Cinquième spectre (un petit Suisse)

Publié le 3 Octobre 2006

 

Hans Zuber est né en 1895 à Berne en Suisse de Franz Zuber et de Martha Köln.
Sa mère décéda peu après sa naissance et elle fut remplacée par la gouvernante du foyer, Greta Karl qu’il adora profondément.
Après de pénibles études, Hans obtint un diplôme de comptable qui lui permit d’entrer dans une banque où il fit toute sa carrière.
Il se maria et eut trois enfants.
Il mourut à l’âge de 66 ans, pris dans une avalanche lors d’une course en montagne.

Hans eut beaucoup de mal à apprendre à lire, à compter et à écrire et jusqu’à l’âge de 12 ans, il ne fréquenta aucune école.
Un professeur passait tous les matins pour l’instruire tant qu’il pouvait et les après-midi, Hans grandissait dans les jupons de Greta.

Un jour où il avait à peine sept ans, Greta demanda un congé de deux jours en pleine semaine afin d’enterrer une de ses tantes dans son canton natal.
Franz Zuber lui accorda évidemment ce voyage en se demandant ce qu’il allait pouvoir bien faire de son fils.
Il eut alors l’idée de l’emmener passer ces deux jours à l’Office des brevets de Berne où il était responsable d’un des bureaux.
Franz eut cependant le malheur d’en prévenir ses employés qui, la première journée accueillirent l’enfant en véritable petit prince : Il fut le héros du jour et ce d’autant plus qu’Hans n’avait ni sa langue, ni son esprit dans sa poche.
Les employés de plus le gavèrent tant de pâtisseries et de confiseries qu’au soir du premier jour, il fut malade comme un chien.

Le lendemain matin Franz décida d’isoler son fils en l’enfermant dans le bureau d’un jeune employé, fraîchement embauché à qui il donna la tâche de le surveiller et éventuellement de le distraire sinon l’occuper intellectuellement.
Le jeune homme de mauvaise grâce employa la matinée d’Hans à le faire dessiner tout ce qu’il pouvait imaginer.
Hans dessina donc en attendant impatiemment l’heure du déjeuner.

Au début de l’après-midi, le jeune employé demanda à Hans de continuer ses dessins.
L’enfant s’y appliqua une heure toute en plus puis commença à s’agiter, à chantonner ou à faire toutes sortes de bruits ou simagrées qui à force énervèrent bientôt l’employé.
Plusieurs remontrances n’y pouvant rien, le jeune homme excédé se leva alors et se dirigea vers une des armoires du bureau d’où il sortit une plaque de bois et deux boîtes en carton.
Il s’agissait d’un tableau rainuré et de lettres et chiffres en fer qu’il installa devant l’enfant en lui demandant d’y inscrire les mots ou les nombres préalablement inscrits sur une feuille de papier.
L’enfant, intrigué par ce nouveau jeu, s’appliqua tant qu’il pouvait à chercher dans les boîtes les bonnes lettres et les bons chiffres et à les porter sur la tablette.
Quelques minutes plus tard, il présenta le tableau à l’employé, qui le corrigea et aussitôt, lui fournit d’autres mots et nombres à composer.

Il fallut moins d’une heure pour qu’Hans se désintéresse complètement de l’exercice.
Enfin, il prit complètement au hasard quatre caractères qu’il appliqua nerveusement sur la planche et sombra dans une rêverie profonde.   
L’employé, levant les yeux de ses dossiers et de ses livres, s’enquit alors du travail de l’enfant en inspectant la tablette.
Il se leva brusquement en poussant un cri épouvantable.
Hans sursauta et crut que sa distraction et sa fainéantise étaient la cause de l’excitation soudaine du jeune homme qui bientôt s’était mis à tourner nerveusement dans le bureau en marmonnant des phrases incompréhensibles.
L’employé se calma alors et à la très grande stupéfaction d’Hans le félicita pour ce travail de quatre caractères complètement aléatoires !
Pendant toute reste de la journée, le jeune homme raconta avec passion un tas d’histoires et de contes extraordinaires qui émerveillèrent complètement l’enfant.

Le soir au dîner, Hans rapporta toute la scène à son père qui lui demanda alors quels étaient les caractères qu’il avait mis au hasard sur la tablette.
A la réponse de l’enfant, le père convint avec lui que le mot « EMC2 » ne voulait absolument rien dire et que ce jeune Albert Einstein était vraiment le plus bizarre de ses employés.

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Runes

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Bluemoon 04/10/2006 17:25

Une fois de plus, j'adore ton talent de conteur.

Max 04/10/2006 05:01

Hé bé… Ca tient vraiment à peu d’choses… Si le petit Hans avait écrit CQFD Albert aurait piqué une crise d’hystérie suivie d’une dépression profonde nécessitant son internement dans le même établissement où le mathématicien Georg Cantor avait dû soigné sa schizophrénie des années auparavant. Un jour en déplaçant une commode Albert aurait sûrement découvert une cache secrète où Cantor avait dissimulé des recherches beaucoup trop avancées pour que ses contemporains aient pu les comprendre.En associant ces connaissances à ses propre recherches Albert aurait trouvé la formule permettant de réutiliser à l’infini la même huile à friteuse en altérant le goût des frites que de façon extrêmement relative.Les nazies auraient gagné provisoirement la guerre jusqu’au jour où Hitler aurait succombé, soit-disant accidentellement, en s’étouffant avec une frite mutante issue d’une huile de mille deux cent trente sixième génération qu’on lui aurait offerte pour fêter le 20ième anniversaire de la découverte d’Einstein. A la limite ça fout la trouille !?

Tippie 03/10/2006 22:32

hehehe... :o)J'adore la chute !