Il y a 110 ans dans la nuit du 7 au 8 janvier 1896 mourrait Paul Verlaine, poète de son état.
Si je lui préfère nettement son pote Arthur, notre petit père Paul est l’auteur d’un bon nombre de runes majeures et vibrantes.
On ne t’oublie pas, petit père…
Pénétrant comme le remords,
Tombe un froid lourd qui vous écoeure
Et qui doit filtrer chez les morts
Chez les pauvres morts, à toute heure
Seuls, et sans cesse grelottants,
- Qu’on les oublie ou qu’on les pleure ! –
Ah ! Vienne vite le Printemps,
Et son clair soleil qui caresse
Et ses doux oiseaux caquetants !
Refleurisse l’enchanteresse
Gloire des jardins et des champs
Que l’âpre hiver tient en détresse !
Et que - des levers aux couchants, -
L’or dilaté d’un ciel sans bornes
Berce de parfums et de chants,
Chers endormis, vos sommeils mornes
(Paul Verlaine, 1844-1896, Sub Urbe, Poèmes saturniens)
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