La mort d'un papillon

Publié le 17 Avril 2008


Hier, 16 avril 2008, le savant Edward Lorenz est mort…
Bon d’accord, ce vide ne va pas provoquer un raz-de-marée sur la planète dans la mesure où très peu de gens savent que ce Lorenz avait imaginé que le papillon était d’effet et que le soupir d’une si petite et si jolie bestiole pouvait provoquer les cataclysmes les plus fous aux quatre coins de ma boule planétaire.
Edward Lorenz était en effet le père du célèbre « effet papillon » qui n’est en fait qu’une des images d’Epinal d’une des principales clés de notre appréhension de l’univers : La théorie du chaos.

Car en vérité je vous le dis, les gens : Au commencement était le chaos et ça n’a pas fini de durer pour des siècles et des siècles, ah mais !
Edward Lorenz en 1972 avait posé cette question du jour : « Est-ce que le battement des ailes d'un papillon au Brésil peut déclencher une tornade au Texas ? »
La réponse est toujours affirmative depuis 1963 où Lorenz, après avoir développé des idées émises par le mathématicien Henri Poincaré a prouvé qu’une dynamique chaotique (donc à priori imprévisible) pouvait s’engendrer et s’amplifier à partir d’un système aussi simple que les deux ailes d’un papillon et seulement trois variables.
C’est vrai que dans notre bulle atmosphérique bourrée jusqu’au comble de molécules de tout poil, tout se tient par la barbichette et le déplacement d’un truc implique souvent que d’autres se poussent pour lui faire de l’air tout en faisant beaucoup de vagues par ailleurs ; un peu comme dans un métro aux heures de pointe ou un jeu de Mikado…
Mais si le papillon est global, heureusement pour nous une onde annule souvent une autre et il y a plus d’un papillon sur terre comme un train peut en cacher un autre et, à l’instar de Dieu et du Christ, le chaos engendre enfin son propre maître : L’attracteur étrange.
Ceci étant, il n’y avait jusqu’à hier qu’un seul Lorenz dont les théories ont permis de mieux comprendre beaucoup de choses notamment sur les phénomènes météorologiques et autres météores jusqu’ici réservés aux divinités, au hasard, à la fortune ou à la fatalité.
Ses travaux en ont inspiré bien d’autres comme, par exemple, les étonnantes Fractales de Monsieur Mandelbrot dont je reparlerai encore et encore.
Un cimetière est le seul endroit de l’univers où règne un vide pas même chaotique, quantique ou fractal…

Adieu papillon du chaos, adieu Edward Lorenz : Que le Grand Attracteur Etrange intègre ton esprit dans ses ramifications infinies et éternelles !

Illustration : Simon RENARD DE SAINT-ANDRÉ (Paris, 1613-1677) Vanité au papillon (il se tient sur une fleur à gauche) Collection privée.

Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Nature & sciences

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Didier Goux 19/04/2008 14:26

N'oublions pas non plus qu'un papillon sur un pare-brise peut également déclencher une tornade dans la vie du propriétaire de l'automobile concernée...

Martin-Lothar 19/04/2008 19:37


Didier :  Oui, surtout si le chauffeur a beaucoup d'élitres dans le sang !


Alf 17/04/2008 20:18

Pour une fois être sérieux, cet exemple du papillon m’a toujours énervé. Aucun battement d’aile que ce soit de papillon ou de ptérodactyle n’a jamais provoqué la moindre tornade. Ce sont certes des phénomènes chaotiques, mais ils sont nombreux, insignifiants et à la limite justes bons à s’annuler les uns les autres. La température de l’air ou de l’eau sont des rouleaux compresseurs par rapport au pauvre petit papillon !

Un chat de mauvais poil !

Martin-Lothar 18/04/2008 20:27


Alf : ne t'énerve pas mon chat. J'ai écrit que les ailes de papillons sont une image, une métaphore à l'adresse de iceux qui ne sachant pas lire une équation. Lorenz était autant mathématiciens que
physicien (météorologue). A+