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Martin-Lothar

Quantique de la statue à jamais inégale

15 Mai 2007 Publié dans #Quantiques du loup

Classé dans la série : « Quantique du loup »

Quand j’entends ou que je lis la phrase suivante : « Toutes choses étant égales par ailleurs » je commence à graisser ma sulfateuse à bobards ou selon le cas, à armer ma vieille kalachnikov à canon scié.
Cette locution, beaucoup trop à la mode – c’est-à-dire définitivement ringarde, agaçante, vaine, permet plus à l’orateur de se dédouaner de l’éventuel échec à venir de la théorie qu’il expose que de la relativiser vraiment.
En fait personne au monde des vivants et des morts ne sait très bien ce qu’elle signifie et à quoi ils s’engagent ou pas en la prononçant ou en tachant bêtement de la comprendre.
Elle est l’héritière de l’expression latine « ceteri paribus… » qui fait toujours école surtout dans les sciences inexactes et l’art de la démagogie ou du pipeau à gogos béats.

Bon d’accord, son emploi montre que notre professeur Théodule Nimbus tient compte quelque peu de la relativité de l’univers et de tout ce qu’il contient, mais le doute s’installe quand même et la peur s’insinue s’il s’agit d’un militaire, d’un syndicaliste, d’un financier, d’un médecin, d’un économiste ou d’un politicien.
Nous savons désormais qu’en ce bas monde tout schmilblick, qu’il soit être, système ou chose, meuble ou immeuble, vivant ou mort, avance et évolue même si personne ne le tire ou ne le pousse et change d’état, voire de nature qu’on le veuille ou pas.
Le Grand Quanta est universel et permanent et nous ne sommes jamais réellement et virtuellement les mêmes entre le moment où nous ne levons et celui où nous nous couchons et ce, peut important l’emploi de notre temps ou la température extérieure.

Seuls, les artistes seraient capables de figer les choses et de tenter de les rendre égales dans un ailleurs toujours imprévisibles, recherché et souvent introuvable.
Ainsi la vanité du grand Kradock le Grave, le génial inventeur de la balayette à chiotte (1), peut sembler à jamais figée dans son immuable statue marbrée ou pas, trônant comme une couille dans son potage sur la place mage de la Queue-en-Jouy (9-3)
Mais c’est sans compter sur les pigeons, les intempéries, la pollution, les tagueurs ou l’invention d’un outil plus révolutionnaire encore.
Toute œuvre, toute chose et tout être sont réversibles ou du moins mutants de seconde en seconde.
Les statues ne sont pas immuables.
Les statuts ne sont pas éternels.
Les statures n’ont jamais la même taille avant ou après.

Il n’y a que la connerie humaine qui semble inerte, impassible, sans évolution notable et profonde, et l’on pourrait supposer hélas que la dynastie des cons n’est pas prête de s’éteindre.
Seuls les imbéciles incultes ne changent pas d’avis et ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c’est le vent ; toutes choses égales par ailleurs, d’ailleurs.

(1) Kradock le Grave est un illustre loup-garou méconnu dont je vous conterai un jour la vie chiante et trépidante.

Fin de loup

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laouen 16/05/2007 21:24

tu crois vraiment que la connerie humaine est inerte et sans évolution?j'ai bien l'impression que tu es optimiste!elle évolue! pas dans le bon sens.bises