prax
le 17/05/2008 à 22h21
Prax : L'ennui avec les fraises, c'est qu'elle ne pousse pas sur un cerisier. Mais j'adore ça aussi hein !
C'est peut-être moi qui vire Al Zheimer, mais j'ai comme l'impression que vous nous resservez un vieux texte, là...
Commentaire n° 9
posté par
Didier Goux
le 18/05/2008 à 16h18
Didier : Je n'ai jamais rien resservi tout froid du congélateur de ce blogue sans le signaler. En fait, en trois (oui Môssieur !) Je n'ai l'ai fait qu'une seule fois (en le disant) le 30 avril
dernier ! (ET toc le Lampadaire !) J'ai déjà parlé des cerises et des cerisiers. Oui, mon vieux Didier, c'est vous qui êtes gâteux, mais beaucoup dont moi vous préfère et vous aime comme ça,
alors...
Pas de cerises de chez nous encore. J'attends, je suis très chiante, je sais, mais je vous le répète : des cerises d'Espagne, c'est moins bon et ça pollue et encombre nos routes ! C'est bien la peine de nous pomper l'air avec l'écologiquement correct... pas vous spécialement, mais les médias, les bien-pensants, les bio-bobos (surtout ceux qui partent en vacances en avion !). Mais non, je m'énerve pas ...
C'est qu'avec un si beau texte, je salive et j'ai très hâte d'en manger moi aussi. Aaahhh, les coeurs de pigeon et les bigarreaux !
Commentaire n° 10
posté par
Catherine Goux
le 18/05/2008 à 20h32
Catherine : Je ne suis pas écologiquement correct, ni même écologiste ou bio-bobo, j'aime la nature, c'est tout et je cherche comme beaucoup à trouver un moyen de la préserver tout en vivant
le plus simplement et le plus heureusement possible en gardant tous les acquis de nos ancêtres et nos superbes technologies et autres commodités. C'est sûr que les camions partout et en tous sens,
ça n'a plus de sens... C'est pas simple tout ça et c'est tant mieux d'ailleurs. On n'est pas sur terre pour s'ennuyer. Les morts s'emmerdent probablement et ils ne mangent plus de cerise sinon par
la racine. Bises
Monter sur une échelle, avoir la tête dans les feuilles et les fruits, remplir des paniers, même s'il faut être au verger à 5 heures du matin, c'est le meilleur souvenir de petit boulot que j'ai.
Et tu as oublié les boucles d'oreilles en cerises, on a tous fait ça, j'espère.
Commentaire n° 12
posté par
la Mère Castor
le 19/05/2008 à 09h37
Mère Castor : Oui, j'ai fait ça aussi et les boucles de cerises elles n'étaient pas seulement à mes oreilles hein !
j'aime assez le parallèle intelligemment pensé entre les jeunes roubignolles et les cerises, quoi que à mon avis, la couleur diffère !
merci en tous cas pour tous ces textes .. savoureux !
bien à vous
cat
Commentaire n° 13
posté par
cat
le 20/05/2008 à 18h59
Cat : Pour la couleur ça dépend un peu de ce que l'on en a fait. C'est vrai
Les hurlements des autres