Du Foie de l’oie, sa foi et d’autres grandes lois.

Publié le 17 Décembre 2006

Classé dans la série : « Dans la gueule du loup »

Tiens, j’ai entendu dire qu’il aurait au bas mot quelque sept mille tonnes de foie gras d’oies et de canards réunis qui seront englouties pendant ces fêtes festives et néanmoins conviviales de fin d’année.
Bravo les oies et merci aux canards.

Sept mille tonnes !
Vous rendez-vous compte combien de kilos d’oies et de palmes canardées ont été sacrifiés lâchement (ou pas) derrière ce nombre gargantuesque de chez Maître François (Rabelais, pas Mitterrand, hein) ?
Vous rendez-vous compte combien d’oreillers ont été bourrés pour satisfaire la sieste de tant de convives repus au ventre bien tendu, merci qui ?
Je ne vous parle pas du génocide ourdi voire planifié des escargots, des saumons et des huîtres hein !
Et puis le lendemain, il y a une immense cohorte de saintes dindes dignes d’un don qui sont martyrisées en prenant des broches et des marrons et des châtaignes farceuses plein la gueule et le cul.
Qui peut aussi résister sans pleurer, sans mot dire et sans maudire en entendant le cri vulgaire, mais physique et terrifiant d’une bouteille de champagne qu’on viole ou qu’on sabre ou sable impunément en rigolant ?
Hein !
Hein !
Bande de gourmets velus !

Bon, moi j’adore le foie gras.
Je capitule toujours face à la loi, la foi et surtout le foie d’une oie (du Capitole ou pas)
C’est plein de graisses à chier, d’oligo-éléments à penser et de vitamines à courir pendant la sieste ou pas.
Et en plus, c’est bon !
C’est même délicieux quand ça commence à fondre sur un toast grillé (ou une simple baguette franchouillarde) et puis quand ça se termine en symphonie papillaire dans une bouche forgée chaude d’un vin plus moelleux tu meurs à poil grave devant chez Saint Nicolas ravi et autre petit jésus en culotte de velours.

Certains diront que c’est dégueulasse de se plaisirifier d’un tel génocide de pôvres bêtes qui n’ont rien demandé et qui se branlent de Noël comme de leur premier Ipod à roulettes hein !
Mais bon, dans la vie, il faut choisir ; il faut mourir ou il faut survivre : On n’est pas impunément un super prédateur de haute technologie et de Web 3.0.
Ceci étant tous les médaillons (même de foie gras) ont leur revers : Ce n’est pas parce qu’on est saturé de culture Grecque qu’on supporte forcément la graisse saturée.

Le foie gras a été inventé dans des temps où leurs inventeurs n’avaient que la peau sur leurs os à courir vingt mille lieues sur les terres des autres avec leurs pieds sales, puants et sabotés entre le poulailler vermoulu et l’église versifiée et sculptée.
Quand on pense à cela, on se sent moins seul à taper des notes à la con pour un blogue de banlieue.
C’est grâce aux oies, aux canards et à nos ancêtres heureux de leur misère qu’on savoure le foie gras et qu’on s’engraisse à crever comme des huîtres boursifiées, globales et subventionnées.
Et qu’on tient nos blogues comme on peut entre colère et stérol

Moi, quand je mange un foie gras, je tâche de penser un peu (pas trop hein !) à l’oie gavée grave qui l’a fait ; comme le steak, au bœuf sans boules et sans avenir qui l’a produit en regardant bêtement passer les TGV rapides ou les airbus non polluants dans le ciel ; comme la fourchette d’acier argenté dont j’use, aux ouvriers et aux patrons qui ont marnés pendant des siècles pour que leurs gosses n’aient plus mal aux dents et s’essuient la bouche après avoir roté leur vide ventripotent.
Une fois que je l’ai englouti tout ça, j’essaye de me bouger un peu mes graisses et leur trop gros surplus pour les dissoudre dans l’effort : Je vais dans le froid de la nature pour prendre enfin mon plaisir à la racine de ma planète et de mon être.

La vie n’est qu’un transfert d’énergie, un partage et chacun sait maintenant que toute énergie en surplus n’a de tâche que de détruire irrémédiablement et même diablement grave son geôlier pour enfin s’évader !
Le cancer est le chien de la mort et le loup du plaisir.
Bouffez grave, bon et gras, mais surtout, bougez vous après !
De toute façon remuez vous des tonnes à chaque seconde tant que vous êtes vivants, parce que la mort elle, a toujours faim et n’a jamais eu le moindre bon goût !

Je pense à tout ça quand je fais saisir quelques secondes un foie frais de canard ou d’oie dans une bonne poêle avant d’en déglacer savamment la graisse et les sucs au vinaigre de framboise.
Ce faisant en humant les haleines de cèpes, de figues, de Monbazillac, de girolles, de gewürztraminer, d’airelles, de Sauternes, de morilles, de cerise, de Condrieu ou de truffes (quand j’ai des sous, hein ! Et le temps surtout)

Je t’aime, toi, l’oie, le canard et tous les autres de bouche et d’abats, votre foie, vos lois et vos fois car sans vous je suis triste, sans foi ni loi et le dernier des damnés de ma race, de mon espèce et de ma planète.

Fin de loup

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martinlothar 18/12/2006 20:54

Alf : T'en laisseras pour les autres hein espèce de chat mot.Ménusine : C'est vrai que c'est un pâté épatant, patenté et qui ne lasse pas de tenter les bonnes pâtes

melusine 18/12/2006 10:51

ça me fait penser à une copine qui avait fait un foie gras maison pour son revaillon et l'avais mis dans son frigo...son mari le soir lui ditchéri..je me suis fait un sandwich à midi avec ton paté de campagne...il était drôlement bon..faudra que t'en rachete,car j'ai tout mis dans la baguette...:)))))))))))))

Alf 18/12/2006 06:31

Pas touche le loup, le foie gras c'est pour les chats ! MIAOU ! Vive les réveillons !