Alchimie du chaos

Publié le 12 Juillet 2005

Classé dans la série : « Le loup savant »

En faisant l'inventaire des manuscrits de la Royal Society, l'Académie britannique des sciences, des chercheurs ont retrouvé une série de manuscrits d'Isaac Newton (Pour les cancres : physicien, mathématicien et astronome anglais né en 1642 et mort en 1727, Découvreur de la gravitation universelle, notamment et contemporain de Jean-Sébastien Bach)
Ces archivistes ont dû en tomber lourdement sur le cul (selon justement la propre loi de Newton)  dans la mesure où on croyait ces paperasses tombées avec gravité, elles aussi, dans des oubliettes sans mémoire.

Il s’agit d’une série de notes manuscrites portant sur l’alchimie.

Au siècle des lumières, cette science très ancienne et très occulte (ésotérique, merde quoi) intéressait particulièrement les esprits curieux tel celui de notre Isaak, mais aussi les esprits cupides dans la mesure où prévalait la croyance que l'alchimie détenait la clé de la transformation des métaux ordinaire en or ou en argent ou de la fabrication de la « pierre philosophale » source de tous les bienfaits, de toutes les richesses et surtout, de l’immortalité.
En fait, ces « rumeurs » n’avaient pas d’autre but que d’attirer le plus grand nombre de disciples possibles afin de perpétuer efficacement la « tradition séculaire et universelle » de cette science.
L’alchimie en effet permit de cristalliser et de faire ainsi mieux circuler et propager les connaissances scientifiques et techniques acquises par de nombreuses civilisations, de tout lieu et de tout âge en les mettant à l’abri de tous les obscurantismes et de toutes  les accaparations despotiques.
Comme beaucoup de pratiques, disciplines ou de philosophies, elle a dû naître dans les sociétés primitives indo-européennes voire extrême asiatique et a patiemment voyagé de civilisation en civilisation (Mésopotamie, Assyrie, Grèce, Egypte, Hébreux, Celte, Rome, Alexandrie, Arabe – qui lui a donné son nom - Moyen-âge etc.) où elle a à la fois égrainé et récolté avec plus ou moins de bonheur, d’erreurs et de pertes.

Aujourd’hui, l’alchimie n’a sans doute plus rien à apprendre à nos savants : elle reste cependant une fabuleuse expression – une cristallisation intellectuelle et spirituelle (La pierre des philosophes finalement) de l’histoire de l’humanité.

Pendant ce temps, j’apprends que Benoît Mendelbrot (que je croyais disparu depuis des lustres) vient de publier à 81 ans un livre visant à appliquer sa fameuse théorie des fractals sur les marchés boursiers !

J’en ai déjà parlé de Benoît (lisez mes notes bande de feignants) : C’est le père de la géométrie fractale qui propose de discerner des formules mathématiques cachées dans le chaos de phénomènes aussi variés que la forme des montagnes, des nuages, la turbulence des gaz, les côtes de Bretagne, les choux-fleurs ou les fluctuations des cours de Bourse.

Bref, c’est le mathématicien de chaos universel.

Une théorie qui va m’être bientôt précieuse, vu l’état de ma tanière : un désastre, un big-bang absolu, un foutoir indescriptible, un bordel sans nom…
Où ai-je mis mon catalogue de la Redoute ?

Fin de loup

Publié dans #Nature & sciences

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