Martin Lothar (depuis 2005)

Rechercher dans ce blogue

Derniers Commentaires

Le musée du loup

  • DeMorganPhosphorosEtHesperos.jpg
  • Petrov Vodkin, le bain du ChevalRouge

Syndication

  • Flux RSS des articles
Samedi 15 octobre 2005 6 15 /10 /Oct /2005 21:03

Mercredi dernier, en sortant du boulot, je me suis arrêté comme d’habitude dans une boulangerie pour m’acheter mon pain au chocolat quotidien (Ces pains comme les croissants parisiens sont les meilleurs du monde !)
Dans la queue devant moi, une honnête mère de famille accompagnant deux jeunes garçons costumés et maquillés en mousquetaires.
L’attente faisant, il était évident que nos d’Artagnan ont dégainé leur épée en plastique pour en découdre.
A la fin de l’envoi, une, deux trois et un des gamins crie à qui veut l’entendre (c’est-à-dire tout le monde) :

« Et pan, dans les couilles ! »

Sourires dans la salle et face blême de la maman qui admoneste aussitôt son fiston en lui faisant remarquer que le mot « choses » (couille n’a pas été prononcée) est tout à fait incorrect et ne doit absolument pas être dit par un fils de bonne famille contrairement à ce qu’en pense son grand frère (la brebis galeuse) que le lui avait certainement appris.
L’honneur était sauf.
L’incident fut rapidement clos.
J’ai eu mon pain au chocolat.
De retour dans ma tanière, j’ai sauté sur mon inestimable Lexis de chez Larousse et lu avec un intérêt non dissimulé l’article consacré au mot « couille » : « Nom féminin, du latin « colia / coleus » et du grec « koleos » ou « fourreau » ou « gaine » (bande de cancres)
Ce mot est attesté (et même iculé) depuis 1256.
Définition : Testicule.
Le Lexis ajoute : « mot grossier, proscrit par le bon usage »
Sic.
Et sic transit gloria mundi !
Putain de merde de mes deux ! (couilles).
Voici donc un mot aussi vieux que la langue française (1256 !) – et peut-être plus – qualifié de « grossier » par les lexicologues !
Il n’en est fait aucune mention dans le pourtant excellent « Dictionnaire étymologique du français » de chez les Robert.
Bref les roberts de la rousse n’ont pas de couilles, na !
Ce mot a été profusément employé par Rabelais, Villon, Marot, La Fontaine (pas les fables, hein !) et j’en passe et des moins grossiers !
Je me demande même si Montaigne, Diderot, Voltaire (Rousseau, non, ce n’était pas le genre, même s’il a usé à tous vents de ces ustensiles)…
Tiens, ça me les gonfle ce genre d’attitude.
Le mot « couilles » est proscrit, alors que « impôt », « taxes », « CSG », « grève du service public » (par exemple) sont admis dans les plus hautes sphères de l’intelligentsia françoise !
Bref, encore un scandale que je dénonce par un nouveau cri véhément (et même, un hurlement bloguien universel)

Libérons les couilles du slip de la moralité décadente et de la pudeur lexicale !

Le mot « couille » doit absolument être réhabilité et porté au pinacle du verbe et du vocabulaire ; il en va de la prospérité et de l'avenir de notre langue !
Oui, je suis dur et ferme et même un peu long, mais je suis sûr que beaucoup de mes lecteurs de chez Tousexes et Tousâges apprécieront cette révolte, voire cette révolution.
Pour finir, j’ai eu vent d’une autre étymologie pour ce mot « couille » : Il viendrait en fait du droit romain (puis Français) qui utilisait l’expression « De cujus » (celui dont on hérite, et en pratique, le père) et qui devait se prononcer «  dé couillous »
Mais bon, c’est à vérifier et l’étymologie est une science très obscure, voire occulte.

Fin de loup (révolté, couillon, mais couillu)

 


Commentaire - Voir les 16 autres commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés