Les recettes du loup-garou

Publié le 21 Juillet 2005

Classé dans la série : « Dans la gueule du loup »

Le loup n’ayant aujourd’hui rien trouvé d’intéressant ou de stupide à se mettre sous la dent (Ils sont tous à la plage et ils pioncent apparemment) il vous propose une de ses recettes de derrière les fagots du fond de sa tanière.
Attention, cette recette est très longue et très compliquée à faire et s’adresse donc à des cuisiniers chevronnés :

La tartine beurrée

Ingrédient :
Aller chez un vrai boulanger (patenté, ayant pignon sur rue) et acheter du vrai pain ou une vraie baguette - de pain, pas de sourcier.
Le pain de mie ou la brioche, vous pouvez aller vous les faire tartiner chez les Grecs ou les Anglais.
Avec la monnaie du pain (qui est l’argent du beurre) courir chez votre crémière pour quérir non pas de la crème, mais du vrai beurre de chez Laitier et Frais réunis. (Laissez les tétons pour un autre jour et une autre recette)
Je ne prendrais pas de gant en vous précisant qu’il faut du vrai beurre frais : Du truc ou Pasteur et sa clique (nique) n’ont jamais mis le nez, qui est jaune, salé, qui pue le fromage ou les pieds du crémier et qui déclenche une alerte terroriste voire nucléaire dans le premier aéroport américain venu.
La margarine, vous pouvez vous la mettre où je pense : ça pourra servir éventuellement, mais pas pour cette recette.
Une fois rentré chez vous (en courant bien sûr, parce que par cette chaleur, le beurre se la coule douce) fermez la porte d’entrée - C’est quand même pas indispensable pour la réussite de la recette.

Préparation :
Couper une tranche de pain avec ce que vous pouvez de la taille que vous voulez (éventuellement proportionnelle à votre appétit ; c’est juste un conseil)
Si c’est une baguette, couper le morceau choisi dans le sens de la longueur et bouffer accessoirement les bouts de mie de pain dégagés par la découpe (attention au coup de couteau ou au croûton qui s’écrase lamentablement sur la table)
Prendre un couteau à beurre (si vous le retrouvez, sinon : une pelle à tarte, une truelle de maçon, une bêche, une pelleteuse de Kiloutou, une épée de templier  ou un yatagan persan)
Avec la lame (et non pas le manche, comme on s’y prend trop souvent) prélever au moins 450 grammes de beurre dans la motte.
Etaler le beurre sur toute la surface de la tartine : Ne soyez pas feignant, c’est vraiment bouder son plaisir.
La mie du vrai pain ou de baguette, comporte des trous relativement larges (comme dans l’emmental, mais en plus nombreux) : Toute la difficulté de cette recette consiste à mettre un maximum de beurre dans un maximum de trous et croyez-moi, c’est pas de la tarte !
On se contente trop souvent de clore paresseusement les orifices de la mie avec une mince pellicule de beurre : Halte à ce scandale insupportable et hérétique de chez Tabou !
Il faut gorger la mie avec le beurre.
Voilà, c’est fini.
Il n’y a plus qu’à déguster en regardant voler les mouches. (Ranger le beurre avant quand même)

Je suis sûr que certains vont me dire qu’on peut éventuellement ajouter de la confiture, du miel, du foie gras, du fromage, du jambon, des harengs saurs, un piano demi-queue ou du caviar par-dessus le beurre et le marché et j’en passe et des meilleurs. Je réponds énergiquement « non ! » car ça devient alors une autre recette de tartine beurrée que je ne connais pas et ce n’est finalement plus une tartine beurrée.
C’est pas la mienne en tout cas.

Temps conseillé :
Entre deux et trois heures en comptant la papote avec les commerçants et la recherche du couteau à beurre.

Note du loup : Pour la réussite de cette recette, il vaut mieux éviter d’être soi-même beurré lors de la préparation ; c’est juste un conseil.
Bon appétit.

Fin de loup

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Epsilon 22/07/2005 09:15

trop trop bon!!! rires! en tout cas ça me donne le sourire ta tartine!

Emy 22/07/2005 07:38

Moi qui ne pas du tout une grande cuisinière, je pense que je pourrais réussir cette recette si compliquée, j'ai la foi!

lewis 22/07/2005 07:22

Voir à ce sujet Richard Bohringer se préparer une tartine au caviar dans le film sus-cité, et commentant ses gestes d'un inoubliable :"Le Zen dans l'art de la tartine"