Quantique de la mélancolie et d'autres cafards

Publié le 13 Mai 2007

La vraie mélancolie serait quand on ne sait plus vraiment de quoi l’on a le cafard.

Ceci étant, il ne faut pas confondre pour autant la mélancolie et le cafard.

La mélancolie est une nature, un tempérament, une humeur moins que passagère que d’aucun attribut à des gens sans souci, sans passé et sans avenir.
La mélancolie c’est le bonheur d’être triste écrivait tonton Totor (Hugo)

Le cafard est noir comme les idées ou les souvenirs qu’il broie de ses mandibules délétères et il n’a pas de proie préférée ; c’est au tout venant du pèlerin de la vie et de son chemin.
Le cafard est lucifuge et bien souvent Lucifer pour les plus faibles d’entre nous.
Il arrive sans bruit, sans invitation et en ennemi quand d’autres amis partent joyeux trop tôt, trop loin et trop longtemps nous laissant une vaisselle grasse, une table orgiaque, en miette et la marque indélébile d’un moment inoubliable, le timbre d’un coin de Paradis…
Le cafard se pend aussitôt à notre cou comme une grosse boule molle, élastique, poisseuse.
On ne pourra le chasser peut-être qu’en se levant enfin de sa triste et solitaire chaise pour aller faire la vaisselle, le ménage, le con ou regarder la télé ou les blogues.
Peut-être…
Le cafard est la blatte du cœur.

Ceci étant, la blatte comme tout être et toute chose en ce monde a sa justification et à cet égard, nous en sommes aussi justiciables que juges.
Et comme l’écrivait aussi Emil Cioran, (1911-1995) un fieffé loup-garou de première classe ce cancre-là : « Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettent à roter. » (Les syllogismes de l’amertume)

Il y a deux musiques pourtant pas tristes qui me foutent toujours un cafard plus noir, je meurs : « Paint it black » des Rolling Stones et l’ouverture de la cantate BWV 140 (dite du Veilleur) du divin J.S. Bach.
Comprenne qui pourra !

Je déteste les dimanches soir, mais vous le savez déjà…

Fin de loup

 

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Nils 20/05/2007 16:03

"La mélancolie c'est le bonheur d'être triste" quelle belle citation ! Pour moi le sentiment de mélancolie est lié à la France, je ne sais pas exactement pourquoi, ca me prendrait trop de temps d'y réfléchir et de trouver des réponses, mais un jour j'ai entendu dire que "les Français sont des Italiens tristes"...Au fait, moi aussi je déteste les dimanches soir, et les dimanches après-midi encore plus !

laouen 14/05/2007 08:08

beuh?me voilà toute triste à lire le blues du loup.je venais te proposer un doryphore en chocolat (si si çà existe je viens d'en mettre un en photo sur mon blog).Ton commentaire était si tordant, qu'en le lisant au milieu de mes lignes de patates les bestioles s'en sont retournées sur le dos, et je n'ai eu qu'à les saisir, les repérant par leurs rires...je viens ici, et hop, on reste dans les insectes, avec ton cafard qui ravage moins les patates, mais qui fait bien plus de bobo à l'âme.Rayons les dimanches soirs du calendrier!Désormais, nous, tes lectrices, nous nous relaieront à partir du dimanche soir pour te faire des bises jusqu'au lundi matin!

Enairam 14/05/2007 01:14

Je suis blattophobe, c'est à peu près le seul insecte que je déteste avec les tortues de Floride.Lorsque je n'ai pas le cafard, cela me manque un peu, ça m'inquièterait presque : un petit cafard de temps en temps fait du bien en obligeant à se reposer un peu dans le hall de gare du cerveau. (Même si je suis le plus souvent joyeuse.)Une petite douleur au creux de l'estomac ou à la base du cou.Mais mon mon truc c'est "l'ANGOISSE METAPHYSIQUE" En gros, j'aimerais bien avoir le droit de rater ma vie, cela me rassurerait. Je vis avec cette impression qu'il y aurait un truc à faire, je ne sais quel Everest à gravir, alors que je n'ai pas encore commencé à lacer ma chaussure gauche et que de toute façon je sais que je m'arrêterai dès le premier torrent. Voilà ce qui me donne le blues.Sinon, ça va.Bises à toi le loup.

myrtille 14/05/2007 00:18

Bisous, le loup... (je sais pas quoi faire d'autre...)