Comment chier dans les bois

Publié le 26 Décembre 2005

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

« How to shit in the woods » (Comment chier dans les bois) est le titre d’un des bouquins qui m’ont été offerts pour mon petit Noël.
Il a été écrit par une Américaine, Kathleen Meyer et pour sous-titre : « Pour une approche environnementale d’un art perdu » (Editions Edimontagne, collection 4 Camp)
Bon, je ne l’ai pas encore lu, mais seulement feuilleté et j’ai pu ainsi apprendre que le génial inventeur du chiotte moderne – avec chasse d’eau en réservoir à arrêt automatique – se nommait Thomas Crapper, un Londonien du siècle n° 19.

Moi qui suis un libre coureur des bois et des forêts, je pratique souvent cet art très oublié de chier dans la nature avec toute l’écologie et la philosophie qu’il convient d’ajouter à la glorieuse crotte déposée où il faut, par tous les temps et luminosité et où l’on peut quelquefois, dans l’urgence que nous connaissons tous.
Grosso modo, ça vous ramène souvent une certaine relativité sur la sensibilité que l’on peut avoir de la vie moderne, ses exigences, son confort, ses valeurs…

A propos de forêts et d’arbre la cachant, cela fait six ans maintenant qu’un ouragan nommé Martin a jeté violemment par terre plusieurs millions d’arbres du Nord de la France et de l’Europe parmi lesquels je comptai pas mal de vieux copains, d’amis, de frères à écorce.
Le surlendemain, un ouragan nommé Lothar, germain du précédent, dévastait les forêts du sud de la Loire.
Inutile de vous dire que tous ces troncs brisés m’ont largement fendu le cœur, surtout que je n’ai pu découvrir la chute ou la disparition de certains de mes vieux amis arbres que plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard.
Le destin a voulu en plus que ces ravages perdurent pendant près de trois ans dans ma vie dans la mesure où, dès janvier 2000, a commencé une succession de disparitions dans ma famille, parmi mes amis et mes collègues.
Ce serait trop douloureux d’en faire le compte aujourd’hui.
Au fil du temps, on s’habitue bien sûr à certaines de ces disparitions, mais il n’empêche que parfois…
Je me console en disant que certains de mes chers « morts » ont été mis dans des cercueils faits d’arbres abattus le 26 décembre 1999.
On se console comme on peut.
Certains pour s’apaiser, pour tromper leur tristesse et leur solitude ont l’ambition ou la fuite de créer une œuvre littéraire : Une longue saga qui tournerait autour d’un personnage légendaire qui leur ressemble évidemment beaucoup trop et auquel il faut bien donner un nom.
Moi, Je lui ai donné le nom de Martin Lothar.
Le cerveau a de ces alchimies parfois !
Bon, le roman de Martin Lothar ne sera jamais écrit, mais son nom m’est resté et j’en ai fait un pseudo.

J’ai piqué la plus grande rage de ma vie un 26 décembre 2004 quand à la télévision, j’ai vu et entendu des touristes occidentaux, la cannette à la main, qui, goguenards, déclaraient vouloir poursuivre à tout prix, étendus lascivement sur une plage préservée, les festivités de Noël et leurs vacances sacrées.
A quelques mètres d’eux, des milliers de gens cherchaient en pleurant dans une boue infecte, les corps de leurs proches emportés par la vague d’un tsunami.
J’aurais aimé ce soir-là pouvoir massacrer ces connards à coup de hache sans plus de pitié pour eux que les ouragans Martin et Lothar n’en ont eu pour mes frères arbres.
Ou encore leur chier dans la bouche : Ça dure plus longtemps.

Fin de loup

Publié dans #Runes

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zeugme 28/12/2005 23:20

C'est très bien tout ça. Et ça relance mes non-spéculations sur (1) votre âge, (2) votre orientation-sexuelle, (3) l'origine psychotropique ou non de votre créativité ^_^!

Crooke 28/12/2005 14:40

Contente de connaître enfin le pourquoi du comment de ton pseudo... Un peu triste, mais très joûli.

myrtille 27/12/2005 11:03

faut pas faire chier le loup-garou dans les bois... sinon il se transforme en ouragan.Merci pour ces confidences touchantes.Permets que je recopie ici la page 138...Paroles de Luther ours Dressé, Chef des Sioux oglala."Nous ne pensions pas que les grandes plaines ouvertes, les moutonnements des collines et les flots des rivières étaient "sauvages". La nature n'était sauvage que pour l'homme blanc, et il n'y avait que lui pour trouver ces terres "infestés" d'animaux "sauvages et des tribus "sauvages". Pour nous, tout était apprivoisé. La terre était généreuse, et nous étions entourés de la bénédiction du Grand Esprit. Jusqu'à ce que l'homme aux longs poils vienne de l'est, et qu'il répande dans sa folie brutale l'injustice sur nous et sur nos familles bien aimées, rien de tout cela n'était "sauvage" pour nous. C'est seulement lorsque le moindre animal de la forêt finit par s'enfuir à son approche que "l'Ouest Sauvage" commenca."Bises arbustives et néanmoins amicales.

Drwolf 26/12/2005 20:53

de leur oter leur dentier avant