Quantique de la plus haute justice

Publié le 6 Mai 2008

La société a sans doute le droit de se protéger contre les protoplasmes antisociaux, mais il faut bien qu'elle sache que, lorsqu'elle croit châtier un homme, elle ne punit jamais qu'un œuf ou les circonstances. (Jean Rostand, Pensées d'un Biologiste)

Frères humains qui avec moi vivez, en vérité je vous le dis, la justice est quantique.

Samedi dernier dans notre beau pays de France, royaume du Camembert, du champagne, du jambon beurre, des républiques bananières, de Panurge et des droits à jamais acquis et momifiés de l’homme béat et repu (merci petit Jésus), un lycéen s’est fait occire au couteau pour s’être interposé dans le duel homérique opposant deux de ses vaillants, nobles, cultivés et héroïques camarades.
Bref ce jeune type brave d’entre les braves est mort pour avoir trop de couilles qui hélas ne lui serviront plus à rien et il est interdit à ceux qui l’aimaient d’arracher à vif celles de son assassin pour les lui faire bouffer à toutes les sauces et pour éviter surtout que des cons minables de son engeance de merde ne se propagent parmi les générations futures.

Un tel châtiment, pourtant bien efficace, sain et civilisateur en d’autres temps, est de nos jours oublié, car dans ce pays il y a encore une justice et ce n’est que justice pour les hommes de bonne volonté.
Certes, elle est dépassée, surchargée, mal-aimée, poussiéreuse, manipulée, démunie, noyautée ; elle est aussi implorée que décriée et finalement, elle est aussi paumée d’esprit et ruinée de morale que toutes nos autres institutions nationales ou pas et autant que ses justiciables bien souvent malpropres, jouisseurs, égoïstes et malhonnêtes car trop souvent mal élevés, mal éduqués, mal instruits, mal formés, mal informés, mais la justice a encore le mérite d’exister.

Soit dit en passant et ça ne sera que justice car ceci n’est jamais exprimé par tous nos bons intellos clabaudeurs des services pressés et crapoteux de tout poil :
Cette survie de notre justice ne doit rien à nos politiques bouffis et maffieux, à nos médias vérolés et sycophantes ou à nos éducateurs impuissants et impayables, mais plutôt et surtout à la très grande valeur intellectuelle, à l’abnégation, à la vertu, à la lucidité et au courage de beaucoup de nos magistrats, juges, conseillers et procureurs.

Bref, tout n’est pas perdu dans ce monde pour notre infortuné jeune criminel dont on oubliera vite la colère passagère et la sanglante impéritie et dont on bourrera bientôt le crâne pour le persuader lui-même que son irresponsabilité basse et crasse est de la faute des actionnaires méchants et perfides à vie de Chez Paqui & Bouc Emissaire Associés, société anonyme de père en fils depuis au moins 1789.
Grâce au bon contribuable moyen et panurgien, il sera pendant des années logé, nourri blanchi à l’œil républicain et démocrate ; on lui paiera un beau diplôme de Sciences Po banlieusardes ou autres et il trouvera sans doute en rédemption ad vitam aeternam un job grassement payé de présentateur moraliste confit chéri à la télé du service public (à 20 heures de préférence)
Et il n’aura alors que des bons souvenirs croustillants et citoyens pour (faire) écrire un bouquin (« poignant et magistral ») dont ses collègues journalistes révolutionnaires ventripotents et à l’ISF comme lui feront l’éloge en toute amitié pour les vendre comme des petits pains d’hosties bénies aux pacsés gauchistes de l’extrême centre gauche, mais purs et larmoyants de moins cinquante ans, et ce ne sera que justice !
Les braves et bons parents méritants de notre petit gars seront fiers de lui hein ! Et les morts pourront bien aller se faire foutre avec leur courage, leur histoire, leur morale et leurs leçons de bravaches réactionnaires ringardes !

Pendant ce temps de chien-là, ce samedi-là, en Birmanie, un ouragan nommé Nargis détruisait plus de quinze mille vies dont les trois-quarts d’ailleurs crevaient déjà de faim tous les soirs dans leurs rizières également perdues pour leurs enfants survivants.
Autre temps, autre pays, autre continent, autre hémisphère, autre justice, autres valeurs et autres malheurs, autre fortune pour d’autres valeureux malheureux ou pas.

Ce samedi-là, rien de tout cela ne s’est passé sur une autre planète car je vous le dis Frères humains qui avec moi vivez : si tout notre univers est quantique, la vie la plus heureuse, la mort la plus belle, la connaissance la plus parfaite ou la justice la plus haute ne seront prodiguées que par notre Mère Nature sublimée par l’intelligence, le bon sens, l’espérance, la patience, l’humilité et la foi.

Illustration : Vittore Carpaccio (1472-1526) Saint-Georges et le dragon (1502) Tempera sur canevas, Scuola di San Giorgio degli Schiavoni, Venise.

Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Quantiques du loup

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Catherine Goux 07/05/2008 19:42

Et que diront nos frères humains qui après nous vivront !
Mais c'était pareil avant mon pauvre Monsieur, sauf qu'on avait pas la télé, la radio, les journaux ....

Martin-Lothar 09/05/2008 22:00


Catherine :  C'est toujours mieux avant, mais en fait c'était pareil.


la Mère Castor 07/05/2008 14:49

tout est dit et méritait de l'être.

Martin-Lothar 09/05/2008 21:57


Mère Castor : Tu es bien la seule à le croire, je pense. Bises