Assurances toutes peurs

Publié le 13 Novembre 2005

L’indispensable Werewolf par un commentaire sur ma précédente note, nous a communiqué une nouvelle rigolote parue en 1996 dans le Sunday Time et dont je vous donne quelques extraits (A noter les sources, le blogue « Opéra farfelu » http://opera-farfelu.over-blog.com/ Pub) :

« La compagnie d’assurances écossaise GRIP a assuré 24 vierges âgées de 21 à 57 ans qui craignent de se retrouver enceintes des œuvres du Seigneur. La GRIP couvre également les risques de fécondation par des extraterrestres ou des esprits frappeurs et les attaques de vampires ou de loups-garous »

Comme quoi les assureurs britanniques sont réactifs et savent se mettre à l’écoute des besoins de leurs assurés.
A l’ère de l’informatique forcenée, des centrales nucléaires, des navettes spatiales, des mobiles jetables et des capotes parfumées à la fraise, on ne saurait trop mettre en garde – et assurer – les dangers quotidiens que représentent les extraterrestres, les esprits frappeurs, les vampires ou les loups-garous.
Heureusement qu’il y a encore des gens qui veillent nuit et jour pour alerter quand il le faut des exactions et de l’invasion prochaine des tels monstres et monstruosités.
Le surendettement et la pollution n’étant que frayeur de gamin (Vas te coucher, toi !)
Il est désormais clair que les extraterrestres incendient des bagnoles dans nos belles banlieues fleuries, que les esprits frappeurs hantent les ministères, les tribunaux et les salles de rédactions, que les vampires occupent les caves des hôpitaux et que les loups-garous polluent la blogosphère  de terribles hurlements.
Quand on sait que certains chefs d’état, ministres, académiciens et autres grands parmi nos « responsables » planétaires consultent régulièrement leur astrologue, leur gourou ou leur marabout avant de prendre quelque décision que ce soit, on n’est pas sortis de l’auberge de la ringardise médaillée et patentée.
Nos grands et beaux intellectuels ont aussi leurs tabous, et des peurs ancestrales et historiques qui les paralysent du cerveau depuis 30(0) ans et leur font dire n’importe quoi à la première émeute ou jacquerie.
Ils sortent alors leurs grigris usés et décatis en disant « Vous voyez, je vous l’avais bien dit, c’est la faute du colonialisme, du mondialisme, du capitalisme, du consumérisme, du catéchisme, du socialisme, de la droite, des flics, des pompiers, des profs, et autres loups-garous tout ça »
On n’est pas près d’entrer dans le siècle n° 21 de chez Civilisation, les gars.
J’avoue que j’ai admiré Nicolas Sarkozy quand il a parlé de « Karcher » (pour une rare fois, un propos politiquement incorrect de la part d'un ministre) mais je pense qu’il ne faudrait pas se limiter aux banlieues : Il y a beaucoup d’institutions, d’administration, d’associations bien pensante, d’esprits citoyens et de législations à récurer – voir à incendier - dans ce pays que certains osent encore appeler « celui de Voltaire »
Il faudrait le relire le Voltaire (et tous ses potes d’ailleurs) et l’on arrêtera peut-être de faire de l’humanitaire béat, lénifiant, obsolète, ruineux et finalement criminel  pour commencer à penser à faire de l’humanisme.
Comme disait l’autre : « dis-moi de quoi tu as peur et je te dirai qui tu es »
Moi j’ajouterai « et ce que tu ne feras jamais »

Désolé, Werewolf, je ne suis pas drôle ce soir. Merci quand même du tuyau.

Fin de loup

 

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Angoisses

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tetaclacs 14/11/2005 12:33

Si je m'étais faite assurer, j'aurais gagné un pognon fou !

STV. 14/11/2005 11:47

Et ça féconde bien, un loup-garou ? Parce que si c'est aussi productif en mots qu'en actes, certaines ont peut-être raison de s'assurer...;)

Amarante 13/11/2005 19:43

Puisque Mademoiz-Elle me le garde au chaud, j'en profite pour citer encore Bénabar :« Ce vieil homme fatigué d’Algérie, qui regrette son Maghreb jour et nuit, tout juste toléré aujourd’hui, faut dire qu’ça fait que trente ans qu’il est ici. Qu’il ne sera jamais propriétaire, qu’il occupe une chambre de bonne, au pays de Voltaire, au pays des lumières et des droits de l’homme. Ce sans-papier rejetté qui repart, sans même dire au revoir, sans nous dire merci pour le billet de charter gratuit vers la misère de son pays. ça le soulagera sûrement d’apprendre, et faudrait quand même pas qu’il oublie qu’on a gravé Fraternité sur le fronton de nos mairies. »A part ça, je pense que les dites vierges ont bien raison de se faire assurer, parce qu'il est évidemment bien difficile de proposer une capote à la fraise au saint-esprit...