La tombe de Jules Verne et d’autres géants

Publié le 27 Août 2005

Dans une des toutes premières notes de ce blogue, je vous avais parlé de Jules Verne et de son roman « deux ans de vacances » qui a été pour moi un des premiers plaisirs de lire.
Il y a quelques jours, je suis retourné au cimetière de la Madeleine à Amiens (Univers, Voie lactée, Système solaire, Planète Terre, Europe, France, Picardie, Somme) où se trouve, depuis 1905, le tombe de Maître Jules.
Ce site est magnifique et vaut vraiment le détour, sinon le voyage.
dscn0779Bien que discrète, la tombe de mon Jules est impressionnante : l’auteur est représenté soulevant de son torse une dalle de sa tombe, levant un bras et regardant le ciel. (Sculpture d’Albert Roze, portant le titre « vers l’immortalité et l’éternelle jeunesse »)
Un homme voulant échapper à la mort que l’on imagine le tirant par les pieds pour l’ensevelir à jamais ; non pas au centre de la terre - Jules en eut été trop content - mais au cœur du néant.
Luttant contre l’avalement de la mort, il semble crier au ciel et au monde : « je déclare que l'on ne mangera pas sans que je proteste » comme l’affirme un des héros de vingt mille lieues sous les mers.
A n’en pas douter, notre Jules ne séjourne nullement aux enfers, mais dans le paradis de nos cœurs et de nos esprits.
Tel n’a pas été le sort du géant Encelade, dont une représentation (vers 1675) du sculpteur Gaspard Marsy figure au centre du bassin du bosquet de l’Encelade dans le parc du château de Versailles.
ph210Ici encore, un géant lutte désespérément contre l’enfouissement.
Encelade : Fils du Tartare (l’enfer, la prison des dieux, le fond de toutes choses, au-delà duquel il n’existe plus rien) et de Gaïa (la Terre), géant aux cent bras fut foudroyé par Zeus lors du combat contre les dieux de l’Olympe et périt écrasé sous l’île de Sicile et sous l’Etna.
Selon Euripide, ce serait Silène (fils d’Hermès ou de Pan) qui aurait terrassé et enseveli le géant Encelade.
C’est par un volcan (l’Etna, sûrement) que s’échappent les héros du « voyage au centre de la Terre » certainement propulsés par le souffle d’Encelade.
Selon la légende, ce volcan abriterait également en son sein les forges de Vulcain, le Dieu boiteux, forgeron et alchimiste.
A n’en point douter, ces ateliers auront construit le Nautilus du capitaine Némo.

En écrivant ces lignes, je me souviens de la mort tragique et médiatique de cette petite fille sud-américaine, il y a quelques années : Coincée irrémédiablement par les débris d’un glissement de terrain, son agonie fut filmée pendant des heures par les journalistes qui n’arrêtaient pas de gêner les sauveteurs malgré tout impuissants.
Cette mort atroce faisait effroyablement écho à celle d’un petit Italien qui mourût également après plusieurs heures, sous les yeux du monde entier, coincé au fond d’un puît effondré. Ces dernières paroles furent : « j’ai froid, sortez-moi de là ».
Non, vous n’êtes pas morts, mes géants… Je me souviens de vous.

Fin de loup.

 

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Jules Verne

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werewolf 27/08/2005 21:30

voilà que le roitelet se transforme en vampire necrophile, maintenant ! tout fout le camp, ma p'tite dame !

laouenanig 27/08/2005 21:06

çà me rappelle mes ballades au père lachaise, un havre de paix où j'aime tant alleret les tombes celèbres ne sont pas les plus émouvantesquand aux 2 drames dont tu parles, j'espère bien que l'on n'a pas oublié ces enfantsje me souviens encore de ces images atrocesquel fric la télé s'est fait, sur le dos de ces malheureux...

martinlothar 27/08/2005 16:01

Je l'aime ce Renard-là aussi et j'aime aussi le Romain : ce sont de vrais copains, comme mes fidèles commentateurs !

werewolf 27/08/2005 12:47

dans mon monde, on préfère Jules...Renard :-D