Les runes du loup-garou – Fragment n° 84

Publié le 29 Janvier 2007

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

J'ai trouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements :

« J'ai retrouvé récemment un véritable carnet de bal offert à ma soeur pour ses 15 ans. Un carnet glissé dans un étui doré recouvert de tapisserie à petits points, fermé par un minuscule porte-mine tout aussi doré. Ces feuillets étaient autrefois destinés à noter le nom des cavaliers à qui l’on devait accorder les prochaines danses ; griffonner de petits mots doux, ou noter des adresses.
Maintenant on a le téléphone cellulaire. Et l’on danse seul »

(Ennairam, Les Fantaisies d’Enn’, Carnet de bal, 1/06/2005)


Note du loup : On peut imaginer que le monde n’est qu’une immense toile d’araignée que nous parcourons toute notre vie plus ou moins englués comme des moucherons égarés.
Nous errons fébriles de fil en fil, de maille en maille, inquiets d’apercevoir trop tôt l’ombre inéluctable de l’araignée de la mort.

On peut autrement se dire que nous sommes cette araignée tissant la toile de sa vie à la surface de laquelle viennent s’échouer des êtres, des objets, des sensations que nous emballons alors du cocon de notre pensée, de nos sentiments et de nos souvenirs.
Nous sommes alors telle Ennairam contemplant son carnet de bal à conjuguer l’être, l’avoir, le sentir, le vivre enfin.
Ces items, ces lagans que nous glanons ainsi et que nous emportons deviennent petit à petit des éléments de nous-mêmes et nous changent, et nous forgent et nous transforment avec plus ou moins de bonheur.
Nous aimons à les redécouvrir de temps en temps en les sortant d’un tiroir, d’une armoire ou d’une malle pour signaler leur trace dans notre âme ; pour les replacer dans notre perspective, dans notre harmonie ou notre chaos.
A chaque fois cependant, ils sont différents, car seconde après seconde, nous ne sommes jamais dans le même espace-temps, dans la même déclinaison de nous-mêmes, dans la même conjugaison de notre être.

A dix ans, nous vivrons au futur simple ; à quinze ans, nous explorerons le conditionnel ; à vingt ans, nous bricolerons ou nous jonglerons avec tous les temps ; à vingt-cinq ans le passé ou le subjonctif nous taquinerons ou nous hanterons  et à trente ans nous empoignerons résolument la hache du présent.
Puis viendront les quarantièmes rugissants où, bien souvent, la barque, le paquebot ou la galère de notre vie manquera de chavirer à chaque seconde toujours remise en question.
On se perdra dans des déclinaisons délirantes ; on se déboussolera à tout cap et à tout vent ; on écopera comme on pourra ; on se délestera de nos illusions et de nos rêves et plus aucun temps ou espace n’aura alors l’heur de nous plaire : Nous serons au creux de la vague à quelques encablures du cap du Démon de Minuit ou de Midi sans même souhaiter vraiment organiser notre naufrage.

Mais bientôt, la brume se lèvera et nous apercevrons alors les rivages inconnus du tranquille Archipel des Cinquante, baignés de l’Océan Quantique et bercé par les bises du vent Infinitif.
C’est vrai que jusqu’alors nous n’aurions jamais pensé à « l’infinitif » de notre être ; nous l’aurions oublié, voire méprisé.
En fait, ce n’est pas vraiment un temps et ça ne se conjugue jamais.

En réalité, c’est tous les temps, tous les genres, tous les lieux, toutes les déclinaisons et toutes les conjugaisons possibles et imaginables à la fois : C’est un objet quantique !
L’infinitif est une baguette de sorcier ou de sourcier et quand on sait la manier, la vie devient bientôt une suite ininterrompue de petits bonheurs, de petits plaisirs, de petites sensations, de petites pensées nacrées.
Les dangers, les malheurs, les peines deviennent des poussières et sont vite balayés par un sourire, un rire ou un soupir du bonheur que l’on a de déguster le café du matin dans un rayon de soleil et les parfums de chocolatines à la terrasse d’un bistrot de Toulouse ou de Montauban.

Tels sont les plaisirs, les bonheurs, les fantaisies, les frivolités et les caprices d’Ennairam qu’elle nous offre sur ses blogues avec amour, tendresse, intelligence et humour.
A travers le miroir de sa toile virtuelle, elle décline ou conjugue avec charme et raffinement le Grand Infinitif d’une Marianne qui ainsi restera pour nous éternellement jeune, disponible, le cœur comme l’esprit à jamais ouvert sur le grand théâtre ou l’ineffable roman de nos vies et de notre monde et à jamais en résonance avec toutes leurs vibrations et toutes leurs sensations.

Aujourd’hui, 29 janvier 2007, c’est l’anniversaire d’Ennairam.
Je ne sais pas où elle en est de son parcours (hum !), mais je sais qu’elle est sur la bonne voie.
C’est du moins la grâce que je lui souhaite car on l’aime tous grave cette foutue sacrée araignée garoue !

Bon anniversaire Ennairam !

Fin de loup

Publié dans #Runes

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Commenter cet article

Bluemoon 30/01/2007 15:08

Heureux anniversaire, Enn' ! Je vais jusque chez toi te le souhaiter tiens !

Pierre-Jean 29/01/2007 21:30

"ces lagans que nous glanons "C'est quoi un lagan ???Un ptit beurre des toyous Ennairam.

Enn' 29/01/2007 21:24

tu as réussi à me faire pleurer encore. Mille bises.

myrtille 29/01/2007 20:53

C'est drôlement beau.Ca fait envie, tiens !

Tippie 29/01/2007 20:49

Bon anniversaire Ennairam !