Les lèvres d'Arthur.

Publié le 28 Mai 2005

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais je suis en train de relire pour la cent cinquantième fois, au moins, les doux délires d'Arthur Rimbaud.

A chaque fois j'en découvre de nouveaux...

C'est l'ami, ni ardent ni faible. L'Ami. (Illuminations, Veillées)
Ce que l'aime dans le visages de ce garçon, ce sont ses lèvres.
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Ces lèvres qui, pendant toute sa jeunesse dans les Ardennes on dit "oui", mille fois oui au grand théâtre universel.
Il marchait tout le temps et matait tout et tout le monde et plaçait ses récoltes dans l'athanor de son cerveau bouillonnant.
Il a tout partagé avec la nature, ses rêves, ses rires, ses larmes et ses pulsions les plus secrètes
Plus d'un fois il a dû se tripoter avec un loup de passage dans les Ardennes dans un ravin ou quelque sombre taillis.

Je n'y étais pas... Hélas
Ou tant mieux
Je ne sais pas...

Quand il est monté à Paris, il commençait à dire "Non" à tout et tout le monde.
Ils l'ont fait chier jusqu'au bout mais c'est vrais qu'il était souvent odieux.
Enfin il a dit "Zut"

Puis il est parti en claquant la porte pour se retirer dans sa tente en Abyssinie vendre des armes et fumer de l'herbe (C'était le Katmandou de l'époque)

C'est peut-être ce que je ferai Lundi matin...

Un jour, au réveil - il était midi bien sûr - il n'avait plus qu'une seule jambe et l'a gangrène.
Alors il a dit merde.
Puis il est mort.
Il est mort trop jeune comme Mozart ou Jean-Paul II

Non, finalement, il est mort à son âge.

Je n'imagine pas un vieux Rimbaud...
Retraité et grincheux sans doute.
Définitivement chiant.
Souriant bêtement sur les gradins de Roland Garros.

Je crois qu'il n'a jamais connu l'ami qu'il évoque plus haut.
Je crois qu'il n'a jamais eu vraiment d'ami et c'est ce qui l'a gangrené finalement.
Paul V. (pas le pape hein) était trop ardent ou trop faible.

Je crois que je suis comme lui : Ma quête est de trouver un ami ni trop ardent, ni trop faible.

Fin de loup.

 

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Runes

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