Martin Lothar (depuis 2005)

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Lundi 12 décembre 2005 1 12 /12 /Déc /2005 20:28

 

Dédicace flagrante : A Mademoiselle Moi.

La mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles ; ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie :

Première leçon de survie (suite & fin)

Deuxième principe

Au sortir d’un œuf de neuf lunes, tu renias les sphères pour l’injustice de leur vacuité.
Mais tu apprendras que tu n’en es finalement qu’une humble ligne relative se courbant à peine dans les axes infinis du confort et de la dolence.
L’univers est de sphères et les sphères sont universelles et elles ne sont que plénitudes.
Il te faut maintenant apprivoiser les sphères patentes, cerner les courbes sauvages et clarifier l’ordre de tous les cercles.
Tu fixeras à jamais le point de ta vibration légitime.
Ainsi tu déclineras ta propre limite dans l’espace infini et tu graveras tes secondes vibrantes et tes degrés fébriles dans les inexorables  flux élémentaires.

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Il y a les sphères de la terre et de toutes terres où glissent indolents les continents plaqués d’argile et de granit ; caresse, craquements, douceurs,  baisers rugueux, de molles palpations et de tant de prégnances croustillantes ;
Sphères pétries de croûtes à gratter, à tracer de pierre en pierre, par des lourds silex ou par des mines tièdes et terres de laves ou de geyser où clament les rigueurs cristallines dans le froid des toundras ténébreuses.
Ainsi, le Nord est magnétique et pondérable et tu en réaliseras la pesanteur.
Il y a aussi les sphères marines, bleutées d’algues liquides,  aux liqueurs d’écailles et de roches, tremblantes de houles salines et de sillages au droit des rivages écumeux de toutes saveurs.
Tu seras comptable en ces sphères de toutes les pluies et de leurs mares.
Ainsi, l’Occident sera retrouvé et tu en béniras l’inépuisable océan.
Il y a encore les Sphères célestes de mille vents porteurs de flaveurs épicés et de senteurs mêlées ;
Sphères des tous les parfums, aux flagrances lentes et sûres, piquées d’antiques épices et d’autres fruits en tige ;
Sphères des délices et des miels rares souvent confiées aux enfances solitaires et sucrées, inquiètes de la touffeur des greniers chauds et des lentes moissons.
Ainsi l’Orient ne sera pas oublié et tu en auras les musiques.
Il y a enfin les brûlantes sphères,  celles des astres de feu et de lumières, celles des d’équinoxes et des solstices, celles des cycles lourds de lunes pâles et des courses de soleils bien obscurs
Ainsi dans l’axe de midi, au sud de tous les sud, tu te chaufferas de ton propre sang.


Axes et gradients : l’échelle est impeccable

L’astronome réplique derechef

Il y a des morales taxées
Que l’humaniste déroule
Et des mots qui s’épurent

Les dents s’oxydent en Occident

Singe le temps qui stagne
Et s’infuse dans les fagnes.

Annonce sixième
L’astronome dit : « Pour les terres du nord, j’emporterais des lunettes de guerre et un miroir de prudence »


L’orient nous désoriente.

Les guerriers grelottent au crépuscule.

Je vois se frotter les enfants
Dont les torrents sont incidents ;
Le buandier est global
Et  je mousse.

Les antipodes sont partout

Il y a des terreurs folles
Que l’élagueur retourne
Et des parleurs noirs.

Les traînards s'allument à l’aube.

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Annonce septième
L’astronome dit : « Sur les mers d’Occident, j’aurais une coupe de bronze et une gourde pour la tempérance »


Le chef vole le registre
Que le veilleur inaugure par hasard
En Province, les mandataires chancellent
Et la dépêche est stupéfiante.

Tous les prédateurs se prosternent un jour.

Je vois écumer les adeptes
Dont les films sont notoires ;
L’auditoire est halogène
Et  je me gâte.

C’est l’hiver et le gymnase clignote.

Annonce huitième
L’astronome dit : « Une lame de couteau noir trancherait en force les souffles d’Orient et fixerait les ondes du levant »


Parfois des générations penchent.

L’astrolabe est balisé.

Plaint l’éducateur qui se démet
Et s’enfuit sous l’orage.

Les sages barbotent à cette heure.

Loue le dieu qui paresse
Et trône dans l’oubli.

Les pélicans s’apostrophent à l’étiage

Je vois saliver l’autochtone
Dont les rires sont forestiers ;
L’esthète est proscrit
Et  je m’emporte.
… 
Fige le riverain qui se terre
Et travaille dans la haie.

Le sud de toutes les sudations : Il est midi dans le Midi.

Annonce neuvième
L’astronome dit : « Un bois du sud serait ma seule planche pour notre salut et pour toute justice »


Tu auras toute latitude pour choisir ta longitude.

Tu es fait de boue et tu te feras debout.

Tel un volcan tu te lèves et tu te laves

L’essence n’a aucun sens

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Annonce dixième
Le Géographe dit : « La vie n’a souvent pas de sens, mais la mort n’a jamais de boussole »


Deux hémisphères ne font pas une planète

Même les continents ont leur dérive.

Les étoiles naines sont de grandes choses

Il y a des étoiles noires et de sombres soleils.

Annonce XI
L’éclaireur dit : « Voici notre premier repas sur la table d’azimut »


Mute l’azimut qui se fixe
Et bave sur l’astrolabe.

Supplique à l’ermite de la croix et première supplique de survie.
Je demande à l’homme d’âge : « Quel est mon premier chemin ? »


Laisse faire les sphères qui tournent
Et vibrent en ce soir.

Les enfants du nord ne le perdent jamais

Annonce XII
L’éclaireur dit : « Let us follow that rat »


Note du loup : La première illustration est un dessin anatomique célébrissime (et d’un ésotérisme - ou exotérisme - redoutable, disent certains) de Leonardo Da Vinci (1452-1519) « l’Homme de Vitruve »
La deuxième illustration est un tableau de Johannes Vermeer (1632-1675) « l’Astrologue »
La troisième est un tableau du même Vermeer « Le Géographe   » peint vers 1669.
Fin de la première leçon de survie.

Et fin de loup

 


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